Attends, j’ai soif. [Soundcheck #16]

J’ai roulé, pour la 4ème fois, vers le Mas.

 

La première, c’était en 2011 et la vision de ce lieu enchanteur, entre transats, piscine, Sun de Caribou, accras de morue, scène sous un olivier avait été révélatrice.
James Vincent Mc Morrow était de la partie, encore trop peu connu (si tant est qu’il le soit plus aujourd’hui) et nous étions à peine une centaine pour l’écouter. Ce fût magique, et beau. Tellement beau. Peut-être intensifié par le sentiment de n’être qu’une poignée à vivre cette rareté. Et le fait de quitter l’Azur dès le lendemain.

 

En 2012, j’ai opté pour The Shoes. Comme une blague jaune il a commencé pleuvoir dès notre arrivée. Je me suis sentie coupable, moi la bretonne de mauvaise augure. La majorité du public est repartie aussi sec mouillée, ou ne s’est même pas pointée, alors nous n’étions, cette fois encore, que quelques dizaines pour assister à ce mi-set électrique. Les quasi glissades de Guillaume et Benjamin sur une scène trempée, le claquage d’un des synthés pas vraiment waterproof, le suspense à chaque fin de morceau pour savoir s’il est vraiment sérieux de continuer dans ces conditions, les corps ruisselants d’un public halluciné et ravi.

 

2013 il s’est passé environ une demi seconde entre le moment où j’ai découvert que Fauve jouait au Mas et celui où j’ai acheté mon billet de concert, mon billet d’avion et posé des congés. Si quelqu’un avait eu l’idée saugrenue de me demander où je rêvais de les voir, c’est probablement le lieu que j’aurais indiqué. Cette fois-ci, forcément, l’endroit était empli à ras bord et l’ambiance lourde, moite et hystérique. Le concert fût évidemment intense et urgent.

 

Nous sommes en 2014, j’ai réaménagé au soleil et au détour d’un tweet, Girls in Hawaii annonce sa venue au Mas. Le concert varois de l’année est tout trouvé.

Nous croisons Antoine en arrivant, ils sont bien là (des fois que leurs intagrams au bord de la piscine n’aient pas suffit à nous rassurer), je suis bien là, à partir de ce moment, il n’y a plus d’inquiétudes à avoir.
La première partie est assurée par Mark Daumail, l’enfant caché de David Charvet et Anthony Delon, ex moitié de Cocoon, qui se lance en solo et ça n’a pas grand intérêt. Au-delà du visuel s’entend.

Cette quatrième expérience au Mas se révèle, une fois de plus, invraisemblablement parfaite.
Le soleil se couche sur l’Esterel, l’air est doux et cinq belges entrent en scène. Le cadre, les conditions, la jauge, rien ne dépare. Les morceaux sont beaux, leurs sourires éclairants et le mien indissoluble. Par la grâce des lumières on peut quasiment voir le cœur de Lionel palpiter sous un tee-shirt blanc, reflétant le sentiment général. Le duo sur Plan your escape convoque les larmes, une chanson si souvent écoutée dans des trains, dans des cars, qui m’emmenaient autre part. C’est une évidence à dire, ce fût trop court. Mais un délicieux privilège.

Je songe à ne plus jamais parler de cet endroit à personne pour qu’il reste une bulle musicale rêvée, protégée, idéale.

 

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