Yemiyorum

[ISTANBUL PART III]

Samedi matin je suis beaucoup plus fraîche et matinale que la veille.
Nous entamons la journée dans un petit café trop mignon à côté de l’hostel qui fait des pancakes au sirop d’érable #luv.

A 9h on est au taquet pour aller enfin visiter cette putain de Mosquée Bleue ! Par contre il pleut. C’est là qu’on apprécie d’être dans un quartier où le métro, le tram et le funiculaire se rejoignent.

Nous avons, grâce à une connaissance globetrotteuse, une IstanbulKart que nous tentons de recharger. Un peu désemparées face à la borne, nous cherchons information et soutien auprès d’un employé qui est à l’abri dans une cahute.
Sans mentir, je crois ne m’être jamais senti autant méprisée de ma vie. Le mec, tu lui pose une question, il pose les yeux sur toi une demi seconde, puis regarde à nouveau au loin sans te répondre.

C’est finalement un aimable citoyen qui nous a aidé à comprendre les instructions en turque de la machine.

Non parce qu’il faut dire deux mots de cette langue ! Elle ne ressemble évidemment en rien à celles que nous connaissons, c’est assez déstabilisant de ne reconnaitre aucun mot nulle part en fait. Tu te sens complètement analphabète.

Même les plus simples sont d’une telle complexité que j’ai mis 4 jours à réussir à dire merci (après avoir demandé au chauffeur de la navette, à un flic et à un serveur, qui avaient tous des accents différents) : teşekkür ederim.
Par contre, j’ai mémorisé quelques termes utiles et redondants tels que « camii » (mosquée), « giriş » (entrée), « beyedilesi » (municipalité) ou encore « iskelesi » (embarcadère).

 

Miracle, nous arrivons à la bonne heure à la Mosquée Bleue et nous pouvons entrer dans le Saint des Saints après nous être déchaussées et voilées.
Effectivement c’est très beau, mais c’est blindé de monde et il faut que chacun puisse prendre son selfie devant l’esplanade de prière alors on ne peut pas dire que ce soit très apaisant.

Le patio, dont nous avions déjà très largement profité la veille, est moins surchargé car il faut avouer que le marbre c’est joli, mais quand il pleut c’est sacrément (#wink) casse-gueule.

 

On enchaine avec la Citerne Basilique, vu qu’il pleut, autant profiter des activités couvertes.

C’est une citerne souterraine qui alimentait toute la ville en eau depuis l’année 550. Très chouette à voir, il y a des passerelles qui permettent de se balader entre les colonnes corinthiennes discrètement éclairées et d’observer les baleines carpes qui nagent dans le fond d’eau restant.

C’est l’occasion d’une discussion autour de la place de la photographie dans le tourisme aujourd’hui. Je suis la première à me balader avec mon appareil autour du cou, mais également à être gavée par les gens qui mitraillent tout et n’importe quoi en permanence (en l’occurrence un panneau explicatif dans une pièce non éclairée…).

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Pleines d’espoir nous ressortons à la lumière du jour, qui est toujours aussi faible. On se pose dans un café pour établir un plan stratégique en conditions humides. Le temps de se décider, la pluie a cessé \o/

On part à l’assaut de la Mosquée de Soliman le magnifique, située sur une colline un peu plus haut. Toujours grâce à cette histoire de panneaux inexistants, nous faisons des tours et des détours dans des rues moches, dont chacune à sa spécialité commerciale : à qui le textile féminin (de longues jupes marrons ou kaki, allo la fashion police), à qui les jouets en plastiques, à qui les sous-vêtements sexy.

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Nous finissons par atteindre notre but après avoir grimpé puis redescendu l’équivalent de 4 montagnes dans un quartier qu’on pourrait qualifier de souk.

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La Mosquée de Soliman, jugée incontournable au même titre que Ste Sophie par les guides, est inexplicablement vide ! Nous pouvons donc réellement profiter de l’architecture, des plafonds magnifiques et de la sérénité du lieu en toute quiétude.

Trois mecs prient au beau milieu de la centaine de mètre carrés qui leurs sont dédiés. Par curiosité, je vais fouiner vers des paravents en bâches tout au fond de la mosquée.
Quatre nanas sont parquées dans ce petit carré qui leur est dévolu. Face à des bâches plastiques donc. Trop aimable.

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On commence à avoir la dalle alors on redescend au hasard vers le centre-ville. Il a recommencé à pleuvoir mais je suis ravie car on traverse des rues typiques peuplées uniquement de turques. Je peste un peu contre mon appareil photo qui n’est pas waterproof car il y a de la matière.

L achète des amandes le temps qu’on trouve un endroit convenable pour manger. On est courageuses mais pas téméraires et commander dans un des boui-bouis du coin fait légèrement peur à mon estomac.
On finit par entrer chez Ozkan qui fait des pite. En gros c’est des pizzas turques. Et c’est bon.

Toujours novice dans l’instafood…

Rassasiées, on poursuit notre chemin, j’achète des figues au Marché Egyptien parce que j’ai découvert une semaine plus tôt que j’aimais bien les figues.
Donc là c’est un peu la fête du slip (c’est à ce genre d’expression qu’on devine que je suis née dans les années 80) étant donné que c’est le produit phare avec les loukoums.

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Nous nous accordons une petite pause dans un café du Grand Bazar histoire de reposer mes pieds et ma patela alta (rotule haute en langage médical) (ce qui signifie, comme le dit si bien mon kiné : « en gros vous êtes mal gaulée ») (on s’embarrasse pas trop de considérations langagières avec mon kiné…).

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On inaugure le funiculaire parce que notre rue est géniale mais je refuse de la grimper une fois de plus (sans déconner c’est pas possible de construire des routes aussi pentues…).

C’est samedi sur Istiklal, c’est-à-dire blindé de shoppers en folie. On trouve par hasard un petit passage trop mignon (dont je n’ai pas noté le nom, désolée) qui donne sur une placette avec des bars pour minipouces où prendre le thé (ou un coca, à votre convenance).

 

Ensuite nous vivons une expérience originale et inutile en allant dans un cybercafé en sous-sol, ou des mecs fument et ronflent sur leur clavier dans des box individuels.

En sortant, il est largement l’heure de prendre l’apéro. L tente une Bomonti, qui est moins mauvaise que la Efes. Je reste sur des valeurs sûres avec la Kozel, une bière tchèque.
(Il n’y aura pas de rubrique « bières testées » à la fin du récit cette fois ci, j’aurais pu le faire avec l’eau minérale si seulement j’avais pensé à noter les noms)

Les rues sont blindées, la musique rebondit sur les murs, des chanteurs se concurrencent dans les bars quand nous franchissons les portes d’un resto à l’air correct (comment choisir parmi ces enfilades de rabatteurs ?).

45 minutes après avoir commandé, regardé tous nos voisins manger dix plats chacun, rappelé notre présence aux serveurs et constaté qu’on était les deux seules meufs de l’assemblée, je me lève pour me barrer (Prends ton manteau on s’en va !).
Pile à l’instant où le mec se ramène enfin avec sa putain de daurade. Qui était même pas bonne. Et qui nous a coûté un bras. Mais on a eu un fondant au chocolat gratos.

Résultat, j’ai même pas réussi à finir ma pinte de Efes commandée pour se calmer (c’est sûrement aussi surtout parce que cette bière n’est vraiment pas bonne).

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