C’est vraiment chouette [Soundcheck #63]

Pour une fois, j’ai été prévoyante, j’ai planifié plusieurs sas de décompression afin d’adoucir la rentrée après 5 semaines de pause (je travaille beaucoup le reste de l’année) (si). Le premier fût de passer par Rock en Seine à ma descente de l’avion en provenance d’Helsinki (nous y reviendrons).

Je commencerai par louer le système d’entrée du festival, à la sortie du tram et du métro, qui fluidifie parfaitement la masse de festivaliers en un minimum de temps.

Je fonce vers The Psychotic Monks que je voulais absolument découvrir. À raison. C’était très bien.

Ce sont de jeunes gens (il faut que je me fasse au fait que les groupes émergents ont désormais environ 15 ans de moins que moi) que l’on qualifiera d’habités par leur musique. Du rock psyché post punk (on ne sait plus) intense, mené par un guitariste en robe (la mode cet été probablement*) et un autre guitariste en pantalon, totalement investis dans leurs morceaux.

 

SG Lewis semble pas mal de loin, son accent londonien me ravit évidemment entre deux morceaux, sinon ça reste de l’électro pop gentillette pour fluokid.

 

Au-delà de l’envie de retourner à Rock en Seine que j’avais adoré il y a deux ans (et de repousser le retour au bercail), c’est le nom de Cigarettes After Sex qui m’a décidé à acquérir un billet (qui n’est pas donné, soi-dit en passant #IciCestParis).

Je le savais que c’était un endroit totalement inadapté pour les voir, que ça n’avait aucun sens de les faire jouer à 17h, en plein air, sur la plus grande scène du festival mais… Que voulez-vous, je fais parfois preuve d’un optimisme béat (c’est tout de même rare).

Ils sont entrés sur scène et en les voyant chacun à 10m l’un de l’autre, pour tenter d’occuper l’espace, visages fermés (à sa décharge, on se doute bien que Greg Gonzalez n’a pas écrit un tel album en respirant la joie de vivre), je me suis vite doutée que je n’allais finalement pas louper le début de Tamino à l’autre bout du site.

C’était chiant. Voilà. C’est dit.

J’ai plus vibré en écoutant l’album en mp3 sur l’île de Suomenlinna (nous y reviendrons) quelques jours plus tôt qu’en les voyant sur scène. Je ne comprends pas à quel moment le mec peut se dire que c’est une bonne idée de se produire dans ses conditions, alors qu’une Cigale (par exemple) conviendrait tellement mieux. Si ce n’est la stratégie de faire le minimum de concerts pour un maximum de cachet. Mais ne soyons pas cyniques…..

Si vous ne connaissez pas encore cet album, il est temps. Personnellement ça fait plus d’un an et je ne suis toujours pas rassasiée de sa beauté.

 

J’ai donc vu le set de Tamino en entier. Une excellente décision. La spécialiste qui m’accompagne est formelle : « C’est le groupe de l’hormone ». Et puis Wikipédia nous apprends que c’est surtout le groupe de l’hormone pour les mineur.e.s (ou les gens qui ne craignent pas la prison).

Le clavier est d’ailleurs vêtu d’une chemise à demi transparente, qui permet de paraître habillé tout en exposant son corps de jeune éphèbe. Audacieux.

Cela dit, ça n’empêche en rien de reconnaitre surtout les qualités artistiques du jeune homme qui livre un set fort appréciable. Il a une voix d’une profondeur dingue.
Je n’en attendais pas moins d’un belge #BelgiqueVie et j’ai hâte d’avoir l’album qui sort cet automne.

 

Je poursuis avec Octavian, un jeune rappeur londonien. Belle énergie, flow correct mais très inabouti. On n’offensera personne en affirmant que c’était du playback et il coupe chaque turn up, ce qui est assez frustrant (surtout pour les gens qui lancent les circle pit).

Le fait que son pantalon tombe en permanence car sa ceinture n’est pas assez serrée, m’a stressée pour lui tout le long du set.

 

Je vais finalement voir un bout des Insecure men (side project de Saul Adamczewski des Fat White Family) dont le concert est totalement inaudible (je n’accuserai certainement pas les ingés son, connaissant les zouaves).

 

Comme j’ai déjà vu Liam Gallagher un mois plus tôt, et que je souhaite que ça reste un souvenir rare et précieux, je me dirige vers PLK, un des mecs de Panama Bende. Le DJ commence par des remix de Damso #BruxellesVie et Lomepal, ce qui, si ce n’est pas désagréable, est un peu léger pour du live. Finalement les rappeurs arrivent, c’est pas dingue, sans être nul.

 

Je pars à la conquête de nourriture. C’est à ce moment que je me rends compte à quel point le site est vide, limite un peu glauque par endroit, il n’y a la queue nulle part.
La guéguerre qui occupe les professionnels de la profession depuis des mois se solde par un double échec. Bien joué les gars !

Je finis par opter pour un stand de « crêpes » où je paye 6€ une blé noir à l’emmental. SIX EUROS. (Inutile de préciser qu’elle n’était pas bonne).

Je maugréé en mangeant devant Fat White Family, qui a convié tous les Insecure Men sur scène, alors que franchement, ça ne sert à rien d’être huit (mention spéciale au saxo et à la bassiste dont on n’entend pas une note)… Ça délaye complètement la force de leurs morceaux (que l’on retrouvera le temps d’un duo bienvenue entre Lias et Saul).

Bref, loin, très loin, mon choc scénique des débuts. C’est là qu’on est en droit de se demander si arrêter la drogue et l’alcool est forcément une bonne chose pour la production artistique (vous avez 3h).

Cette crêpe étouffe-chrétien m’a donné soif mais il me manque 50 centimes sur mon compte cashless pour acquérir une pinte. Heureusement les bénévoles ont la main sur le cœur et savent comprendre les situations d’urgence.

 

Pour finir en beauté, on se dirige vers la grande scène pour acclamer Jared Leto aka Jordan Catalano (les vrais savent) aux côtés de teenagers en fleurs.

Le leader de 30 second to Mars, uniquement accompagné par son frère à la batterie, et une PBO (+ Waxx le frenchie à la guitare pour un morceau), est vêtu d’une tenue engagée (#privatejoke) : lunettes de soleil, robe de chambre (décidément*) fleurie sur jogging vert qui lui donne des airs de gourou illuminé.

Clairement, tu restes pas pour la musique (il y a vraiment eu plusieurs morceaux différents !?), ni pour la voix (il passe la plus grosse partie du set à parler ou crier « Jump jump / make some noise »), mais le show est plutôt marrant (le lâcher de ballon c’est toujours efficace).

Sachez, pour la petite anecdote, que Jared Leto a 46 ans (ça ne nous rajeuni pas ma bonne dame !).

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Après des frayeurs passagères, une sombre histoire de digicode et American Boy d’Estelle à fond dans un taxi, j’ai fini par dormir avec un rat certes, mais domestique ! (Gratitude éternelle)

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You’re a little intimidating… [Soundcheck #62]

 

En entrant dans la NV, un arôme familier me saisit.
Une fragrance de sueurs mêlées de bière, imprégnée dans les murs et le sol. Je réalise soudain que cela fait 25 jours que je n’ai pas vu de concert (et au moins deux mois que je ne suis pas entrée dans une salle) et que cela peut expliquer un semblant de fébrilité.

 

J’arrive en retard pour Marlon Williams, une sombre histoire de mauvaise sortie de 4 voies (la vie refuse que j’aille au nord de Dogville).

Une perche longiligne au sourire charmeur mais à la coiffure approximative (le simili mulet reste audacieux en 2018) est entouré de trois musiciens.
Je suis assez vite conquise. L’ampleur de sa voix est accentuée par une légère reverb, les graves comme les aigus ne semblent pas lui poser la moindre difficulté.

Son très bon guitariste tâte aussi des machines et du violon, enrichissant les compositions au-delà du classique guitare-basse-batterie.
Un folk blues de très bonne facture donc, auquel je note, en regardant les clips, un petit côté Elvis Presley que je n’avais pas perçu.

 

Ezra Furman prend la suite, devant un micro bleu roi assortir à la kippa qu’il portait un peu plus tôt dehors en lisant (la torah ?).

Maquillage, robe, collier de perles, quatre musiciens de blanc vêtus.

Je me dis assez rapidement que j’ai du le confondre avec un autre Ezra car je m’attendais à un truc posé et je me retrouve à écouter du glam rock.

De très bons morceaux, comme No place, (certaines mélodies au saxophone notamment), et d’autres. C’est moins ma came, j’opte pour la position assise dans les « gradins » afin de me ménager, tout en saluant la performance (je vous engage à vous renseigner à son propos, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est habité par son art).

 

Pour finir c’est The KVB !! Que je n’ai toujours pas eu l’occasion de voir !
D’où ma surprise quand ils entrent en scène, je ne les imaginais pas du tout comme ça. C’est quasi des ados, moyennement charismatiques pour être honnête, carrément pas expansifs (ça c’est logique).

Mais la musique est là. Forcément il y a un t-shirt de Joy Division à proximité et quelques britts dans la salle.

Un habitué (coucou !) me glissera à la fin qu’ils jouent bien plus fort d’habitude (c’est vrai que je n’ai pas utilisé mes bouchons), et malgré tout j’ai senti le son m’envelopper, la cold wave s’emparer de mon corps, le shoegazing me guetter.

J’attends le nouvel album avec d’autant  plus d’impatience.

 

Notons pour finir, c’est assez rare pour être signalé, que Magnetic Friends et Topper Harley ont fait de très bons mix en inter-plateaux.

 

Faites du bruit pour Janine ! [Soundcheck #61]

 

Le 20 octobre 2017, Orelsan sortait son troisième album solo, La fête est finie. S’en est suivie la mise en vente de tickets pour une tournée des Zénith qui promettait d’être sold out (ou, en bon français, « complet complet »). J’étais connecté au site de la FNAC à l’heure dite, histoire de ne pas me faire avoir comme pour les Vieilles Charrues #trauma.

Entre temps j’ai écouté l’album beaucoup de fois. Et j’ai bien été obligée d’admettre ma légère déception.

On ne pourra pas lui jeter la pierre. Il est difficile de rester au top 10 ans d’affilée, en ayant enchainé avec succès une carrière solo, une carrière en groupe, un film, une série, une marque de fringues et que sais-je encore.

Notre chance à Dogville, c’est de ne pas avoir de Zénith. Orelsan jouait donc SEULEMENT devant 4999 personnes et moi.

Depuis, je répète à qui veut l’entendre (c’est-à-dire pas grand monde, soyons honnêtes) que je veux effacer cette soirée de ma mémoire.
N’étant pas à une contradiction près, j’en fais donc un article \o/

 

Je sais que je n’aime pas les salles de cette taille, mais je me voyais mal faire l’impasse sur un artiste que j’admire depuis ses débuts parce que son succès dépasse mes préférences (« t’aimais mieux quand j’étais moins connu, sauf que tu m’connaissais pas non plus ») (Ben si).

 

La première partie était assurée par Phaz, un beatmaker dont je n’avais jamais entendu parler et qui fait partie de son backing band. Le mec avait 23 minutes pour faire ses preuves. C’était déjà beaucoup trop.
J’ai profité de son set pour répondre à des mails pro #truestory.
Si j’avais passé ce temps dans un ascenseur, je ne suis pas sûre que j’aurais fait la différence.

 

Point vieillerie : j’ai mal au dos alors que le concert n’a même pas commencé.

Je suis dans la fosse mais pas très bien placée, d’autant qu’apparemment l’entrée a été refusée à toutes les personnes mesurant moins d’1m90 (je leur sais gré d’avoir fait une exception me concernant).

 

Orelsan entre sur San. Logique.
Je sens d’office que ça va être compliqué. Car le son est mauvais. Et l’intensité d’un concert d’Orelsan réside dans son flow, son énergie, sa présence. Ce qui transparait moins quand le gars est à 50m de toi et que, quand tu arrives à l’apercevoir, il fait approximativement 2cm de haut.

Rapidement, il joue Basique. Avec un chouette travail typographique sur écran + bande lumineuse led qui fait la largeur de la scène (15 mètres ?).
En 1h40 de set, ils la joueront 3 fois. TROIS FOIS !!
Le mec a, au bas mot, 30 titres démentiels en stock et il trouve le moyen de faire 3 fois le même. Ça dépasse l’entendement.

Globalement le concert est plus « varièt » que rap. Il y a tout de même deux-trois moments sympas, notamment l’intervention de Mamie Janine sur écran, pour un duo virtuel sur J’essaye, j’essaye.

 

Mais même le titre en feat avec Nekfeu et Dizzee Rascal ne rend rien. Je ne préfère pas évoquer Suicide Social qui m’avait fait verser une larme il y a 4 ans, j’ai failli me boucher les oreilles pour ne pas gâcher mes souvenirs.

Et nous sommes à peu près 4985 blancs dans la salle. Ce qui pose question pour un artiste qui chante : « j’aurais pu donner aux racistes de l’espoir mais j’fais de la musique de noirs ». #iencli

 

Plusieurs fois dans la soirée, le public hurlait « Aurélien, une chanson ! Aurélien, une chanson ! » en référence au titre Défaite de famille.
Orelsan est redevenu Aurélien, et c’est peut-être le problème.

 

 

(Évidemment mon amour est intact et je ne doute pas que le prochain concert saura rayer cette date de ma mémoire) (t’as un mois pour te préparer mec !)

Zut alors ! [Soundcheck #60]

 

L’inconvénient de bosser pour la salle qui a la prog la plus cool du coin, c’est que j’y vois la majeure partie de mes concerts. Et comme je suis moyennement motivée par le fait d’écrire sur mon taf, le rythme des live reports s’en ressent.

Mais vendredi je suis partie en proche banlieue (St Malo), pour m’extraire des considérations quotidiennes et prendre le large quelques heures.
Ce voyage en dehors des sentiers balisés (je ne vous recommande pas la ZI, de nuit, en plein hiver) était principalement justifié par mon amour du plat pays, mais nous y reviendrons.

 

J’arrive en retard (grosse fréquentation de la station essence le vendredi aux alentour de 20h) et ils ont commencé en avance. Ce manque de coordination me prive de Bryan’s Magic Tears.
Sachant que je n’avais jamais entendu parler d’eux avant ce soir, je ne suis que moyennement déçue (je n’irai jamais écouter ce qu’ils font, de peur de découvrir que j’ai manqué un truc génial).

Je découvre qu’il y a 50 minutes de changement de plateau. Aucune considération pour les gens qui se rendent seuls aux concerts, avec un pourcentage de batterie relativement faible, c’est agaçant.

Finalement, j’apprends qu’ils ont débuté la soirée 15 minutes plus tôt que prévu, décalant ainsi tous les horaires annoncés. D’un côté c’est pas très sympa pour le public, mais de l’autre, je ne peux m’empêcher de penser que ça finira plus tôt #personneâgée.

 

Kelley Stoltz et ses musiciens entrent sur scène. Physiquement, je pense à l’enfant illégitime de Chandler Bing et Cyrille Eldin (oui, c’est sale), vêtu d’une chemise à carreau, digne de San Francisco d’où il vient.

Il est accompagné d’une masse de guitariste au t-shirt illustré d’une cravate, d’une bassiste, et d’un batteur qui boit du rosé à la bouteille et dont le t-shirt « Grooves » me laisse sceptique.

Apparemment ça fait 20 ans qu’il tourne, je suis un peu gênée de ne jamais en avoir entendu parler mais je découvre à l’instant que Télérama se posait la question en début de semaine : « Est-ce le secret le mieux gardé du rock américain ? ». On va mettre ça à ma décharge.

Je ne saurais pas vraiment définir de style (folk, rock psyché ?), leur présence est chouette, détendue, et l’ensemble me plait bien. Je ne suis pas sûre que j’écouterai les albums, mais le live fait le job !
Le final, avec veste à paillettes dorée pour un morceau de Strat, intitulé Confidence, était complètement improbable, et réussi.

Tout cela a été capté par Arte, donc si ça vous intéresse, le replay est dispo.

 

Je ressors dans le froid polaire (aucune considération non plus de la part de la météo pour les gens qui se rendent seuls aux concerts) pour fumer une cigarette (et perdre un doigt).

 

Je rentre bien vite dans la salle, afin de me placer idéalement (devant, au milieu) pour une groupie mélomane.

Voici les 6 Girls in Hawaii, que je n’avais pas encore vu sur la tournée de leur nouvel album Nocturne.
Je ne suis pas sûre de pouvoir en dire grand-chose musicalement.

Ils font partie des groupes que je suis depuis leur début (encore un signe de l’âge qui avance, connaître un groupe depuis son premier album, il y a 15 ans…….) et dont j’admire le travail comme l’attitude, la probité musicale, le chemin parcouru, la résilience.

Les voir me reconnecte avec mon cœur, me replonge dans différentes strates de mon passé  et rend chaque fois la vie plus belle.
D’autant plus grâce à ce plan de feu, entre lasers, strobs et boule à facette, qui magnifie l’ensemble.
C’est un instant suspendu, ils sont peu diserts, concentrés, et moi je vole.

J’ai failli partir après leur set, pour rester sur cette impression, dans cet éclat de lumière mélancolique.

Mais je suis en manque de concerts en extérieur, alors j’ai persisté pour Concrete Knives qui sortaient leur album le jour même. Je ne suis pas particulièrement cliente de ce qu’ils font mais ils avaient eu le temps de changer depuis 5 ans.
Je dois dire que le fait de me rendre compte, au bout de 3 minutes, que les mecs à côté de moi étaient les Girls in Hawaii, m’a légèrement déconcentrée.

J’ai lâché l’affaire au bout de ¾ d’heure.

Sans être ma came, c’était pas désagréable, on va dire que ma couette qui m’attendait gentiment à 75 bornes leur a clairement fait de la concurrence.

(Je ne vous parle même pas de Park Hotel, dont le set suivait, qui restera avec Bryan’s Magic Tears, dans le coin de mon cerveau dédié à l’ignorance)

[…] [Soundcheck #59]

C’est sous un ciel orangé, nimbé de poussières sahariennes que je prends enfin le temps de poser quelques mots sur le concert supersonique de Swans.

Je les ai découvert il y a 3 ans lors du TINALS (aka This Is Not A Love Song) à Paloma (du temps où j’habitais dans le grand sud, que l’été était une évidence et les pulls beaucoup moins rentabilisés que les robes) (ouin).
J’avais été saisie par surprise, ébahie par la densité des compositions.

Quand j’ai appris qu’ils passaient chez mes anciens collègues morbihanais, pour une possible tournée d’adieu, je n’ai pas hésité une seule seconde à faire l’aller-retour vers ses contrées lointaines (à tous les niveaux).

 

Le volume sonore auquel ils jouent est une dimension essentielle de leur réputation. Je n’en avais pas souffert lors de leur concert nîmois, mais renseignement pris, ils avaient joué doux ce soir-là.

Il n’en sera rien pour cette deuxième expérience. Il n’est même pas envisageable de pénétrer dans la salle sans earplugs, et même avec, la violence est sourde.
Je parle volontairement d’expérience car c’est bien de cela qu’il s’agit. On se retrouve dans une bulle sonore, sans échappatoire. Le volume prend tout l’espace, vrille la peau et les organes internes.

C’est à la fois jubilatoire et douloureux.
Infernal et incantatoire.

 

Michael Gira, leader charismatique (…) a pris un petit coup depuis la dernière fois, et quand j’apprends qu’il a l’âge de ma mère, je prends toute la mesure de l’impact du mode de vie sur notre corps !

Le concert doit durer 2h30. J’accorde une pause à mes oreilles au bout d’1h10, en me disant que je tiendrais jamais jusqu’à la fin.
L’avantage c’est qu’on entend relativement bien la musique, même en étant dehors !
Je suis finalement restée jusqu’au bout du set. Je pense que la première heure est la plus difficilement supportable, après ça va mieux car tu es sourd…

 

Je suis très contente de les avoir revu, j’apprécie l’état dans lequel ce bain de son m’a mis.
Néanmoins, j’avais mieux apprécié leurs morceaux la première fois en réussissant à les écouter sans  penser aux acouphènes que j’allais potentiellement me taper le lendemain*.

 

*Heureusement je n’en ai pas eu

Encore ? Oui ! [Soundcheck #58]

C’est de notoriété publique, je suis (un peu) pénible quand il s’agit du planning horaire des festivals. Alors certes on loupe Cold Pumas, mais je trépigne pour saouler suffisamment mes compagnons afin de voir Parquet Courts (désolée…).

Et encore plus désolée parce que j’ai trouvé ça décevant.
Je les avais déjà apprécié au même endroit, sur la petite scène, j’ai écouté Human Performance en boucle, je suis censée être conquise d’avance pourtant !
Des fois ça prend, des fois pas, c’est un mystère …

 

Je suis curieuse de voir Arab Strap que j’ai découvert quelques jours plus tôt via la playlist du festival. Typiquement le genre de groupe adulé par ceux qui savent et qui sont capable de te retracer toutes leurs tergiversations et recompositions depuis 20 ans (bisou).

Le duo écossais composé au mi-temps des années 90’s, désormais passé au quatuor, est à la frontière entre post rock et spoken word.
Les albums écoutés sur Spotify m’ont beaucoup plu, pour le live je suis plus réservée. Je pense que j’aurais vraiment gagné à les voir dans une petite salle, ça se prêterait mieux à l’écoute dans une ambiance intimiste.

 

J’avais prévu de faire l’impasse sur Temples car dans mon souvenir j’avais trouvé ça chiant. J’aurais mieux fait de relire attentivement mes archives avant, ça m’aurait permis de relativiser et de me rappeler que je les avais vu après la découverte explosive de Royal Blood. Forcément ça n’avait pas joué en leur faveur…

Du coup, je me rends compte de loin que ça a l’air démentiel. Clairement le regret de cette édition.

 

On enchaîne avec une petite pause ludique dans le container Arte, dans lequel une mini-scène avec des instruments te permet de simuler une attitude de rock star pendant qu’on te shoote à 360°.
Je ne vous ferais pas le plaisir de vous dévoiler ici le visuel de l’album, sachez juste que The Plijadur Lips sera en tournée à l’hiver 2018. Beware !

 

Compte tenu du mal de dos de la veille, j’attaque au gin to’ (certains pourraient arguer qu’il serait plus sain de s’en remettre au doliprane, mais est-ce qu’on a vraiment envie d’enrichir Sanofi plutôt que Gordons ? La question reste entière) avant d’aller plonger dans le son de The Jesus and Mary Chain pour parfaire ma culture musicale.
J’en conclus qu’il faut que j’explore leur discographie.

 

Je ne suis pas très concentrée durant Black Lips, ils ont une énergie indéniable, ça va dans tous les sens sur scène, cependant, c’est moche à dire, je trouve ça un peu bruyant.

 

Je ne connais pas Future Islands autre que de nom, j’étais persuadée que c’était un truc folk du coup je trouvais bizarre de les programmer à minuit passé. En fait c’est plutôt de la pop mêlée à des sons électro, qui justifie pleinement l’horaire !
J’ai passé un bon moment, bien qu’à mon avis, je n’en retiendrai pas grand-chose sur la durée.

 

C’est alors que s’opère le mouv’ le plus honteux du week end : on se barre avant Soulwax.

Quelle idée de poser un trou de 50 minutes dans la prog à une heure aussi tardive ?! Comment on est censés rester vaillants à 2h du mat, quand il fait 12°C (autre qu’en ingérant des substances fortifiantes, j’entends) !?

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Je n’ai pas écrit le 3ème jour dans la foulée et autant vous dire qu’un mois plus tard, je suis moyennement motivée pour le faire.
Sachez donc juste que Mac DeMarco est un scandale, et qu’Interpol c’est toujours bien (même si je préfère quand je suis, littéralement, aux pieds de Paul Banks)

Santé fuckers ! [Soundcheck #57]

Cette année, je me sens pleine de ressources, j’opte pour les 3 jours au festival de ceux qui savent et aiment le faire savoir, situé dans la charmante bourgade de St-Père-Marc-en-Poulet.

Après avoir failli périr de froid durant la nuit dans un festival finistérien (au cadre magnifique certes) (allez visiter le fort de Bertheaume à Plougonvelin), c’est avec joie que j’accepte l’invitation à dormir dans une maison (genre un truc avec des murs, un toit, un lit et une couette) (je crois que je m’embourgeoise définitivement).

 

Vendredi je pars tranquillement de Dogville. Un peu trop tranquillement en fait car pour la première fois depuis que j’y vais, il y a des bouchons pour accéder au site. D’un côté ça me fait plaisir pour leur fréquentation, mais de l’autre je boue de louper Froth.
Par ignorance, il s’avère que je finis par gratter environ 1h de file d’attente à l’entrée (déso) et je vois la dernière moitié du set.

Qualifié de groupe shoegaze dans le programme, ça me saute pas aux yeux, à part pour le sublime morceau Petals. Toujours est-il que c’était très bien, saupoudré de mélancolie, et l’album que j’ai acheté ensuite confirme mon impression.
Il est d’ailleurs + shoegaze que le live, même si certaines instrus m’évoquent Thee Oh Sees (la Califoooorniiiie).

 

C’est Foxygen qui prend la suite, et si j’ai aimé tous les groupes ce soir-là (assez rare pour être souligné), c’est le seul qui m’a ennuyé.

 

La raison de la forte fréquentation de la soirée, PJ Harvey, arrive en marche quasi militaire avec ses 9 (ou 10) musiciens sur la scène du Fort. Pour la première fois dans ce festival, je ne vois pas la scène. C’est un peu frustrant, même si je dois dire que les personnes de grande taille font office de pares-vent assez appréciables.

Par contre, ceux qui ont des chapeaux font clairement chié. Ok ça va bien avec ton petit style, c’est un peu la fashion week musicale de l’été, mais putain ça gâche la vue des gens derrière mec !

Je connais mal le répertoire de PJ Harvey, j’ai essayé de combler mes lacunes la semaine précédente grâce à la discothèque de ma mère mais je suis loin d’être au niveau de mes voisins qui connaissent les paroles par cœur, ni de celles qui dansent sans discontinuer avec un sourire béat (ouais ok, elles étaient sans doute sous MD…).

Cela dit, j’ai aimé là où cela m’a emmené. Musicalement c’est hyper beau, elle a une présence notable, une voix féminine à mon goût, et les chœurs avec ses musiciens sont parfaits.

 

Je suis trop loin pour apprécier Car Seat Headrest à sa juste valeur. Dommage.

 

Je vais me positionner devant la scène des Remparts pour Idles, mon morceau de cerveau bristolien frétille.

Clairement, ça fait partie des groupes qui sont pas là pour beurrer des sandwiches (ahahahah). Pied au plancher, punk rock, album nommé Brutalism, t’as compris l’affaire.
De l’avis d’une majorité des personnes présentes, c’était LE concert du festival.

 

Là-dessus je me rappelle que c’est Thee Oh Sees qui enchaîne. Aka il vaut mieux avoir le cœur (et les oreilles) bien accroché. J’aurais pu me demander s’il était bien utile de voir John Dwyer et ses acolytes 2 fois en 4 mois, pas trop de suspense, la réponse est oui, EVIDEMMENT !

Cette fois-ci je ne vois pas la choré démentielle des deux batteurs, mais même sans ça, leur son, et la présence de leur dingo de leader fait le taf. C’est assez inexplicable, son charisme dépasse tout entendement.

 

Remontée à bloc pour Helena Hauff dont le début de set est très bon. Les samples sont clairs, comme si le son était découpé au scalpel.
Malheureusement, il y a eu un moment de flottement, un creux au milieu, puis une fin en mode tabassage trop longue. Assez étrange d’avoir eu l’impression de voir trois artistes différents finalement.

 

Vendredi soir, j’étais Sam le capitaine de soirée, pour ramener tous mes petits potes à bon port. Ce qui m’a « obligé » à avoir la force de rester voir DJ Shadow. Genre la plaie quoi.
Idem que pour PJ Harvey, je connais mal (à part Organ Donnor bien sur, qu’il n’a pas joué).

J’ai trouvé ça d’une maîtrise et d’une douceur folle. La scéno (des écrans derrière + un voile devant lui, sur lequel sont également projetés des visuels) apporte un supplément bienvenu.
Mais PUTAIN il ne sait pas gérer les fins de morceaux !! (Ceci est une private joke)

 

Il est 5h quand je fais la connaissance de ma couette du week end, elle est ravissante !
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PS : La playlist de mes crush live de l’été est mise à jour. Mais pour une raison inconnue, WordPress refuse l’embeded code… CLIQUEZ DONC ICI !

Personne ne s’est encore endormi ? [Soundcheck #56]

Je ne nierai pas un poil de retard dans la rédaction des soundchecks, qui s’avèrent aussi intenses que variés.
Alors pour reprendre le fil et être à jour avant le plus long de l’année, je vais vous faire un petit melting pot des 3 derniers.

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Vendredi 17 juin. Dogville.

Après une journée que nous qualifierons de pesante, je traîne les pieds et mon esprit vers l’Âge d’or du rap français, une soirée dédiée aux trentenaires qui ont soif d’avoir, eux aussi, l’Âge tendre et tête de bois de leur génération.
Ok on est des Xennials mais la mélancolie chevillée au corps dès le plus jeune âge nous pousse à devenir des vieux cons avant la date autorisée.

Une pinte à la main, nous observons un monsieur sur scène qui imite Lord Ko, puis d’autres rappeurs (assez bien d’ailleurs).

Le show commence réellement 1h plus tard avec l’arrivée d’Assassin.
La scéno est cool, deux écrans latéraux pour indiquer qui est sur scène (et je peux vous dire que ça a été d’une grande utilité), un qui surplombe la scène et sur lequel des interludes documentaires sont projetés pour retracer l’historique de cet Âge d’or, et un piano à queue sur le côté car ça ne mange pas de pain de poser quelques notes.

Globalement, nous nous sommes rendues compte que nous ne connaissions finalement pas tant le répertoire (Assassin, les Sages poètes de la rue, La Cliqua, à part un tube….) ni certains des groupes (qui sont les X-Men et Monsieur R !?) et surtout que les artistes féminines étaient portion congrue (coucou K-Reen).

Heureusement, il y avait quand même des superstars du game et putain, à part Ménélik (déso vieux), les gars n’ont pas changé d’un pouce !

Voir Nuttea chanter son Poum Poum short m’a ramené 20 ans + tôt (achevez-moi), un matin de décembre, il fait nuit noire et tu dois aller au collège mais tu grappilles quelques minutes au chaud en écoutant Skyrock.

Chanter à tue-tête TU PRENDS TES CLIQUES TES CLAQUES ET TU TE TAILLES m’a transporté dans la salle d’arts plastiques où un de mes camarades de classe avait choisi de dessiner le portrait de Ménélik (sans doute à partir d’une photo tirée de Star Club).

Entonner Mon papa à moi est un gangster m’a rappelé Boulevard des clips.

Danser sur Je zappe et je mate et se souvenir d’une boum d’après-midi en 4e, durant laquelle on buvait du sprite (ça c’était à Nantes, mais vacances finistériennes étaient légèrement moins sages… #BZH) (je vous laisse deviner de quel côté j’ai sombré).

Le clou de la soirée furent les Nèg’Marrons avec un Bilan qui tombait à point nommé, suivi d’un final du Bisso Na Bisso des plus festifs.

 

Rien que pour le kiff, a posteriori, de voir tous ces artistes que t’as écouté 1000 fois étant ado et que tu n’aurais jamais songé voir en live, ça valait le coup !

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Samedi 1er juillet. BRST même.

Ça fait environ 15 ans que je dois à aller à Astropolis, mais mes pérégrinations et des plannings estivaux chargés me mène à ce jour de 2017, où je suis intronisée BabyAstro par les vieux de la veille.

J’ai pour habitude de restreindre fortement ma consommation d’alcool quand je vais voir des concerts, afin de profiter pleinement. Mais quand l’apéro commence à 17h et les lives à minuit, la volonté rencontre beaucoup trop d’obstacles pour rester de marbre (sans compter que nous sommes à Brest…).

Nous nous acheminons vers le point de départ des navettes, une expérience en soi. Ceux qui glosent sur les navettes des Trans (moi la première) n’ont jamais vécu celles d’Astro. Je n’en dirai pas plus.

Après avoir traversé le bois, voilà, j’entre sur le site du Manoir de Keroual. Et effectivement ça a un peu de gueule. Genre la grande roue et les auto-tamponneuses, associées au chapiteau bulle et au manoir en ruine, ça vous pose une ambiance.

Même si on nous avait vendu un temps radieux pour cette 23ème édition, nous n’aurons pas échappé au brumisateur naturel (qui en a probablement sauvé certains, cela dit) de temps en temps.

Je commence par le set de Jacques (sous le chapiteau de l’Astrofloor, parfait) à peu près le seul artiste de la prog que je connaissais (je vous entends, ceux du fond, « si on venait pour la musique, ça se saurait… »). J’ai été un peu déçue, je m’attendais à quelque chose de plus fou, plus expérimental, là c’était un peu linéaire.
Je regrette encore + d’avoir loupé son Astroboum l’aprem, qui devait être bien plus créative !

 

Soyons honnête, je ne vais pas pouvoir vous faire un grand report musical de cette soirée, mis à part vous dire que j’ai beaucoup apprécié le set de Karenn (oh ben tiens, des anglais dites-donc !).

Je vais conclure en vous recommandant la saison 3 du Bureau des Légendes parce que je n’ai pas été capable de faire grand-chose d’autre de mon dimanche 2 juillet.

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Samedi 7 juillet – Dogville

Il y a quelques mois, j’ai entendu les premiers morceaux de l’album The Silver Veil de Raoul Vignal et mon oreille s’est aussitôt dressée.
Constat confirmé après l’achat du CD en question. De la folk ciselée, une voix feutrée, alors, un live dans une chapelle, c’était du pain béni !

Je m’étais bien habillée pour l’occasion, genre j’avais mis une robe. Et j’ai vite regretté en voyant que cette chapelle est complètement désaffectée (rien à voir avec l’Union Chapel) donc tu t‘assoies par terre (c’est de la moquette) sur des coussins. C’est un détail certes.

J’aurais du avoir la chair de poule, j’aurais du être transie d’émotion, transportée dans d’autres sphères, oublier la ville autour et la vie quotidienne.
Malheureusement, il manque un truc sur scène. Je suis affreusement triste de devoir l’écrire ainsi mais je pense qu’il s’agit tout bonnement de charisme.

C’était beau malgré tout (le rappel sur Bless you  ❤ ❤ ❤ ), mais loin de l’émotion à laquelle je m’attendais.

Je vous regarde depuis tout à l’heure [Soundcheck #55]

 

Un vendredi vers le bout du monde, quand les automobilistes les plus maladroits se sont donnés le mot pour m’empêcher de rallier la terre promise dans un temps record, alors que j’avais promis de ne pas atteindre les 150 sur la 4 voies.

Brest, le port de commerce, la Carène. La maison.
Pas celle des origines mais du genre de celles qu’on se choisit, une fois majeure et vaccinée, pour des raisons variés autant qu’inexplicables. D’aucuns pourraient se moquer (oui oui, je vous vois VOUS !), du sentiment d’amour irrationnel comme viscéral, qui survient aussitôt un pied à terre, BALEK !

 

La Nuit Zébrée commence avec Kid Francescoli, le Kid comme on l’appelle à Marseille (tu me manque un peu), qui m’avait relativement fait chier l’année dernière au Vauban, dans ses niaiseries avec Julia.

Désormais accompagnés d’un batteur, et peut-être rabibochés, ou définitivement séparés, ou professionnalisés, c’est beaucoup plus plaisant.
Les morceaux semblent avoir plus d’ampleur, être retravaillés pour un set plus électro, et puis la batterie. Mise en jambe acceptée.

 

Il est 21h, certain(e)s sont déjà en PLS devant la salle quand Chill Bump enchaîne et nous met bien dans le bain du vendredi soir (à moins que ce ne soit la 2ème pinte).

Je ne comprends pas comment j’ai pu passer à côté de ce groupe qui en est apparemment à son 3ème album… Cela dit, les références de Wax Tailor et C2C notées dans leur bio m’auraient probablement fait fuir.

Un MC, un beatmaker, des instrus impeccables, un flow divin porté par un mec dont le pseudo est Miscellaneous (<3), le kiff est total.
J’affirme haut et fort qu’il est impossible que ce rappeur soit français avec une telle maitrise de l’anglais. Il se fait donc un plaisir d’interagir 2 minutes plus tard dans un français impeccable. (À ma décharge, il est binational).

Bref, je me dis à nouveau qu’il faut que je me fasse plus de concerts de hip-hop.

 

Je trépigne encore plus à l’idée de revoir Aufgang après ça !

Bon… Sauf qu’on le sait, Francesco Tristano a quitté le groupe. Il n’y a donc plus qu’un seul piano. Et il est sous-mixé. La batterie prend vraiment toute la place.
Alors en soit, c’est quand même pas mal, mais c’est moins bien qu’avant. Donc je suis un peu déçue.

On peut toujours continuer à écouter les anciens albums.

 

Pour finir la Nuit Zébrée en mode teuf/dance floor, c’est un producteur marseillais (décidément), dont je n’avais jamais entendu le nom (décidément bis), qui prend les manettes (cette expression est-elle encore autorisée en 2017 ?).

Et c’était très bien. Je vous recommande Abstraxion, sur lequel je n’ai pas grand-chose de pertinent à dire car à raison d’une pinte par groupe, mes analyses musicologiques sont de moins en moins étoffées.
(Libé m’apprend qu’il est lié à Nicolas Jaar, c’est pas déconnant)

 

Il est 1h30 et les grappes de mélomanes cheminent du port vers le Vauban, phare des âmes emplies de détresse tendresse d’ivresse, car les nuits brestoises se vident jusqu’à la dernière goutte et s’étirent le long de Siam.

En chemin, nous croisons Marie, qui, à 2h07, nous sort une punchline magnifique. Malheureusement le « Marie, 2h07 » inscrit dans les notes de mon téléphone ne suffira pas à raviver ma mémoire.

Dehors nous croisons Morgan, dont le prénom se prononce « Morgan », pas « Morgane » et ça fait plaisir de pouvoir avoir ce genre de débat avec quelqu’un qui sait.

Sous les lumières blanches et sur le sol liquide, les verres se croisent, les bras s’affaissent, les paupières clignotent, le voisin dort quelques minutes sur ton épaule.

Il est 4h, le paquet de cigarettes dispose encore de quelques ressources avant de déclarer forfait et de dormir à Recouvrance, the new place to be.

 

Les deux jours suivants seront à l’avenant, avec un bouton d’or dans le ciel, la meilleure attraction du monde (et la moins chère) aka le téléphérique, la découverte des Capucins qui sont un rêve et une raclette pour célébrer le printemps.

Tu vas tripper ta vie ! [Soundcheck #54]

Au creux de l’oreiller d’un soir d’été, a résonné Louis-Jean Cormier.

C’était par l’entremise de Mélanie Bauer et de France Inter que j’ai couru acheter Les grandes artères, le nouvel album du susnommé.
7 mois, et environ 418 écoutes plus tard, je suis toujours en émoi.

Sa voix et ces mots ont bercés mon arrivée à Dogville, de longues routes finistériennes, des soirs d’hivers à la beauté mélancolique, des crépuscules bleutés et la lumière orange.

Alors quand j’ai appris qu’il passait à l’U., j’étais au comble de la joie.

 

Vendredi 17 mars, éreintée (rien que ça) d’une semaine up&down (mais malheureusement sans lofteurs), je suis malgré tout super ready pour un one way vers le bout du monde, pour me perdre, dans le désert.
Jusqu’au moment où j’apprends que cette soirée « chanson francophone » est sur un format 21h-3h et que le québécois tant attendu se produira vers 00h30.
(Passons sur la pertinence d’un tel horaire sur ce type d’esthétique, qui plus est un soir de St Patrick)

 

Je commence donc ma soirée par Koh Lanta (cette nouvelle saison est un peu folle : il y a TROIS équipes).
J’arrive en retard à l’U. (ces imbéciles n’étaient pas foutus de gagner l’épreuve de confort dans le temps imparti…), Jahen Oarsman a déjà commencé depuis quelques temps.

Je ne suis pas mécontente d’avoir loupé le début car c’est loin d’être transcendant.
De la folk correctement exécutée, mais sans grande présence scénique, et qui sonne assez 90’s (j’ai vaguement pensé à Eagle Eye Cherry).

 

Changement de plateau, la salle est bien loin d’être remplie et c’est la première fois que je peux profiter des escaliers/gradins. Donc je m’assois le plus proche de la scène, et je confesse de pas m’être relevée pour le concert suivant.

En même temps, on ne peut pas dire que Barbagallo pousse au pogo et j’étais très bien placée.

Ils sont 4 sur scène, dont le sieur Barbagallo donc, chanteur/batteur joliment bouclé, qui chante des chansons aux paroles joliment naïves avec un joli brin de voix.
Joliment chiant me disais-je au départ.

Et puis, la bonhommie du sud-ouest, les synthés sympathiques ont eu raison de ma réserve. C’est également très teinté 90’s (impossible de trouver le groupe exact auquel ça m’a fait pensé, mais il y a un air des Innocents, dans les chœurs notamment).

Il nous parle de sa première date à l’U. avec Axe Riverboy, probablement pour nous prouver qu’il n’est pas un lapin de 3 semaines mais perso, ce nom m’a foutu le pire des coups de vieux.

Et ils finissent ce set intelligemment construit, par un très beau morceau, La vérité, limite post rock et magnifiquement étiré (qui clôt également son album).
En fait, plus j’y pense, plus je me dis que c’était bien.

 

Il est 00h25, mes paupières clignotent et mon genou droit (le faible) tressaute.
Il est 00h30 et je revis.

Les grandes artères est un album sublime, tant au niveau des textes que des compositions et des arrangements.
C’est assez rare d’avoir une telle richesse instrumentale autour de textes en français (quelques exceptions à la règle, Florent Marchet coucou bisou), Louis-Jean Cormier se rapprocherait plus d’artistes tels que Ray Lamontagne (dans l’idée, n’y cherchez pas de ressemblances probantes). Dans une tradition plutôt folk blues.

Il s’avère qu’en plus d’être talentueux et visuellement agréable, le type est drôle.

Il est accompagné par Marc-Antoine Larocque, batteur stoïque, et Mathieu Désy, contrebassiste enthousiaste. Un trio aka sa version de voyage, on imagine bien les coûts pour faire venir un orchestre depuis le Québec…

Sa voix est belle, son jeu de scène parfait, les versions live de ses morceaux plus rock, la complicité du trio plaisante, ses interactions avec le public ravissantes.

Pourtant, comme signalé précédemment, la salle est quasi vide, si ce n’est un GROS RELOU aviné qui ne cesse de gueuler « caribouuuuuuuu » à chaque seconde de silence.
(Je n’ai même pas fait mine de lui péter la gueule car il était gros, au propre comme au figuré)

Quelques morceaux de Karkwa, son précédent groupe que je n’ai pas encore approfondi, avant de finir sur Deux saisons trois quart, à la demande d’un spectateur (qui lui, méritait un bisou, du coup).

 

Il est 2h, Dogville tente de digérer les farfadets qui zigzaguent et moi, je suis définitivement en amour.

 

 

[J’ai fini mon week end québécois en allant voir 1:54 de Yan England au ciné, où Antoine-Olivier Pilon prouve qu’il a vraiment un truc chouette (autre que la même housse de couette que moi, j’entends)]