You’re french, be gentle [Soundcheck #25]

Vendredi j’ai tracé la route, j’ai franchi le panneau « Bienvenue dans le Département du Gard » pour aller me rincer les oreilles à This is not a love song, indie music festival de Nîmes.

Situé dans Paloma, SMAC monumentale et sublime, TINALS (pour les intimes) propose, de mon point de vue, la programmation la plus bandante du grand sud-est, avec le Midi à Hyères et le Yeah à Lourmarin (3 ans qu’il existe, 3 ans que je projette d’y aller, 3 ans que j’ai finalement un imprévu. Je suis maudite).

Paloma ayant été construite dans le désert d’une zone industrielle, ils ont environ 3000 hectares de libre autour pour dresser la partie extérieure du festival, avec une scène (évidemment), des bars (bien sûr), des foodtrucks (nous y reviendrons), des toilettes sèches (la base), des ateliers de couronnes de fleurs, des balançoires et plein de petits coins pour chiller pépouze ©.

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A peine le temps d’admirer le tout, avant d’entrer dans le club pour Morgan Delt.
Ca aurait du/pu me plaire, de la psychépop californienne de bonne facture, à laquelle il manquait le petit truc supplémentaire pour me faire basculer. J’ai pensé à Tame Impala. Je sais que pour beaucoup c’est un grand compliment, pour moi c’est juste une réminiscence de l’ennui dans lequel m’avait plongé leur concert à la Route du Rock (pour les pierres c’est par là –>).

Du coup j’ai abdiqué pour Swans. Je n’avais jamais entendu parler de ce groupe mais pour que l’orga ait bousculé tout le planning horaire de la soirée afin qu’ils puissent jouer plus longtemps dans la Graaaaande salle, c’est qu’il y avait peut-être un truc.

Effectivement.

On croirait les trois frontmen tout droit sortis du bayou de True Detective, ou de je ne sais quel film américain. Burinés, une dégaine rock, mâchant leurs chewing gum avec vigueur, visages peu amènes et concentrés sur leur son.

Ils sont accompagnés par trois musiciens plus jeunes. Un tromboniste, violoniste, multiinstrumentiste cromagnon jouant torse nu (sans doute pour faire admirer son début de dad bod, maintenant qu’il parait que c’est à la mode) qui m’a fait penser à Alban Lenoir dans Herocorp*. Un bassiste plaisant (but obviously…) ressemblant à un Olivier Tesquet replet sans tatouages*, et un batteur donc.

Passé les considérations physiques, tu sens la maitrise du truc et t’es emporté. Les morceaux sont des transes (les 2h de set c’est pour qu’ils puissent en jouer plus de 2 en fait).
Des nappes sonores d’une densité enveloppante, un son post rock indus assez fascinant, je pense qu’effectivement les mecs doivent peser un peu dans le milieu.
Et vu que quasiment chaque groupe de la soirée s’y est référé en affirmant sa joie de partager une date avec eux, disons que mon inculture est devenue un peu moins crasse.

*Je crois que je suis retombée dans une période sosie où je trouve que tout le monde ressemble à quelqu’un. (Alors que de près et avec mes lunettes sur le nez, il n’en était évidemment rien)

Je suis malgré tout partie avant la fin car je voulais absolument voir Ought.

Le temps de réfléchir au fait que mon cerveau, d’une manière étrange et quasi pavlovienne, associe instinctivement les odeurs de sueur/bière/beuh à un bon moment, le chanteur est arrivé sur scène.

Je me suis soudain retrouvée projeté un peu plus d’un an en arrière, quand j’habitais en Angleterre. Car oui j’ai habité en Angleterre. Et j’ai trop peu l’occasion de me le remémorer dans mon quotidien marseillais, alors que bordel quel bonheur !
Bref, c’est inexplicable mais pendant une bonne dizaine de minutes, mon cœur s’est coincé dans la porte de mes souvenirs, j’ai erré mentalement dans les rues sous le crachin mancunien, et c’était bien. **

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J’ai songé aux Strokes et quelques instants à Nada Surf, j’ai surtout apprécié chaque minute d’un set impeccable, la présence de Tim Beeler, gringalet magnifique, la coiffure Gareth Hedlundienne (décidément) de Ben Stidworthy, ce rock sans fioritures, quasi originel.
Nous avons chanté un Joyeux Anniversaire à Ben, et j’ai réalisé que ça allait rapidement devenir quasiment illégal de me dire qu’un musicien est pinoculmettable ©.

Tu sais c’est un peu comme les joueurs de Roland Garros, vers 19 ans tu te dis que c’est fou qu’ils aient ton âge, maintenant tu as juste envie de pleurer en constatant qu’ils ont 10 ans de moins. (C’est peut-être pour ça que je ne regarde plus les matchs en fait…)

Bref, je suis repartie avec l’album.

** Renseignement pris, ils sont canadiens. Rien à voir avec la choucroute poutine.

Ravie, j’ai pensé que c’était le moment idéal pour aller se sustenter, étant donné que Dan Deacon jouait en extérieur, à proximité de la bouffe.

Bon. Les foodtrucks c’est sympa, on est tous ok pour le dire, blablabla. Sauf que. Quand tu attends des milliers de personnes sur un événement, tu ne PEUX PAS confier la restauration à des gens qui font des burgers locavores dans un camion.
1h de queue pour avoir une putain de barquette de frites ! Alors certes, elles étaient meilleures qu’aux Vieilles Charrues (« recette secrète ») mais franchement je viens pas en festival pour la gastronomie. (Et il n’y avait même pas de stand Jampi donc c’est vraiment pas la peine de se la péter)

 

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Thurston Moore ensuite. Je l’ai vu en concert il y a un an, ravalant ma honte de ne pas savoir qui c’était.
Depuis je me suis bien rattrapée mais en entendant ce dialogue : « Non mais il faut rester, c’est le guitariste de Sonic Youth !! » « Heu….. Qui ? », j’ai souri (à nos décharges respectives, elle avait 20 ans et je connaissais Sonic Youth).

Bref, c’était évidemment méga classe, un pur régal. Accompagné notamment par Deb Googe à la basse, qui tâte un max, c’est dingue de la voir jouer ! J’avais mal aux joues à la fin du concert, à force de sourire béatement !

30 minutes à « tuer » avant Caribou, je me risque avec Gaz Combes, dont je n’ai jamais entendu une note. C’était pas bien grave. Easy listening sans grand intérêt.

Je ressors pour Caribou. Une goutte de pluie. Puis deux. lol

Le côté sympa c’est que ça m’a rappelé le concert de l’été dernier à la Route du Rock, malheureusement, le poncho Le Télégramme et les bottes sont restées dans le Finistère. J’exagère, on a eu du bol, il y a juste eu des gouttes clairsemées.

De blanc vêtus, ils entrent en scène, ça prend instantanément. Etrangement je me désambiance tout de même assez rapidement, alors je décide de bouger vers DBFC que, pour le coup, je n’ai jamais vu.
Je dois avouer une petite déception. Les ayant découvert via un morceau sur la compil des Trans, je m’attendais à un set beaucoup plus électro. Leur pop acoustico-machine, avec un chanteur agaçant, ne m’a pas trop séduite.
Je suis revenue à Caribou au son d’Odessa et face à ça, de toute façon tu peux pas test.

Daniel Vaith est toujours éblouissant de sourires, de générosité, de baisers lancés et de remerciements. Ils nous ont envoyé un rappel absolument magique sur Sun : à partir du moment où je commence à fermer les yeux en dansant n’importe comment (certainement sous l’injonction d’Orelsan et Toxic), c’est qu’il se passe un truc indescriptible.

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A la base, je m’étais dit que je rentrerai après ce set, parce que bon, la route, le trajet, la fatigue, l’âge, le dos (putain je sais pas comment je vais tenir 4 jours aux Vieilles cet été…), tu vois quoi.
Surtout que je n’avais pas un souvenir impérissable de Thee Oh Sees à la Route du Rock l’été dernier (oui, encore). Mais revigorée par ma transe, je trouvais quand même con de ne pas retenter.

Hé ben j’ai bien fait… Parce que dans ma mémoire toute pourrie, je les confondais en fait avec Kurt Vile & The Violators (pouin pouin pouin…).

Pfiouuuuu c’était bon ! La « choré » des batteurs est hallucinante (il faudrait d’ailleurs les surélever un peu pour qu’on les voit mieux), je ne sais pas combien de baguettes ils usent par set mais putain, ils font pas semblant de taper !

John Dwyer est génial (lui, je lui ai trouvé un petit côté Iwan Rheon) (dans Games of Thrones, pas Misfits), ça joue pied au plancher, tu t’en prends plein et la gueule et ça fait juste du bien. Un mec a tenté de monter sur scène pour faire un pogo, mais il s’est fait gentiment rabrouer (d’où le titre de cet article) et ça contribue au show.

Là-dessus, il fût temps de partir, épuisée mais enchantée.

This is not a love song, but a great festival, for sure.

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3 thoughts on “You’re french, be gentle [Soundcheck #25]

  1. Pingback: It’s a beautiful summerday experience [Soundcheck #26] | On n'est pas venu là pour beurrer des sandwichs

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