It’s a beautiful summerday experience [Soundcheck #26]

[ALERT, ENDLESS POST]

Vendredi 14 août, route pêche vers la programmation la plus alléchante de l’été (de l’année ?) mais aussi la plus humide aka La Route du Rock.

Une astuce pour commencer : si vous faites le trajet Quimper – St Malo, ne suivez PAS les panneaux !
Ils (la DDE ? le Conseil Régional ? LES ILLUMINATIS ??) vous font passer par les nationales de la Bretagne profonde, sur des routes à 90, qui traversent des bleds tels que Caulnes. Je n’ai rien contre Caulnes en tant que tel, mais c’est un village breton des plus basiques (une église, un bar tabac), dont je me serais volontiers épargnée la visite.

5h plus tard, j’ai atteint la Nouvelle Vague, où le concert de Forever Pavot avait été rapatrié, la plage de Bon-Secours étant étonnamment sous la pluie.
A regret, je n’ai pas été séduite par le set malgré une complicité et des jolis sourires partagés du quintet. Une espèce de pop psyché, avec une voix proche de celle de Frànçois and the Atlas Mountain, qui me plaisait pourtant plutôt en album.
Comme dirait le Chef Piège, il y a du travail engagé, mais ça ne m’a pas bouleversé.

 

Depuis des mois, le festival nous fait rêver avec des photos du drainage du site, censé résoudre le problème de piscines naturelles dans l’enceinte du Fort. Le tweet de début d’après-midi qui disait en substance « Oui oui on a carrément drainé mais bon, prenez vos bottes quand même hein… », aurait dû me mettre la puce à l’oreille.
Évidemment ils n’ont pas pu assécher les champs qui servent de parking, ni le chemin d’accès, et quand tu arrives à bon port, tu as déjà de la boue jusqu’à mi-mollet.

A l’intérieur, les 2/3 de l’espace sont secs, laissant la possibilité aux amateurs de glissades de satisfaire leurs envies devant la petite scène, et aux autres d’y perdre leurs téléphones, voire leur dignité (ah ces sourires de pitié sincères qui fleurissent devant une pauvrette tombant de tout son long dans une flaque…).

 

Première étape avant d’attaquer le marathon de concerts, un arrêt au stand cashless. J’avais forcément les Vieilles Charrues en tête, même si nous avons bien conscience que les capacités ne sont pas identiques.

A Carhaix j’ai créé et crédité mon compte en 2 minutes, sur mon téléphone, avant de partir au festival. L’argent non utilisé a été remboursé sur mon compte moins de 15 jours après le festival. Pour ne pas s’emmerder avec la consigne des verres, un gobelet réutilisable était offert à l’entrée à chaque festivalier.

A St Malo, la veille au soir, la pré-commande de carte cashless était finie. Sur place tu dois payer ta carte 1€ « Et j’en fais quoi après ? » « Tu peux la garder en souvenir ! », trop sympa. Pour ne pas s’emmerder avec la consigne des verres, tu payes ton gobelet 1€, et tu le gardes aussi en souvenir.
Tu peux créditer ta carte en espèces « uniquement pour les comptes ronds », sachant que le demi est à 2.80€… Et aucun remboursement n’est prévu.
Je citerai donc le festivalier qui me précédait dans la file « On reviendra mais ça pue l’arnaque… ! ».

Voici pour mon retour utilisateur. De rien.

 

A ce stade du récit, je rappelle tout de même que nous ne sommes pas là pour beurrer des sandwiches, ni pour en manger, mais bel et bien pour écouter de la musique (et éventuellement boire des bières).

Wand lance les hostilités. Le chanteur ressemble à Eddie Redmayne (il est roux quoi), le batteur pète son tom dès le 2ème morceau tellement il tape fort, l’ensemble n’est pas désagréable, un peu garage, un peu californien, cependant je reste à la lisière, peut-être à cause des flottements réguliers.

 

Ensuite, c’est l’heure de Thurston Moore band, je ne vous ferais pas l’article, je n’ai rien de mieux à dire que pour son concert nîmois, même l’histoire « Mais si putain, le mec de Sonic Youth » est toujours d’actualité !

En attendant Fuzz, dont je n’ai jamais entendu parler, je vais m’enquérir de frites. Maison et vendues 5€ dans un foodtruck, ça passe mieux quand tu attends seulement 5 minutes pour les avoir (coucou TINALS !).

Je reviens, par le son alléchée, pour découvrir 3 chevelus peinturlurés en blanc qui crient et font du bruit avec leurs instruments. Le style Kiss en 2015 me laisse perplexe mais soit. Ca headbangue à tout va dans les premiers rangs, que je ne joins pas car j’ai déjà un genou foutu, les lombaires en vrac et deux séances de kiné par semaine, je ne vais pas en plus me détruire les cervicales (la minute Vieille vous a été présentée par Damart).
J’entends quelques chauves jalouser derrière moi, avant de m’éloigner car je suis moyennement convaincue. Au détour d’un tweet du festival, j’apprends que le batteur qui écluse du vin au goulot n’est autre que Ty Segall, un type que je prenais pour un gentil folkeux…

 

Je vais me placer au beau milieu de LA flaque pour attendre Algiers, le it band de ceux qui savent.
Ça commence dark, avec Ryan Mahan qui nous fusille du regard, avant de cracher sur scène puis de nous livrer un grand sourire. Il est fascinant, de sa robot dance à ses percussions type McConaughey dans le Loup de Wall Street. Franklin James Fisher au chant est habité et solaire mais malheureusement on ne voit pas le batteur. Dans l’attitude, la maitrise du jeu de jambe et la fureur ils me font penser aux Young Fathers.

Musicalement ça oscille entre punk, soul, post rock. Ils qualifient ça de « post-worldbeat ». (Je crois qu’il est temps que nous arrêtions de vouloir qualifier la musique, ça devient embarrassant)
C’est en tout cas absolument intense, captivant et réjouissant. Le solo guitare voix de Fisher prouve, si le doute persistait, que vocalement et émotionnellement, il y en a sous le tapis.

45 secondes de silence pour assimiler, avant que Timber Timbre ne commence sur l’autre scène. Je dois avoir un problème d’association car je croyais que lui aussi était un gentil folkeux, alors qu’il ressemble plutôt à un vieux bucheron canadien qui aurait gagné quelques jetons aux AA.
Les premières minutes ne me transportent pas, quand soudain il est une heure plus tard. Le genre de concert qui te prend par surprise, distord l’espace-temps et te recrache un peu plus loin sans que tu aies eu le loisir de comprendre quoi que ce soit. Classe.

J’attendais Girl Band, pour je ne sais plus quelle raison, et je ne sais toujours pas, parce que j’ai trouvé ça bourrin et assez pénible en fait. J’en ai profité pour aller m’asseoir quelques instants (putain c’est pas facile hein…).

 

Vint enfin l’heure de Ratatat ! Pfiouuuuu ! Même en étant sourd, il est impossible de ne pas avoir apprécié tellement on en a pris plein les mirettes ! Je confesse être un poil déçue par leur dernier album, mais en live ça déboite de bout en bout !
Tu shakes ton booty pendant une bonne heure, tu es heureux, les couleurs et les sourires dégoulinent, les mélodies virevoltes, les beats martèlent, les corps ondulent, tu en redemandes (en pure perte), tu te dis que finalement que tu vas tenir easy pour le set de Rone parce que l’énergie est ton amie et la bière ta jouvence.

Puis tu regardes le programme et tu constates que le set en question est programmé pour 2h45. Ce qui est tard. Dans ma tête j’avais déjà élaboré tout un argumentaire d’évitement, à base de genou, de dos, de mec génial certes mais déjà vu y’a 6 mois, et puis bon merde y’a pas d’obligation, on fait ce qu’on veut quand même, on a aussi le droit de partir à la moitié d’un concert…

Genre tu vas partir au milieu d’un set de Rone. Genre. lol.

Il a testé ma résistance en reculant le début d’un quart d’heure mais qu’importe. Gros kiff dans ma gueule. La scéno est sobre et belle, les visuels fantomatiques kromignons, et le son défonce, tout simplement. Je percute dans ma bulle que son nom d’artiste est Rone car R-One = Erwan (on n’a jamais dit que ce serait simple, ni rapide).

Il jongle entre les nappes denses, les explosions rythmiques, les moments doux, les transes extatiques. Pour l’occasion, il a même invité Frànçois (sans ses Atlas Moutain) à partager leur featuring. L’électro, ça s’explique pas, c’est chimique. Et quand ça prend, ça fait décoller !

Je quitte le Fort à 4h, avec mes jambes sous le bras, pour aller me recroqueviller à l’arrière de ma Twingo, ravie.

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3 thoughts on “It’s a beautiful summerday experience [Soundcheck #26]

  1. Du coup avec toutes ces expériences boueuses, t’es prête pour Glastonbury !

    J’ai presque failli venir, mais niveau transport, à la dernière minute, c’était un peu le merdier.

    Thanks pour Algiers, c’est vachement cool ! Je vois les Ratatat en octobre, j’me suis dit la même en écoutant le dernier. Mais ça m’rassure de savoir que le live vaut le coup !

Exprime-toi !

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