It’s been cloudy for two months [Soundcheck #48]

 

Dans le lot de mes pèlerinages annuels, il y a Noël, les Vieilles Charrues ET la Route du Rock (quoiqu’un peu moins fréquemment, à cause du climat malouin des plus incertains).

J’avais choisi d’y aller le vendredi, pour matcher avec des copains, et parce que c’était la soirée où je connaissais le moins de groupes.
Quitte à fréquenter un festival à la prog pointue, autant y aller à fond, me disais-je. Cassons le suspense immédiatement, c’était pas l’idée la plus maline de l’année.

Deux jours plus tôt, je me suis fait une petite frayeur, histoire de pimenter un peu les vacances : je me suis foulée le pied. En me levant du canapé.
Ouais…
(Et c’était même pas en regardant les JO)

 

Bref finalement ça va mieux, je fonce ne dépasse pas surtout pas les limitations de vitesse du code de la route, car en ce week end du 15 août, les forces de l’ordre doivent être au taquet afin de remplir au mieux les caisses de l’Etat Providence, en me dirigeant vers l’Ille-et-Vilaine.
Je me fais la réflexion chaque année, mais putain, c’est loin !
En tout cas il fait beau, et c’est assez rare à cette date pour être signalé.

 

Comme d’habitude, j’arrive à 17h30 pour être à poste dès l’ouverture des portes à 18h et avec une bière dans la main dès le premier concert de 18h30. Je m’enquis des trois groupes de copains « Boarfff nous on va venir vers 20h… » (oui je caricature, coucou bisou), j’ai soudain la vilaine impression d’être une stakhanoviste des concerts qui devrait peut-être se détendre.

L’expatrié londonien, tout droit sorti de la Manche qu’il a traversé à la nage par amour de la musique (mais siiiii…) me propose de les rejoindre au camping pour l’apéro. J‘étais en passe de céder à la tentation avant de constater que le camping était désormais payant. Un vrai festival de parisien…
(Toutes réflexions concernant les tarifs du festival seront nuancées par le fait qu’ils se sont tapés un bide en terme de fréquentation et que du coup je suis contente de leur donner de l’argent, du moment qu’ils puissent continuer d’exister)

 

J’attends une bonne demi-heure pour récupérer mon bracelet cashless, je l’avais pré-crédité en ligne ça n’a pas suffi à rendre le truc fluide. J’en profite pour écouter et observer les autres festivaliers, ici c’est toujours un régal.
« Ouais, c’est vrai que t’es à fond post punk toi… Et tu penses quoi du before punk ? lol ».
Le genre de blague que tu n’entends qu’à la Route du Rock (ou au Midi Festival).

Je vais au point info pour demander un programme « Ah non, on n’en fait plus, faut télécharger l’appli ». Je veux bien être totalement 2.0 mais va falloir fournir une 3G décente et des batteries de rechange dans ces cas là…

 

Malgré tout, comme prévu, je suis devant Psychic Ills avec une bière à 18h30. J’ai pu étrenner les toilettes en arrivant, qui étaient propres, avec du papier, et même DU SAVON !!

Arte, le sponsor très à propos, après avoir distribué des ponchos les années précédentes, offrait cette année des chapeaux pour protéger nos jolies petites têtes du soleil. Ca uniformise un poil la population (« Tu me verras forcément, je suis au milieu en face de la grande scène et j’ai un chapeau blanc !! ») (cela dit, vu le nombre de spectateurs, c’était pas méga compliqué de se trouver), mais c’est sympa de leur part.

 

Psychic Hills donc. C’est un peu chiant en fait. Une nana en robe hippie (qui m’évoque légèrement the red woman de Game of Thrones), un chanteur guitariste au style désuet, des instrus psyché qui me plaisent pas, pourtant sur Spotify ça m’avait paru pas trop mal.

 

Next, Kevin Morby que j’ai loupé deux fois l’année dernière et que j’aurais mieux fait d’écouter entre temps, ça m’aurait sans doute permis d’apprécier encore + le concert en connaissant les chansons.
J’étais plutôt étonnée d’apprendre que le groupe venait de Los Angeles parce qu’ils avaient plutôt des tronches sorties de la banlieue de Liverpool, mais soit.

Devant la guitariste, je m’interroge encore sur l’intérêt esthétique de porter un pantalon carotte pour une femme. Même si t’es bien gaulée, on a l’impression d’être devant un sac…

 

Je me dirige vers le bar pour passer le temps entre deux concerts, mon pied roule sur un caillou, je m’étale de tout mon long. J’ai un peu de chance dans mon malheur, il fait beau donc, par terre c’est bien de la terre, et pas de la boue. Je me redresse l’air de rien, la tête haute, en époussetant mon jean et ma fierté.

 

Je trouve une place sur un banc (il est 20h, j’ai déjà mal au dos, l’année prochaine j’ajoute un corset à la genouillère #meufenkit) pour attendre de la compagnie et Belle & Sebastian.
Tu sais, le genre de groupe dont le nom est tellement connu que tu ne prends même pas la peine de vérifier si toi-même tu connais ou si tu aimes bien. Encore une erreur.

C’est tout à fait sympathique, ils sont 8 avec plein d’instruments, ils sont contents d’être là, ça joue bien, c’est pas désagréable, m’enfin on ne peut pas dire que ça me bouleverse (à part peut-être Piazza, New York Catcher, issue de la BO de Juno) (oui c’est ça, le seul morceau que je connaissais, en fait).
Au contraire de tous les quarantenaires qui m’entourent. J’en conclue donc que je suis trop jeune pour comprendre. Et que la Route du Rock est le SEUL festival où je me sens jeune. (Un bon point pour eux).

 

L’heure d’Haelos a sonné, j’avais très envie de les voir après ma légère révision de la prog la veille au soir. Effectivement, ça m’a bien plu. Les copains y entendent des notes de Jungle, je pense à London Grammar, faites-vous une idée.

 

Pendant ce temps-là, les militaires de la force Sentinelle profitent aussi du festival en patrouillant armés jusqu’aux dents dans l’enceinte du site. Je ne sais pas si le ratio entre leur force de dissuasion et l’ambiance anxiogène que ça fout aux alentours est mesurable, mais j’ai ma petite idée sur le résultat.
(Alex Hervaud évoquait d’ailleurs le sujet dans Libé)

 

Là-dessus, je fais LA pause bavardage de la soirée, pendant Minor Victories, qui, d’après ce que j’ai entendu de loin, est le groupe qui aurait dû le plus me plaire de la soirée. La meuf qui sait choisir son moment… Je déteste regarder des concerts en vidéo mais si ça vous intéresse vous pouvez toujours aller sur Arte Live qui retransmettait en direct.

 

On enchaîne avec Pantha du Prince, dont je n’avais jamais entendu parler mais dont le nom magnétique m’a déjà conquise. Ça commence avec un son assez dur, j’irai pas jusqu’à dire que c’était dark, mais tout de même plutôt rude en milieu de soirée et je suis contente d’avoir des accointances qui ont été me chercher un gin tonic au VIP.
Bizarrement le set s’est plutôt adouci au fur et à mesure, il a d’ailleurs changé de costume de cosmonaute sans que je le vois, passant du blanc au noir, comme un oxymore.
In fine, c’est sans doute celui que j’ai le plus aimé de la soirée.

 

Ensuite c’est Gold Panda, pour lequel j’aurais dû avancer plus dans la foule pour en profiter.

Puis Rival Consoles pour finir, et là je n’ai absolument rien à dire. Je me suis pas emmerdée, c’était pas l’extase, j’étais pas mécontente de rester, ni de partir.

 

Tout ça pour dire que la prochaine fois, je choisirai peut-être le soir où il y a La Femme ou Fat White Family, même si je les ai déjà vu. C’est moins aventureux comme décision mais potentiellement plus extatique.

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