The bottle [Soundcheck #43]

 

J’étais plutôt contente d’avoir mon lundi (en compensation du samedi, j’ai des horaires de fonctionnaires mais pas les vacances), je me disais que j’allais pouvoir, au choix, aller faire ma touriste à Paris, bronzer dans le jardin, mater Roland Garros.

Bon.

Si vous vivez en France, vous avez pu constater que j’ai été épargné de ce dilemme par l’enchanteresse météo qui s’abat sur nos côtes (ouais les côtes de la Seine et de l’Oise, c’est HY-PER sympa !)

J’ai donc passé une chouette journée d’hiver à bouquiner sur mon lit en buvant des boissons chaudes enroulée dans un plaid au son de Ghost surfer de Cascadeur (j’avais oublié à quel point cet album est beau, à quelque chose malheur aura été bon…)

 

Sauf qu’à 18h, il a fallu se bouger le tronc parce qu’il m’était psychologiquement impossible de louper le concert d’Eagulls au Nouveau Casino, et que j’avais besoin d’un gros shot d’Angleterre dans la face (non, la pluie ne suffit pas pour ça).

J’avais trouvé sur l’event facebook un mec qui revendais une place un peu moins chère, et pour cause, c’était une invit. « Je te la vends 15€, comme ça tu gagnes 3,80€ sur le tarif ».
J’ai pas réussi à trancher sur son cas, entre une honnêteté ou une radinerie à toute épreuve…

 

En fumant une clope dans le fumoir (qu’il est techniquement très prétentieux d’appeler « fumoir ») avec l’ingé son, j’apprends que les horaires des sets sont finalement décalées d’1/2h. Ça n’a l’air de rien, mais quand on arrive pile à l’heure pour ne pas attendre seule en vain, c’est pénible.

Y’a-t-il UN concert, UN jour, qui commencera à l’heure !?

 

99watts assure la première partie, et si j’ai bien compris, c’est tout simplement le chauffeur du tourbus des Eagulls. Autant faire d’une pierre deux coups.
Il est muni d’une guitare, de beaucoup de pédales (loop entre autres) et d’une tête sympathique qui ne laisse aucun doute : il ne doit pas laisser sa place au pub. C’est tout à fait écoutable, sans être transcendant.

 

J’ai découvert les Eagulls en live quand j’habitais à Bristol (désolée), en 1ère partie de Franz Ferdinand.
Depuis, George Mitchell, le chanteur, reste un des marqueurs principaux de mon admiration/adoration pour l’aplomb britannique. J’avais été séchée par sa présence.

Je suis un peu agacée quand je lis des comparaisons incessantes entre eux et Joy Division. Quel poids sur les épaules bordel… Evidemment, on ne peut nier l’influence, mais est-il possible de grandir dans le nord de l’Angleterre, de faire du rock, et de ne pas être écrasé par l’héritage des aînés !?

 

Je suis aux pieds de George Michell (littéralement, pas métaphoriquement) (quoique…), je crois que je n’ai pas détaché mes yeux de lui plus de 30 secondes pendant le set.
Blondinet aux yeux clairs, sec comme un coup de trique, col de chemise boutonné au plus haut, pantalon à pinces feu de plancher, un verre de vin à la main, il capte et absorbe le regard.

Ils ont joué 1h, sans répit, sans pause entre les morceaux, sans parlote inutile, sans plan de feux autre qu’un film muet en noir et blanc diffusé en fond de scène.

Si les dix premières minutes, j’ai regretté d’avoir conscience d’être rue Oberkampf, rapidement la bulle enveloppante de leur son m’a mené ailleurs.
L’intensité de leur set ne se retrouve, à mon avis, pas sur album. Il est probablement impossible de saisir cette sincérité brute qui se dégage à l’instant T.

Cela dit c’est peut-être bien, aussi, de vivre encore des moments de beauté éphémère, dont tu peux juste goûter le souvenir.

Je suis ressortie du Nouveau Casino, sous la pluie, éblouie et étourdie.

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