T’inquiètes bébé ! [Soundcheck #42]

 

Mercredi je suis revenue à Pigalle. Je vais peut-être finir par aimer le quartier, à force.
J’ai un gros doute, mais en tout cas, le coin dispose de deux (à ma connaissance) chouettes salles qui m’enjoignent à vaincre mon dégoût des Tours Eiffel en plastique rose et des tee shirt « I ❤ Paris ».

Mercredi en entrant dans la Cigale je ne sais ce qui me fait le plus plaisir : voir enfin Alex Beaupain en concert, ou constater que la place est en configuration assise.

Grâce à quelques avantages corporatistes ma ponctualité sans faille, je suis très bien placée (j’apprendrais à la fin que j’étais apparemment à 3m de Julien Clerc #VIP).

L’avantage des sièges c’est que chacun peut vaquer à ses occupations en attendant que ça commence.
Qui à mater une série sur sa tablette, qui à finir de bosser un dossier sur son laptop, qui à bouquiner (je dévore en ce moment la trilogie L’emprise de Marc Dugain, qui traite des collusions entre mondes politique et économique, au travers des entremises de la DGSE/DGSI) (c’est assez désespérant, je ne vous cache pas que ça ne donne pas grande envie de voter en 2017) (si tant est que vous aviez encore une once de motivation).

 

Bessa se lance pour nous distraire. C’est assez étrange : le son est résolument contemporain avec deux musiciens qui mêlent nappes de synthés (est-ce que ça ne finit pas par être un peu galvaudé cette expression « nappes de synthés » ?) (est-ce que ça ne finit pas par être un peu galvaudé ce mot « galvaudé » ?) beatmaking et guitares parmi des volutes de fumée, mais la Bessa en question parait datée.

Elle a certes une belle voix, (ce qui me fait une belle jambe car je suis globalement insensible aux voix féminines) mais qui change entre chaque morceau, comme si elle n’avait pas encore trouvé/choisi son style.
Son attitude, plutôt froide (à part quand elle s’est lancée dans une danse pseudo lascive assez gênante), aurait pu convenir à l’ambiance si ça n’avait ajouté au déséquilibre du trio.

 

C’est en apercevant la silhouette d’Alex Beaupain arriver sur scène que je me rends compte à quel point j’apprécie de le voir en live alors que je l’écoute depuis plus de 10 ans.

Il est accompagné par 3 garçons et une fille qui passent allégrement du piano à la guitare, de la basse au violoncelle, du synthé aux chœurs (c’est agaçant ces gens multitâches).

Et je le soupçonnais un peu, il est extrêmement drôle. Comme pour Bertrand Belin, c’est pas hyper flagrant à l’écoute de leurs chansons. La ressemblance s’arrête là, si le premier est exquisément pince sans rire, Alex Beaupain pourrait quasiment se lancer dans le stand up.

Habitué des guests, il a, cette fois-ci, invité Vincent Delerm, la Chantal Goya de la dépression selon lui. Je n’avais jamais vu Vincent Delerm non plus, ça tombait bien. Sauf que j’ai pas compris le concept de le faire venir pour lui faire uniquement jouer du piano sur un morceau.
Bon. Du coup, à part vous dire qu’il a dorénavant les cheveux blancs…

 

J’ai l’immense surprise/plaisir de découvrir qu’il joue encore des compositions des Chansons d’amour, le film de Christophe Honoré pour lequel il avait écrit la BO et qui fût, des années durant, mon film préféré (je ne suis pas très DVD, j’en ai 3 : Astérix Mission Cléopâtre, la saison 1 des Revenants ET Les Chansons d’amour, c’est dire).

J’y ai découvert Louis Garrel que j’adore, Clotilde Hesme que j’adore, Grégoire Leprince-Ringuet que j’adore et Ludivine Sagnier que j’adore pas forcément mais dans ce film un peu quand même.
J’ai écouté l’album des dizaines (centaines ?) de fois, les yeux aux larmes tellement les paroles associées aux acteurs sont belles et fortes.

BREF. Quand les premières notes de Delta Charlie Delta ont résonnées j’ai plongé 12 ans en arrière (c’était raccord, il y avait aussi des gens de 12 ans en arrière dans la salle) (coucou !), quand il a joué La Bastille j’ai songé aux dizaines de clichés que j’ai pris du Génie depuis cette chanson, quand il a fini son set sur Ma mémoire sale et Les yeux au ciel, j’étais dans un TER Bretagne, au bout de ma tristesse et de ma joie conjuguées.

Alors bien sûr, il a créé d’autres réussites depuis (même si je n’ai pas encore apprivoisé son dernier album) qui lui ont permis de nous offrir 2h de concert.

 

Je n’ai pas de photo à vous fournir de ce chouette moment car j’ai tenté mais, outre la qualité minable de mon téléphone, j’ai failli me faire lapider par mon voisin. Enfin quand je dis « lapider », plutôt me prendre un coup de boule car ce bonhomme imposant n’a pas décroisé les bras du concert. Les applaudissements c’est tellement surfait galvaudé.
Il a quand même daigné se lever au bout de 2 minutes de standing ovation, trop aimable.

 

Voilà, tout ça pour dire que je suis vraiment ravie d’avoir vu Alex Beaupain, maintenant j’aimerais qu’on devienne potes, qu’on aille boire des pintes et qu’il me fasse rire.

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