Anlamıyorum

[ISTANBUL PART IV]

Dimanche nous devons nous lever à 7h afin que je puisse faire des adieux déchirants à L qui doit retourner en France pour bosser (le genre de contrainte qui me laisse totalement dubitative).
J’étais tellement stressée par la portée symbolique de ce dernier café que j’étais debout à 6h…

Loin de moi l’idée de faire des généralités à la va vite mais j’ai quand même eu l’impression lors de ces quelques jours stambouliotes que les turcs n’étaient pas complètement matinaux.
Un dimanche matin à 7h30 nous sommes donc entrées de force dans notre café voisin trop mignon alors que le serveur avait encore les yeux collés et que la machine à café n’était même pas allumée.

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A 8h, j’étais seule, dans des rues vides, au soleil levant. Heureusement des multitudes de chats m’ont tenu compagnie lors de l’exploration de Tophane et Cihangir, deux quartiers voisins du nôtre où l’architecture de quelques maisons vaut le coup d’œil.

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Après être passé devant des galeries d’art et des bars à thé tendance, j’en ai vite conclu que c’était pas vraiment le même genre de population qui habitait dans ce coin que dans le quartier des bazars.

Je me suis arrêté pour le petit dèj (pancake mon amour) dans un petit café hipstero-bobo.
Vous savez, le genre d’endroit où on te sert du café sans gluten et où Edith Piaf sert de BO pour faire branché.
De toute façon il n’y avait que ça dans le coin. Et soyons honnête, je ne dépareille sans doute pas dans un tel environnement.

 

Après une balade grimpette dans ces jolis quartiers, dont la vue sur le Bosphore est loin d’être dégueu, avoir croisé quelques poules et subi quelques gouttes, il était l’heure de l’ouverture du musée d’art contemporain Istanbul Modern, construit sur les docks en contre-bas.

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Il y a actuellement une chouette expo qui mêle des artistes aux nationalités et esthétiques hyper variées, « Artists in their time ». Je serais bien en peine de vous citer des noms qui m’ont plu car je n’ai rien noté, comme si j’allais m’en souvenir…

 

Je retourne ensuite dans le quartier de la veille, mais après avoir vu des gosses courir pieds nus sur les pavés détrempés et des nanas allumer un feu à même le trottoir pour griller des châtaignes, je suis un peu moins à l’aise à l’idée de faire ma connasse en sortant mon appareil photo à 400 balles qui hurle « BEN DIS DONC MES PAUVRES VIEUX, ÇA A PAS L’AIR MARRANT LA MISÈRE !».

Donc je marche en regardant plutôt mes pieds histoire de limiter cette impression assez moche de me comporter en voyeuriste.

 

Au-delà des photos, j’ai tout de même envie d’aller voir des quartiers qui sont en dehors du parc à touristes, alors je dépasse le pont Atatürk le long de la Corne d’Or. Il y a de jolies maisons en bois colorées dans le coin, bien que la plupart ait un petit déficit d’entretien.

J’entrevois des hommes qui jouent au backgammon dans des cafés dont les rideaux sont plus ou moins tirés, je ne m’attarde pas car le fait d’être une meuf, touriste, seule, dans ses rues me met assez mal à l’aise (aucun sentiment de peur, je précise, mais juste celui de ne pas être à sa place).

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Du coup, c’est un peu con, mais je suis contente de retourner dans le quartier de l’hostel où je me sens moins dévisagée !
Il n’y a rien de plus rassurant que les auberges de jeunesse en fait, c’est les même partout : des jeunes gens cools à la réception, et des australiens qui traînent dans le lobby.

Je repasse par l’esplanade de la Nouvelle Mosquée et le marché au poisson de Karakoy.

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Je me rends à un spectacle de derviches tourneurs qui a lieu au Galata Mevlevi Museum, dans GalipDede, ce qui m’arrange bien, vu l’état de mes pieds (on vous a déjà dit que la vieillesse était un naufrage ?).

Je prends place dans la salle où des chaises sont installées tout autour d’un espace central circulaire.
Le spectacle commence par un chœur et un orchestre de femme jouant quelques morceaux traditionnels, c’est joli.

Vient le tour des fameux derviches tourneurs. Je dois avouer que je ne connais rien à cette tradition, j’attends juste de voir des gens en transe tourner sur eux même.
Alors certes ils le font, mais ça prend une bonne demi-heure, le temps qu’ils installent des peaux de bêtes par terre et qu’ils fassent des courbettes et environ trente fois le tour de l’espace à la queue leu leu.

Pendant tout ce temps, des musiciens plus un « chanteur » qui sont situés en mezzanine (on ne les voit pas très bien, c’est dommage), jouent le même morceau en continu.
Les derviches font chacun leur tour un bisou à leur maître et pouf se mette à tourner ! Pendant quelques minutes, puis de nouveau une ronde, puis de nouveau un bisou, puis ils retournent, et ils font ça 6 ou 7 fois, en tournant de plus en plus vite.

Je dois dire que c’est assez hypnotique et que je commençais à avoir la gerbe, même si je m’attendais à une transe plus intense. Ce qui doit être le cas quand tu les vois à l’état sauvage en Anatolie, j’imagine.
L’ensemble dure une bonne heure, pendant laquelle je me demande si ces mecs tiennent mieux debout que nous quand ils sont ivres. (J’ai pas osé les attendre à la sortie pour leur poser la question)

 

Sur ce il est 18h30, je pourrais aller me coucher aussi sec (cette nuit qui tombe à 16h30, ça n’aide pas à avoir un rythme décent) alors j’opte pour le resto le plus proche de mon lit.
Cela s’avère être un excellent choix, c’est hyper bon (des galettes de courgettes à tomber) et pas cher (go go go chez Nakka !). Par contre eux aussi passe Edith Piaf… Et Dalida. Et Françoise Hardy.

 

Il est déjà au moins 20h quand j’entre dans ma chambre où je trouve deux nouveaux colocs dont une qui dort déjà. Je l’aime beaucoup. Et je tente de faire de même.

Malheureusement c’était sans compter sur deux nouveaux arrivants une demi-heure plus tard.
Je dois dire que je suis assez sidéré par l’aplomb des gens qui, entrant dans une chambre où des gens dorment, allument la lumière, ouvrent les fenêtres et parlent à haute voix. Ok il est 21h.
M’enfin ça ne les a pas non plus interrogé à 4h quand ils sont rentrés de soirée.

 

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