Bonsoir Roazhon ! [Soundcheck #67]

Dogville au mois d’avril. Après la grisaille interminable de l’hiver, le printemps se fait désespérément frais et les rayons de soleil couplés à une cure de magnésium ont du mal à me faire retrouver une vigueur de vingtenaire.

J’hésite jusqu’à la dernière minute sur un site de billetterie mais la raison est plus forte que la fatigue flemme : un concert de Frustration me fera forcément du bien à l’âme et au corps (même si à l’oral, les ignorants pourrait trouver cette phrase paradoxale).

Sur le trajet je rejoins quelques mélomanes. On descend dans le sous-sol du 88, une pinte de mauvaise bière dans un gobelet en plastique non consigné, la première partie démarre.

Bikini Gorge, nouveau groupe du leader de Combomatix, a exactement ce qu’il faut pour me mettre dans de bonnes dispositions et tout ce que Dogville compte d’aficionados de garage est réuni pour l’occasion.

Le plafond est bas, la scène aussi, le sol colle, les jeux de lumières sont minimalistes, la salle est pleine, il flotte un air d’Angleterre.

Je tente l’IPA à l’interplateau, moins pire.

 

Quand Frustration se pointe, c’est comme s’ils étaient à une réunion de famille. Ils jouent pour un public conquis d’avance et prouvent qu’il a bien raison.

Le genre de concert qui régénère. Juste tu te laisses porter, tu kiffes (et tu tentes de ne pas être sous le mec qui fait des slams).
Tu es tellement dans un état d’amour de ton prochain que tu t’enquières auprès de ton voisin géant s’il a déjà pu voir un concert de près (non) et attaches tes cheveux pour éviter qu’ils atterrissent dans la bière de celui de derrière quand tu headbangues (à peu près).

1h30 et quelques morceaux du prochain album plus tard, les gobelets sont à terre et les mains en l’air.

Il fait un peu moins frais dans ton cœur quand tu ressors, et ce n’est pas qu’à cause de l’alcool (qui réchauffe néanmoins, on ne va pas se mentir).

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Ça c’est du boulot ![Soundcheck #66]

Passons sur la dizaine de concerts démentiels dont j’ai profité la semaine passée. Il faudrait des pages entières pour leur rendre grâce et tellement d’autres choses depuis cette conclusion incertaine : et si la solution était un déménagement à Bruxelles ?

Gloire à It It Anita, La Jungle, Why the Eye?, Namdose, Monolithe Noir, Girls in Hawaii évidemment, et leurs congénères.

 

Autre semaine, autre ambiance, Joey Starr qui déclame du Robespierre et mon esprit qui est ailleurs.
Aloïse Sauvage, dont la présence éclabousse la scène, même sans scénographie.
Et puis dimanche, avec une heure en moins et du soleil en plus.

Après le sandwich au tofu et le Perrier de la veille (mon corps ne s’en est toujours pas remis), je découvre que si le demi coûte 4€, l’eau est gratuite.
Quelques minutes plus tard, à quelques mètres de la scène, un monsieur me propose de passer devant lui car sa taille va me gêner.

Il n’en faut parfois pas plus pour trouver foi en l’humanité. Et puis c’est sympa de rencontrer enfin tous les autre abonnés Télérama de Dogville #QLF !

 

Mon sourire est irrépressible quand Bertrand Belin entre en scène. L’élégance ça ne se décrète pas. On pourra dire ce qu’on veut sur le fait que la maturité sied aux hommes (ou pas), mais force est de constater que les années passant, il gagne chaque fois en prestance.

Accompagné de l’essentielle Tatiana Mladenovitch à la batterie et de trois autres musiciens (guitares, basse, synthés), les morceaux du dernier album, Persona, sont magnifiés.

Si ses paroles sont souvent absconses (pour moi tout du moins), je suis portée par la voix, la rythmique, comme un conte chamanique, où le sens est moins important que le son.
Quelques interludes improvisés ( ?) où son humour perce à jour, des pas de danses diverses, l’attitude impeccable malgré la chaleur d’un début de printemps, Bertrand Belin construit son petit monde autour de nous.

L’importance des mots, et sa plus récente carrière d’écrivain de fiction, le case dans la catégorie chanson française, en occultant le rock des compositions. Preuve en est, s’il en fallait une de plus, la collaboration avec les The Limiñanas sur Vicky, qui clôt le set pour un rappel parfait.

C’est vraiment un gros lover [Soundcheck #65]

Tous les onze mois (voire plus souvent), une rengaine en tête : « C’est le mois de novembre, Salope parmi les salopes, Traître parmi les traîtres, Qui nous a mis un coup de schlass dans le cœur et dans l’esprit »

L’horaire d’hiver, la nuit qui tombe par surprise, les lampadaires blafards, Fogville ou ailleurs, malgré la cure de magnésium ou de vitamine D, la grisaille contamine.

En parallèle (sans que je ne sache dire s’il y a un lien de cause à effet), le nombre de spectacles vivants au m² est à son maximum. Frustration (pas le groupe, le sentiment) et enthousiasme font cause commune dans un coin du cerveau en sautant d’une prog à l’autre.

 

JEUDI

Sans un regard pour le prix du diesel, je roule vers Nantes, seule dans ma voiture, pour la première date de la nouvelle tournée d’Odezenne.

Au Baccara, le 3e album tout juste pressé, est un shoot de sentiments contradictoires, 34 minutes 56 qui éblouissent, une confirmation d’intelligence artistique, 7 ans après la première écoute.

La salle est (trop) comble, la fanbase légèrement rajeunie, l’attente perceptible.
À quelques mètres, j’aperçois un ancien camarade de collège. Que je n’ai donc pas vu depuis 20 ans. VINGT ANS.

Et puis ça part. Rappeur skateur branleur. La crinière bouclée de Jacko, le manbun d’Alix, la casquette de Mattia. Leurs voix et façons de se mouvoir me chavire. Leur générosité, leurs sourires, leurs présences. Ces textes, ces instrus, ces sentiments.

La première moitié du set me laisse floue, la deuxième m’embrasse. Un inédit Bleu Fushia en guise de cerise. Les doses d’électricité, l’alchimie, les humeurs des uns et des autres, ça ne se calcule pas.

 

(Parenthèse : c’est bien joli de ne pas construire de parking afin d’inciter les gens à utiliser les transports en commun, soyons réalistes, ça incite juste à se garer comme une pine sur le bord de la route en priant pour ne pas se faire enlever sa caisse par la fourrière)

 

VENDREDI

Un apéro, 3 concerts, 3 lieux différents. Toujours plus de fun à Dogville (quand on a un parapluie).

Je me sens encore plus vieille devant Moha la Squale que devant Columbine.

Monté sur ressort, il escalade les retours, est torse nu au bout de cinq minutes, affiche un sourire banane démentiel et n’a même pas besoin de chanter car il a 1000 choristes.
Je reste 30 minutes, c’est un chouette live, je suis défoncée à moindre coût grâce à la moitié de la salle qui n’était pas née au moment de la promulgation de la loi Evin.

Je n’ai toujours pas trouvé à quel rappeur d’avant il me fait penser. Ça fait 6 mois que je l’ai sur le bout de la langue, ça commence à être pénible. (Si quelqu’un a une idée, je prends !)

 

Je me pose devant Agar Agar. 1h20 plus tard je suis dans l’espace. Je sors dehors complètement stone (sans substances alentour cette fois-ci pourtant). Un live qui monte chaque seconde en puissance, qui conclue avec classe.
Armand stoïque, Clara charismatique, set hypnotique.

 

C’est grâce à vous qu’on est célèbres [Soundcheck #64]

LUNDI

La joie au moment de faire mon planning trimestriel de spectacles vivants : les Fontaines DC passent à L’U. Un concert de rock irlandais, un lundi soir, entre 20h et 21h. La prog et l’horaire ont tout pour me plaire !
(Si je n’avais parlé à personne en sortant, j’aurai pu être chez moi à l’heure pour l’Amour est dans le Pré)

Rappelons que de l’autre côté de la Manche, les concerts débutent à 19h30, il peut y avoir trois ou quatre groupes, pour 23h c’est plié, on n’est pas là pour finasser !

Je suis devant, au centre, quand quatre musiciens et un chanteur au visage poupin entrent en scène. Le premier quart d’heure me laisse sur ma faim. Il manque d’alchimie entre les membres et les morceaux me semblent faibles.

C’était avant d’être immergée dans un bain sonique et lumineux, beaucoup plus en accord avec les EP dispos en ligne.
Si les musiciens (tendance diesel) ont clairement un style irlandais (tu les vois bien jouer de la flûte dans un pub de Temple Bar), le front man, normcore de l’extrême aux réflexes autistiques, a l’air plus britannique (sauf qu’il boit de l’eau). C’est dense, joué pied au plancher en 50 minutes, merci bonsoir ça fait beaucoup de bien !

 

MERCREDI

Sur la route du long week-end en Finistère (merci les morts), je fais une pause chez mes ex-collègues morbihannais (coucou !) pour l’ouverture des Indis avec Daniel Blumberg.

Heureusement que j’ai usé l’album Minus depuis quelques mois car je ne suis pas sûre que j’aurai été suffisamment ouverte pour apprécier cette expérience à sa juste valeur.

Échalas dégingandé au teint maladif, il est accompagné telle une ombre par une danseuse contemporaine (que j’ai d’abord pris pour une traductrice LSF), Lotus Edde Khouri.

Chaque note est morcelée, triturée, déstructurée à l’aide d’une guitare étrange (impossible de vous dire quoi), d’un harmonica et d’envolées a capella. Sa gestion des silences est telle qu’on n’entend pas un souffle, ni un applaudissement, durant l’heure de set.

Il n’y a pas plus de 20 secondes de mélodies enchaînées avant de casser les rythmes et tordre ce qui a pu être enregistré. Sur scène, dans une pénombre étudiée, c’est fascinant.

Entre les sons, des souvenirs et les fantômes se baladent dans mon Manège à moi.

 

SAMEDI

En sens inverse, après avoir quasiment adopté un choupisson, je révise mes gammes en me rendant à une deuxième soirée indisciplinéE.

Au-delà du plaisir sans cesse renouvelé de voir les collègues (coucou bis !), je suis en mode fangirl pour la nouvelle tournée de Columbine. Les enfants terribles rennais dont la carrière se télescope avec la mienne et dont les morceaux ne cessent de m’étreindre, viennent de sortir un nouvel album.

Je confesse n’être pas encore tout à fait au point sur les paroles (il est sorti il y a un mois, il y a 20 TITRES !!) (j’ai quand même les refrains), je me suis trouvée bien con parmi les fans (je fais d’ailleurs augmenter leur moyenne d’âge d’environ 20 ans) (il y a un moment ou la question de l’inadéquation entre mes goûts et mon âge va se poser de manière très critique).

C’était très bien. Leur énergie, la scéno, le son, leur sincérité non feinte, l’ambiance dans la salle, une ferveur innocente et réjouissante.
Le plan B, c’est pas pour tout de suite.

C’est vraiment chouette [Soundcheck #63]

Pour une fois, j’ai été prévoyante, j’ai planifié plusieurs sas de décompression afin d’adoucir la rentrée après 5 semaines de pause (je travaille beaucoup le reste de l’année) (si). Le premier fût de passer par Rock en Seine à ma descente de l’avion en provenance d’Helsinki (nous y reviendrons).

Je commencerai par louer le système d’entrée du festival, à la sortie du tram et du métro, qui fluidifie parfaitement la masse de festivaliers en un minimum de temps.

Je fonce vers The Psychotic Monks que je voulais absolument découvrir. À raison. C’était très bien.

Ce sont de jeunes gens (il faut que je me fasse au fait que les groupes émergents ont désormais environ 15 ans de moins que moi) que l’on qualifiera d’habités par leur musique. Du rock psyché post punk (on ne sait plus) intense, mené par un guitariste en robe (la mode cet été probablement*) et un autre guitariste en pantalon, totalement investis dans leurs morceaux.

 

SG Lewis semble pas mal de loin, son accent londonien me ravit évidemment entre deux morceaux, sinon ça reste de l’électro pop gentillette pour fluokid.

 

Au-delà de l’envie de retourner à Rock en Seine que j’avais adoré il y a deux ans (et de repousser le retour au bercail), c’est le nom de Cigarettes After Sex qui m’a décidé à acquérir un billet (qui n’est pas donné, soi-dit en passant #IciCestParis).

Je le savais que c’était un endroit totalement inadapté pour les voir, que ça n’avait aucun sens de les faire jouer à 17h, en plein air, sur la plus grande scène du festival mais… Que voulez-vous, je fais parfois preuve d’un optimisme béat (c’est tout de même rare).

Ils sont entrés sur scène et en les voyant chacun à 10m l’un de l’autre, pour tenter d’occuper l’espace, visages fermés (à sa décharge, on se doute bien que Greg Gonzalez n’a pas écrit un tel album en respirant la joie de vivre), je me suis vite doutée que je n’allais finalement pas louper le début de Tamino à l’autre bout du site.

C’était chiant. Voilà. C’est dit.

J’ai plus vibré en écoutant l’album en mp3 sur l’île de Suomenlinna (nous y reviendrons) quelques jours plus tôt qu’en les voyant sur scène. Je ne comprends pas à quel moment le mec peut se dire que c’est une bonne idée de se produire dans ses conditions, alors qu’une Cigale (par exemple) conviendrait tellement mieux. Si ce n’est la stratégie de faire le minimum de concerts pour un maximum de cachet. Mais ne soyons pas cyniques…..

Si vous ne connaissez pas encore cet album, il est temps. Personnellement ça fait plus d’un an et je ne suis toujours pas rassasiée de sa beauté.

 

J’ai donc vu le set de Tamino en entier. Une excellente décision. La spécialiste qui m’accompagne est formelle : « C’est le groupe de l’hormone ». Et puis Wikipédia nous apprends que c’est surtout le groupe de l’hormone pour les mineur.e.s (ou les gens qui ne craignent pas la prison).

Le clavier est d’ailleurs vêtu d’une chemise à demi transparente, qui permet de paraître habillé tout en exposant son corps de jeune éphèbe. Audacieux.

Cela dit, ça n’empêche en rien de reconnaitre surtout les qualités artistiques du jeune homme qui livre un set fort appréciable. Il a une voix d’une profondeur dingue.
Je n’en attendais pas moins d’un belge #BelgiqueVie et j’ai hâte d’avoir l’album qui sort cet automne.

 

Je poursuis avec Octavian, un jeune rappeur londonien. Belle énergie, flow correct mais très inabouti. On n’offensera personne en affirmant que c’était du playback et il coupe chaque turn up, ce qui est assez frustrant (surtout pour les gens qui lancent les circle pit).

Le fait que son pantalon tombe en permanence car sa ceinture n’est pas assez serrée, m’a stressée pour lui tout le long du set.

 

Je vais finalement voir un bout des Insecure men (side project de Saul Adamczewski des Fat White Family) dont le concert est totalement inaudible (je n’accuserai certainement pas les ingés son, connaissant les zouaves).

 

Comme j’ai déjà vu Liam Gallagher un mois plus tôt, et que je souhaite que ça reste un souvenir rare et précieux, je me dirige vers PLK, un des mecs de Panama Bende. Le DJ commence par des remix de Damso #BruxellesVie et Lomepal, ce qui, si ce n’est pas désagréable, est un peu léger pour du live. Finalement les rappeurs arrivent, c’est pas dingue, sans être nul.

 

Je pars à la conquête de nourriture. C’est à ce moment que je me rends compte à quel point le site est vide, limite un peu glauque par endroit, il n’y a la queue nulle part.
La guéguerre qui occupe les professionnels de la profession depuis des mois se solde par un double échec. Bien joué les gars !

Je finis par opter pour un stand de « crêpes » où je paye 6€ une blé noir à l’emmental. SIX EUROS. (Inutile de préciser qu’elle n’était pas bonne).

Je maugréé en mangeant devant Fat White Family, qui a convié tous les Insecure Men sur scène, alors que franchement, ça ne sert à rien d’être huit (mention spéciale au saxo et à la bassiste dont on n’entend pas une note)… Ça délaye complètement la force de leurs morceaux (que l’on retrouvera le temps d’un duo bienvenue entre Lias et Saul).

Bref, loin, très loin, mon choc scénique des débuts. C’est là qu’on est en droit de se demander si arrêter la drogue et l’alcool est forcément une bonne chose pour la production artistique (vous avez 3h).

Cette crêpe étouffe-chrétien m’a donné soif mais il me manque 50 centimes sur mon compte cashless pour acquérir une pinte. Heureusement les bénévoles ont la main sur le cœur et savent comprendre les situations d’urgence.

 

Pour finir en beauté, on se dirige vers la grande scène pour acclamer Jared Leto aka Jordan Catalano (les vrais savent) aux côtés de teenagers en fleurs.

Le leader de 30 second to Mars, uniquement accompagné par son frère à la batterie, et une PBO (+ Waxx le frenchie à la guitare pour un morceau), est vêtu d’une tenue engagée (#privatejoke) : lunettes de soleil, robe de chambre (décidément*) fleurie sur jogging vert qui lui donne des airs de gourou illuminé.

Clairement, tu restes pas pour la musique (il y a vraiment eu plusieurs morceaux différents !?), ni pour la voix (il passe la plus grosse partie du set à parler ou crier « Jump jump / make some noise »), mais le show est plutôt marrant (le lâcher de ballon c’est toujours efficace).

Sachez, pour la petite anecdote, que Jared Leto a 46 ans (ça ne nous rajeuni pas ma bonne dame !).

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Après des frayeurs passagères, une sombre histoire de digicode et American Boy d’Estelle à fond dans un taxi, j’ai fini par dormir avec un rat certes, mais domestique ! (Gratitude éternelle)

You’re a little intimidating… [Soundcheck #62]

 

En entrant dans la NV, un arôme familier me saisit.
Une fragrance de sueurs mêlées de bière, imprégnée dans les murs et le sol. Je réalise soudain que cela fait 25 jours que je n’ai pas vu de concert (et au moins deux mois que je ne suis pas entrée dans une salle) et que cela peut expliquer un semblant de fébrilité.

 

J’arrive en retard pour Marlon Williams, une sombre histoire de mauvaise sortie de 4 voies (la vie refuse que j’aille au nord de Dogville).

Une perche longiligne au sourire charmeur mais à la coiffure approximative (le simili mulet reste audacieux en 2018) est entouré de trois musiciens.
Je suis assez vite conquise. L’ampleur de sa voix est accentuée par une légère reverb, les graves comme les aigus ne semblent pas lui poser la moindre difficulté.

Son très bon guitariste tâte aussi des machines et du violon, enrichissant les compositions au-delà du classique guitare-basse-batterie.
Un folk blues de très bonne facture donc, auquel je note, en regardant les clips, un petit côté Elvis Presley que je n’avais pas perçu.

 

Ezra Furman prend la suite, devant un micro bleu roi assortir à la kippa qu’il portait un peu plus tôt dehors en lisant (la torah ?).

Maquillage, robe, collier de perles, quatre musiciens de blanc vêtus.

Je me dis assez rapidement que j’ai du le confondre avec un autre Ezra car je m’attendais à un truc posé et je me retrouve à écouter du glam rock.

De très bons morceaux, comme No place, (certaines mélodies au saxophone notamment), et d’autres. C’est moins ma came, j’opte pour la position assise dans les « gradins » afin de me ménager, tout en saluant la performance (je vous engage à vous renseigner à son propos, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est habité par son art).

 

Pour finir c’est The KVB !! Que je n’ai toujours pas eu l’occasion de voir !
D’où ma surprise quand ils entrent en scène, je ne les imaginais pas du tout comme ça. C’est quasi des ados, moyennement charismatiques pour être honnête, carrément pas expansifs (ça c’est logique).

Mais la musique est là. Forcément il y a un t-shirt de Joy Division à proximité et quelques britts dans la salle.

Un habitué (coucou !) me glissera à la fin qu’ils jouent bien plus fort d’habitude (c’est vrai que je n’ai pas utilisé mes bouchons), et malgré tout j’ai senti le son m’envelopper, la cold wave s’emparer de mon corps, le shoegazing me guetter.

J’attends le nouvel album avec d’autant  plus d’impatience.

 

Notons pour finir, c’est assez rare pour être signalé, que Magnetic Friends et Topper Harley ont fait de très bons mix en inter-plateaux.

 

Faites du bruit pour Janine ! [Soundcheck #61]

 

Le 20 octobre 2017, Orelsan sortait son troisième album solo, La fête est finie. S’en est suivie la mise en vente de tickets pour une tournée des Zénith qui promettait d’être sold out (ou, en bon français, « complet complet »). J’étais connecté au site de la FNAC à l’heure dite, histoire de ne pas me faire avoir comme pour les Vieilles Charrues #trauma.

Entre temps j’ai écouté l’album beaucoup de fois. Et j’ai bien été obligée d’admettre ma légère déception.

On ne pourra pas lui jeter la pierre. Il est difficile de rester au top 10 ans d’affilée, en ayant enchainé avec succès une carrière solo, une carrière en groupe, un film, une série, une marque de fringues et que sais-je encore.

Notre chance à Dogville, c’est de ne pas avoir de Zénith. Orelsan jouait donc SEULEMENT devant 4999 personnes et moi.

Depuis, je répète à qui veut l’entendre (c’est-à-dire pas grand monde, soyons honnêtes) que je veux effacer cette soirée de ma mémoire.
N’étant pas à une contradiction près, j’en fais donc un article \o/

 

Je sais que je n’aime pas les salles de cette taille, mais je me voyais mal faire l’impasse sur un artiste que j’admire depuis ses débuts parce que son succès dépasse mes préférences (« t’aimais mieux quand j’étais moins connu, sauf que tu m’connaissais pas non plus ») (Ben si).

 

La première partie était assurée par Phaz, un beatmaker dont je n’avais jamais entendu parler et qui fait partie de son backing band. Le mec avait 23 minutes pour faire ses preuves. C’était déjà beaucoup trop.
J’ai profité de son set pour répondre à des mails pro #truestory.
Si j’avais passé ce temps dans un ascenseur, je ne suis pas sûre que j’aurais fait la différence.

 

Point vieillerie : j’ai mal au dos alors que le concert n’a même pas commencé.

Je suis dans la fosse mais pas très bien placée, d’autant qu’apparemment l’entrée a été refusée à toutes les personnes mesurant moins d’1m90 (je leur sais gré d’avoir fait une exception me concernant).

 

Orelsan entre sur San. Logique.
Je sens d’office que ça va être compliqué. Car le son est mauvais. Et l’intensité d’un concert d’Orelsan réside dans son flow, son énergie, sa présence. Ce qui transparait moins quand le gars est à 50m de toi et que, quand tu arrives à l’apercevoir, il fait approximativement 2cm de haut.

Rapidement, il joue Basique. Avec un chouette travail typographique sur écran + bande lumineuse led qui fait la largeur de la scène (15 mètres ?).
En 1h40 de set, ils la joueront 3 fois. TROIS FOIS !!
Le mec a, au bas mot, 30 titres démentiels en stock et il trouve le moyen de faire 3 fois le même. Ça dépasse l’entendement.

Globalement le concert est plus « varièt » que rap. Il y a tout de même deux-trois moments sympas, notamment l’intervention de Mamie Janine sur écran, pour un duo virtuel sur J’essaye, j’essaye.

 

Mais même le titre en feat avec Nekfeu et Dizzee Rascal ne rend rien. Je ne préfère pas évoquer Suicide Social qui m’avait fait verser une larme il y a 4 ans, j’ai failli me boucher les oreilles pour ne pas gâcher mes souvenirs.

Et nous sommes à peu près 4985 blancs dans la salle. Ce qui pose question pour un artiste qui chante : « j’aurais pu donner aux racistes de l’espoir mais j’fais de la musique de noirs ». #iencli

 

Plusieurs fois dans la soirée, le public hurlait « Aurélien, une chanson ! Aurélien, une chanson ! » en référence au titre Défaite de famille.
Orelsan est redevenu Aurélien, et c’est peut-être le problème.

 

 

(Évidemment mon amour est intact et je ne doute pas que le prochain concert saura rayer cette date de ma mémoire) (t’as un mois pour te préparer mec !)

Zut alors ! [Soundcheck #60]

 

L’inconvénient de bosser pour la salle qui a la prog la plus cool du coin, c’est que j’y vois la majeure partie de mes concerts. Et comme je suis moyennement motivée par le fait d’écrire sur mon taf, le rythme des live reports s’en ressent.

Mais vendredi je suis partie en proche banlieue (St Malo), pour m’extraire des considérations quotidiennes et prendre le large quelques heures.
Ce voyage en dehors des sentiers balisés (je ne vous recommande pas la ZI, de nuit, en plein hiver) était principalement justifié par mon amour du plat pays, mais nous y reviendrons.

 

J’arrive en retard (grosse fréquentation de la station essence le vendredi aux alentour de 20h) et ils ont commencé en avance. Ce manque de coordination me prive de Bryan’s Magic Tears.
Sachant que je n’avais jamais entendu parler d’eux avant ce soir, je ne suis que moyennement déçue (je n’irai jamais écouter ce qu’ils font, de peur de découvrir que j’ai manqué un truc génial).

Je découvre qu’il y a 50 minutes de changement de plateau. Aucune considération pour les gens qui se rendent seuls aux concerts, avec un pourcentage de batterie relativement faible, c’est agaçant.

Finalement, j’apprends qu’ils ont débuté la soirée 15 minutes plus tôt que prévu, décalant ainsi tous les horaires annoncés. D’un côté c’est pas très sympa pour le public, mais de l’autre, je ne peux m’empêcher de penser que ça finira plus tôt #personneâgée.

 

Kelley Stoltz et ses musiciens entrent sur scène. Physiquement, je pense à l’enfant illégitime de Chandler Bing et Cyrille Eldin (oui, c’est sale), vêtu d’une chemise à carreau, digne de San Francisco d’où il vient.

Il est accompagné d’une masse de guitariste au t-shirt illustré d’une cravate, d’une bassiste, et d’un batteur qui boit du rosé à la bouteille et dont le t-shirt « Grooves » me laisse sceptique.

Apparemment ça fait 20 ans qu’il tourne, je suis un peu gênée de ne jamais en avoir entendu parler mais je découvre à l’instant que Télérama se posait la question en début de semaine : « Est-ce le secret le mieux gardé du rock américain ? ». On va mettre ça à ma décharge.

Je ne saurais pas vraiment définir de style (folk, rock psyché ?), leur présence est chouette, détendue, et l’ensemble me plait bien. Je ne suis pas sûre que j’écouterai les albums, mais le live fait le job !
Le final, avec veste à paillettes dorée pour un morceau de Strat, intitulé Confidence, était complètement improbable, et réussi.

Tout cela a été capté par Arte, donc si ça vous intéresse, le replay est dispo.

 

Je ressors dans le froid polaire (aucune considération non plus de la part de la météo pour les gens qui se rendent seuls aux concerts) pour fumer une cigarette (et perdre un doigt).

 

Je rentre bien vite dans la salle, afin de me placer idéalement (devant, au milieu) pour une groupie mélomane.

Voici les 6 Girls in Hawaii, que je n’avais pas encore vu sur la tournée de leur nouvel album Nocturne.
Je ne suis pas sûre de pouvoir en dire grand-chose musicalement.

Ils font partie des groupes que je suis depuis leur début (encore un signe de l’âge qui avance, connaître un groupe depuis son premier album, il y a 15 ans…….) et dont j’admire le travail comme l’attitude, la probité musicale, le chemin parcouru, la résilience.

Les voir me reconnecte avec mon cœur, me replonge dans différentes strates de mon passé  et rend chaque fois la vie plus belle.
D’autant plus grâce à ce plan de feu, entre lasers, strobs et boule à facette, qui magnifie l’ensemble.
C’est un instant suspendu, ils sont peu diserts, concentrés, et moi je vole.

J’ai failli partir après leur set, pour rester sur cette impression, dans cet éclat de lumière mélancolique.

Mais je suis en manque de concerts en extérieur, alors j’ai persisté pour Concrete Knives qui sortaient leur album le jour même. Je ne suis pas particulièrement cliente de ce qu’ils font mais ils avaient eu le temps de changer depuis 5 ans.
Je dois dire que le fait de me rendre compte, au bout de 3 minutes, que les mecs à côté de moi étaient les Girls in Hawaii, m’a légèrement déconcentrée.

J’ai lâché l’affaire au bout de ¾ d’heure.

Sans être ma came, c’était pas désagréable, on va dire que ma couette qui m’attendait gentiment à 75 bornes leur a clairement fait de la concurrence.

(Je ne vous parle même pas de Park Hotel, dont le set suivait, qui restera avec Bryan’s Magic Tears, dans le coin de mon cerveau dédié à l’ignorance)

[…] [Soundcheck #59]

C’est sous un ciel orangé, nimbé de poussières sahariennes que je prends enfin le temps de poser quelques mots sur le concert supersonique de Swans.

Je les ai découvert il y a 3 ans lors du TINALS (aka This Is Not A Love Song) à Paloma (du temps où j’habitais dans le grand sud, que l’été était une évidence et les pulls beaucoup moins rentabilisés que les robes) (ouin).
J’avais été saisie par surprise, ébahie par la densité des compositions.

Quand j’ai appris qu’ils passaient chez mes anciens collègues morbihanais, pour une possible tournée d’adieu, je n’ai pas hésité une seule seconde à faire l’aller-retour vers ses contrées lointaines (à tous les niveaux).

 

Le volume sonore auquel ils jouent est une dimension essentielle de leur réputation. Je n’en avais pas souffert lors de leur concert nîmois, mais renseignement pris, ils avaient joué doux ce soir-là.

Il n’en sera rien pour cette deuxième expérience. Il n’est même pas envisageable de pénétrer dans la salle sans earplugs, et même avec, la violence est sourde.
Je parle volontairement d’expérience car c’est bien de cela qu’il s’agit. On se retrouve dans une bulle sonore, sans échappatoire. Le volume prend tout l’espace, vrille la peau et les organes internes.

C’est à la fois jubilatoire et douloureux.
Infernal et incantatoire.

 

Michael Gira, leader charismatique (…) a pris un petit coup depuis la dernière fois, et quand j’apprends qu’il a l’âge de ma mère, je prends toute la mesure de l’impact du mode de vie sur notre corps !

Le concert doit durer 2h30. J’accorde une pause à mes oreilles au bout d’1h10, en me disant que je tiendrais jamais jusqu’à la fin.
L’avantage c’est qu’on entend relativement bien la musique, même en étant dehors !
Je suis finalement restée jusqu’au bout du set. Je pense que la première heure est la plus difficilement supportable, après ça va mieux car tu es sourd…

 

Je suis très contente de les avoir revu, j’apprécie l’état dans lequel ce bain de son m’a mis.
Néanmoins, j’avais mieux apprécié leurs morceaux la première fois en réussissant à les écouter sans  penser aux acouphènes que j’allais potentiellement me taper le lendemain*.

 

*Heureusement je n’en ai pas eu

Encore ? Oui ! [Soundcheck #58]

C’est de notoriété publique, je suis (un peu) pénible quand il s’agit du planning horaire des festivals. Alors certes on loupe Cold Pumas, mais je trépigne pour saouler suffisamment mes compagnons afin de voir Parquet Courts (désolée…).

Et encore plus désolée parce que j’ai trouvé ça décevant.
Je les avais déjà apprécié au même endroit, sur la petite scène, j’ai écouté Human Performance en boucle, je suis censée être conquise d’avance pourtant !
Des fois ça prend, des fois pas, c’est un mystère …

 

Je suis curieuse de voir Arab Strap que j’ai découvert quelques jours plus tôt via la playlist du festival. Typiquement le genre de groupe adulé par ceux qui savent et qui sont capable de te retracer toutes leurs tergiversations et recompositions depuis 20 ans (bisou).

Le duo écossais composé au mi-temps des années 90’s, désormais passé au quatuor, est à la frontière entre post rock et spoken word.
Les albums écoutés sur Spotify m’ont beaucoup plu, pour le live je suis plus réservée. Je pense que j’aurais vraiment gagné à les voir dans une petite salle, ça se prêterait mieux à l’écoute dans une ambiance intimiste.

 

J’avais prévu de faire l’impasse sur Temples car dans mon souvenir j’avais trouvé ça chiant. J’aurais mieux fait de relire attentivement mes archives avant, ça m’aurait permis de relativiser et de me rappeler que je les avais vu après la découverte explosive de Royal Blood. Forcément ça n’avait pas joué en leur faveur…

Du coup, je me rends compte de loin que ça a l’air démentiel. Clairement le regret de cette édition.

 

On enchaîne avec une petite pause ludique dans le container Arte, dans lequel une mini-scène avec des instruments te permet de simuler une attitude de rock star pendant qu’on te shoote à 360°.
Je ne vous ferais pas le plaisir de vous dévoiler ici le visuel de l’album, sachez juste que The Plijadur Lips sera en tournée à l’hiver 2018. Beware !

 

Compte tenu du mal de dos de la veille, j’attaque au gin to’ (certains pourraient arguer qu’il serait plus sain de s’en remettre au doliprane, mais est-ce qu’on a vraiment envie d’enrichir Sanofi plutôt que Gordons ? La question reste entière) avant d’aller plonger dans le son de The Jesus and Mary Chain pour parfaire ma culture musicale.
J’en conclus qu’il faut que j’explore leur discographie.

 

Je ne suis pas très concentrée durant Black Lips, ils ont une énergie indéniable, ça va dans tous les sens sur scène, cependant, c’est moche à dire, je trouve ça un peu bruyant.

 

Je ne connais pas Future Islands autre que de nom, j’étais persuadée que c’était un truc folk du coup je trouvais bizarre de les programmer à minuit passé. En fait c’est plutôt de la pop mêlée à des sons électro, qui justifie pleinement l’horaire !
J’ai passé un bon moment, bien qu’à mon avis, je n’en retiendrai pas grand-chose sur la durée.

 

C’est alors que s’opère le mouv’ le plus honteux du week end : on se barre avant Soulwax.

Quelle idée de poser un trou de 50 minutes dans la prog à une heure aussi tardive ?! Comment on est censés rester vaillants à 2h du mat, quand il fait 12°C (autre qu’en ingérant des substances fortifiantes, j’entends) !?

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Je n’ai pas écrit le 3ème jour dans la foulée et autant vous dire qu’un mois plus tard, je suis moyennement motivée pour le faire.
Sachez donc juste que Mac DeMarco est un scandale, et qu’Interpol c’est toujours bien (même si je préfère quand je suis, littéralement, aux pieds de Paul Banks)