Tu vas tripper ta vie ! [Soundcheck #54]

Au creux de l’oreiller d’un soir d’été, a résonné Louis-Jean Cormier.

C’était par l’entremise de Mélanie Bauer et de France Inter que j’ai couru acheter Les grandes artères, le nouvel album du susnommé.
7 mois, et environ 418 écoutes plus tard, je suis toujours en émoi.

Sa voix et ces mots ont bercés mon arrivée à Dogville, de longues routes finistériennes, des soirs d’hivers à la beauté mélancolique, des crépuscules bleutés et la lumière orange.

Alors quand j’ai appris qu’il passait à l’U., j’étais au comble de la joie.

 

Vendredi 17 mars, éreintée (rien que ça) d’une semaine up&down (mais malheureusement sans lofteurs), je suis malgré tout super ready pour un one way vers le bout du monde, pour me perdre, dans le désert.
Jusqu’au moment où j’apprends que cette soirée « chanson francophone » est sur un format 21h-3h et que le québécois tant attendu se produira vers 00h30.
(Passons sur la pertinence d’un tel horaire sur ce type d’esthétique, qui plus est un soir de St Patrick)

 

Je commence donc ma soirée par Koh Lanta (cette nouvelle saison est un peu folle : il y a TROIS équipes).
J’arrive en retard à l’U. (ces imbéciles n’étaient pas foutus de gagner l’épreuve de confort dans le temps imparti…), Jahen Oarsman a déjà commencé depuis quelques temps.

Je ne suis pas mécontente d’avoir loupé le début car c’est loin d’être transcendant.
De la folk correctement exécutée, mais sans grande présence scénique, et qui sonne assez 90’s (j’ai vaguement pensé à Eagle Eye Cherry).

 

Changement de plateau, la salle est bien loin d’être remplie et c’est la première fois que je peux profiter des escaliers/gradins. Donc je m’assois le plus proche de la scène, et je confesse de pas m’être relevée pour le concert suivant.

En même temps, on ne peut pas dire que Barbagallo pousse au pogo et j’étais très bien placée.

Ils sont 4 sur scène, dont le sieur Barbagallo donc, chanteur/batteur joliment bouclé, qui chante des chansons aux paroles joliment naïves avec un joli brin de voix.
Joliment chiant me disais-je au départ.

Et puis, la bonhommie du sud-ouest, les synthés sympathiques ont eu raison de ma réserve. C’est également très teinté 90’s (impossible de trouver le groupe exact auquel ça m’a fait pensé, mais il y a un air des Innocents, dans les chœurs notamment).

Il nous parle de sa première date à l’U. avec Axe Riverboy, probablement pour nous prouver qu’il n’est pas un lapin de 3 semaines mais perso, ce nom m’a foutu le pire des coups de vieux.

Et ils finissent ce set intelligemment construit, par un très beau morceau, La vérité, limite post rock et magnifiquement étiré (qui clôt également son album).
En fait, plus j’y pense, plus je me dis que c’était bien.

 

Il est 00h25, mes paupières clignotent et mon genou droit (le faible) tressaute.
Il est 00h30 et je revis.

Les grandes artères est un album sublime, tant au niveau des textes que des compositions et des arrangements.
C’est assez rare d’avoir une telle richesse instrumentale autour de textes en français (quelques exceptions à la règle, Florent Marchet coucou bisou), Louis-Jean Cormier se rapprocherait plus d’artistes tels que Ray Lamontagne (dans l’idée, n’y cherchez pas de ressemblances probantes). Dans une tradition plutôt folk blues.

Il s’avère qu’en plus d’être talentueux et visuellement agréable, le type est drôle.

Il est accompagné par Marc-Antoine Larocque, batteur stoïque, et Mathieu Désy, contrebassiste enthousiaste. Un trio aka sa version de voyage, on imagine bien les coûts pour faire venir un orchestre depuis le Québec…

Sa voix est belle, son jeu de scène parfait, les versions live de ses morceaux plus rock, la complicité du trio plaisante, ses interactions avec le public ravissantes.

Pourtant, comme signalé précédemment, la salle est quasi vide, si ce n’est un GROS RELOU aviné qui ne cesse de gueuler « caribouuuuuuuu » à chaque seconde de silence.
(Je n’ai même pas fait mine de lui péter la gueule car il était gros, au propre comme au figuré)

Quelques morceaux de Karkwa, son précédent groupe que je n’ai pas encore approfondi, avant de finir sur Deux saisons trois quart, à la demande d’un spectateur (qui lui, méritait un bisou, du coup).

 

Il est 2h, Dogville tente de digérer les farfadets qui zigzaguent et moi, je suis définitivement en amour.

 

 

[J’ai fini mon week end québécois en allant voir 1:54 de Yan England au ciné, où Antoine-Olivier Pilon prouve qu’il a vraiment un truc chouette (autre que la même housse de couette que moi, j’entends)]

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