C’est grâce à vous qu’on est célèbres [Soundcheck #64]

LUNDI

La joie au moment de faire mon planning trimestriel de spectacles vivants : les Fontaines DC passent à L’U. Un concert de rock irlandais, un lundi soir, entre 20h et 21h. La prog et l’horaire ont tout pour me plaire !
(Si je n’avais parlé à personne en sortant, j’aurai pu être chez moi à l’heure pour l’Amour est dans le Pré)

Rappelons que de l’autre côté de la Manche, les concerts débutent à 19h30, il peut y avoir trois ou quatre groupes, pour 23h c’est plié, on n’est pas là pour finasser !

Je suis devant, au centre, quand quatre musiciens et un chanteur au visage poupin entrent en scène. Le premier quart d’heure me laisse sur ma faim. Il manque d’alchimie entre les membres et les morceaux me semblent faibles.

C’était avant d’être immergée dans un bain sonique et lumineux, beaucoup plus en accord avec les EP dispos en ligne.
Si les musiciens (tendance diesel) ont clairement un style irlandais (tu les vois bien jouer de la flûte dans un pub de Temple Bar), le front man, normcore de l’extrême aux réflexes autistiques, a l’air plus britannique (sauf qu’il boit de l’eau). C’est dense, joué pied au plancher en 50 minutes, merci bonsoir ça fait beaucoup de bien !

 

MERCREDI

Sur la route du long week-end en Finistère (merci les morts), je fais une pause chez mes ex-collègues morbihannais (coucou !) pour l’ouverture des Indis avec Daniel Blumberg.

Heureusement que j’ai usé l’album Minus depuis quelques mois car je ne suis pas sûre que j’aurai été suffisamment ouverte pour apprécier cette expérience à sa juste valeur.

Échalas dégingandé au teint maladif, il est accompagné telle une ombre par une danseuse contemporaine (que j’ai d’abord pris pour une traductrice LSF), Lotus Edde Khouri.

Chaque note est morcelée, triturée, déstructurée à l’aide d’une guitare étrange (impossible de vous dire quoi), d’un harmonica et d’envolées a capella. Sa gestion des silences est telle qu’on n’entend pas un souffle, ni un applaudissement, durant l’heure de set.

Il n’y a pas plus de 20 secondes de mélodies enchaînées avant de casser les rythmes et tordre ce qui a pu être enregistré. Sur scène, dans une pénombre étudiée, c’est fascinant.

Entre les sons, des souvenirs et les fantômes se baladent dans mon Manège à moi.

 

SAMEDI

En sens inverse, après avoir quasiment adopté un choupisson, je révise mes gammes en me rendant à une deuxième soirée indisciplinéE.

Au-delà du plaisir sans cesse renouvelé de voir les collègues (coucou bis !), je suis en mode fangirl pour la nouvelle tournée de Columbine. Les enfants terribles rennais dont la carrière se télescope avec la mienne et dont les morceaux ne cessent de m’étreindre, viennent de sortir un nouvel album.

Je confesse n’être pas encore tout à fait au point sur les paroles (il est sorti il y a un mois, il y a 20 TITRES !!) (j’ai quand même les refrains), je me suis trouvée bien con parmi les fans (je fais d’ailleurs augmenter leur moyenne d’âge d’environ 20 ans) (il y a un moment ou la question de l’inadéquation entre mes goûts et mon âge va se poser de manière très critique).

C’était très bien. Leur énergie, la scéno, le son, leur sincérité non feinte, l’ambiance dans la salle, une ferveur innocente et réjouissante.
Le plan B, c’est pas pour tout de suite.

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