Frites

BRUXELLES [PART I]

J’aime la Belgique. Ou plus exactement, j’aime nombre de productions belges : les musiciens, les bières, les comédiens, le chocolat, les humoristes, les speculoos, les réalisateurs, les dessinateurs etc. Et ce depuis des lustres. C’était donc une hérésie totale de ne jamais avoir posé un pied au plat pays.

Jeune trentenaire, le temps m’est désormais (encore plus qu’avant) compté, j’ai donc récemment décidé de cesser d’attendre de trouver des gens disponibles pour aller visiter des coins nouveaux.
C’est comme ça, qu’environ 10 ans après m’être dit pour la première fois « j’aimerais trop aller à Bruxelles ! », je me suis trouvée à l’aéroport de Bruxelles-Charleroi un vendredi après-midi.

Avant, j’ai eu le loisir d’observer la population du MP2 à Marignane pendant une bonne heure et de réaliser que le casting sauvage des Marseillais à Miami avait sans doute lieu à cet endroit (non mais sans déconner mec, tu trempe tes cheveux dans quel type d’huile pour qu’ils aient cet aspect !?).

Ce qui est cocasse c’est que je n’avais pas imaginé un instant qu’il puisse y avoir deux aéroport dans la capitale belge et que celui-ci se trouve à 1h de car du centre-ville (un détail important quand ton vol du retour décolle à 7h du matin).
La campagne et la laideur post-industrielle de la périphérie bruxelloise que nous traversons sont bizarrement réconfortantes, et je flotte un peu en écoutant le nouvel album de Fauve.

Me répétant en boucle « I’m in fuckin’ Brussel ! » (dans ma tête je le dis avec la voix d’Arthur Shelby, je peux vous dire que ça a de la gueule) (si tu n’as pas cette référence tu peux filer illico sur Arte +7 et combler tes lacunes en te faisant beaucoup de bien), j’ai rejoint le SleepWell Hostel pour jeter mes affaires avant de filer à l’Ancienne Belgique pour le festival Abbota (oui parce qu’avec ces conneries d’aéroport low cost à 20 000 bornes de la ville, tout mon planning horaire était chamboulé).

C’était le grand luxe, une chambre de seulement quatre lits avec douche et wc privés, ça se voit que je vieillis, je succombe au confort…

 

Etant donné que j’avais déjà loupé le premier groupe, j’ai pris quelques minutes de plus pour trouver un vendeur de frites. Gros gros challenge je vous dis pas. J’ai vite compris que le week end n’allait pas être placé sous le signe de la diététique quand j’ai eu entre les mains un cornet qui aurait suffi à nourrir 18 personnes. (Je l’ai quasiment fini, certes, mais juste parce que gâcher saymal) (et que c’était bon).

La totalité des commerces dans le périmètre parcouru le temps d’engloutir cette portion, était divisée entre frites, gaufres, chocolatiers, bar à bières et magasins de BDs.

C’est là que je me suis dit que je n’aurais malheureusement jamais la chance de vivre à Bruxelles car ma famille (fortement incitée par mon banquier) serait probablement obligée de demander un rapatriement sanitaire au bout de quelques mois…

 

Ca faisait un petit mois que j’écoutais régulièrement Applause au taf et j’ai été assez surprise de voir à quoi ils ressemblaient en entrant dans la salle.
Un « jeune » chanteur pseudo habité assez agaçant, entouré d’un groupe qui avait l’air d’avoir roulé sa bosse. Il faut tout de même lui reconnaitre une belle voix et une peau impeccable qui prenait fort bien la lumière.
C’était pas mal, mais moins électro que l’album. Je les ai tout de même trouvé sympathiques, surtout parce que le guitariste est le sosie de Hyde dans That 70’s Show.

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Ensuite Mountain Bike, le seul groupe du line up que je connaissais avant de projeter ce week end, jouait dans le Club. Je peux vous assurer que de les voir là, parmi leurs potes et leurs familles, en buvant une Duvel, j’étais pas mécontente de mon sort !

Evidemment c’était mortel, ils sont trop cools, leurs morceaux sont très bons, ils ont la méga classe vêtus uniquement de maillots de basket, assez longs pour cacher ce qu’il faut mais assez courts pour qu’on se demande s’ils portent autre chose en dessous (disclaimer : boxer il y a).
Je pense d’ailleurs que pour pouvoir se saper comme ça, ils passent la moitié de leur journée en répèt et l’autre à la salle de muscu.

Je ne sais pas si j’ai bien compris le concept mais je tente : je dirais que le chanteur a un petit côté ketje ! Sa voix sombre parfois dans une fragilité écorchée, notamment sur I lost my hopes, je ne saurais expliquer cette image mais j’avais l’impression de me balader avec lui dans un champ de jonquille (je vous jure, je n’avais bu qu’une bière…), puis repart dans un rock des plus énervés, teintée de la Jupiler qu’il boit en canette.

Le stand merch m’a évité de me casser la tête à trouver un souvenir utile et pas trop encombrant à ramener (je vous rappelle que j’ai fini par acheter des dés à Copenhague), leur CD faisait de toute façon partie de ma shopping list.

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The Experimental Tropic Blues, devenus apparemment entre temps The Belgians, a pris la suite avec un espèce de punk rock assez jouissif. Un film complètement déjanté (avec un caméo de Plastic Bertrand) sur l’histoire de la Belgique passait en fond de scène et Super Belge, un super-héros approchant du quintal, a débarqué sur scène en balançant des billets.

On a moins fait les malins quand on a compris qu’il projetait de faire un slam, mais après un mouvement général de recul, quelques courageux l’ont tout de même fait voler un court moment.

 

La soirée a très bien finie au son de Fùgù Mango, un groupe que je qualifierais de tropical pop. Disons, en gros, que ça lorgne un peu vers Fools Gold ou Jungle, avec un côté ethnique et des rythmes exotiques (la chanteuse a une fleur dans les cheveux et ils ont des congas et des maracas quoi), c’est tout à fait chouette.

 

J’étais absolument ravie de ma soirée alors je me suis dit que bon, comme j’étais à peine à 10 minutes à pied de l’auberge, je pouvais bien emprunter un nouveau chemin pour changer.
De fait, quand tu te perds, tu découvres de nouvelles rues.

Rassurez-vous, j’ai retrouvé ma chambre, que je partageais apparemment avec des meufs encore plus frileuses que moi, car il faisait au bas mot 25°C quand je suis rentrée. Le lendemain, j’avais changé de roomies et la fenêtre était ouverte à mon retour.
Je suis loin d’être la fille la plus polie et la plus prévenante du monde (far far away), mais chaque séjour en auberge me permet de me rendre compte que j’ai encore un peu de marge avant d’être la pire. C’est important de pouvoir se situer.

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