J’me barre, ciao ciao [Marseille], j’me barre !

[Keny Arkana]

Mon incursion marseillaise se termine. Un an et demi après mon emménagement, je confesse avoir failli à ma mission de bretonnisation des Bouches-du-Rhône, ainsi qu’à celle d’assimilation des mœurs et coutumes locales.

Alors je pars. L’un m’aura qualifié de Miss Bougeotte, l’autre de fille du nord. Les deux ayant probablement raison. Ceci, associé à des raisons supérieures (je vous rappelle que j’ai été bénie par le Pape il y a quelques mois), m’emmène vers de nouvelles destinations.

Je quitte le soleil, le tumulte, la saleté, ma terrasse, l’incivilité, la mer, la cosmopolitanie (big up Sopra), les rooftop, les glaces, les rats les cigales, les pizzas, les lieux de tournage de PBLV, les contradictions quotidiennes, l’art de rue (big up la Fonky Family), les conducteurs fous, et tant d’autres particularités, positives et négatives de cette ville immense/intense.

Je quitte surtout les amis, pour pouvoir revenir, avant l’aversion irrévocable.

 

Je n’aurai plus besoin de me battre pour traverser sur un passage piéton. Je n’aurai plus besoin de dire bonjour poliment au dealer alcoolique barbu qui tient mon immeuble (en vrai je ne pense pas qu’il « tienne » grand-chose, mais ça rajoute au romanesque de la chose) (il ressemble à un Sons of Anarchy déchu). Je ne pourrai plus instagramer #streetart une fois par jour. Je ne culpabiliserai plus de ne pas aller à Malmousque alors qu’il fait si beau dehors. Je n’aurai plus besoin de verrouiller les portières de ma voiture quand je suis à l’intérieur. Ni de replier mes rétros quand je suis garée. Ni de laver mon pare-brise une fois par semaine. Je n’aurai plus à blêmir devant la gestion/la politique de la ville/de la métropole/du département. Je ne pourrai plus me balader en tongs/short/débardeur à 2h du mat. Je n’aurai plus à bouillir sans rien dire en voyant les gens balancer leurs détritus dans la rue. Je ne pourrai plus prendre mon petit-dèj sur ma terrasse le week end. Je ne pourrai plus prendre le café au BDP en semaine. Je ne ferai plus le marché de la Plaine. Je ne pesterai plus contre la programmation scandaleusement pauvre des cinémas.

Je n’aurais pas profité des Docks, « centre de vie urbain » inspiré de Covent Garden, qui auraient dû ouvrir à mon arrivée en avril 2014. Puis à l’automne 2014, puis à l’hiver 2015 mais finalement à l’automne 2015 (je les soupçonne de se caler sur date de sortie du nouvel album de Franck Ocean). Je n’aurais pas fait de concert au R2, au Théâtre Sylvain ni l’apéro Borderline. Je n’aurais pas visité la Grotte Bleue, fait les calanques en bateau, grimpé la Ste Victoire, couru dans la garrigue autour d’Aubagne telle Marcel & Paul. Je n’aurais pas goûté de bouillabaisse. Je n’aurais pas vu un match au Vélodrome (mais j’ai été au Cercle des Nageurs). Je n’aurais pas croisé Keny Arkana (mais j’ai pris le train avec Shurik’n).

Bref, il me reste de quoi faire pour mes prochaines vacances.

Marseille, ville de tous les possibles, les pires comme les meilleurs, porte-toi bien (et prends une douche bordel !).

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One thought on “J’me barre, ciao ciao [Marseille], j’me barre !

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