You’re all allowed to move [Soundcheck #73]

[BRIGHTON, PART III]

Le 3e jour commence, je suis de nouveau prise de frénésie devant le programme de la journée qui s’affiche sur l’appli !

Mais d’abord, la matinée pour finir de visiter TOUTES les rues de Brighton. En sortant j’ai droit à un « Hello, love », et je dois dire que, même quand ce n’est pas dit par un ouvrier torse nu canon, cette habitude de langage anglaise me ravit. Ça donne l’impression d’adoucir les relations sociales à peu de frais.

Je commence par une session shopping. Impossible de venir en Angleterre sans faire un tour chez Cath Kidston, une marque délicieusement kitsch (si on m’avait dit ça quand je suis arrivée à Bristol…). Je ne vous parle évidemment pas de Poundland ou Boots (une chaîne de pharmacie qui développe des photos, et vend de la bouffe) (comme partout en fait), ces magasins me rendent extatique).

J’hésite entre deux mugs Harry + Meghan, j’entre finalement dans une boutique DC Shoes qui fait des soldes. Je trouve des chaussures à mon pied, ce qui est assez rare pour être noté. Je vais faire un tour chez Bella Union pour m’en remettre, un shop trop cool dans lequel ils vendent évidemment tous les albums de leurs artistes mais surtout dans lequel ils t’offrent le café ❤

 

POTTERY

The Walrus n’est toujours pas l’endroit idéal pour voir un concert mais Pottery y joue et comme ils sont également programmés à la RDR cet été, j’ai bon espoir. Qui fût déçu. Ça ne m’a pas convaincu, au-delà du fait que la coiffure d’un des musiciens (une coupe au bol avec des cheveux qui ne le permettent pas) m’a perturbée.

J’ai googlé « best pancakes Brighton », je m’arrête chez Moksha. Au moment où une pile surmontée de sirop d’érable et de myrtilles arrive sur ma table, Mambo n°5 de Lou Bega passe à la radio.
Où s’arrêtera donc la perfection de cette ville !?

 

SUPERLOVE

Je bronze un peu devant le Volks avant de découvrir un nouveau groupe bristolien au nom choupi. Ils doivent avoir 20 ans max, ils sont trois, ils ont la méga banane, ils font du rock influence Californie 90’s (+ les chemises qui vont avec).
Le bassiste a l’attitude branleuse pile comme il faut, en + d’une super voix quand il se lance dans un morceau a moitié a cappella surprenant. J’ai grave kiffé, Bristol FTW !

Il pleut des trombes quand je sors, c’est comme la Bretagne, il fait beau plusieurs fois par jour #lol

 

RASHARN POWELL

Devant le Komedia il y a 20m de queue, mais personne pour la salle dans laquelle je veux aller. Les gens sont bêbêtes car le set de Rasharn Powell était prometteur, même si beaucoup trop court.
J’étais contente de faire une petite pause en écoutant autre chose que du rock, le r’n’b c’est bien aussi !

AWATE

J’avoue qu’à la base j’ai été au Queens Hotel uniquement par curiosité car c’est la première fois que j’ai l’occasion de voir un artiste érythréen (et que je peux entrer dans un hôtel 4*).
Bon, il s’avère qu’Awate est londonien depuis le lendemain de sa naissance donc c’est légèrement mensonger comme info (le passeport fait foi) mais passons. Il oscille entre hip-hop et stand up, « I’ve got CD, I don’t know if you heard of it ? » il a un putain de flow, c’est impressionnant.
Il gagnerait toutefois à se la jouer un peu moins entre les morceaux et chanter un peu plus.

MODERN ERRORS

Je retourne au Volks, je rebronze.

Évidemment c’est un peu superficiel de commencer par ça, je suis néanmoins obligée de souligner la beauté des cheveux du guitariste de Modern Error. J’ai rêvé de les toucher tout au long du set tellement ils avaient l’air soyeux, ils ondulaient au rythme de sa transe, qui, sachant qu’ils font du hardcore, était intense. Au-delà de ça, c’était un bon concert.

C’est à nouveau le déluge quand je sors, y’a plus d’saisons. Heureusement mon lit est à 50m et il y a des Digestives dark chocolate sur le chemin.

1h plus tard je redescends sur la promenade du bord de mer, commande des onions rings pour tenir le coup avant de filer vers le Beach site où s’annonce une soirée prometteuse qui sera potentiellement blindée car Fat White Family y joue.

 

TALK SHOW

Pour l’heure c’est un quartet londonien qui a tout pour me plaire : une batteuse, un chanteur blond platine qui tient sa guitare bien haut (je vous rappelle que c’est un indice majeur pour déceler un bon groupe), une énergie branleuse et des titres qui font 2’30 chrono. Les anglais ont l’attitude, certains encore + que d’autres.

Deux titres seulement sont en écoute sur les internets, c’est beaucoup trop peu, j’attends la suite avec impatience !

 

BLACK COUNTRY, NEW ROAD

Voici la vraie raison de ma présence sur la plage, un sextet au nom intrigant dont la musique l’est tout autant (il s’avère que c’est la violoniste qui mangeait un fish&chips à côté de moi un peu plus tôt).

Ils sont jeunes, paritaires, normcore, ils ont livrés un concert bluffant qu’il est impossible de résumer. Je ne suis même pas sûre que les morceaux enregistrés rendent grâce à ce qu’il se passe sur scène. Je me suis noté « mix entre Nada Surf et jazz klezmer », je sais pas si ça vous éclaire.
Ils sortent clairement du lot, avec une nonchalance déconcertante, et quittent la scène sans rien dire, au terme d’un morceau dantesque. La frustration est totale !

 

black midi

Forcément, il n’était pas aisé de passer ensuite, surtout quand vous êtes précédé d’une petite réputation auprès de ceux qui savent.
Pour le dire simplement, black midi m’en a touché un sans faire bouger l’autre (d’ovaire. Bien obligée d’adapter cette expression que je trouve extrêmement parlante). A priori il devrait y avoir quelques occasions de les voir en France rapidement, je me suis barrée au milieu du set.

Et NON je ne suis pas restée pour Fat White Family qui sont plutôt décevants dernièrement.

 

Je « cours » vers One Church en soupçonnant qu’il y aura du monde devant Flaming Gods. Effectivement, mais l’avantage d’être seule, c’est que tu n’attends pas trop longtemps que quelqu’un sorte pour pouvoir entrer à ton tour. Surtout quand le lieu est totalement inadapté au groupe, ce qui rend le son dégueu. Bref, j’ai pas fait long feu.

La nuit avance, la fin approche, les notifications de « sold out » se multiplient, la mélancolie guette.

 

BAD ANIMAL

Le Latest music bar est sur mon chemin, on me promet du post punk rock influencé par la scène new yorkaise 00’s, je teste. Le bon point c’est que je commence à avoir un peu faim et qu’il y a de la Guinness au bar.
Je ne peux pas dire que c’était le meilleur concert du festival, malgré tout ça faisait le taf,  le front man avait la pêche (wesh).

En sortant, je flâne le nez au vent. Si tu t’endors, ce sera la fin, alors tu luttes pour grapiller quelques minutes supplémentaires.

Dimanche, impossible de trouver un carrot cake, alors je me rabats sur une glace (il faut remettre les gants une fois qu’elle est finie).
Je fais route vers la gare, c’est jour de match, Brighton affronte Man U à 3pm, la tension est palpable, les pintes coulent à flot, je ne veux pas partir.

 

CONCLUSION

England + music festival + sea = perfect match.
J’y retourne l’an prochain.

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This is sad folk songs for your 2pm drunk [Soundcheck #72]

[BRIGHTON, PART III]

Vendredi il fait un temps de dingue, ce qui est une bonne chose, sauf pour le matin quand tu as une fenêtre orientée plein est sans volet ni rideau occultant.

Brighton est encore plus ravissante sous le soleil, la station balnéaire dans toute sa splendeur.

Je commence par un délicieux egg royal dans un endroit qui s’appelle Little Miss Piggies (ce qui ne donne pas envie d’entrer à la base cela dit) avant de filer sur le Pier qui est IMMENSE !

Je suis toujours fascinée par le monde qui se croise dans ces lieux, entre glaces, mouettes, machines à sous, manèges et autre joyeusetés tape à l’œil.

Ça tombe bien vu le temps, mon premier concert a lieu sur une des scènes de la plage. Je découvre le lieu aménagé pour l’occasion, avec les foodtrucks de rigueur, de quoi s’asseoir, une scène extérieure, deux sous tentes et la mer en toile de fond.
Comme je carbure désormais à l’eau pétillante en festival, je me dirige vers le bar où l’on me sert la réponse la + merveilleusement anglaise qui soit : « We don’t have sparkling water I’m afraid… But we have sparkling wine !! ».
Comme il est 12h20, je me rabats sur de l’eau plate.

DO NOTHING

J’aime bien la dégaine du chanteur, old school, qui ne colle pas vraiment avec celles de ses collègues musiciens. C’est pas dingue pour un groupe anglais (ce qui, rappelons le, les place déjà bien au dessus de la moyenne mondiale), il manque encore probablement un peu d’ancienneté.

 

VC PINES

Je repars pour le Three wise cats où les VC Pines essayent de tenir tous les 7 sur la micro scène. Le leader ressemble à Joe Dempsie ce qui me le rend d’emblée sympathique (pour Skins + que pour GoT). Même si c’est pas franchement le style de musique qui me plait d’habitude (trop de cuivres), j’ai trouvé ça très bien fait.
Sa présence sincère ajoute au plaisir du concert, et en ré-écoutant sur Spotify, il y a vraiment de chouettes morceaux.

 

J.S. ONDARA

Comme l’objectif c’est de battre le nombre de kilomètres de la veille, je repars à l’opposé pour la scène de la plage. Où l’on me fait vider ma bouteille d’eau minérale achetée 1h plus tôt au même endroit, en me disant que je pourrais la re-remplir au robinet à l’intérieur. Logique.

Grâce au Télérama de la semaine précédente, je connais un nom supplémentaire de la prog : J.S. Ondara, dont le storytelling aux petits oignons m’a appâté !
Heureusement serais-je tenté de dire, car c’était un magnifique concert qui m’a tiré les larmes des yeux (même si, on ne va pas se mentir, le moment du week-end où j’ai le + chialé, c’était devant Ellen).

Seul à la guitare, il nous raconte ses Tales of America, du folk plutôt triste qu’il agrémente de blagues (notamment sur le fait de boire des bières à 14h). Apparemment le mec ne pensait pas avoir une belle voix et n’osait pas se lancer au chant, on peut légitimement se demander s’il n’est pas sourd…

 

Avec tout ça c’est l’heure du goûter et en retournant chez Resident (non mais c’est juste pour regarder), je passe devant un café qui fait des brownies au Kinder Bueno, ça aurait été con de ne pas tester.

WIVES

T., tel un Huggy les bons tuyaux de la musique en Angleterre, m’a donné l’info la veille : Wives est à Brighton et fait une mini-tournée dans des bars, en mode festival off.

À l’heure dire je me pointe at The Foundry où une chanteuse finit son set. Tout le monde sort du bar 10 minutes + tard, j’en profite une fois de plus pour me glisser dans la pièce qui doit pouvoir accueillir 30 personnes grand max, où les 4 new yorkais s’installent.

Les conditions sont tellement ouf, être si peu, si près, pour ce groupe, à Brighton. C’est dans ces instants précis que j’aime ma vie.

C’était trop cool, grunge rock parfaitement maitrisé, avec la désinvolture nécessaire « We’re obviouly ready », la set list sur une assiette en carton, les cordes de la basse sont vertes fluos, les manches de guitares se touchent quasiment, la chevelure du bassiste vole, les sourires surgissent.

Ils font quelques dates en France cet automne (à Lorient entre autres), allez-y.

 

J’ai 1h devant moi, je fais un stop au Latest Music Bar pour Mellt, un groupe gallois dont la bio promet qu’ils chantent en gaélique. C’est vrai, mais ça ne fait pas tout. Cela dit ils doivent avoir 17 ans, donc la marge de progression est grande.

Je repasse poser mes jambes quelques minutes sur mon lit, avant de repartir, un cornet de belgian chips à la main pour The Haunt.

 

ITALIA 90

Une personne dont l’amour des groupes anglais dépasse sans doute peut-être le mien (coucou !) m’avait parlé d’eux. J’y vais donc en toute confiance. C’pas mal, j’adore le look du chanteur (pas sûre que ce soit très judicieux vu qu’il s’agit d’une sorte de croisement entre un skinhead et un hooligan), je n’ai pas de coup de cœur pour autant. Ca reste du punk rock de bonne facture.

 

ALEXANDRA STRÉLISKI

Plusieurs salles, plusieurs ambiances, je me dirige vers St Mary’s Church pour écouter Alexandra Stréliski, une pianiste canadienne de la mouvance néo-classique (Nils Frahm, Ólafur Arnalds etc.).
Je dois dire que je ne suis pas mécontente de me trouver dans une église, dans le sens où il y a des bancs. Et  au-delà de ça, c’est toujours de beaux endroits pour de beaux concerts. D’autant plus quand, comme en Angleterre, le lieu n’est pas sacralisé (aka tu peux y boire des bières et manger).

Ça n’a pas manqué, c’était un moment suspendu, une pause au milieu du tumulte du festival, 30 minutes pour fermer les yeux et souffler un peu.

L’avantage c’est que ça fonctionne également en enregistrement, ne vous privez pas.

 

Je retourne sur le bord de mer pour trinquer avec une française qui m’a vanté les mérites d’Yves Tumor. Le Shooshh ne lui aura certainement pas rendu grâce, mal éclairé, surblindé, je promets d’écouter l’album plus tard et je mets le cap sur le Green Door Store.

LIILY

Je n’ai pas grand-chose à dire, si ce n’est que c’est un des groupes que je voulais voir et que c’était bien. Je les ai découvert cet hiver, ils sont de Los Angeles et leur unique date européenne de l’année était à Brighton, coup de bol !

 

THE MURDER CAPITAL

Incroyable mais vrai, deux groupes de mon planning jouent à la suite au même endroit, quel luxe ! J’en profite pour éviter le mal de crâne du lendemain (vu que j’ai déjà bu une pinte, je préfère prévenir que guérir) !, je commande un gin tonic : « Simple or double ? ». Point trop n’en faut, sachant que pour eux le double c’est une pinte, je reste raisonnable.

Je suis mitigée sur The Murder Capital, à mon avis ils devraient se concentrer sur le post rock plutôt que sur le post punk. Ils jouent d’un côté classy en costards, le guitariste a un petit côté Iwan Rheon (période GoT, pas Misfits malheureusement), le chanteur est imposant et soudain d’une émotion renversante quand il laisse tomber le rentre-dedans le temps de quelques morceaux plus posés.

À revoir, ce qui devrait rapidement se produire car c’est le next big thing en provenance d’Irlande qui va déferler sur la France apparemment.

 

Je rentre, crevée mais ravie, en songeant qu’il reste encore / seulement une journée de régalade.

This is only entertainement people [Soundcheck #71]

[BRIGHTON, PART II]

Je me lève en joie pour mon premier full english breakfast servi au rez-de-chaussée de la charmante maison.
J’ai installé l’appli du festival, que je regarderai environ 5 fois par heure pendant 3 jours (et que je n’ai toujours pas le cœur de désinstaller…). À raison de 450 concerts dans 35 lieux différents, la mémoire ne peut pas tout.

J’ai décidé de commencer par un groupe bristolien (cœur cœur) qui joue à 13h. Ça me laisse largement le temps de continuer mon exploration de Brighton, avec pour challenge de ne pas me faire chier dessus inopinément par une mouette (défi réussi).

Je vous passe le détail de mon parcours, je me retrouve dans Kensington Gardens, une ruelle avec une enfilade de magasin, dont Resident, LE disquaire de la ville. Je ne peux évidemment sortir sans rien donc j’opte pour Brutalism des Idles qui manquait cruellement à ma discothèque.

J’enchaîne avec un carrot cake merveilleux, entrecoupé d’une notification de l’appli qui m’apprend que les « secret guest » de ce soir ne sont rien de moins que les gars de Shame. La vie est un délice.

En sortant, je croise le batteur de Lady Bird, facilement reconnaissable à sa façon de s’exprimer.
Il n’y a pas de star system au Great Escape, les artistes se baladent dans la ville, entre les concerts, sans être reconnus / arrêtés.

J’avais deux craintes principales pour le festival : ne pas pouvoir entrer aux concerts que j’avais repéré (avant le festival, j’ai réussi à écouter 100 artistes des 450 programmés) ; que les lieux ne soient pas propices à accueillir des lives.
Bilan je suis restée à la porte une seule fois (sur 30) pour Squid et je n’ai jamais (trop) pesté sur les conditions d’écoute.

 

IOTA

J’entre dans The hope and ruin, comme nombre de pubs anglais, il y a une salle de concert à l’étage. Je ne vais pas m’étendre sur la prestation de Iota (preuve que je n’aime pas inconditionnellement tout ce qui vient de Bristol), qui joue un rock variet 80’s, avec l’outfit et le make-up qui correspond : bandana – paillettes.

En tout cas, nous sommes dans un pub, ce qui implique que peu importe l’heure, les gens ont des pintes à la main.

 

CLASSIC YELLOW

Ce sont des dubliners qui jouent, le chanteur est donc roux et l’éclairage vert.
Chaque musicien cultive son propre style, entre un bassiste ska, un batteur reggae et un clavier fan des Sex Pistols. Je trouve que le mec qui les filme à l’aide d’une go pro est extrêmement bien sapé pour un tel rôle (cravate texane et tout le toutim) (trop mignon ce mot non ?), il s’avère qu’il finit par monter sur scène et pète un solo d’harmonica de 3 minutes assez cool !

Bien fait sans rien de fou,  je me dis que ça reste la mise en jambe (à réécouter sur album c’est plutôt agréable)

HANDSTAND PARADE

Au Walrus, la scène est au sous-sol et les gens assis sur de grosses banquettes (avec des grosses bières). Pour le coup, l’endroit se prête moins au live.
Le trio n’est pas hyper raccord, entre le chanteur qui a du style mais les musiciens qui ont plutôt l’air de nerds (quand c’était pas encore trendy). Je ne suis pas convaincue.

 

JACK VALLIER

J’arrive au Three wise cats à la fin du concert précédent, je profite que chacun.e aille faire un refill au bar pour me placer proche de la « scène » où Jack Vallier fait son line check (clairement les conditions d’accueil des artistes ne sont pas les mêmes qu’en France, il vaut mieux être plug&play).

Tout seul à la guitare, il doit avoir 20 ans, un petit air de Daniel Radcliffe, fait pas mal de blagues sur ses chansons qui sont toutes dépressives, « I’m gonna sing 6 others sad songs » et c’est le premier à qui je mets une étoile dans mes notes. Classique songwriter british, tu ferais la même chose en français ça serait ridicule mais là ça fonctionne.

 

VAUGHAN

Je vais sur le front de mer quelque peu venteux et entre dans le Tempest.
Je ne reste pas bien longtemps devant Vaughan, le « problème » quand tu as autant de choix c’est que tu as envie d’aller voir s’il y a mieux ailleurs quand tu n’es pas captivé dès les cinq premières minutes.

BRUTUS

Je fais bien de me pointer at The Haunt dès 18h car c’est une des rares salles de concert et c’est blindé.
Je ne peux pas vraiment dire que j’ai vu Brutus, un groupe belge dont la batteuse est aussi chanteuse. Malgré tout c’est vraiment cool, ils font un mix entre du black metal et du math rock (ils étaient d’ailleurs programmés au Hellfest), qui évoque parfois Evanescence (dans le bon sens de la référence) et confirment que la Belgique est la terre promise des mélomanes.

 

WHISPERING SONS

L’avantage des soiffards c’est que je peux me coller contre la scène à l’inter plateau afin d’être devant pour ce groupe belge qui est ma plus grosse attente du festival.

Je vais avoir du mal à décrire ce qu’il s’est passé les trente minutes suivantes. J’avais évidemment le combo yeux fermés / lèvres mordues.

Le t-shirt Joy Division de la chanteuse et celui The Soft Moon d’un des musiciens donnent une bonne indication sur leurs influences. Fenne Kuppens est fascinante, timorée et raide durant l’installation, elle se transforme soudain avec le son et il est impossible de la quitter du regard.
Je ne peux pas mieux vous dire que d’écouter leurs titres et de profiter de leur prochaine tournée française pour prendre la mesure du talent.

 

PENELOPE ISLES

Malgré tout, pas le temps de finasser, Penelope Isles m’attend à l’autre bout de la ville. GPS mon amour, l’entraînement marche rapide à 15% d’inclination sur le tapis de la salle de sport aussi.

Le Green Door Store c’est un peu le Nadir de Brighton, au final c’est pas SI loin.
Le lieu parait un peu plus underground que les autres, je me faufile dans la salle blindée.
Le set est cool, je me sens un peu moins traître à mon genre d’avoir apprécié trois concerts d’affilée avec des chanteuses.

 

SHAME

J’ai 15 minutes pour parcourir 2km, en espérant pouvoir entrer à la soirée Fender au Old Market. Là on a à faire à un VRAI Nadir tellement c’est loin. Heureusement j’ai des ressources inépuisables quand il s’agit de voir enfin Shame en Angleterre.

L’endroit est bien évidemment complet, il y a trois personnes devant moi dans la file, attendant plein d’espoir que des spectateurs sortent alors que le concert a commencé depuis peu. Je suis surprise mais ravie, de voir que tout le monde n’a pas bon goût, j’entre quelques minutes plus tard.

Je peste contre les gens posés au bar alors que d’autre attendent dehors car ils ont vraiment envie d’écouter de la musique, aucun respect ! Là, je ne résiste malgré tout pas à une pinte pour célébrer la victoire.

Et puis Shame. Charlie Steen  a opté pour le blond platine, c’est bien la seule chose qui a changé, ils sont toujours aussi investis, parfaits, généreux, talentueux, un bonheur.

 

BLACKWAVE.

La blagounette de mon planning c’est que je dois retourner au Green Door Store pour le groupe suivant. J’hésite un peu mais je suis pleine d’adrénaline et il est impensable de s’arrêter là.

2 nouveaux kms plus tard, je reprends une pinte (il ne manquerait plus de tomber en déshydratation). La description du groupe dans l’appli ne m’avait pas du tout préparée à tomber sur un espèce de ska hip-hop. Bref, pas une franche réussite pour finir.

 

Environ 25 bornes plus tard, je m’écroule dans mon lit.

(Le Brighton Dome, curiosité architecturale)

Heaven on earth

[BRIGHTON, PART I]

Je pense que parfois, le ciel se met en quatre pour tenter de me faire croire à une existence supérieure. L’avancement des dates du Great Escape Festival, afin qu’elles se combinent avec ma semaine de vacances, pour la première fois depuis que je rêve d’en être, confirme cette hypothèse.

Compte-tenu de la longueur de mes notes, du nombre de concerts vus en trois jours et de mon enthousiasme, ce récit risque d’être dense.

Spoiler alert pour ceux qui n’ont pas 3h devant eux : mon paradis existe et il se trouve à Brighton au mois de mai.
Imaginez donc : Angleterre + mer + festival de musique + Angleterre. C’est une honte d’avoir attendu si longtemps pour le découvrir.

 

Mercredi 8 mai, je pars de la Gare de Rennes pour un petit périple de quelques heures qui m’emmènera sur la côte anglaise, via l’Eurotunnel et un TER anglais (ça met un peu plus longtemps que l’avion mais connaissez-vous le flygskam ?)

Je déguste mon petit rituel vacancier (le chocolat Valrhona servi au wagon bar quand tu investis dans un café à 3€) avant de tester l’Eurostar pour la première fois. Une pancarte précise que les souvenirs de guerre, l’artillerie transformée et les armes sont interdits à bord.
Au-delà de l’incongruité, ce qui me fait le plus bugger c’est qu’il y a donc sans doute des gens qui se sont pointés avec ce type d’objet.
Je suis un peu déçue, c’est moins classe que le TGV, et il n’y a même pas de hublot pour faire coucou aux poissons pendant la traversée (qui dure à peine 15 minutes).

En entendant une anglaise parler quand j’arrive à St Pancras, je manque de verser une larme d’émotion.
9h plus tard, je suis sur le quai de la gare de Brighton, me félicitant d’avoir vêtu mon manteau d’hiver.

Je me dirige vers le headquarter du festival pour récupérer mon bracelet avant la foule du lendemain, je n’en peux déjà plus de la mignonnerie de la ville quand j’arrive et tombe sur Big Jeff, LE bristolien le plus célèbre pour les amateurs de live.

Lors de mes 6 mois à Bristol, j’ai du voir une soixantaine de concerts. Dans le même temps, et en permanence depuis des dizaines d’années, Big Jeff doit tourner aux alentour de 180 (oui c’est ça, un par soir). Bref encore un signe !

(2 minutes plus tard je tombe sur une figure de la programmation dogvillienne, mais bon les signes c’est vraiment pour les gens crédules…)

Je m’extasie jusqu’à mon B&B en bord de mer, dans une maison anglaise typique (bow window etc.), jusqu’à entrer dans ma « chambre ». En tant que personne modeste, habituée des auberges de jeunesse, je n’ai aucune idée du coût des hébergements en vacances et j’ai en permanence l’impression d’avoir réservé des palaces. Alors que non.

Je suis un peu chonchon, mais l’accueil est sympathique et le reste des vacances me fait vite oublier l’absence de rideaux occultants / les toilettes sur le pallier.

 

Je file rapidement à la découverte de la ville, pressentant que les 3 jours suivants seront bien occupés par les concerts.
Il fait quand même drôlement froid, avec ce petit vent de mer, mais la vue du célèbre Pier me réjouit (la perspective du chauffage dans la chambre aussi), les mouettes tournoient et chaque pub me tend les bras en affichant « Fish & chips ».

À 20h je me dirige vers le site de la plage, monté de toute pièce par le festival, pour amorcer en douceur avec seulement 2 concerts. Quelle ne fût pas ma stupeur qu’on me refuse l’entrée sous prétexte que je n’avais pas de pass pro ! Les habitudes ont la vie dure !

Même si je n’étais finalement pas si mécontente de filer sous la couette, pour 12h de sommeil réparateur, avant le marathon.

Gloves

[EDINBURGH, PART IV]

Dimanche il n’y a toujours pas un nuage en vue. C’est limite louche. Mais idéal pour me rendre au Stockbridge market, l’activité dominicale édimbourgeoise par excellence !

Soyons francs, le truc est survendu par le guide.
Déjà, les gars ne sont pas méga matinaux, quand j’arrive à 9h30 les stands commencent à peine à se mettre en place, et puis concrètement c’est 30 vendeurs sous des bâches en plastique dans un square hein…

Quant au quartier, certes ça se gentrifie mignonnement (j’ai brunché dans Raeburn st. et c’était impeccable) (je ne retrouve plus le nom de l’endroit, même en passant par Google streetview…), mais c’est pas non plus l’extase à chaque coin de rue.

Sauf une, au détour d’un terrain vague et de la clôture de l’Inverleith Park.

Même si je n’ai pas un amour immodéré pour la nature, le Royal Botanic Garden semblait assez incontournable compte-tenu du temps.
Et je dois dire que posée sur un des nombreux bancs sponsos (« in the loving memory of… ») (remember Coup de foudre à Notting Hill) (pourquoi on ne fait pas ça en France ? Ça a le double avantage de rapporter de la thune et de satisfaire les promeneurs), avec une vue sur la ville, j’ai apprécié l’endroit.

Il y a également des tonnes d’arbres assez dingues (oui, comme dans un jardin botanique en somme), les couleurs automnales et une serre de toute beauté.

Je suis remontée vers New Town en passant par Stephen St. qui est soi-disant une rue immanquable pour le shopping. Quand on gagne 15 smic par mois, sans doute. (J’y ai vu une Tesla pour la première fois).

Cette fois-ci, j’étais dans le bon timing pour ne pas faire un musée en 15 secondes chrono et tant mieux car la Scottish National Portrait Gallery offrait de chouettes trucs à voir.
Notamment une expo de portraits d’écossais « célèbres ». Ça allait d’une photo de James Mc Avoy (#coeur) à une toile de John Byrne, que je trouve sublime, représentant Tilda Swinton.

 

Mon efficacité (ou le fait que je regarde la moitié en diagonale) m’a permis de me rendre en bus à Leith, le port d’Édimbourg, avant le coucher du soleil (à 16h donc…).
Je pensais que je n’aurais pas le temps en 2 jours mais la lecture de L’étrangleur d’Édimbourg d’Ian Rankin (je sais me mettre dans l’ambiance avant de partir en week end) (blague à part, c’est un des auteurs les plus connus de la ville) m’avait donné envie d’y faire un tour.

C’est un peu joli mais ça a du bien changer depuis l’écriture du bouquin (années 80) car je m’attendais à un truc plus dégueu/indus.
Au bout du bout ils ont construit un mall gigantesque (le bien nommé Ocean Terminal), comme ils savent si bien les faire de ce côté de la Manche, dans lequel j’ai de nouveau fait chou blanc pour les pompes (pouvez-vous, au moins, louer ma persévérance ?).

À 18h, la même question que la veille s’est posé. Et j’ai fini par me rendre, la mort dans l’âme vous imaginez bien, au pub. La lecture de Retour à Killybegs de Sorj Chalandon s’accordant parfaitement à l’ambiance (et à la bière) (et au fish & chips).

 

Je suis rentrée éreintée à l’hostel, pour y trouver de nouveaux roomates, un couple qui préférait lui aussi dormir dans un seul lit.

Si j’ai tendance à dire que les festivals me redonnent foi en l’être humain, les auberges de jeunesse me font redescendre sur terre.

 

Bière testées :
Fraoth heather beer
Mothern Hells
Autumn Ale

Sláinte

[EDINBURGH, PART III]

Après cette pause revigorante auprès de nos amis silencieux, j’ai pris la direction du Museum of Edinburgh.

La faim m’a alors poussé à une extrémité que j’ai aussitôt regretté : m’arrêter dans un café sans rien de typique, tenu par des italiens/espagnols, pour commander un Egg royal (qui était loin d’être succulent, forcément) (et à quel moment tu laisses la porte ouverte quand il fait 0 dehors, sous prétexte que ton système de ventilation n’est pas à la hauteur de ta cuisine !??).

Autant vous dire que je suis sortie de cet endroit plus chonchon que je n’y étais entrée.

Je suis allée me réchauffer dans le Museum of Edinburgh qui, s’il a une jolie façade, ne m’a pas franchement fascinée de l’intérieur. Pour les obsessionnels, sachez qu’il y a une pièce consacrée au Greyfriars Boby.

J’ai poursuivi sur the Royal Mile pour atteindre le siège du Parlement écossais, un chouette bâtiment construit par Enric Miralles (RIP) qui est entouré du Holyrood Park et surplombé par le Salisbury Crags (que je n’ai pas eu le temps de grimper, mais apparemment la balade vaut le coup).

Il y a des visites guidées du Parlement quasiment toutes les heures mais figurez-vous qu’il faut réserver à l’avance (beaucoup trop complexe pour mon niveau de logistique). On peut quand même aller voir l’assemblée tout seul (il y a des tablettes numériques explicatives) et faire semblant de siéger comme un député lambda (pour la place de Nicola Sturgeon n’y comptez pas).

C’est une immense pièce toute de bois conçue, qui donne sur la nature alentour, hyper lumineuse, et franchement, ça donne envie de s’investir pour le bien du peuple (et contre le BREXIT) !

Mes photos sont minables.

Après cette incursion dans la vie politique locale, j’ai « couru » jusqu’à la National Scottish Gallery qui, comme tout le reste, ferme à 17h. J’ai donc à peine effleuré le contenu du musée en 45 minutes. J’étais contente de voir des tableaux d’El Greco, de Turner et j’ai découvert un autre peintre qui fait des chouettes triptyques mais dont je n’ai pas noté le nom et ma mémoire failli…

 

Édimbourg, 17h, -2°C, il fait nuit et tous les lieux culturels sont fermés, quel choix te reste t-il ?! Non pas (encore) le pub, le shopping (ça pour les temples de la consommation, il n’y a pas d’heure…). Je poursuis ma quête millénaire de baskets semi-montantes avec des semelles fines.
J’admire la pleine lune au dessus de Princes St. et The Balmoral (un jour…).

Et heureusement, je rejoins une lannionnaise expatriée pour découvrir Rose street, la rue de la soif locale. On n’en finit pas de le dire mais le réseau forgé durant les années universitaires, tout de même, ça a du bon !

Pumpkin

[EDINBURGH, PART II]

Samedi matin, le soleil est absolument radieux quand je me rends au petit-dèj dans le bar, pour manger ma ration de tartines de pain de mie grillées au beurre doux confiture de fraise et ma tasse de café translucide.

La météo a une grande importance ce week end car suite à des péripéties dont je vous ferais grâce ici, je ne suis actuellement propriétaire que de baskets trouées. Ce qui est difficilement conciliable avec un temps pluvieux (heureusement que je n’habite pas en Bretagne) (l.o.l.).

Un des buts du séjour est donc de trouver des chaussures à ma convenance.

SPOILER ALERT

Cela n’arrivera pas. Jamais.

Je suis les conseils du Lonely Planet et file au Château d’Édimbourg dès l’ouverture, afin d’éviter le gros des touristes (ce n’est pas toujours le cas, autant signaler que pour le coup c’était un très bon conseil).

Le ticket d’entrée est à 20€, c’est rare que je mette autant dans une « attraction » mais je me vois mal passer à côté. La dame qui m’appelle « Pumpkin » à l’entrée rentabilise en une seconde l’investissement #cutie.

C’est quasiment un mini village qui est construit dans l’enceinte, avec un chemin de garde le long des remparts qui surplombe toute la ville, à 360°, offrant une vue sur le port de Leith comme sur les montagnes au sud.
À l’intérieur il y a plusieurs bâtiments à visiter, ainsi que des musées. En 2h, je n’ai pas tout fait, je me suis concentrée sur quelques endroits clefs.

C’était tout de même bien équipé niveau téléphonie pour l’époque…

D’abord la prison pour les militaires ayant fauté, avec les geôles restaurées comme à l’époque (franchement ça vaut une chambre en cité U à Lannion en 2004) (niveau hygiène peut-être pas, mais niveau mobilier en tout cas).
Ensuite la prison pour les prisonniers de guerre, avec des portes en bois d’époque sur lesquelles les graffitis sont également authentiques. Les mecs étaient à 70 dans des salles de 50 m², répartis entre des lits en palettes et des hamacs…

Sur le Mons Meg, j’ai découvert le One O’Clock Gun, qui tonne chaque jour (sauf le dimanche) à 13h précises, sans que personne ne tressaille.
Pas comme à Paris où ça vient chouiner dès que Sense8 offre un feu d’artifice gratuit (« gnagnagna c’était pas prévu »,  « gnagnagna on a eu peur »).

Les prisonniers avaient tout de même le droit à une pinte par jour. On n’est pas des chiens. #humanrights

 

J’ai aussi vu la chapelle St Margaret, datant de 1130, qui était momentanément fermé pour cause de mariage. Ce qui m’aura donné l’occasion de voir sortir les mariés et demoiselles d’honneurs, tous bras et jambes à l’air (température : 2°) (température ressentie : -8000°C), suivis d’un joueur de cornemuse.
S’il n’y avait pas eu 250 touristes en train de les prendre en photo (moi y compris), j’aurai pu verser ma petite larme (comme à chaque fois que j’entends une cornemuse en fait) (même s’il faut qu’ils se calment avec Amazing grace pour appâter le chaland).

J’ai poursuivi avec la maison qui abrite les joyaux de la couronne écossaise (voilée pendant des siècles par ces salauds d’anglois, tu te doutes bien). Là c’était blindé de monde, tu suis le parcours et les gens à 2 à l’heure, pour au final, voir une couronne sans grand intérêt (c’est une couronne avec des pierres précieuses quoi).

 

Pour m’en remettre, je suis entrée dans la boutique de souvenirs, où un jeune homme proposait des shots de whisky. Je me serais mal vu refuser, d’autant qu’il m’a soutenu que les français étaient les plus gros consommateurs de whiskey au monde (Télérama confirme).
Certes il était 11h, mais sachez que le Bruadar est très fruité, avec un léger goût de miel, ce qui se marrie parfaitement avec le petit déjeuner.

Pour finir j’ai écouté deux comédiens déguisés, parler de l’époque de Robert the Bruce, 1er roi des écossais (1274-1329), et malgré l’accent nordiste de l’un d’entre eux, j’ai tout compris !!

 

J’ai poursuivi  la balade dans Old Town, dont l’artère principale est envahie de touristes et d’endroits pour les attraper. Je suis passée par Victoria Terrace où les maisons sont un peu colorées, je suis passée devant le Grassmarket avant de rejoindre le Greyfriars Kirkyard.

 

Devant ce cimetière en peine ville, trône la statue de Bobby, un chien dont l’histoire fait le sel du tourisme local, et sans doute, des légendes édimbourgeoises.

En gros c’est un chien dont le maître est décédé, et qui est resté veiller sa tombe les 18 années suivantes, jusqu’à ce que mort s’en suive. Probablement l’un des exemples les plus parlants du Syndrome de Stockholm.
Toujours est-il que ce petit chien et son obstination ont suscité une vive émotion parmi la population et qu’il a donc sa statue (aussi impressionnante que le Manneken Pis de Bruxelles ou la Petite Sirène de Copenhague) (apparemment toucher son nez porte bonheur…) et sa propre sépulture.

Dans le Greyfriars Kirkyard, on trouve également la tombe de Tom Riddle #Potteraddict et d’autres personnes dont les noms ont inspiré J.K. Rowling.

C’est un « charmant » endroit pour se poser en toute tranquillité en tout cas !

Relax

[EDINBURGH, PART I]

Au grand désarroi de mon père, qui se demande ce qu’il a bien pu louper dans mon éducation pour que je sois à ce point fascinée par le Royaume-Uni, j’ai profité de la nouvelle ligne Nantes-Édimbourg pour partir en week end.

Les horaires des vols semblaient parfaitement calibrés pour mon emploi du temps : un départ à 21h50 me laissant le temps de rallier Nantes depuis Dogville sans avoir besoin de poser l’après-midi et un retour lundi en fin de journée permettant de profiter pleinement de ce troisième jour de week end.

Je me suis rapidement aperçue, en quittant le boulot de nuit, seule en voiture, sous la pluie, après une journée pleine de tensions, que ce n’était peut-être pas une si bonne idée de partir aussi sec, sans sas de décompression.

Surtout pour monter dans un avion Ryanair qui, rappelons-le, a la taille d’un avion Barbie, coincée entre deux mecs imposants #manspreading. Autant vous dire que quand l’hôtesse s’est fendu d’un petit « please sit back, relax, and enjoy your flight », j’ai ri jaune.
Pour la sieste de 2h que j’avais imaginée, et le bien-être de mes cervicales, c’était foutu.

 

En arrivant à 23h (minuit heure française) à l’aéroport d’Édimbourg, j’étais quand même un peu contente. Et émerveillée devant les portiques automatique où tu auto-contrôles ton passeport (merveille de la technologie), dépassant ainsi la foule des passagers dotés d’une seule carte d’identité (#losers).

 

L’avantage de la capitale écossaise c’est que le centre ville n’est qu’à 30 minutes de navette (et qu’il y en a H24 7j/7). Je chausse mes écouteurs pour profiter de la balade nocturne, mais Oscar and the Wolf a bien du mal à couvrir les vagissements d’un trio de jeunes nantais en goguette.

Je me dis que les gens qui descendent à l’arrêt situés juste devant le Hilton ont bien de la chance, et quand même ça doit simplifier tellement la vie d’être riche…
Mais il s’avère qu’il y a également un arrêt à 50m de l’hostel où j’ai réservé !

 

Oui, je sais, J’avais clamé haut et fort que je n’irai plus jamais en auberge de jeunesse, que c’était fini ce temps-là, où j’étais tolérante et sociable, que quand même, à 30 ans passés, dont 8 à trimer pour un salaire de misère (instant violons), j’avais bien le droit à un peu d’intimité et de confort, MERDE !

Mais ça c’était avant de recevoir ma notification de taxe d’habitation.

Et puis bon, c’est quand même sympa de prendre le petit dèj avec d’autres gens, de trouver du shampooing dans la douche commune quand tu as oublié le tien, d’être rassurée de ne pas dormir seule dans une chambre où, potentiellement, de vils v(i)oleurs vont tenter de s’introduire, de s’endormir au son des histoires extraordinaires de tes roomates, de se réveiller tous ensemble à 4h car l’un d’entre eux doit choper son avion à 6h, de s’habiller en silence dans le noir quand c’est ton tour.

 

Optant pour un entre-deux qui me paraissait acceptable, à défaut d’être idéal, j’avais réservé dans un three beds dorm.

Vous saviez vous, qu’il existe des lits TRI-SUPERPOSÉS !?

Je vous laisse imaginer lequel m’était réservé…

Oui c’est cela, celui de l’étage supérieur.
Les deux autres étant dédiés à un couple qui préférait se tenir chaud dans un seul.

 

Finalement, heureusement que j’étais fatiguée.

MARKET

[NORTH UK, PART VII]

La déception du réveil c’est qu’il n’y a pas de bouilloire dans cette chambre et que je ne peux pas mener mon petit rituel du café / journal.

Pour compenser, je décide de chercher un endroit qui sert des pancakes.
En sortant, je découvre une nouvelle ville, sous le soleil, des rues qui fourmillent, des magasins ouverts, rien à voir avec la veille !

J’entre dans le Kirkgate market, des halles qui sont, selon Wikipédia, les plus grandes d’Europe. C’est très joli (et le café n’y est pas cher), je suis totalement rassérénée de ne pas rester sur mon impression de la veille.

The Merrion centre se défend pas mal non plus.

Grâce à Google, j’ai les meilleurs brunchs de Leeds en ligne de mire, dont Mrs Althas que je mets 10 plombes à trouver. Mais ça valait le coup parce que cette pile de pancakes, nappée de sirop d’érable et parsemée de fruits rouges m’a complètement fait rêver.
La playlist du lieu (et le serveur qui se la donne sur Blink 182) aussi.

 

Il me reste 2h pour retourner sur les docks et visiter les Royal Armouries. Je suis pas totalement fan d’armes et de guerre à la base, mais bon, sachant que c’est gratuit, ça vaut le coup de ne pas mourir idiote.

Dès l’entrée, tu peux t’essayer à tirer avec une mitraillette factice, ça pose l’ambiance.

Ensuite il y a un étage sur la guerre, un étage sur la chasse, et un autre sur les armes (d’un point de vue plus artistique). Il y a environ 300 armures d’exposées, je me demande vraiment comment les types pouvaient se mouvoir, emprisonnés dans des trucs pareils….

Sachant que l’immense majorité des visiteurs sont des familles avec des gamins en bas âge, j’étais un peu mal à l’aise de constater à quel point les expos sont ludiques.
J’ai quand même testé le tir à l’arbalète (je suis nulle), et la vision à travers un casque de soldat du moyen âge (ils n’y voyaient quedalle).

L’optimisme.

Après cette activité fun et bigarrée, c’était l’heure de partir pour Birmingham, quelques heures de car avant une dernière nuit en auberge de jeunesse (quand tu dois te lever à 5h du mat, ça ne sert à rien de foutre l’argent par les fenêtres).

Ma soirée chez les brummies m’a foutu le cafard. Non seulement je me suis perdue pour trouver l’hostel, mais en plus j’ai découvert que c’était le Gin festival depuis une semaine sans que je m’en sois aperçue jusqu’à présent.
Quel gâchis…
Et puis je trouve cette ville assez triste.

 

Le lendemain, mon vol avait 1h de retard.
Heureusement je n’étais pas encore venue à bout des 1200 pages.

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Épilogue : suite à mon mail de réclamation, FlyBe me rembourse à hauteur de 250€ \o/
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Bières testées
Samuel Smith stout
Samuel Smith lager
Crystal
Manchester Pale Ale
Helmsman
(À peu près toutes insipides, j’aurais du me contenter d’une valeur sûre : la Newscastle brown ale)

BO
Cigarettes after sex – Cigarettes after sex
Blaenevon – That’s your lot
The Wytches – Annabel dream reader
Peter Silberman – Impermanence
Alt-J – Relaxer

 

MALLS

[NORTH UK, PART VI]

C’est avec un léger mal de crâne doublé d’une bonne dose de fatigue que je quitte Manchester dimanche matin, direction Leeds.

L’Ibis budget est situé à 5 minutes à pied de la gare routière, un bon point d’entrée.
Je repars aussi sec à la découverte de cette ville dont je ne connais rien, et pour laquelle mon guide ne me sera d’aucun secours.

Ce qui s’avère un peu ennuyeux car je ne sais pas vraiment vers où me diriger dans le centre-ville pour trouver un coin sympa où manger. Certes c’est dimanche mais logiquement en Angleterre ça ne change pas grand-chose en termes d’activité (les magasins sont ouverts). Apparemment à Leeds, si.

 

Le centre est divisé en 6-7 areas, dont celle nommé The Arcades où il y a effectivement de beaux passages en arcades remplis de magasins chics (je ne m’attendais pas à trouver ce type d’architecture dans le coin).
Pour le reste, c’est juste des centres commerciaux moches, où les franchises de marques internationales s’empilent. Je ne vous cache pas qu’un dimanche, quand il n’y a pas grand monde dans les rues, c’est un peu glauque (et pas dans le sens que j’apprécie).

Deux possibilités s’offrent à moi pour dénicher le quartier gentrifié (oui je suis une bobo gauchiasse etc.) où je pourrais déguster un egg royal :

  • Repérer des hipsters et les suivre (ce qui m’emmène au Belgrave Music Hall & Canteen, mais j’ai pas envie de pizza)
  • Activer la géolocalisation sur mon téléphone et taper « coffee gluten free » dans Google Maps (aucune occurrence)

(Protip si vous allez à Leeds, ce type d’endroits commence à se développer sur la Great George St. en face de la stupéfiante Infirmary)

Ceci est une salle de concert.

Je suis un peu désespérée / affamée quand je m’écroule chez Jamie’s. Certes, c’est une figure locale, mais ses spaghetti bolo un peu moins.

Retrouvant un semblant de force, je repars vers la mairie (la bibliothèque centrale est en travaux, ouin), je me motive à entrer dans le Henry Moore Institute, dédié à la sculpture.
J’y découvre le travail de Jiro Takamatsu, mais surtout un jeune mec qui fait de la méditation en plein milieu de la salle d’expo. Je ne sais toujours pas si ça faisait partie de la scéno #artcontemporain.

J’enchaine avec le Leeds Museum, un peu dans la même veine que celui de Liverpool, mais avec des enfants beaucoup plus bruyants (ou alors c’est moi qui était moins tolérante) (mais ça m’étonnerait un peu…).

 

Je passe devant l’université, je redescends vers les docks, il fait ni beau ni moche, j’ai plus trop la foi de continuer, il est 17h30 quand je m’écroule sur mon lit avec un bouquin.

Comme c’est dimanche, il me semble assez logique de ne plus ressortir et de rester glander devant la télé. Ma clef usb n’étant pas compatible avec le poste, je ne peux malheureusement pas lancer la S06 de Homeland et me retrouve contrainte de regarder le documentaire Diana, princess of Wales où Harry et William parlent pour la première fois du décès de leur mère.

Je ne sais pas si c’est parvenu jusqu’en France, toujours est-il qu’au Royaume-Uni c’était un peu LE sujet de la semaine.

Au bout de 15 minutes, je trouvais ça assez triste pour changer de chaîne. C’est assez réconfortant de constater que The Big Bang Theory passe toujours sur E4 (sachant qu’il y a 4 ans, c’était la dernière saison, je ne sais pas trop où ils en sont).

Ça enchaîne sur Don’t tell the bride, une émission fabuleuse où chacun des futurs époux organise le mariage de ses rêves dans son coin, pour finir par réaliser celui du mec. Comme vous pouvez vous en douter, c’est souvent moins princesse/conte de fée que les attentes de la promise.

Je suis tombée sur un  épisode avec un couple de Leeds, ça tombait bien ! (Et j’ai pas compris un traître mot, c’est quoi cet accent BORDAYL !?)