Oh, Hi Mark !

Durant les vacances de Noël 2016, à la faveur d’un article de Libé, j’ai découvert un podcast nommé 2 Heures de perdues. Le nom me parlait, le sujet (cinéma) m’intéressait, et le concept suscitait ma curiosité. J’ai donc lancé l’épisode sur Un indien dans la ville, film adoré de mon enfance.

6 mois plus tard, j’avais fini d’écouter les 141 autres épisodes, dans l’ordre chronologique. Et Antoine, Julie, Michaël, Greg et Sarah faisait partie de ma vie quotidienne.

Un nouveau problème se posait, à raison d’un épisode hebdomadaire, je ne pouvais assouvir mon besoin, que dis-je, mon addiction ! Donc je les ai écoutés à nouveau.
Je vis désormais un cycle infernal, mais passons.

 

Dans 2 Heures de perdues, chaque semaine, 5 masochistes (ou 4, selon les dispos de Greg) (ça fait très familier dis comme ça, mais je n’ai aucune idée s’il s’appelle Grégoire ou Grégory), parlent d’un mauvais film qu’ils ont visionné, chacun de leur côté, suite à un tirage au sort parmi les suggestions des auditeurs.

Et ces gens sont extrêmement drôles.

Le fait d’écouter les épisodes dans l’ordre chronologique* a toute son importance car l’évolution de leur maitrise du médium, l’amélioration des conditions techniques mais surtout les running gags (coucou Dijon, Crackos Magazine, Scatman, les eaux stagnantes, M’sieur L’Maire etc.)  font vraiment partie du truc et permettent une appréciation maximale du podcast.

Il y a un an, ils ont enregistré pour la première fois en public, à propos de Titanic (parfois ils font des exceptions et des bons films). J’étais un peu jalouse de ne pas participer à cette grande communion, le lot quotidien des gens de province en somme…
Depuis, deux autres lives ont eu lieu, toujours en semaine, toujours  à la capitale.

 

Il y a un mois, en  feuilletant le programme d’un festival ciné de Dogville, qu’elle ne fût pas ma surprise de découvrir : « Panic x 2 Heures de perdues : projection de The Room, suivie d’un enregistrement du podcast ».

J’ai failli en tomber de ma chaise !
Heureusement les bretons sont un peu moins vivaces que les parisiens sur l’affaire et toutes les places n’étaient pas parties en 2h (#cohérence).

Samedi dernier, j’ai donc assisté à un 2 Heures de perdues en live. Mais avant ça j’ai vécu la meilleure expérience de séance de cinéma ever !

Panic Cinema est, selon la description du Forum des Images : rendez-vous dédié au cinéma de genre, Panic! propose chaque mois des perles rares, des films décalés, gores ou délirants dans une ambiance festive.
Un peu, j’imagine, à la manière des Rocky Horror picture shows.

Cet hiver, ils ont un focus sur The Room de Tommy Wiseau, avec lequel ils ont fait des séances à Paris.

Ce film est nul. Genre vraiment nul. Alors le voir, au ciné, en devant suivre un mode d’emploi qui implique de lancer des cuillères en plastiques, de parler aux persos du film, de faire des passes de ballon football américains, de chanter le thème de Mission Impossible ou d’applaudir les scènes d’amour est un régal absolu !

Ca prouve que le cinéma peut être une expérience sociale, interactive, bruyante et malgré tout agréable (j’avoue que j’étais la première à en douter #psychorigide).

(James Franco vient d’ailleurs de sortir un film, The disaster artist, inspiré de cette histoire de transition entre bide / et film culte incroyable.)

 

S’en est suivie une bonne heure d’enregistrement avec les 2 Heures de perdues qui avaient ramené leur studio mobile sur scène, devant l’écran.
C’était drôlement chouette.

Ils ont, à cette occasion, ouvert un compte Instagram et distillent, au compte goutte, des directs pas piqués des hannetons que je vous recommande également.

 

 

*Argh, je viens d’apprendre qu’ils ont supprimé les saisons 1 & 2 de leur site (probablement pour les monétiser afin de se faire encore + de thunes qu’avec leur Tipee, et pour, au final, réussir à envahir la Russie).

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Ceci est à nouveau un top 9.

Alerte dégringolade dans ma vie de cinéphage ! Rien ne va plus et je n’ai pas eu l’occasion de faire mes jeux…
Alors que j’oscille généralement autour de 70 films vus, cette année je n’en ai vu « que » 53.

Entre le 24 novembre et le 24 décembre 2017, je n’ai pas été au cinéma une seule fois. Cela faisait probablement 15 ans que je n’avais pas connu une telle période d’absence.

Les raisons sont multiples, mais je compte bien me rattraper en 2018 !

Malgré ce panel un peu moins étoffé que d’habitude, je distingue 9 films du lot.

 

Parce que l’audace est multicolore.

Pour l’alliage de l’humour et de la mignonnerie.

Pour la chaleur sourde de l’orangé.

Parce que la moiteur suffocante vient à bout de tout.

Pour Jimmy Sommerville et l’Histoire.

Pour le mindblowing.

Pour l’éloquence.

Parce que le classicisme est efficace.

Parce que James Mc Avoy.

 

Avec aussi des petites mentions spéciales à Logan lucky de James Mangold, Grave de Julia Ducournau, Baby driver d’Edgar Wright, Petit Paysan d’Hubert Charruel et Santa & Cie d’Alain Chabat.

Et pour l’ennui, l’agacement : Certaines femmes de Kelly Reichardt, Les filles d’Avril de Michel Franco.

Ceci est un top 9

Il est venu l’heure, du bilan cinématographique de l’année !

J’étais hyper bien partie pour battre mon record de films vus, et puis j’ai emménagé à Rennes, ce qui a fait dégringoler ma moyenne. Chienne de vie sociale…

J’ai quand même réussi à aller 70 fois au cinéma mais j’ai l’impression d’avoir moins galéré que les autres années à faire un top 10. La preuve, il n’en fait que 9. Pas mal de bons films, pas tant d’excellents.*

De mon petit point de vue, cette année, il fallait voir :

 

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Parce que c’est beau et triste et drôle.

ogres

Parce que le tourbillon de la vie.sentiment

Parce qu’Anders Danielsen Lie.

belgica

Parce que Belgique et musique.

apnee

Parce qu’époustouflant de drôlerie.

loijungle

Parce que quand chr’ais grande, j’veux être Vimala Pons.

poesia

Parce que ce n’est pas un film, c’est un rêve.

176893

Parce qu’elles sont puissantes et douces.

Les bois dont les rêves sont faits, Affiche

Parce que les marges méritent la lumière.

Et avec ça, qu’on ne vienne pas me dire que les films français sont chiants et la production sclérosée !

Mentions spéciales à :

  • Sébastien Betbeder pour la productivité (2 films chouettes en un an)
  • Rachel Lang, Robin Pront, Grégoire Leprince-Ringuet, meilleurs espoirs réalisateurs
  • Jeff Nichols, toujours le premier dans mon cœur
  • Nicolas Winding Refn pour la photo
  • Le Palmashow, parce que ça fait plaisir
  • Jim Jarmusch, pour les mots

 

Pour le flop 10, j’ai le regret de nommer Jobs de Danny Boyle (et pourtant Aaron Sorkin…), The Sea of trees de Gus Van Sant et Hibou de Ramzy Bedia.

 

*Après relecture de celui de 2015, et celui de 2014, je me rends compte que je disais la même chose. Non seulement je suis difficile mais en + je radote…

Aux souvenirs mal maîtrisés

lavraievie

Je ne vais pas tant écrire sur le contenu de cette (belle) BD que du sentiment connu et de la nostalgie d’un temps que les moins de 10 ans ne peuvent pas connaitre qu’elle a ravivé chez moi.

 

Jean se réveille au son d’It’s a lonely boy des Black Keys.

Jean a, comme quasiment tous les jours, passé une bonne partie de la nuit à divaguer sur internet.
Avec 1000 onglets ouverts, passant du blog de Marion Montaigne au site du Guardian, en écoutant Deezer ou France Inter, scrollant Twitter, Youtube/ Youporn en arrière plan, avant de lancer Chatroulette pour passer le temps et noyer sa solitude.

Jean vit en 2015, dans une petite ville de province ou personne ne comprend réellement son addiction aux internets et s’en moque plutôt.

 

La vraie vie m’a ramené quelques années en arrière, quand se plonger dans des vies inconnues à travers les blogs, nourrir des discussions enflammées avec des pseudos au genre neutre, ou construire des identités multiples selon l’humeur ou l’interlocuteur était perçu comme quelque chose de légèrement déviant.

 

Je me souviens des soirées passées à dévorer des récits quotidiens à l’autre bout de la France, des gens à qui je n’ai jamais parlé et dont je connaissais pourtant la vie la plus intime.
Des minutes à attendre une réponse, un commentaire, à imaginer des yeux, des mains, des visages.
Des heures à écrire pour des pixels, la sincérité exacerbée par la nouveauté de l’outil et l’anonymat.
Des larmes évitées par la possibilité d’échanger avec des gens similaires et bienveillants.
Des surprises, des attentions, des sourires, de l’appartenance à un crew, des mots encore et toujours.

 

Je me souviens de cacher cette vie URL aux amis IRL. Je me souviens de la quasi honte quand certains dénichaient une once de duplicité. Je me souviens de garder précieusement au creux de mon cœur l’infini du web 2.0 qui venait d’éclore.

 

Aujourd’hui Internet est partout. Les derniers rétifs à Facebook font figure d’illuminés et/ou d’ermites. L’injonction est aux publications sous sa vraie identité.
Aujourd’hui je ne lis quasiment plus de blogs. Aujourd’hui on n’échange plus réellement sur Twitter. Aujourd’hui les plus modernes font des vlogs. Aujourd’hui la vitesse réduit les interstices.

 

Je passe toujours autant de temps sur internet, sa richesse est toujours aussi grande, son humanité à portée de doigts peut-être un peu moins.

Tu vois, la vie sur le net ou ici, en fait, elle est pas si différente, simplement là-bas, les gens, tu les choisis un peu.
Tu rencontreras des gens que tu rencontrerais jamais ici, et les gens qui mentent sur ce qu’ils sont, c’est souvent pour être plus proches de ce qu’ils voudraient être.

Des câlins, des bisous, pour ceux de cette époque qui sont encore dans mon radar, et des pensées éternelles pour les autres.

 

(Un des derniers épisodes de Transfert (excellent podcast de Slate) m’a d’ailleurs également rappelé cette période.)

Les ogres

Léa Fehner.

LesOgres

Profitant d’un week end de trois jours bien mérité (ça fait quand même déjà 15 jours que j’ai repris une activité salariée), j’ai traîné mes guêtres jusqu’à l’UGC des Halles qui projetait les Ogres de Léa Fehner.

(Si vous ne savez pas de quoi ça parle, la bande annonce pourra vous aider)

 

C’est un tourbillon. Dévastateur. De joie, de malaise, d’amour, d’humiliation.
La vie puissance 4.

J’y ai vu un parallèle avec Belgica de Felix Van Groeningen, ce refus de la tiédeur, cette générosité dans les regards, ces corps poreux.
Des ogres donc, qui embrassent la démesure, débarrassés de toute pudeur, n’ont peur ni de hurler, ni de l’ivresse, ni de se battre. Pour un mot. Pour la dignité. Pour rien.
Ces individus à l’énergie baroque, qui rebondissent les uns avec/contre les autres.
Ils s’ébattent au beau milieu des carcans, font la nique aux tabous, sont rattrapés par eux, poussent comme des herbes folles, rient à en pleurer, brûlent les chandelles par tous les bouts.

Au final bien sûr, des êtres prisonniers de leur rôle, de cette injonction de liberté, de faire rêver, d’être des saltimbanques modernes.

La caméra, immergée en plein cœur des scènes, ainsi que l’accordéon de Philippe Cataix, épousent formidablement ces états contradictoires, de ceux qui ont choisi de faire un pas de côté.
Et les comédiens, dont la plupart font véritablement partie de la troupe de théâtre itinérante, sont éclatants.

Je n’ose imaginer ce qu’a pu être l’enfance de Léa Fehner, vécue dans ce bordel intense, elle en tire en tout cas magnifiquement partie via son film.

(Et le lustre à shots du Cabaret Tchekhov envoie pas mal de rêve !)

Belgica

Felix Van Groeningen.

Belgica

 

Lourd est le parpaing de la réalité sur la tartelette aux fraises de nos illusions.
© Boulet

 

J’y suis allée les yeux fermés.
Il nous avait laissé le cœur en miette, les oreilles enchantées, l’espoir intact, après Alabama Monroe. Felix Van Groeningen est de retour avec Belgica.

 

Un film vibrant. Vivant. L’épopée intense de deux frères, d’une bande de potes, d’un lieu empreint de liberté, Belgica.
Ça sent la sueur, ça sent la bière, la clope, la pisse. C’est une explosion de vie.

L’utopie flottante et naissante, la concrétisation d’un idéal, des moments emplis d’amour, de fête, de musique, de tolérance, de rêve, de folie, d’excès.
Jusqu’aux illusions perdues. Parce que l’être humain. Parce que l’alcool, la drogue, la violence. Parce que l’argent, le sexe, les neurones qui éclatent.

Je n’ai jamais autant eu envie de boire, de fumer, de danser au cinéma. La soif d’exister qui déborde de l’écran, la joie qui occupe tout l’espace disponible.

La réalisation fluide, épouse à merveille le scénario, les personnages.
Les deux acteurs principaux insufflent l’énergie sans faille, le mouvement perpétuel de l’existence.
Stef Aerts, gueule d’oisillon tombé du nid, qui a touché le ciel du doigt avant de s’écraser à nouveau.
Tom Vermeir, noceur bigger than life, lui aussi bientôt plaqué au sol par un trop plein de tout.

En sortant, c’est une vague de tristesse qui me submerge. Felix Van Groeningen a ce talent, celui de faire valser la complexité, de nous emporter dans des vies multiples.

La bande originale, orchestrée par Soulwax (ils ont créés 16 groupes fictifs pour l’occaz), personnage intégrant de l’ensemble, est un bonheur absolu et participe évidemment au tourbillon dans lequel on est immergé pendant 2h.

 

Des pulsations de vie électriques, démesurées, incontrôlables, qui donne l’envie d’avoir envie, comme dirait un autre belge.

Un fringant cowboy

 

Il y a dix jours, je tentais de rattraper mon retard de podcasts, qui est à peu près aussi grand que mon tas de favoris sur Twitter (et c’est pas parce que maintenant ça s’appelle des « likes » que ça change la donne) (relisons donc cette phrase d’Yves Citton) quand j’ai découvert une facette cachée de Thomas Bidegain dans Si tu écoutes j’annule tout (excellente émission de France Inter, au passage)

Cette phrase était beaucoup trop longue, vous pouvez respirez, boire un verre d’eau.

D’une qu’il est drôle, mais ça je m’en doutais un peu (sans déconner, écoutez-moi cette chronique, j’en meurs !) depuis sa prestation au cinéma l’Alhambra.

Mais surtout, qu’au-delà de ses talents de réalisateur (Les Cowboys fait partie de mon top 10 2015) et de scénariste (A perdre la raison de Joachim Lafosse, Le Prophète, De rouille et d’os, et même si je suis plus partagée sur ce dernier, Dheepan de Jacques Audiard), le mec touche aussi sa bille niveau musique.

Ce qui en fait, de prime abord, une personne un peu agaçante du type Alexandre Dieu Astier.

 

J’ai vu Les Cowboys en sa présence, ce qui explique certainement que le générique de fin ait été coupé pour passer rapidement au Q&A et que nous ayons été privés de Small Town Boy qui l’accompagnait.

C’est donc 6 mois plus tard que j’ai pu entendre ce morceau.
Qui m’a instantanément touché en plein cœur du plexus.

La musique a ceci de quasi mystique et splendide qu’elle est inexplicable.

Pourquoi une larme roule quand j’écoute Track 13 de The Wytches ? Pourquoi je cherche des marches d’escaliers sur lesquelles bouger mon booty quand No Stress de Laurent Wolf retentit ? Pourquoi ma peau frémit dès que j’entends le son d’une cornemuse ? Pourquoi la joie m’envahit quand je lance Surprise Gold de Fool’s Gold ? Pourquoi j’ai envie de fouler des bouts du monde au son de Long nights d’Eddie Vedder ?*

 

Bref, la voix qui chantait Small Town Boy, au grain rugueux de velours, m’a vrillé les artères, plongée dans un abîme d’espoir et de mélancolie, transie de beauté.
Vous l’aurez deviné, c’était celle de Thomas Bidegain.

Alors faites-moi plaisir, branchez un casque, posez le sur vos oreilles, fermez les yeux et écoutez.
Personnellement je suis à deux doigts de souscrire au compte Spotify premium uniquement pour pouvoir la jouer en boucle sur mon téléphone.

 

Tout ça nous amène à la simple et brève question qui m’obsède depuis le 28 décembre 2015 :
Thomas Bidegain, voulez-vous m’épouser ?

 

[NB : Je n’ai toujours pas entendu la version originale de Jimmy Somerville, les journées n’ont que 24h]

*J’ai quand même quelques éléments de réponse pour certaines.

Ceci n’est encore pas un top 10.

Cette année j’aurais vu 70 films au cinéma. C’est-à-dire environ 1/10 des sorties. C’est-à-dire quasiment rien mais déjà beaucoup.

Comme tous les ans, j’en ai sorti 10 du lot, mais j’ai l’impression que j’ai eu plus de difficultés cette fois-ci. Beaucoup de bons films mais peu de traces indélébiles.

Sur ce, par ordre alphabétique des réalisateurs et en un argument parmi d’autres, ceux qui ont imprimé mon subconscient :

 

ofmen

Pour l’humanité dans l’inhumanité.

 

Cowboys

Pour la photographie crépusculaire autour de Finnegan Oldfield.

 
Nileciel

Pour l’empreinte cérébrale et fantastique.

 

Hungry_Hearts

Pour la multiplicité des états.

 

mustang_2015

Pour la folle liberté à conquérir.

 

StillAlice

Pour Julianne Moore.

 

the-lobster

Pour la démonstration par l’absurde.

 

MadMax

Pour l’effréné et hypnotique voyage.

 

Commeunavion

Pour l’indolence et la poésie.

 

louderthanbombs

Parce que j’ai besoin de le voir une deuxième fois au cinéma.

 

Mention spéciale à Crosswind de Martti Helde. Je n’ai jamais vu une technicité pareille au cinéma.

 

Pour contrebalancer, les films qui ont failli me faire quitter la salle (chose qui n’arrivera bien évidemment jamais) : The smell of us de Larry Clark, Taj Mahal de Nicolas Saada, Inherent Vice de PT Anderson, Stand de Jonathan Taïeb, Summer d’Alanté Kavaïté, Le Trésor de Corneliu Porumboiu.

Je ne vous remercie pas.

All I want.

[VLAAMS GEWEST PART IX]

L’heure tant attendue du FilmFestivalOostende est arrivée, je cours vers le Kinepolis avec une soif inébranlable de découverte !

Comoara de Corneliu Porumboiu.

comoara

Le principe du festival, c’est d’essayer d’aller voir des trucs que tu verras pas ailleurs, et de satisfaire ta soif de petits films soudanais/vietnamiens/estoniens pour ensuite te la péter dans les soirées de Mr Durand (oui, c’est ça, juste avant de danser le jerk) « KEUWAAA ?! Tu n’as pas vu Qûyen de Phan Quang Bing Nguyen* ?! ».

Ça marche aussi avec un film roumain.  Sauf que là c’était chiant, à mourir. Enfin tout du moins à s’endormir (je vous jure, je n’ai pas la mononucléose). Je ne m’explique pas qu’un tel scénario ait pu être financé.

 

The Intern de Nancy Meyers.

the-intern

Le propre du festivalier bon teint, c’est aussi de montrer qu’il est ouvert à toutes les formes de cinéma, que son snobisme a des limites. Genre en allant voir le nouveau film de la réalisatrice de Ce que veulent les femmes.

Et franchement c’est pas mal, parfait pour soigner une mauvaise gueule de bois le dimanche.
Ann Hathaway est fraîche, j’étais ravie de voir Adam DeVine (qui joue Andy dans Modern Family), et Robert DeNiro est drôle. Même si, en le voyant dans ce rôle de papy perdu dans la start up d’une bloggeuse mode, je mesure l’évolution vertigineuse à laquelle il doit faire face depuis Mean Streets.

 

In de naam Van de Kater de Thijs de Block

Le FilmFestivalOostende dispose d’une sélection de courts métrages qui sont, pour certains diffusés avant les longs.

Le réalisateur est venu le présenter, en flamand, je serais donc bien en peine de vous livrer son propos, en tout cas, j’ai bien aimé l’esprit du film (je ne parlerai pas de son « univers », ça fait trop Star Ac, mais vous voyez l’idée).

 

Sicario de Denis Villeneuve.

sicario

Ma première délicatesse linguistique : Emily Blunt est une parfaite badass mais son accent n’est pas toujours très compréhensible (surtout quand il y a des bombes qui pètent en arrière-plan) et je n’étais pas aidée par les sous-titres en flamand.
J’en ai profité pour me féliciter intérieurement d’avoir pris espagnol renforcé comme option au bac, ça aide pour comprendre un film qui se déroule à la frontière américano-mexicaine.

A part ça le film est bien, très noir, la tension est omniprésente, ce qui était raccord avec ma lecture de la Conjuration Primitive de Maxime Chattam.

 

Ni le ciel, ni la terre de Clément Cogitore.

Nileciel

A la base je devais voir 99 homes de Ramin Bahrani mais la projection a été annulée. Ce qui m’a fait extrêmement chier sur le moment, avant de me dire que je n’ai sans doute pas tout perdu au change.

J’ai choisi le film de remplacement sur les 4 seuls mots compréhensibles dans le résumé en flamand : Jérémie, Rénier, Thomas et Bidegain.
Au générique s’ajoute Kevin Azaïs, Swann Arlaud et Finnegan Oldfield, bref c’est la teuf du casting !

Au départ film de guerre assez classique, qui glisse vers d’autres lectures, j’ai finalement été cueillie avec force et c’est probablement celui qui me laissera l’empreinte la plus vive de ces deux jours.

 

Il est 00h30 un samedi soir, la fête débridée et poisseuse englue les rues d’Ostende quand je rejoins mes pénates.

 

* J’ai cherché un film soudanais, même la section wikipédia est vide…

Sangaïlé

Alanté Kavaité.

Summer

Dès la scène d’introduction, un  sentiment de déjà-vu. Lequel ?
2 minutes plus tard, je me souviens, celle de Somewhere de Sofia Coppola, ode à l’inutilité s’il en est.

Peu de films sur la jeunesse dorée lituanienne parviennent jusqu’à nos écrans (si tant est qu’il en existe) mais force est de constater que l’influence Coppolienne ne se limite pas à l’ouverture et qu’on est bien parti pour ne pas trouver dans ce territoire inexploré une once d’originalité.

Une héroïne éthérée, des scènes que nous qualifierons dorénavant d’instagramiennes, des nappes de musique planante signées d’un certain JB Dunckel (oh ben tiens !), la dépression, les parents muets, une maison immense, le vide, le sexe, l’automutilation, rien ne nous sera épargné.

Le ciel est blanc crasseux, une centrale nucléaire en second plan, historique soviétique oblige, un soupçon de folie balte tout de même, portée par une amoureuse solaire, que d’ennui sinon…

Et que dire de la métaphore subtile de cette amie, justement, qui aide Sangaïlé à, littéralement, s’envoyer en l’air ? Rien, non rien.

Je finirai par une confession. Etant seule dans la salle, je me suis, pour la première fois DE MA VIE, autorisée à utiliser la 3G de mon téléphone durant les 20 dernières minutes du film pour tromper l’attente. Oui je sais. C’est moche.

(Une fois de plus je m’interroge sur la traduction française du titre, comment le prénom « Sangaïlé » est-il devenu, magie cinématographique, « Summer » ? Mystère.)