Alors, on va faire l’appel… [Soundcheck #34]

 

L’important dans la vie, c’est le réseau.
Si on ne vous l’a pas martelé avant, cela vous a été implicitement et cruellement rappelé lors de votre recherche de stage en 3e.
C’est comme ça que je me suis retrouvée en stage au service documentation de la DDASS de Loire-Atlantique sans qu’aucun des salariés n’ait été prévenu de mon arrivée (grand moment de solitude pour ce premier contact avec le monde du travail).*

 

C’est grâce à cette leçon (rien à voir de l’amitié, de la sincérité, ce genre de choses fleur bleue), que j’ai obtenu un sésame pour me rendre aux Victoires de la musique vendredi soir.

Evidemment les nominations sont un scandale de plus en plus criant chaque année, évidemment la cérémonie est chiante à mourir et longue comme un jour sans pain, évidemment un zénith n’est un aucun cas un lieu où pouvoir apprécier de la musique dans de bonnes conditions.

Néanmoins, j’étais comme une gamine de 7 ans au PACS de la petite souris et du lapin de Pâques quand j’ai appris que j’allais y assister !

 

[AVERTISSEMENT : cet article sera aussi long que la cérémonie]

 

Nous passerons donc sur le fiel que je jette chaque année à propos de l’événement, étant entendu que les Victoires de la musique ne représente en rien la qualité artistique et musicale de notre pays, bien heureusement.
L’occasion est juste rêvée pour découvrir des gens que je n’aurais jamais Ô grand jamais vus sur scène ailleurs, et observer la machinerie derrière un tel événement télévisuel.

 

C’est accompagné par la plus aguerrie des trolls mélomanes que j’ai franchi pour la première fois de ma vie les portes d’un Zenith.
Première constatation : ça a de la gueule.
Deuxième constatation : c’est plus petit qu’à la télé. Et la présence d’un écran géant qui retransmet l’émission de France 2 nous permettra de vérifier en direct la différence de perspective.

IMG_20160213_221837

Il est 20h quand le chauffeur de salle commence son brief. Je vous passe les détails, en gros : il faut applaudir les artistes et il ne faut surtout pas se priver de montrer qu’on s’amuse.
Nous avons la chance d’être très bien placées, c’est-à-dire pas trop loin de la scène mais juste derrière la grue donc à l’abri des caméras (= on peut se lever pour aller aux toilettes et/ou chercher des bières pendant le show) (et vu la durée de l’émission, c’est appréciable)

La soirée est animée par Bruno Guillon (l’occasion d’apprendre qu’il est toujours dans le game) et Virginie Guilhaume (qui a un assistant chargé de lui tenir la main pour monter et descendre les escaliers de la scène) (c’est ça de vouloir faire la maligne sur des talons de 12).

 

Bim bam boum, il est 20h55, et les célèbres notes du générique résonnent dans le Zenith, accompagnées par les cris hystériques des adolescentes alentour.

La soirée commence par un hommage à Michel Delpech par Vianney, le chouchou / gendre idéal de ces dames qui se tient un peu comme un cowboy pour un mec qui sort d’Henri IV.

 

Globalement, je pense que le truc qui m’a le plus fasciné dans ces Victoires, c’est la Spider.
Une caméra multi focales, suspendue à des filins élastiques aux 10 coins de la salle (genre sur 2000m²), qui vole dans les airs d’une manière qui dépasse l’entendement.
Le ballet technologique et les mouvements caméras qu’elle permet sont dingues…

IMG_20160212_201438

La petite scène mobile fait rouler Louane jusqu’à nous.
Au moins j’aurais perfectionné mes connaissances de la variété actuelle car je n’avais jamais entendu un de ses titres (et j’ai même pas vu la Famille Bélier, c’est dire).
Je vais sans doute me mettre à dos un bon nombre de fans mais n’est-ce pas un peu triste que cette jeune fille de 20 ans ressemble autant à une pute des années 80 ? Non mais c’est quoi cette teinture ? Non mais c’est quoi ces fringues !?

 

La scène se retire et revient avec Véronique Sanson et son piano.
L’enchainement fait un peu « Avant / Après »…
De Véro, on ne verra que le dos. C’est le problème des pianistes, la staticité.

 

Les Innocents remportent la victoire de l’album rock. En 2016.

 

Sur ce, on enchaîne avec Maitre Gims et des dizaines de sapeurs, rameutés pour faire le show visuel sur le titre Sapés comme jamais.
J’admets mon ignorance, autant je connais Bella, autant ce morceau avait échappé à mon radar.
Alors on peut dire ce qu’on veut sur Maitre Gims (ou rien du tout parce qu’on a des choses plus importantes sur lesquelles réfléchir), mais force est de constater qu’au bout de trois notes, la salle entière est debout en train danser.
Et que ce sera le seul qui réussira cet exploit. (Parce qu’effectivement, le public des Victoires, moi y compris, est relativement mou/passif)

IMG_20160213_222104

Quitte à avoir fait fuir quelques téléspectateurs, ils ont mis Nekfeu à la suite, histoire d’écouler le quota « musiques urbaines » (oui parce que de Booba ou de Youssoupha, nous ne verrons l’ombre).

Vêtu de sa plus belle veste lumineuse (…) et accompagné par des motos tunées aux néons (…), Nekfeu nous présente sa nouvelle coupe de cheveux blond platine, astucieusement cachée sous une casquette.
J’espère vraiment apprendre dans quelques mois qu’il était en tournage pour jouer un personnage qui justifiait un tel désastre capillaire…
Et si j’applaudis des deux mains son discours de remerciements (le seul qui ait tenté d’évoquer autre chose que sa grand-mère et son super manager, pour parler de la situation des migrants, du mal logement et de #freeMoussa), je lui en veut parce que j’ai Rien à foutre de rien dans la tête depuis 2 jours.

 

Je ne sais pas qui a songé que ce serait malin d’intégrer à ce moment-là un hommage à Bowie, composé d’images d’archives pourries, mais c’était lamentable.
(Pas autant que nos têtes en entendant nos voisines teens « C’est qui ce mec ? »)
Tout autant que la minute nécrologie d’ailleurs. Si vous ne savez pas où gagner du temps d’antenne les gars, j’ai une petite idée !

 


[PAUSE PIPI : Au cas où vous auriez loupé la première heure, que l’émission ne dure pas assez longtemps, et surtout parce qu’on a un changement de plateau légèrement relou à faire, on vous fait un récap des victoires remises !]


 

Je ne sais pas qui a songé que ce serait subtil de rendre un hommage à William Sheller juste après la nécrologie. Sachant qu’il est, certes amoché, mais toujours vivant. Et présent dans la salle.
En tout cas sa voix n’a pas bougé d’un poil, ce qui est d’ailleurs assez déconcertant à regarder. Cette voix connue qui sort d’un visage étranger.

 

The Avener remporte la victoire de l’album de musiques électroniques et j’explose de rire à la lecture d’un tweet.

 

Dans leur grande générosité, leur talent, leur envie de partage, leur attachement filial, leur feuille d’impôts à payer, rayez les mentions inutiles, la famille Chedid vient nous servir un medley des meilleurs chansons de ses membres.
C’est gentil mais vraiment, c’était pas la peine. Vous pouvez faire ça le dimanche autour d’un barbec et sans caméra, on vous en voudra pas.

 

L’avantage d’être dans la salle c’est qu’il y a mille choses à observer et que la cérémonie passe vachement plus vite qu’à la télé.
Sauf quand c’est le tour de Jeanne Added, que l’air se charge enfin de talent pur, captant le regard et les oreilles en trois minutes chrono. Classe.

 

Un des chanteurs que j’avais excessivement hâte de voir (non non, pas pour admirer la nullité en live), c’est Kendji Girac.
Bon ben voilà, je suis venue, j’ai vu, il m’a vaincu. Le mec bêle, c’est ridicule…
(Je laisse PV Nova vous déconstruire l’andaloudance #régalade)

 

Pour continuer dans la thématique, les Fréro Delavega sont venus chanter un truc. Quitte à faire une parodie en milieu de soirée, j’aurais vraiment préféré qu’ils invitent le Palmashow
(Sans déconner, comparez l’original à la copie, c’est magique)

 

Bruno ou Virginie annonce Christine and the Queens, je suis dans les startings blocks du kiffage.
Arf.
Chri-Chri, on a compris que tu savais danser comme Michael Jackson, mais de là à te pointer seule sur scène, avec une PBO, pour faire une démo chorégraphique, il y a un pas vers l’auto-caricature que tu n’aurais pas du franchir…
Je garde quand même espoir en ton intelligence car malgré l’insistance de Virginie Guilhaume, tu as affirmé n’être pas pressée de sortir un nouvel album : « il faut savoir se faire oublier, laisser les gens souffler ». On est bien d’accord.

 


[PAUSE PIPI : Les pintes de Heineken ne sont pas hors de prix, ce qui implique des vidanges régulières]


 

Brèves :

  • Yaël Naïm c’est absolument inutile.
  • Pourquoi Hindi Zahra est nommée dans la catégorie Musiques du Monde ? Alors que Yaël Naïm non.
  • Le public de devant a bien levé ses pancartes sur le morceau de Faada Freddy, comme répété durant le brief pré-concert.
  • Christine vient récupérer la Victoire du meilleur clip. Ca choque personne que ce ne soit pas le réal qui en profite !?
  • Christina Cordula a apparemment été appelé pour une intervention sur Zaz.
  • Les canons à paillettes c’est chouette (et ça donne un peu de taf à ces feignasses d’intermittents qui doivent passer l’aspi entre deux morceaux).
  • Je ne pourrais plus jamais voir ou entendre Dominique A sans penser au 13 novembre

 

Oh. GENIAL. Hyphen Hyphen. Je n’ai pas d’explication rationnelle à fournir, je ne supporte pas la chanteuse.
En tout cas, sur scène son énergie était dingue et je pense que les téléspectateurs ont dû croire que c’était la folie furieuse dans la salle. Sauf que non.
Ils avaient maquillé une quinzaine de personnes chargés de crier et danser dans le public. Autour, nous étions comme des poulpes morts.
Quant au fait qu’ils gagnent le trophée face à Feu ! Chatterton, je ne dirais mot, c’est pas bon pour mon futur ulcère.

 

Les petits Feu ! d’ailleurs ! Bien difficile d’imposer leur univers, leur magnificence, leur lyrisme, en si peu de temps dans ce cadre…

 

Là-dessus, le climax de la soirée approche : un magnéto des répés de Johnny Halliday. Wouh.
Entre temps il a eu le temps de revenir de Périgueux où il était en concert plus tôt dans la soirée.

C’est donc une surprise totale quand il apprend, 5 minutes plus tard, qu’il est l’heureux lauréat de la Victoire de l’album de chansons.
Il monte sur scène l’air ébahi (enfin tant est que ce soit encore possible pour lui) (le plastique c’est fantastique) et son discours apparaît miraculeusement sur le prompteur, affichant une spontanéité des plus probantes.

 

Il est minuit 25, une petite partie du public a déjà abandonné, une autre boit des coupettes en coulisses, et moi je ressors ravie d’avoir un binôme qui, non contente de m’offrir le gîte et le couvert, y ajoute ce genre d’expérience improbable !

 


 

*En parlant de 3e, Les Jours, nouveau média tant attendu, vient d’éclore.

Hier matin dans le train, j’ai dévoré les 10 premiers épisodes des Années collège, dans lesquels la journaliste Alice Géraud suit une classe de 3e depuis plusieurs mois. Pari réussi pour le binge reading visé !

Je vous laisse vous faire votre propre opinion mais personnellement, je suis enchantée d’avoir misé sur ce nouveau cheval qui promet de l’info pertinente et différente.

Advertisements

3 thoughts on “Alors, on va faire l’appel… [Soundcheck #34]

  1. “n’est-ce pas un peu triste que cette jeune fille de 20 ans ressemble autant à une pute des années 80 ?”

    La violence.

    • Mmmoui… Je me laisse parfois emporter par le récit 😀
      M’enfin quand même, avec la caillasse qu’elle draine, je ne comprends pas que personne ne se soit penché sur son style…

  2. Pingback: Les votes sont trèèèès serrés ! [Soundcheck #40] | On n'est pas venu là pour beurrer des sandwichs

Exprime-toi !

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s