Ghostwriter

L’ennui, quand on réduit sa ligne éditoriale (oui, rien que ça) aux comptes-rendus de concerts et de voyage, c’est que les opportunités de sujets sont vite limitées.

Surtout quand on n’a pas forcément envie de parler de son taf mais qu’on travaille soi-même dans les concerts (parfaitement, à l’intérieur) (c’est un peu bruyant, heureusement un nouveau décret a fait passer le volume sonore maximal autorisé de 105 à 102 db) (quelle BONNE idée), ce qui implique un salaire de misère, donc un pouvoir d’achat des plus réduits, et des voyages rares* (tout ceci est honteusement exagéré dans le but de me faire plaindre) (ma plus grande passion) (après les concerts et les voyages) (et les parenthèses).

 

Fût un temps, je participais un blog de santé publique où l’on me demandait de disserter sur n’importe quel sujet, à condition de respecter certaines conditions iconographiques (ne cherchez pas, cette époque est révolue).

De la contrainte naît l’inspiration et je tenterai bien l’expérience à nouveau, si d’aventure un.e lecteur.rice (c’est pas la peine de me lancer sur l’écriture inclusive, je peux vous faire une thèse antithèse synthèse tellement je n’ai pas d’avis arrêté sur la question) veut bien la peine de me tendre une perche.

En gros, si tu as un sujet, un mot, une idée à me balancer en commentaire (LaCheZ vOs ComZ !!!!!), je m’engage à essayer d’écrire quelques paragraphes en partant de là.

 

Je ne sais pas ce que ça donnera, mais au moins, ça permettra aux mots de cesser de tourner en rond dans mon crâne encombré.
Merci pour lui. Merci pour eux.

 

*Je vous ai dit que je partais à Édimbourg ce week end ?
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Beslama

[TANGER PART IV]

Notre hôte nous ayant laissé du café (à défaut d’eau chaude), nous profitons de la vue du rooftop sous un soleil radieux. C’est clairement la plus belle journée du LONG WEEK END et ça tombe bien car on a prévu d’aller prendre un vrai petit dèj au mythique Café Hafa.

En allant acheter des pâtisseries on découvre le quartier et l’immense parc / terrain de sport central. C’est l’endroit de la ville qui me fait le plus penser à l’Oman, un coin un peu plus aisé, où l’architecture et les gens paraissent plus chics.

La découverte du Café Hafa nous laisse sans voix. Une terrasse en étages, qui donne sur la mer et l’Espagne, avec des petites tables en mosaïque trop mignonnes. C’est clairement la sortie du week end pour les tangérois et c’est blindé.

Pour le plus grand malheur de L. c’est surtout blindé d’abeilles car la seule boisson servie est le thé à la menthe et vu la dose de sucre qu’ils mettent dedans, les sols et les murs doivent en être recouverts.

Le jeu consiste donc à empêcher les abeilles de tomber dans ton verre / ou de le boire le plus vite possible sachant qu’il est servi bouillant / ou de t’amuser à récupérer les bestioles mortes parmi les feuilles de menthe #protéines.
(Je me suis personnellement découvert un grand talent pour la pêche).

Bref tout ça n’incite pas à la détente ni à la sérénité. Mais ça favorise le turn over des clients #protip. (Même si certains, comme notre voisine bad ass, n’ont cure des abeilles et boivent leur thé sans y prêter la moindre attention)

 

Sur le chemin vers la médina, on s’arrête au Tombeaux des Phéniciens, orienté comme le Café Hafa. Des grosses pierres creusées où devaient reposer les phéniciens, qui dorénavant sont un pur spot pour chiller ou mater le coucher de soleil.

Au même moment, une vingtaine de lycéens célèbrent on ne sait quoi, au son de la derbouka. Autant je déteste le djembé, autant entendre de la derbouka à Tanger, ce n’est pas déplaisant.

Nous enchaînons avec le Palais de la Kasbah. Les mosaïques et les parures de murs en bois sculptés sont remarquables. L’expo montre divers outils, bijoux, armes, tombeaux, parchemins des siècles passés et le jardin se prêterait plutôt pas mal à une teuf entre amis.

Dans la boutique de souvenirs nous croisons des têtes connues de touristes, déjà moquées pour leur comportement so cliché (non mais qui achète SÉRIEUSEMENT une djellaba pour la porter !? Quand ? Avec qui ? En quelles circonstances !?)

On commence à avoir la dalle mais la quête du resto qui me conviendra est un poil ardue (je ne suis pas difficile, je suis exigeante) (j’ai quand même fini par manger un tajine au bœuf, je ne suis pas un cas totalement désespéré).

On va prendre le café / thé au Cinéma Rif que j’aime d’amour, tout en continuant de s’interroger sur le nombre incalculable de vendeurs ambulants de mouchoirs. Y’a-t-il un taux anormalement élevé d’allergiques au pollen dans la ville ? Une tradition d’offrande de kleenex ? Un trafic inconnu ? Le mystère reste entier.

On retraverse ensuite toute la ville pour aller tester le Salon du Livre.
Evidemment, on se paume mille fois (les cuisseaux d’acier au bout de 4 jours, je vous dis pas) en chemin vers le Palais des Institutions Italiennes (qui envoie légèrement du bois).

Je ne vous cache pas que la populasse était globalement composée des expats francophones et de la haute société tangéroise (nous avons croisé les proprios du Dar Nour par exemple). Cela dit j’étais très contente de cette nouvelle facette du LONG WEEK END (qui était décidément très complet).

Nous avons assisté à une lecture autour d’un bouquin d’Abdellah Taïa, « Lettres à un jeune marocain » avec Tahar Ben Jelloun, Mohammed Hmoudane et des jeunes tangérois.
L’idée de ce bouquin est née d’un attentat suicide en 2008, suite auquel Abdellah Taïa a souhaité écrire une lettre à l’un de ces jeunes marocains qui pourrait être tenté par la radicalisation.
Je vous la fais courte, en tout cas c’était intéressant et assez prenant (surtout les textes des étudiants).

Depuis j’ai emprunté un bouquin de cet auteur à la bibliothèque et, si c’est bien écrit, je dois dire que ses thèmes de prédilection (prostitution, misère, homosexualité refoulée, inceste) ne m’encourage pas à lire les autres rapidement…

 

Après cette incursion intellectuelle et pour notre dernière soirée, nous n’avions plus qu’une obsession : trouver un endroit où boire des bières.

Soyons clairs, tu vas pas à Tanger pour picoler. Si fumer des spliffs en toute occasion, à n’importe quelle heure, en intérieur comme en extérieur, est accepté, c’est très différent pour l’alcool.
C’est comme ça qu’on se retrouve à taper dans Google : « où boire une bière à Tanger ? » en désespoir de cause.

Il y a bien El Morroco Club, duquel on se fait refoule direct (on a des baskets) ou quelques pubs éloignés du centre-ville mais rien de très tentant.

Jusqu’au moment où L. se rappelle de cette espagnole qui cherchait activement une bière dans la kasbah le premier jour et que nous avions retrouvé, rassérénée avec une mousse, au Cinéma Rif !

Ni une, ni deux, on court on vole vers cet endroit décidément parfait en tout point !

On trinque, ravies, à la Casablanca quand un jeune homme nous demande s’il peut nous poser une question : « Pour qui vous allez voter ? ».
ARGH ! PUTAIN ! Nous étions si déconnectées, si bien dans notre petite bulle loin de l’actualité nauséabonde de l’entre-deux tours…

S’en suit une discussion tout à fait sympathique avec Saïd, 27 ans, né dans une petite ville proche de la frontière algérienne, qui participe à répondre enfin à cette question persistante, « quel peut-être le quotidien de ces gens !? ».

Il nous demande quels autres pays on a déjà visité, et je pense pouvoir parler en nos deux noms en affirmant qu’on s’est senties particulièrement connes quand il nous a dit que lui n’avait jamais été en France car c’était très compliqué d’obtenir un visa.
J’ai déjà eu cette réflexion à Istanbul, mais putain, ces histoires de frontières et de passe-droits selon ta nationalité, c’est insupportable.

Cela dit, vous avez peut-être vous aussi déjà discuté avec Saïd. La journée il s’appelle Thomas et il tente de fourguer des options d’assurance aux particuliers pour une mutuelle française.

Je ne sais plus trop comment, nous nous sommes ensuite retrouvées à discuter avec Yassine, trentenaire surfeur tout juste revenue d’un séjour allemand. Une autre réponse à la ritournelle, « quel peut-être le quotidien de ces gens !? ».

22h30, le Cinéma Rif ferme ses portes, la Casablanca adoucit la nuit quand nous rejoignons sagement notre chambre, enchantées de cette dernière soirée aussi improbable que fidèle à la ville.

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Dimanche 6h30. Je suis réveillée avant que l’alarme de mon téléphone ne sonne. Je sors sur la terrasse, regarder le soleil qui se lève sur la Méditerranée.

Ces villes m’ont bouleversée.

Je ne sais pas vraiment comment l’exprimer et c’est sans doute un peu ridicule de le dire ainsi mais je crois qu’un fragment de mon cœur s’est brisé, pour rester à Tanger.

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Bande son :
Diabologum – De la neige en été
Mogwai – Mr Beast
Girls in Hawaii – Plan your escape
Thylacine – Transsiberian (principalement Memories)

Bières testées :
Flag
Casablanca

Chokran

[TANGER PART III]

Vendredi matin on quitte le Dar Nour après une dernière orgie gustative, pour tester un Airb’n’b dans un autre quartier.
Notre hôte vient nous chercher en voiture pour nous conduire dans une maison, dotée d’un toit terrasse, où nous avons une chambre au dernière étage avec vue sur la mer et l’Espagne. C’pas dégueu non plus.

On repart aussi sec pour la gare routière (en taxi bien sur) afin de choper LE car qui va à Chefchaouen. On est plutôt en avance mais il flotte et, comme dans toutes les villes du monde, le quartier de la gare n’est pas des plus avenants donc  on se contente d’attendre en regardant les mouvements alentour.

Le car met 3h à rallier la ville située dans le massif du Rif, ça permet de voir un peu du pays, c’est plutôt cool (j’aime bien le car, c’est le meilleur mode de visite pour les feignasses).

 

Chefchaouen est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, ça vous donne une petite idée de la joliesse du truc. Et potentiellement du nombre de touristes drainés.
Sauf qu’au-delà des 3 rues principales et de la grande place blindée de magasins de souvenirs et de restos + ou – alléchants, le reste de la médina est vide de tout appareil photo.

C’est d’ailleurs assez dingue de voir la différence, quand tu fais 3 pas de côté, tu te retrouves soudain au beau milieu d’une vie quotidienne déconnectée, comme si le reste n’était qu’un décor d’apparat, monté de toute pièce par la Warner Studio locale.

Le « concept » de la ville, c’est que toutes les maisons, les murs, voire les sols des rues, sont peints en bleu.
Céruléen, azur, pâle, polaire, canard, turquoise, marine, ciel, outremer, violine, saphir, cyan, électrique, à votre guise !

C’est de toute beauté, là encore, j’avais envie de prendre chaque centimètre en photo.
(J’annonce, il va y en avoir beaucoup, et toutes sont certifiées #nofilter)

Le tout est ceint de montagnes vertes, rythmé d’enfants qui courent, surplombé de nuages noirs, nimbé de rayons impromptus.

Je n’ai pas une grande inclination pour les enfants (sans blague), malgré tout, je confesse avoir été touchée par les ribambelles de gamins croisés au détour des rues de Tanger et Chefchaouen. Un truc dans le regard, peut-être.

J’étais déjà un peu chamboulée par ce LONG WEEK END, je crois.
La demi-heure sur un banc, à mater des minots jouer au foot, sur une place de Chefchaouen, au beau milieu du Maroc, a achevé de me faire glisser dans des considérations universalistes.

Et cette question entêtante, qui revient sans cesse lors des 4 jours : « Quel peut-être le quotidien de ces gens !? »

On fini par repartir, en souhaitant revenir sur nos pas, et au point de départ.
Ca nous prend environ 1h30, de grimpette en descente (encore pire que Tanger), d’escaliers en virages, comme dans une BD de Tintin où ils finissent par se rendre compte qu’ils tournent en rond et que ben tiens dis donc, ce ne serait pas la dame à qui on a acheté des pâtisseries il y a 20 minutes !?

Petit point pâtisserie en passant, extrêmement bon marché, beaucoup moins grasses qu’en Turquie (plutôt étouffe-chrétien ahahaha merde j’avais déjà fait cette blague en revenant d’Istanbul…..), tu sais jamais sur quoi tu vas tomber vu qu’il n’y a aucun nom d’indiqué dans les vitrines, donc c’est un peu au petit bonheur la chance (pas toujours un franc succès).

À bout de mon genou, je hurle intérieurement de soulagement quand j’aperçois le resto dans lequel on a mangé le midi, qui est tout proche de notre but. Armée de mon plus beau sourire (…), j’en profite pour demander la grâce et l’accès à leurs toilettes.

Non parce que je n’ai pas encore évoqué ce point sensible mais une bonne partie des toilettes dans le pays sont à la turque. Et c’est peu de dire que je suis traumatisée de l’affaire depuis que je me suis luxée la rotule droite dans ce genre d’endroit.

(J’ai du vaincre ma terreur un peu plus tard, tout s’est bien passé, j’imagine que c’est comme une chute de vélo, il faut tout de suite remonter dessus…)

 

On rejoint la gare routière dans le même type de « taxi » qu’à l’aller. Si tant est qu’on puisse qualifier ça de taxi. Un véhicule motorisé dirons-nous (je ne vous parle même pas de l’option ceinture, absente de tous, à mon grand désarroi).

Le car pour Tanger a un peu de retard, puis un peu plus de retard. On est bien contentes d’avoir nos petites pâtisseries amande-cacahuète-chocolat-saveur indéterminée, en observant un petit garçon à casquette pour qui tout à l’air merveilleux, jouer avec une pièce comme suivre les lignes tracées au sol.

 

3h plus tard, le car nous dépose dans la banlieue de Tanger, apparemment il ne dessert pas la gare routière à minuit…
Heureusement il y a des taxis (surprenant) et je voyage avec la meilleure négociatrice de tout l’ouest.

Besahtek

[TANGER PART II]

Jeudi nous découvrons le buffet du petit-déjeuner sur la terrasse et ce serait abusé de dire que rien que pour ça le voyage valait le coup mais… (Les crêpes marocaines au miel ❤ ❤ ❤ )

Nous avons eu le temps, lors de notre première journée, de nous rendre compte que les transports en commun étaient inexistants, au contraire des taxis qui doivent être environ 20 000, en plus d’être très peu chers (même si ATTENTION !! Il ne faut pas confondre les taxis crèmes avec les taxis turquoises !!) (Toujours pas trop compris pourquoi m’enfin…).

Nous voici donc parties au point de ralliement indiqué par le guide pour en trouver un qui nous conduira au Cap Spartel et aux grottes d’Hercule (environ 30 minutes de Tanger).

Sur le chemin on tombe sur le marché derrière la mosquée Sidi Bou Abib, une rue où tous les vendeurs (principalement des vendeuses) sont installés à même le sol pour vendre leurs fruits et légumes. C’est assez perturbant, à 50m du Grand Socco plutôt occidentalisé, d’être au beau milieu des paysannes, qui  ont des tenues  tout droit sorties des années 20 ou d’une ethnie inca inconnue.

Le haut de la rue est occupé par des espèces de garages réservés à la ferronnerie, là aussi un artisanat assez désuet.

Après ce bref passage dans le temps, nous trouvons une voiture avec chauffeur, qui nous attend quand on visite (je vous jure, ce LONG WEEK END m’a donné l’impression d’une débauche d’opulence).

Cela dit, on n’a pas fait long feu car ça n’a honnêtement pas grand intérêt.

Le Cap Spartel bon ben, c’est un cap… Sans vouloir être snob (tellement pas le genre de la maison), quand tu es bretonne, ou juste que tu connais des sites tels que la pointe du Raz, ça te fait pas une impression démente.

Les grottes d’Hercule c’est un peu « rigolo ». Même si le mec qui a eu l’idée marketing de dire que ça avait la forme de l’Afrique, soit il est nul en géo, soit il est aveugle, soit il est de mauvaise foi (par contre, il y a bien un petit trou qui a la forme de la Corse) (c’était sans doute moins vendeur).

Bref en 1h c’est plié et on demande au chauffeur de nous déposer boulevard Pasteur, avec en vue la fameuse Librairie des Colonnes.
Quand il trouve le moyen de demander son chemin, par la fenêtre, à un autre taxi qui est dans la file opposée, on décide finalement de s’arrêter au point de départ, vu que maintenant on est grave à l’aise niveau orientation dans la ville.

 

En se perdant un peu (oui, bon…), nos pas nous mènent devant l’Office de Tourisme, ce qui tombe bien parce que ça fait 2 jours qu’on cherche à savoir comment aller à Chefchaouen (un bled dans la montagne) et qu’on a déjà eu 4 réponses différentes.

On va pas les accabler, juste se dire que le tourisme n’est pas encore bien développé (et c’est d’ailleurs l’une des choses les plus agréables de ce LONG WEEK END), parce que la dame est incapable de nous répondre, ni de nous dire si la gare routière a un site internet (elle en a un).

Elle nous indique quand même la librairie, qui est juste en face, mais doté d’une vitrine assez quelconque en fait.

Je mets 10 minutes à comprendre que non, il n’y a pas de rayon « romans français » parce que même si la libraire est française et que tout le monde nous comprend quand on parle, les auteurs français sont classés dans « romans étrangers », you idiot !

J’achète le plus petit bouquin possible (« Le rire du grand blessé » de Cécile Coulon, très bien), juste pour le souvenir. On a loupé la venue de Yannick Haenel à une semaine près (ouin) mais elle nous informe que le salon du livre de Tanger commence le jour même.

 

On commence à avoir la faim (parfaitement) et cette fois-ci on trouve le Petit Socco. Qui est à peu près la pire place touristique de la ville, où on commande malgré tout à manger. J’ai jamais eu des spaghetti bolognese aussi dégueu de toute ma vie (oui, je consomme local).

Ca nous donne l’occasion de constater qu’il y a des allemands et des espagnols en goguette. Ca nous donne surtout l’occasion de constater qu’il est très appréciable qu’ils restent concentrés dans 2-3 rues centrales (#curiosité).

 

Je vous passe le détail de nos pérégrinations dans la médina, mon aversion pour l’odeur de bouc qui imprègne chaque échoppe de vendeur de sacs en cuir (je pense honnêtement que tu n’as pas le droit de ramener un truc pareil en cabine dans l’avion, c’est toxique), et mon envie folle d’aller me plonger dans une des cuves de cannelle dans lesquelles ils préparent des pâtisseries.

Nous finissons par opter pour une fin d’aprem sieste / lecture sur « notre » chère terrasse.

Le soir on tente Le salon bleu, le resto ouvert par les proprios du Dar Nour (soyons clairs, tout ce que ces mecs ont, est destiné à une population occidentale bobo qui cherche néanmoins la douceur de vivre orientale) (on assume hein !), situé dans une maison, au point culminant de la kasbah, dont les terrasses sont encore plus folles que celles de la maison d’hôte.

Clairement c’est pas le repas meilleur marché du LONG WEEK END, mais c’est très bon (et copieux).

On pourrait se mettre en boule et rouler jusqu’à notre chambre mais on opte pour la balade digestive et la kasbah by night.

 

J’en profite pour faire un point homme/femme. Jamais un regard en notre direction, même quand on traverse des bandes de mecs à 23h dans une rue qui fait 1m de large. Je le signale parce qu’en étant surprise de ce fait, je me rends compte qu’en France, même si ça n’a rien de méchant ou de déplacé, il y a forcément un mot ou une œillade.

 

On rentre donc sans encombres, pas l’ombre d’un Hiddleston qui vive.

Salam

[TANGER PART I]

Trois semaines que j’essaye de me mettre à l’écriture de ce LONG WEEK END*. L’orage ainsi que l’Impermanence de Peter Silberman sauront, je l’espère, guider mes doigts.

 

Il y a quelques années, j’ai été saisie par Jim Jarmush et des vampires, apparaissant au détour de nuits et de crépuscules tangérois. D’autres bribes de voyages m’ont confortée dans un imaginaire mystique autour de cette ville.

Alors quand l’occasion s’est présentée, par un heureux hasard, de trouver le temps et la compagnie pour s’y perdre quelques jours, j’ai décidé que ce serait mon voyage des 30 ans (oui, j’ai un peu tardé à utiliser mon cadeau d’anniversaire…).

 

Un mercredi matin, à l’aéroport Ibn Battouta de Tanger, où il faut remplir un formulaire pour expliquer qui on est et ce qu’on vient faire dans le coin (indiquer « kiffer la life » est déconseillé, compte tenu de la production locale).

Le temps de choper des milliers de dirhams (y’a pas à dire, ajouter des zéros, ça donne tout de suite l’impression d’être riche), on prend le premier d’une longue série de taxi pour rejoindre la kasbah et le Dar Nour (une maison d’hôte par laquelle est passé Matt Damon) (je vous rappelle que c’est mon LONG WEEK END d’anniversaire).

Le conducteur nous dépose à la porte de la Kasbah, impossible d’aller plus loin en voiture, et on s’exclame de joie tellement c’est joli. On se perd un peu dans les rues de la kasbah mais c’est sans compter tous les gens qui souhaitent nous aider à trouver le chemin. À ce stade je suis encore méfiante, rapport au guide dans lequel il est écrit qu’ils attendent de la thune en retour, mais en fait c’est globalement pas trop lourd.

 

On découvre le Dar Nour, je vais pas vous en faire des tartines, c’est enchanteur.
J’ai toujours pas compris comment était foutue cette baraque mais c’est un dédale de recoins, de petits salons, d’objets et de tableaux improbables, de toits terrasses avec vue imprenable sur la ville et la mer, de chambre dans laquelle il y a un poster d’une dédicace de Maylis de Kerangal (#coeur), des mignonnettes de shampoing (je fréquente les auberges de jeunesse depuis 15 ans, j’ai failli décéder de tant de luxe), de petit-déjeuner rêvé (tous les fruits sont pré-pelés et équeutés !!) et de gens accueillants.

(Bref, pour 80€ la double/nuit petit déjeuner compris, je recommande) (et j’ai eu aucune réduc pour le faire)

(Quand le couple de vingtenaires, qui est arrivé en même temps que nous, a précisé qu’ils avaient réservé une suite, je me suis dit que c’était peut-être pas plus mal de pouvoir encore s’émerveiller de serviettes propres dans une salle de bain à 32 ans)

(Tu peux cliquer sur les photos pour les voir en grand)

Il est 13h, on est déjà aux anges quand on prend notre premier repas dans la rue de la Kasbah, sur le trottoir pour bien observer la vie alentour.

L’idée première c’est de se perdre pour découvrir la vieille ville, mais même si ça n’avait pas été le cas, c’est impossible de se repérer et d’aller en droite ligne d’un point à un autre.

Je suis subjuguée par les maisons et les couleurs. Tout en me disant que ça doit pas être la joie d’y habiter parce que je ne suis pas sûre que niveau confort ce soit le summum rapport à nos standards.

Au départ, j’ai envie de prendre chaque parcelle de rue, chaque fenêtre, chaque porte, chaque plaque en photo. C’est une explosion de couleurs sur les murs (et de pubs pour la Vache qui rit, étonnamment) et de chats en vadrouille. (Et non pas l’inverse)

 

Assez étrangement, on se fait toutes les deux rapidement la réflexion qu’on n’est pas tant dépaysées que ça (mais L. habite depuis 5 ans à Marseille alors forcément, y’a des similitudes), tout en ayant l’impression d’évoluer dans une scène de film (je songe à OSS 117, ce qui est flatteur, je vous assure).

On cherche le Petit Socco, centre névralgique de la médina, qu’on ne trouvera finalement que le lendemain.

(On mettra 2 jours à calculer que le Grand Socco c’est la place du Cinéma Rif sur laquelle on est passées 20 fois…)

On marche au hasard des rues, on cherche les grandes artères (je pense à Louis-Jean Cormier) en espérant renouer avec le sens de l’orientation, on tombe sur la terrasse des Paresseux qui donne sur la mer, je fais une fixette sur le Cinéma Rif qui est immanquable mais autour duquel on tourne pendant 1h sans le voir.

Ce cinéma est d’une beauté folle. Nous n’avons pas eu le temps d’y voir un film mais rien que d’y entrer et d’y prendre un café (ou un thé à la menthe) est une joie cinéphile.

Je me renseigne tellement bien en amont de mes LONGS WEEK ENDS, que je n’avais pas percuté que Tanger, ça grimpe.

Heureusement L. est un peu plus prévoyante que moi et quand on tombe sur le Café Baba, elle sait qu’il faut y entrer pour se poser !

Un café qui baigne dans son jus, comme on dit, et surtout dans d’épaisses nappes de fumée à l’odeur équivoque. Le serveur nous trouve deux places dans la véranda, on est les seules touristes, et surtout les seules à ne pas se faire un petit kif (bien qu’avec l’aqua ambiant, je doute qu’on soit ressorties de là totalement sobres). Le thé à la menthe est délicieux, la vue dégagée, l’atmosphère douce.

 

Vers 18h, les gambettes fébriles, on retourne au Dar Nour pour profiter de la terrasse (et du fait qu’ils y servent de l’alcool) (autre bon point pour eux) (#alcoolisme).

 

*Ceci est un running gag private joke. Déso, pas déso.

Aux souvenirs mal maîtrisés

lavraievie

Je ne vais pas tant écrire sur le contenu de cette (belle) BD que du sentiment connu et de la nostalgie d’un temps que les moins de 10 ans ne peuvent pas connaitre qu’elle a ravivé chez moi.

 

Jean se réveille au son d’It’s a lonely boy des Black Keys.

Jean a, comme quasiment tous les jours, passé une bonne partie de la nuit à divaguer sur internet.
Avec 1000 onglets ouverts, passant du blog de Marion Montaigne au site du Guardian, en écoutant Deezer ou France Inter, scrollant Twitter, Youtube/ Youporn en arrière plan, avant de lancer Chatroulette pour passer le temps et noyer sa solitude.

Jean vit en 2015, dans une petite ville de province ou personne ne comprend réellement son addiction aux internets et s’en moque plutôt.

 

La vraie vie m’a ramené quelques années en arrière, quand se plonger dans des vies inconnues à travers les blogs, nourrir des discussions enflammées avec des pseudos au genre neutre, ou construire des identités multiples selon l’humeur ou l’interlocuteur était perçu comme quelque chose de légèrement déviant.

 

Je me souviens des soirées passées à dévorer des récits quotidiens à l’autre bout de la France, des gens à qui je n’ai jamais parlé et dont je connaissais pourtant la vie la plus intime.
Des minutes à attendre une réponse, un commentaire, à imaginer des yeux, des mains, des visages.
Des heures à écrire pour des pixels, la sincérité exacerbée par la nouveauté de l’outil et l’anonymat.
Des larmes évitées par la possibilité d’échanger avec des gens similaires et bienveillants.
Des surprises, des attentions, des sourires, de l’appartenance à un crew, des mots encore et toujours.

 

Je me souviens de cacher cette vie URL aux amis IRL. Je me souviens de la quasi honte quand certains dénichaient une once de duplicité. Je me souviens de garder précieusement au creux de mon cœur l’infini du web 2.0 qui venait d’éclore.

 

Aujourd’hui Internet est partout. Les derniers rétifs à Facebook font figure d’illuminés et/ou d’ermites. L’injonction est aux publications sous sa vraie identité.
Aujourd’hui je ne lis quasiment plus de blogs. Aujourd’hui on n’échange plus réellement sur Twitter. Aujourd’hui les plus modernes font des vlogs. Aujourd’hui la vitesse réduit les interstices.

 

Je passe toujours autant de temps sur internet, sa richesse est toujours aussi grande, son humanité à portée de doigts peut-être un peu moins.

Tu vois, la vie sur le net ou ici, en fait, elle est pas si différente, simplement là-bas, les gens, tu les choisis un peu.
Tu rencontreras des gens que tu rencontrerais jamais ici, et les gens qui mentent sur ce qu’ils sont, c’est souvent pour être plus proches de ce qu’ils voudraient être.

Des câlins, des bisous, pour ceux de cette époque qui sont encore dans mon radar, et des pensées éternelles pour les autres.

 

(Un des derniers épisodes de Transfert (excellent podcast de Slate) m’a d’ailleurs également rappelé cette période.)

Là où j’habite

Alors non je n’avais pas disparu, je ne m’étais pas évaporée dans les brumes de chaleur transilienne, je n’étais pas en prison pour avoir fini par tuer un de mes colocs, ni pour avoir cédé à la tentation de faire un go fast avec mes voisins ukrainiens.
J’ai juste pris un train, un soir de septembre, pour rejoindre des contrées plus hospitalières, aimées et connues.

Et puis j’ai été prise dans un tourbillon.

Je me suis retrouvée en 1986 le temps d’une soirée, peinturlurée comme la pire des chagasses.
J’ai connu l’enfer immobilier, priant chaque soir pour croiser à nouveau Stéphane Plaza afin de lui demander une aide divine. (C’était avant qu’il accepte d’apparaître dans l’émission de Morandini sur I Télé)
J’ai retenu le prénom d’environ 20 personnes sur 300.
J’ai renoué avec l’odeur de sueur et de bière lors d’une soirée garage.
J’ai enfin maté la saison 3 de Peaky Blinders (<3 Cillian Murphy)
J’ai eu la confirmation d’amie pour la vie, de celle qui t’héberge pendant un mois sans ciller.
J’ai découvert l’existence de la Compagnie de la Literie.
Je suis tombée en amour avec Louis-Jean Cormier.
Je suis #TeamJulie et #TeamBenoit dans Koh Lanta.
J’ai, pour la première fois depuis 4 ans, tous mes CDs réunis en une seule pièce.
J’ai gagné une vue miraculeuse.
J’ai mangé des pizzas le dimanche, bu des triples le lundi, vu des lapins le mardi, observé l’art du tricot le mercredi, découvert un beatmaker le jeudi, bu des pintes le vendredi, dormi le samedi.

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Bref, j’ai emménagée dans une ville quasi bretonne, que nous nommerons ici comme ailleurs “Dogville”, eût égard à son pourcentage de punks à chiens (et en hommage à Lars Von Trier, fondateur du dogme, référence snob qui ne mange pas de pain) (surtout quand on n’a pas vu le film en question.)

To be continued…

 

NB : WordPress me signale que j’ai déjà titré un article avec cette même phrase. C’était à propos de Bristol, je le prends comme un heureux présage.
(Et cela nous prouve que Kwal m’a durablement inspiré !) (ou que j’ai une mémoire déficiente)

Le silence est d’or

Dans nos sociétés contemporaines, j’aurais plutôt tendance à dire que le silence est d’argent.

Comme le faisait remarquer très justement un mec dont je ne retrouve plus le nom dans un article dont je ne retrouve plus le titre (1/2h que je cherche en vain sur Google…), pouvoir échapper au bruit est l’apanage des riches.

Il prenait pour exemple les salons privés d’aéroport, dans lesquels les gens de pouvoir goûtent au luxe du silence, de murs débarrassés de toutes promotions, d’un espace vital préservé (et d’une petite coupette de champagne).
Ce, pendant que nous, la populasse (populasse qui a les moyens de prendre l’avion, même si c’est avec Ryanair, tout est relatif), nous entassions dans des salles d’attente bondées, matraqués par la pub et les gosses qui chialent.

 

Pourquoi je vous parle de ça ?

Parce qu’il y a maintenant trois mois, j’ai déménagé en banlieue parisienne, dans une colocation où nous sommes 5, sur un terrain où cohabitent 5 colocations.
Ce n’est pas un scoop, j’ai une nette tendance à être un poil solitaire et misanthrope. Et à choisir des jobs, certes enthousiasmants, mais payé une misère. D’où la colocation. (Ce n’est pas par pur masochisme).

J’habite à environ 45 minutes de transport de mon lieu de travail, je prends, pour m’y rendre, deux bus et le RER.
Je travaille en open space.
J’ai envie de profiter de l’offre culturelle substantielle de Paris,  je prends, pour m’y rendre au moins 4 fois par semaine, le RER ou le train ou le tram et le métro.

Je suis tombée ce matin, sur un paragraphe dans Histoire de la violence d’Edouard Louis, où il parle d’un travailleur immigré vivant dans un foyer Sonacotra à l’aune des années 60 (je vous laisse imaginer la joyeuseté de l’endroit) :

« Ce qui rend la vie insupportable au foyer, c’est le bruit. Tous les résidents jurent, quand on leur pose la question, que le pire des fléaux, c’est le bruit. […]
Son père lui avait dit qu’en comparaison, tout le reste paraissait presque facile et supportable, parce que le bruit est presque l’une des seules choses qu’il est impossible de fuir ou de contrer. […]
Le bruit est partout, à toutes les heures du jour ou de la nuit, presque autonome par rapport aux personnes qui sont censé le produire, le bruit pénètre les corps par le conduit auditif et se répercute dans chaque parcelle de l’organisme, le bruit harcèle le silence des organes. »

Alors évidemment, je n’aurais pas l’indécence d’y comparer mon quotidien, mais je peux vous assurer que le bruit est en train de me rendre folle.
Que j’entrevois les altérations possibles sur la vie sociale, personnelle, professionnelle. Que je commence à comprendre les pétages de plomb entraînés par la promiscuité. Que je sais à quel point ma situation est tolérable parce que provisoire.

 

Pourquoi je vous parle de ça ?

Parce que ce week end, j’ai vendu un rein pour m’acheter un billet de train et venir passer deux jours à Nantes, dans un appartement vide et insonorisé, où je peux dormir sur mes deux oreilles et sans boules quiès, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit.
Parce que je n’écris jamais sans écouter de la musique. Aujourd’hui si.
Parce que je profite de chaque minute de silence ce week end (même si la soufflerie de mon PC contrarie un peu ce calme divin).

 

Demain je serais de retour en Île de France.

Demain, les escalators qui grincent, les MP3 qui saturent, les bus qui freinent, les enfants qui braillent, les ados qui tchipent, les parents qui grondent, les scooters débridés, les haut-parleurs qui grésillent, les voitures qui dérapent, les portables qui sonnent, le crissement des trains sur les rails.

 

Binge watching

Depuis quelques temps déjà, j’avais Transparent en ligne de mire. Autant pour voir ce que donnais Amazon comme producteur, que pour les louanges et awards récoltés par l’équipe.

J’ai bouffé la première saison lors du week end de Pâques. Trois jours pour 10 épisodes de 30 minutes, un planning de fin gourmet.

Transparent

Le point de départ de Transparent est le coming out transgenre d’un prof d’université à la retraite.
Mort Pfeffermann, 68 ans, trois gamins et une ex-femme, trouve enfin le courage d’exprimer sa vraie nature et d’amorcer un changement radical dans une vie qui a été, principalement, faite de nons-dits et de douleur.

Comme le disait très justement Thomas Bidegain (qui n’a toujours pas répondu à ma demande en mariage mais passons) (<3 quand même) dans sa chronique mardi dernier, l’histoire d’un script dépend de l’endroit où l’on place la rupture.

Dans le cas de Transparent, elle intervient dès les premières minutes.
C’est entre autres pour cela, qu’après 2 saisons, je n’ai pas l’impression de regarder une série qui traite d’identité sexuelle, mais d’identité tout court.

Chacun des personnages, les enfants de Mort/Maura, leur mère, leurs amis, amant(e)s, se débattent tous parmi des dizaines de questionnements, qui en reviennent toujours au même : qui suis-je ? Comment puis-je trouver ma place ?

La réalisation de Transparent, crue, souvent onirique, pastels, entrecoupée de flashback éclairants, ponctuée d’une BO enveloppante, laisse toute latitude aux personnages pour s’exprimer et développer leurs doutes.
Maura, Shelly, Sarah, Josh, Ali sont humains. Les gens qui les entourent également. Ils sont perdus et à la recherche d’équilibre parmi des désirs instables.

Il m’a fallu quelques épisodes pour me sentir à l’air au beau milieu de ces atermoiements, de ces personnages filmés sans pudeur. J’ai hâte maintenant de découvrir la 3ème saison.


Tant que j’en suis à parler d’esthétique télévisuelle, j’ai passé mon week end de l’Ascension dans la saison 2 de Daredevil.

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C’est rare de s’extasier aussi souvent en regardant une série, sur la beauté des plans, de la photo, de la lumière. Toutes proportions gardées, ça me fait penser à Only god forgives de Nicolas Winding Refn.
A voir sur un écran de pouces minimum donc (genre pas sur ton super Macbook 13 pouces, qui certes ne pèse pas plus lourd qu’une plume, mais t’as forcé à hypothéquer ton hémisphère gauche).

Je n’ai pas encore regardé les 13 épisodes mais je suis clairement de la team The Punisher, quitte à vouloir éliminer les vilains (employé en français, ce terme perd toute crédibilité), autant y aller franco. Et Jon Bernthal est intense.


Dernière recommandation, si vous avez une soirée de libre avant jeudi, Dom Juan et Sganarelle de Vincent Macaigne, créé sur une commande d’Arte et de la Comédie Française, dispo sur Arte+7.

DomJuan

Je ne connais pas le texte de base (en 4e moi j’ai étudié l’Avare), je ne m’offenserai donc pas des bouleversements que le sieur Macaigne lui a fait subir.

On y reconnait en tout cas sa patte, la fureur mélancolique, les limbes brumeux* des appétits humains.
Les comédiens du français sont évidemment à la hauteur de ce film sensoriel, quasi mutique, où la musique tient un rôle primordial.
Loïc Corbery en tête, y est fascinant.

Un point de + pour Vincent Macaigne, qui n’en finit pas d’être passionnant.

 

*Tu le savais toi que « limbe » est un mot masculin !?

La journée du patrimoine

Je n’étais pas peu fière, la semaine dernière, d’avoir enfin pensé à aller visiter le Château de Versailles AVANT d’aller à Paris. En général c’est dans le train du retour, c’est-à-dire un peu tard.

Non parce que je n’ai jamais été au Château de Versailles (j’ai pas eu une enfance facile) (on a quand même été à Eurodisney une fois), alors qu’on nous en parle quand même depuis l’école primaire.

J’ai eu la bonne surprise de découvrir que l’entrée est gratuite pour les chômeurs, initiative que je trouve fort louable, même si le plein tarif n’est pas excessif (18€ la journée, vu l’espace, c’est pas tant).

 

J’ai tout d’abord testé le RER C dont le trafic, étonnamment, était perturbé.

Arrivée à Versailles-Chantiers, avec une petite pensée émue pour les Podalydès, avant de découvrir l’Hôtel de Ville et le service régional de la police judiciaire qui sont situés dans des bâtiments, comment dire ? Imposants.
En face, l’entrée du Château.

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Je pense franchement que grandir au beau milieu d’une telle architecture doit être légèrement écrasant… Ou glorifiant remarquez. Dans les deux cas, ça doit pas donner des adultes très équilibrés.

 

L’avantage de visiter le château au mois de février, hors période scolaire, en pleine semaine, c’est que la fréquentation est réduite. Il y a bien quelques cars de chinois et d’espagnols mais j’imagine que l’été ça doit être infernal.

J’avoue que j’ai fait la visite en mode connasse.

C’est le piège bien connu de la gratuité (des heures et des heures d’analyse en tant que bénéficiaire et octroyeuse), tu culpabilises moins de passer en vitesse devant les tableaux, de partir au milieu du concert pour boire des bières, de louper la première partie, de sauter la salle consacrée aux peintres polonais du XIVe etc.

 

Alors effectivement c’est un poil démesuré comme château, non mais sans déconner ils étaient combien à vivre là-dedans !?
Je me suis dit après coup que j’aurais dû faire une visite guidée, les cartels explicatifs étant assez succincts (et les audioguides sans casques très pénibles, étant donné que tu entends la voix sortant de chacun, formant un gloubiboulga sonore, compte tenu des différentes nationalités présentes).

Passés la taille et le luxe, il faut quand même aimer les décos un peu chargées pour envisager de vivre dans un truc pareil. Disons que moi qui ne suis pas particulièrement fan des dorures, du marbres et des peintures du XVe, je me projette moyennement.

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#egotrip

#egotrip

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Et bizarrement j’ai aussi eu du mal à imaginer la vie qui a pu y être menée à l’époque. Même si on ne peut pas dire que l’aménagement ait totalement été dénaturé.

Par exemple, il n’y a qu’un espace toilettes dans tout le château.

Alors je sais bien que c’est pas franchement typique de l’époque mais la boutique de macarons Ladurée non plus, et son intégration n’a apparemment pas été un problème…

Enfin un peu de sobriété...

Enfin un peu de sobriété…

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J’ai fait l’impasse sur les appartements de la reine parce que je voulais profiter des jardins sous le soleil.

Après avoir jeté un coup d’œil sur le plan, j’ai vite compris l’utilité des voiturettes de golf, du petit train, et admiré l’intelligence des gens venus à vélo.

Dans le parc il y a des bosquets, des plans d’eaux, des forêts, des fontaines, des restaurants, des gens qui font du kayak et un nombre incroyable de joggers ! Je me demande ce que Louis XIV aurait pensé de ces personnes fluos (question au passage : pourquoi les tenues de sport sont obligatoirement fluos ?!) courant sans but dans ses jardins.

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J’ai marché jusqu’au Grand Trianon qui m’a davantage plu. Plus intimiste, une déco plus sobre, bref j’ai des goûts d’impératrice et pas de reine en fait (à bon entendeur…).

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C’est là qu’ont débutées les averses, et je dois dire qu’à regarder la pluie tomber, à l’abri dans la galerie des Cotelles, je m’y croyais presque !

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J’ai fini par le Petit Trianon, domaine de Marie-Antoinette quand elle voulait jouer à la pauvresse. Perso ça m’a fait penser aux éléments Belle Epoque que j’avais en Playmobil (mon enfance était cool en fait).

 

Là, ça faisait 5h que j’étais sur place et il me restait environ la moitié du Domaine à visiter.
Mes jambes ont commencé à chanter « No, no, nooo », et la pluie s’est de nouveau invitée.
J’ai donc entrepris le chemin du retour, entre deux abris, en comprenant pourquoi la billetterie proposait des Pass 2 journées.


 

Après cette royale virée, je me suis rendue au Trabendo (chouette salle) pour les Inouïs du Printemps de Bourges. Je n’en ai pas vu assez pour faire un article mais je place une piécette sur Clément Bazin, beatmaker enthousiaste !