Chokran

[TANGER PART III]

Vendredi matin on quitte le Dar Nour après une dernière orgie gustative, pour tester un Airb’n’b dans un autre quartier.
Notre hôte vient nous chercher en voiture pour nous conduire dans une maison, dotée d’un toit terrasse, où nous avons une chambre au dernière étage avec vue sur la mer et l’Espagne. C’pas dégueu non plus.

On repart aussi sec pour la gare routière (en taxi bien sur) afin de choper LE car qui va à Chefchaouen. On est plutôt en avance mais il flotte et, comme dans toutes les villes du monde, le quartier de la gare n’est pas des plus avenants donc  on se contente d’attendre en regardant les mouvements alentour.

Le car met 3h à rallier la ville située dans le massif du Rif, ça permet de voir un peu du pays, c’est plutôt cool (j’aime bien le car, c’est le meilleur mode de visite pour les feignasses).

 

Chefchaouen est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, ça vous donne une petite idée de la joliesse du truc. Et potentiellement du nombre de touristes drainés.
Sauf qu’au-delà des 3 rues principales et de la grande place blindée de magasins de souvenirs et de restos + ou – alléchants, le reste de la médina est vide de tout appareil photo.

C’est d’ailleurs assez dingue de voir la différence, quand tu fais 3 pas de côté, tu te retrouves soudain au beau milieu d’une vie quotidienne déconnectée, comme si le reste n’était qu’un décor d’apparat, monté de toute pièce par la Warner Studio locale.

Le « concept » de la ville, c’est que toutes les maisons, les murs, voire les sols des rues, sont peints en bleu.
Céruléen, azur, pâle, polaire, canard, turquoise, marine, ciel, outremer, violine, saphir, cyan, électrique, à votre guise !

C’est de toute beauté, là encore, j’avais envie de prendre chaque centimètre en photo.
(J’annonce, il va y en avoir beaucoup, et toutes sont certifiées #nofilter)

Le tout est ceint de montagnes vertes, rythmé d’enfants qui courent, surplombé de nuages noirs, nimbé de rayons impromptus.

Je n’ai pas une grande inclination pour les enfants (sans blague), malgré tout, je confesse avoir été touchée par les ribambelles de gamins croisés au détour des rues de Tanger et Chefchaouen. Un truc dans le regard, peut-être.

J’étais déjà un peu chamboulée par ce LONG WEEK END, je crois.
La demi-heure sur un banc, à mater des minots jouer au foot, sur une place de Chefchaouen, au beau milieu du Maroc, a achevé de me faire glisser dans des considérations universalistes.

Et cette question entêtante, qui revient sans cesse lors des 4 jours : « Quel peut-être le quotidien de ces gens !? »

On fini par repartir, en souhaitant revenir sur nos pas, et au point de départ.
Ca nous prend environ 1h30, de grimpette en descente (encore pire que Tanger), d’escaliers en virages, comme dans une BD de Tintin où ils finissent par se rendre compte qu’ils tournent en rond et que ben tiens dis donc, ce ne serait pas la dame à qui on a acheté des pâtisseries il y a 20 minutes !?

Petit point pâtisserie en passant, extrêmement bon marché, beaucoup moins grasses qu’en Turquie (plutôt étouffe-chrétien ahahaha merde j’avais déjà fait cette blague en revenant d’Istanbul…..), tu sais jamais sur quoi tu vas tomber vu qu’il n’y a aucun nom d’indiqué dans les vitrines, donc c’est un peu au petit bonheur la chance (pas toujours un franc succès).

À bout de mon genou, je hurle intérieurement de soulagement quand j’aperçois le resto dans lequel on a mangé le midi, qui est tout proche de notre but. Armée de mon plus beau sourire (…), j’en profite pour demander la grâce et l’accès à leurs toilettes.

Non parce que je n’ai pas encore évoqué ce point sensible mais une bonne partie des toilettes dans le pays sont à la turque. Et c’est peu de dire que je suis traumatisée de l’affaire depuis que je me suis luxée la rotule droite dans ce genre d’endroit.

(J’ai du vaincre ma terreur un peu plus tard, tout s’est bien passé, j’imagine que c’est comme une chute de vélo, il faut tout de suite remonter dessus…)

 

On rejoint la gare routière dans le même type de « taxi » qu’à l’aller. Si tant est qu’on puisse qualifier ça de taxi. Un véhicule motorisé dirons-nous (je ne vous parle même pas de l’option ceinture, absente de tous, à mon grand désarroi).

Le car pour Tanger a un peu de retard, puis un peu plus de retard. On est bien contentes d’avoir nos petites pâtisseries amande-cacahuète-chocolat-saveur indéterminée, en observant un petit garçon à casquette pour qui tout à l’air merveilleux, jouer avec une pièce comme suivre les lignes tracées au sol.

 

3h plus tard, le car nous dépose dans la banlieue de Tanger, apparemment il ne dessert pas la gare routière à minuit…
Heureusement il y a des taxis (surprenant) et je voyage avec la meilleure négociatrice de tout l’ouest.

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