Salam

[TANGER PART I]

Trois semaines que j’essaye de me mettre à l’écriture de ce LONG WEEK END*. L’orage ainsi que l’Impermanence de Peter Silberman sauront, je l’espère, guider mes doigts.

 

Il y a quelques années, j’ai été saisie par Jim Jarmush et des vampires, apparaissant au détour de nuits et de crépuscules tangérois. D’autres bribes de voyages m’ont confortée dans un imaginaire mystique autour de cette ville.

Alors quand l’occasion s’est présentée, par un heureux hasard, de trouver le temps et la compagnie pour s’y perdre quelques jours, j’ai décidé que ce serait mon voyage des 30 ans (oui, j’ai un peu tardé à utiliser mon cadeau d’anniversaire…).

 

Un mercredi matin, à l’aéroport Ibn Battouta de Tanger, où il faut remplir un formulaire pour expliquer qui on est et ce qu’on vient faire dans le coin (indiquer « kiffer la life » est déconseillé, compte tenu de la production locale).

Le temps de choper des milliers de dirhams (y’a pas à dire, ajouter des zéros, ça donne tout de suite l’impression d’être riche), on prend le premier d’une longue série de taxi pour rejoindre la kasbah et le Dar Nour (une maison d’hôte par laquelle est passé Matt Damon) (je vous rappelle que c’est mon LONG WEEK END d’anniversaire).

Le conducteur nous dépose à la porte de la Kasbah, impossible d’aller plus loin en voiture, et on s’exclame de joie tellement c’est joli. On se perd un peu dans les rues de la kasbah mais c’est sans compter tous les gens qui souhaitent nous aider à trouver le chemin. À ce stade je suis encore méfiante, rapport au guide dans lequel il est écrit qu’ils attendent de la thune en retour, mais en fait c’est globalement pas trop lourd.

 

On découvre le Dar Nour, je vais pas vous en faire des tartines, c’est enchanteur.
J’ai toujours pas compris comment était foutue cette baraque mais c’est un dédale de recoins, de petits salons, d’objets et de tableaux improbables, de toits terrasses avec vue imprenable sur la ville et la mer, de chambre dans laquelle il y a un poster d’une dédicace de Maylis de Kerangal (#coeur), des mignonnettes de shampoing (je fréquente les auberges de jeunesse depuis 15 ans, j’ai failli décéder de tant de luxe), de petit-déjeuner rêvé (tous les fruits sont pré-pelés et équeutés !!) et de gens accueillants.

(Bref, pour 80€ la double/nuit petit déjeuner compris, je recommande) (et j’ai eu aucune réduc pour le faire)

(Quand le couple de vingtenaires, qui est arrivé en même temps que nous, a précisé qu’ils avaient réservé une suite, je me suis dit que c’était peut-être pas plus mal de pouvoir encore s’émerveiller de serviettes propres dans une salle de bain à 32 ans)

(Tu peux cliquer sur les photos pour les voir en grand)

Il est 13h, on est déjà aux anges quand on prend notre premier repas dans la rue de la Kasbah, sur le trottoir pour bien observer la vie alentour.

L’idée première c’est de se perdre pour découvrir la vieille ville, mais même si ça n’avait pas été le cas, c’est impossible de se repérer et d’aller en droite ligne d’un point à un autre.

Je suis subjuguée par les maisons et les couleurs. Tout en me disant que ça doit pas être la joie d’y habiter parce que je ne suis pas sûre que niveau confort ce soit le summum rapport à nos standards.

Au départ, j’ai envie de prendre chaque parcelle de rue, chaque fenêtre, chaque porte, chaque plaque en photo. C’est une explosion de couleurs sur les murs (et de pubs pour la Vache qui rit, étonnamment) et de chats en vadrouille. (Et non pas l’inverse)

 

Assez étrangement, on se fait toutes les deux rapidement la réflexion qu’on n’est pas tant dépaysées que ça (mais L. habite depuis 5 ans à Marseille alors forcément, y’a des similitudes), tout en ayant l’impression d’évoluer dans une scène de film (je songe à OSS 117, ce qui est flatteur, je vous assure).

On cherche le Petit Socco, centre névralgique de la médina, qu’on ne trouvera finalement que le lendemain.

(On mettra 2 jours à calculer que le Grand Socco c’est la place du Cinéma Rif sur laquelle on est passées 20 fois…)

On marche au hasard des rues, on cherche les grandes artères (je pense à Louis-Jean Cormier) en espérant renouer avec le sens de l’orientation, on tombe sur la terrasse des Paresseux qui donne sur la mer, je fais une fixette sur le Cinéma Rif qui est immanquable mais autour duquel on tourne pendant 1h sans le voir.

Ce cinéma est d’une beauté folle. Nous n’avons pas eu le temps d’y voir un film mais rien que d’y entrer et d’y prendre un café (ou un thé à la menthe) est une joie cinéphile.

Je me renseigne tellement bien en amont de mes LONGS WEEK ENDS, que je n’avais pas percuté que Tanger, ça grimpe.

Heureusement L. est un peu plus prévoyante que moi et quand on tombe sur le Café Baba, elle sait qu’il faut y entrer pour se poser !

Un café qui baigne dans son jus, comme on dit, et surtout dans d’épaisses nappes de fumée à l’odeur équivoque. Le serveur nous trouve deux places dans la véranda, on est les seules touristes, et surtout les seules à ne pas se faire un petit kif (bien qu’avec l’aqua ambiant, je doute qu’on soit ressorties de là totalement sobres). Le thé à la menthe est délicieux, la vue dégagée, l’atmosphère douce.

 

Vers 18h, les gambettes fébriles, on retourne au Dar Nour pour profiter de la terrasse (et du fait qu’ils y servent de l’alcool) (autre bon point pour eux) (#alcoolisme).

 

*Ceci est un running gag private joke. Déso, pas déso.

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