Est-ce qu’il y a des vrais bretons ? [Soundcheck #38]

Pour des raisons pratiques, et parce qu’il y a encore des gens d’une grande générosité dans ce bas-monde, je squatte pour l’instant à la Défense. C’est un quartier extrêmement fascinant (nous y reviendrons) dans lequel se tient le festival Chorus.

Quand j’ai vu la prog du samedi 2 avril, mon cœur a fait un bond : pour me souhaiter la bienvenue, ils avaient concocté une soirée rien que pour moi !

Odezenne / Aucan / Thylacine / Joachim Pastor / Worakls / Cotton Claw / Fakear. N’en jetez plus !

 

Etant donné le gigantisme de la Défense, j’ai été assez surprise de la taille, relativement petite, sur site et de l’espace nommé « Le Dôme » qui abrite la grande scène.

Je n’ai malheureusement pas pu être à temps sur le site pour voir le set d’Odezenne en entier (c’est sympa de bosser avec des troubadours mais ça empiète un peu sur les week ends), mais les deux derniers morceaux étaient déments.

Depuis la première fois que j’ai entendu Saxophone sur le Mouv’ (à l’époque où la station n’avait pas encore été relookée à base de jeunisme caricatural), leur son, leur voix, leur présence, me bouleverse de l’intérieur. Et quelques minutes suffisent.

 

Je découvre ensuite Aucan, un duo machine/guitare/clavier. Des nappes planantes avec des bonnes basses, l’ensemble me séduit assez. Ça devrait rejoindre ma playlist « Printemps 2016 » pour une écoute plus approfondie.

Pour l’instant je trouve que le son est parfait sans bouchons. Ce qui confirme que j’ai encore perdu des points d’audition et que j’écouterai bientôt la télé aussi fort que mon grand-père.
Sauf que lui a 91 ans, et je ne suis pas sûre que ma mutuelle prenne en charge les prothèses auditives.

 

20h45, l’heure de Thylacine. J’y allais confiante. J’en suis ressortie émerveillée. C’était encore plus beau qu’au Vauban. En décembre Transsiberian venait de sortir, il a certainement eu le temps de roder le set depuis. Ou alors le lieu, le contexte, l’ambiance, la pinte, j’en sais rien, c’était juste ce genre de moment où je me dis qu’il n’y a rien, dans la vie, de plus jouissif qu’un concert.
Ça me rend heureuse à un point dingue.

Il n’a utilisé son saxophone que pour le deuxième morceau, parce qu’apparemment, en jouer quand on a une dent de sagesse qui pousse, c’est douloureux #protip.

IMG_20160402_220322

Il était 21h45 quand je suis ressortie du Dôme, j’avais l’impression qu’il était 2h du mat et ma moue de contentement ne m’avait pas quitté depuis mon arrivée, 2h plus tôt.
Je me suis dit que j’allais peut-être rester kéblo, comme les enfants quand ils font des grimaces, ce qui serait plutôt dommageable au moment où je tente de m’intégrer dans une nouvelle région.

 

J’ai été bien vite rassurée quand j’ai compris qu’il n’y avait que 12 toilettes pour l’ensemble du site sur lequel se trouvait quelques milliers de personne. lol.

Le live de Joachim Pastor avait l’air terrible, il m’a accompagné pendant toute la durée de la file d’attente.

Du coup j’ai eu le temps de me fendre d’un petit tweet à l’équipe. Il a entraîné une réponse rapide, à défaut d’être pertinente, que j’avais prévu d’intégrer à cet article mais il s’avère qu’elle a été supprimé depuis #censure.
En gros ça disait : “Et on les met où les toilettes supplémentaires !?

J’ai fortement lutté pour ne pas répondre « DTC ! », il aurait été cruel de s’en prendre au stagiaire CM.

M’enfin quand t’organises un festival sur un parvis de 160 hectares, logiquement tu dois pouvoir trouver une solution pour caler quelques chiottes supplémentaires.
Je me note qu’il y a peut-être un poste de régie à choper l’année prochaine.

Bref, du coup j’étais extrêmement agacée, du coup j’ai repris une pinte, du coup j’allais de nouveau avoir envie de pisser. La vie est un éternel recommencement et un putain de cercle vicieux.

 

Avec tout ça, Worakls était prêt à commencer. J’ai un souvenir, bon mais alcoolisé et diffus de leur set aux Trans, j’espère bien me rattraper cette fois-ci.
Je me suis beaucoup plus attachée aux cordes, mais j’ai moins dansé. C’était chouette en tout cas.

 

J’avoue avoir regardé Cotton Claw, de loin, assise, en somnolant. Donc à part vous dire que c’est 4 turntablists comme les Birdy Nam Nam…

 

Tout ça pour être au taquet devant Fakear !

Bon. Un peu comme Thylacine, je le porte très haut dans mon estime, ce qui implique des attentes peut-être démesurées. Pour le premier, ça l’a fait, pour le deuxième, moins.

J’ai trouvé ça plus doux et popeux que d’habitude. Ce qui n’est pas une mauvaise chose, en soi, mais je sais pas, son beatmaking était plus dilué, moins mélodique. C’est peut-être le fait qu’il joue désormais avec trois musiciens, ou juste qu’il évolue.
Il nous a précisé que nous étions privilégiés car il jouait en avant-première les morceaux de son prochain album, je demande à voir.

J’ai hésité longuement avant de l’écrire tellement j’ai honte, personne ne l’aurait jamais su : je suis partie avant la fin.

La mort dans l’âme et les pieds en compote.


 

Je suis retournée sur le parvis dimanche aprem. J’étais pas surmotivée mais il y avait Rover en concert gratuit, ça aurait été un peu bêta (le contraire d’alpha donc) de ne pas en profiter.

Les 30 premières minutes confirme ma relation étrange avec Rover. Il a absolument tout ce que j’aime, artistiquement et scéniquement, il est éminemment sympathique, on a envie de lui faire des câlins, mais pour le dire vulgairement, ça m’en touche une sans faire bouger l’autre.

Exception faite d’Aqualast qui est sublime.

Même si j’abuse en disant ça car la deuxième partie du set était franchement cool, servi par cette voix rocailleuse qui peut devenir farinelliesque en un instant, et des bons musiciens.

Il était visiblement ému d’être là et c’était hyper touchant.

 

Conclusion : Pouce en haut pour la prog et l’accueil. Pouce en bas pour l’hygiène.

Advertisements

3 thoughts on “Est-ce qu’il y a des vrais bretons ? [Soundcheck #38]

  1. Ah oui pas mal le line up !

    Puisque nous en sommes aux confidences, à vrai dire je ne trouve pas Fakear fou-fou non plus. À l’écoute je finis par trouver ça un peu chiant. Je lui préfère Thylacine et Superpoze (j’en parle car ces deux-là font sa première partie au concert où je me rends jeudi prochain).

    • Aaaaah ! Les langues se délient 😀
      Je l’ai vu y’a deux ans à Marsatac, avec une chanteuse, c’était vraiment bien, et j’écoute toujours avec autant de plaisir Sauvage, mais du coup je m’interroge sur le prochain…

  2. Pingback: Des lendemains de ces soirs grisés [Soundcheck #47] | On n'est pas venu là pour beurrer des sandwichs

Exprime-toi !

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s