Nous aurions dû nous aimer.

Une semaine décidément riche en spectacle vivant car, après un concert et un festival, vendredi dernier c’était théâtre !

Un billet acheté dès les premières lueurs de juin quand les programmations se dévoilent et que les possibilités sont tellement diverses et abondantes qu’on se tâte à prendre un abonnement. (Mais en fait non, parce qu’il y a environ 17 théâtres et que je n’ai pas ni l’argent, ni le temps, de m’engager pour 5 pièces dans chacun d’entre eux)

C’est dire si je l’attendais cet Idiot ! monté par Vincent Macaigne !

 

Assez naïvement, je me suis dit qu’en partant du boulot à 17h30, je serais large pour une pièce à 19h30.

C’étant sans compter sur un sacré connard qui n’a pas pu se retenir de tirer au 22 long rifle dans un bus durant l’aprem, entrainant aussi sec l’arrêt de tous les transports en commun marseillais, et des bouchons dantesques…

 

ATTENTION SPOILER !

Si vous avez l’intention d’aller voir cette pièce, je vous invite à ne pas lire la suite, ce serait dommage de se gâcher ne serait-ce qu’une once de proposition artistique.

 

Je répète : ATTENTION SPOILER !

En arrivant à la Friche à 19h38, j’étais dépitée d’avance en me disant qu’on allait me refuser l’accès à la salle sous prétexte (fallacieux, soyons clairs) que le spectacle était lancé.

En grimpant 4 à 4 les marches pour accéder au 1er étage, de la musique et des cris parvenaient jusqu’à moi jusqu’à ce que je me retrouve nez à nez avec un hurluberlu doté d’un mégaphone, suivi par une foule de gens dont, Vincent Macaigne.

Là commence le truc le plus audacieux qu’il m’ait été donné de voir au théâtre (je ne suis jamais allée à Avignon).

20 bonnes minutes à suivre ce comédien et hurler en chœur avec lui au beau milieu du resto de la Friche, ou à chanter Joyeux Anniversaire (durant lesquelles Vincent Macaigne m’aura malencontreusement donné un coup de tête qui, je l’espère, aura été l’occasion de faire transiter un peu de talent de l’un à l’autre) (on peut rêver) avant de poursuivre dans le théâtre.

Là le bordel foutraque se poursuit avec invitation à venir danser sur scène, sauter, crier, se servir à la tireuse à bière au son d’une musique pseudo dance.
Malheureusement, l’abonné lambda de la Scène Nationale est peu habitué et carrément pas réceptif à ce type de situation et nous nous retrouvons à une trentaine, face à 500 personnes assises tirant des tronches effarées, voire hostiles.

Les constats sur la passivité du spectateur sont légions et nous en avons eu un exemple des plus criants sous les yeux. Il est encore loin l’avènement de l’acteur-spectateur…

Malgré les nombreuses demandes du comédien pour que tout le monde vienne sur scène ou, tout du moins, se lève pour que la pièce commence, le public est resté désespérément assis.

Forcément, ils ont débuté tout de même, et le fait d’assister à la première dizaine de minutes sur scène, au beau milieu des comédiens, avec un demi à la main était délicieusement improbable.

Les 3h et demi qui ont suivies étaient plus « classiques » mais c’est la première fois que j’utilise des bouchons d’oreille pour une pièce (distribution à l’entrée) et j’ai vite compris à quoi servaient les bâches plastiques disposées pour les spectateurs des premiers rangs.

Tout ne m’a pas plus, évidemment, mais bordel quel plaisir, quelle liberté, quel travail de mise en scène, de scénographie, de décor ! Et ce costume de Prince boule à facettes était le plus joli qui soit !

 

Pour tenter de moderniser les codes du théâtre, Vincent Macaigne, merci.

 

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