Καλησπέρα | KALISPERA

[KÉRKYRA, PART I]

Tout est parti de la météo. Vous savez, cette chose imprévisible qui a l’insigne avantage de meubler une conversation avec n’importe qui, sans distinction d’âge, de sexe ou de degré de connaissance (coucou Madame de l’arrêt de bus !).

C’est que, ma bonne dame, mon bon monsieur, l’hiver a été long sur Dogville (probablement chez vous aussi, l’équité existe, au moins à ce niveau).

Harassée de travail, en manque certain de vitamine D, c’est en allant chez le coiffeur (pour ma coupe biannuelle) que je me suis rendue compte qu’il était urgent d’agir.
Je passe rarement 30 minutes face à un miroir à me regarder dans le blanc des yeux. Le problème c’est qu’à cet instant, il n’y avait plus rien de blanc. J’étais grise.

Et si cette teinte en excite + d’un.e (comment ça, c’est une allusion au nom du héros et pas à la couleur !?), je dois dire qu’avoir l’apparence d’une quarantenaire tabagique troglodyte ne m’enthousiasme pas franchement.

La semaine de congés de mai se devait d’être ensoleillée. Et reposante.
Je ne préfère pas trop analyser le fait de devenir une meuf qui a besoin de vacances farniente, c’est assez déprimant #vieillerie.

Je vous passe également les heures de recherche pour trouver un billet d’avion qui ne coûte pas deux reins (cimer l’obligation de poser la semaine la + chère de l’année) et qui ne parte pas de Paris (parce qu’on soutient la grève des cheminots), j’ai fini par trouver un aller-retour Nantes – Corfou* abordable en vendant un seul de mes reins. VICTOIRE !

 

Je me suis aperçue le jour du départ qu’une compagnie surpassait Ryanair en termes de désorganisation logistique : Volotea.
Le check in online indisponible, un seul guichet à l’aéroport pour enregistrer tous les vols de la soirée, sans priorisation horaire, la foule des jours de départ en vacances, quand est-ce qu’on finira par transplaner !?

 

Dans l’avion, le pilote nous annonce que les aiguilleurs de Marseille sont en grève, qu’il va devoir modifier le trajet, qu’on aura 30 minutes de retard (mais on soutient les grévistes on a dit).
Il y a un bébé choupi qui capte l’attention alentour, notamment celle d’une hôtesse de l’air que je soupçonne d’avoir carrément  voulu le kidnapper. (Il est silencieux alors je lui ai fait un sourire).

Il se créé une atmosphère, dans les débuts de nuit en l’air.

 

Aéroport de Corfou, un dimanche à minuit. Je prends un taxi, armée de mes deux mots de vocabulaire (kalimera et efkaristo = bonjour et merci, la base). J’en apprends un troisième grâce au chauffeur (kalispera = bonsoir) qui a une conduite sportive. Cela conforte mon choix de ne pas louer de voiture durant le séjour.

« You have a better chance with me than others, I’m the best driver in town».

L’avantage c’est qu’à 00h05, j’étais à l’hôtel.

 

 

*Corfou ou Corcyre (de l’italien : Corfù1 ; en grec : Κέρκυρα / Kérkyra ; grec ancien : Κέρκυρα ou Κόρκυρα ; latin : Corcyra) est une île grecque située en mer Ionienne, sur la façade occidentale de la Grèce, à proximité de sa frontière avec l’Albanie.

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Faites du bruit pour Janine ! [Soundcheck #61]

 

Le 20 octobre 2017, Orelsan sortait son troisième album solo, La fête est finie. S’en est suivie la mise en vente de tickets pour une tournée des Zénith qui promettait d’être sold out (ou, en bon français, « complet complet »). J’étais connecté au site de la FNAC à l’heure dite, histoire de ne pas me faire avoir comme pour les Vieilles Charrues #trauma.

Entre temps j’ai écouté l’album beaucoup de fois. Et j’ai bien été obligée d’admettre ma légère déception.

On ne pourra pas lui jeter la pierre. Il est difficile de rester au top 10 ans d’affilée, en ayant enchainé avec succès une carrière solo, une carrière en groupe, un film, une série, une marque de fringues et que sais-je encore.

Notre chance à Dogville, c’est de ne pas avoir de Zénith. Orelsan jouait donc SEULEMENT devant 4999 personnes et moi.

Depuis, je répète à qui veut l’entendre (c’est-à-dire pas grand monde, soyons honnêtes) que je veux effacer cette soirée de ma mémoire.
N’étant pas à une contradiction près, j’en fais donc un article \o/

 

Je sais que je n’aime pas les salles de cette taille, mais je me voyais mal faire l’impasse sur un artiste que j’admire depuis ses débuts parce que son succès dépasse mes préférences (« t’aimais mieux quand j’étais moins connu, sauf que tu m’connaissais pas non plus ») (Ben si).

 

La première partie était assurée par Phaz, un beatmaker dont je n’avais jamais entendu parler et qui fait partie de son backing band. Le mec avait 23 minutes pour faire ses preuves. C’était déjà beaucoup trop.
J’ai profité de son set pour répondre à des mails pro #truestory.
Si j’avais passé ce temps dans un ascenseur, je ne suis pas sûre que j’aurais fait la différence.

 

Point vieillerie : j’ai mal au dos alors que le concert n’a même pas commencé.

Je suis dans la fosse mais pas très bien placée, d’autant qu’apparemment l’entrée a été refusée à toutes les personnes mesurant moins d’1m90 (je leur sais gré d’avoir fait une exception me concernant).

 

Orelsan entre sur San. Logique.
Je sens d’office que ça va être compliqué. Car le son est mauvais. Et l’intensité d’un concert d’Orelsan réside dans son flow, son énergie, sa présence. Ce qui transparait moins quand le gars est à 50m de toi et que, quand tu arrives à l’apercevoir, il fait approximativement 2cm de haut.

Rapidement, il joue Basique. Avec un chouette travail typographique sur écran + bande lumineuse led qui fait la largeur de la scène (15 mètres ?).
En 1h40 de set, ils la joueront 3 fois. TROIS FOIS !!
Le mec a, au bas mot, 30 titres démentiels en stock et il trouve le moyen de faire 3 fois le même. Ça dépasse l’entendement.

Globalement le concert est plus « varièt » que rap. Il y a tout de même deux-trois moments sympas, notamment l’intervention de Mamie Janine sur écran, pour un duo virtuel sur J’essaye, j’essaye.

 

Mais même le titre en feat avec Nekfeu et Dizzee Rascal ne rend rien. Je ne préfère pas évoquer Suicide Social qui m’avait fait verser une larme il y a 4 ans, j’ai failli me boucher les oreilles pour ne pas gâcher mes souvenirs.

Et nous sommes à peu près 4985 blancs dans la salle. Ce qui pose question pour un artiste qui chante : « j’aurais pu donner aux racistes de l’espoir mais j’fais de la musique de noirs ». #iencli

 

Plusieurs fois dans la soirée, le public hurlait « Aurélien, une chanson ! Aurélien, une chanson ! » en référence au titre Défaite de famille.
Orelsan est redevenu Aurélien, et c’est peut-être le problème.

 

 

(Évidemment mon amour est intact et je ne doute pas que le prochain concert saura rayer cette date de ma mémoire) (t’as un mois pour te préparer mec !)

Oh, Hi Mark !

Durant les vacances de Noël 2016, à la faveur d’un article de Libé, j’ai découvert un podcast nommé 2 Heures de perdues. Le nom me parlait, le sujet (cinéma) m’intéressait, et le concept suscitait ma curiosité. J’ai donc lancé l’épisode sur Un indien dans la ville, film adoré de mon enfance.

6 mois plus tard, j’avais fini d’écouter les 141 autres épisodes, dans l’ordre chronologique. Et Antoine, Julie, Michaël, Greg et Sarah faisait partie de ma vie quotidienne.

Un nouveau problème se posait, à raison d’un épisode hebdomadaire, je ne pouvais assouvir mon besoin, que dis-je, mon addiction ! Donc je les ai écoutés à nouveau.
Je vis désormais un cycle infernal, mais passons.

 

Dans 2 Heures de perdues, chaque semaine, 5 masochistes (ou 4, selon les dispos de Greg) (ça fait très familier dis comme ça, mais je n’ai aucune idée s’il s’appelle Grégoire ou Grégory), parlent d’un mauvais film qu’ils ont visionné, chacun de leur côté, suite à un tirage au sort parmi les suggestions des auditeurs.

Et ces gens sont extrêmement drôles.

Le fait d’écouter les épisodes dans l’ordre chronologique* a toute son importance car l’évolution de leur maitrise du médium, l’amélioration des conditions techniques mais surtout les running gags (coucou Dijon, Crackos Magazine, Scatman, les eaux stagnantes, M’sieur L’Maire etc.)  font vraiment partie du truc et permettent une appréciation maximale du podcast.

Il y a un an, ils ont enregistré pour la première fois en public, à propos de Titanic (parfois ils font des exceptions et des bons films). J’étais un peu jalouse de ne pas participer à cette grande communion, le lot quotidien des gens de province en somme…
Depuis, deux autres lives ont eu lieu, toujours en semaine, toujours  à la capitale.

 

Il y a un mois, en  feuilletant le programme d’un festival ciné de Dogville, qu’elle ne fût pas ma surprise de découvrir : « Panic x 2 Heures de perdues : projection de The Room, suivie d’un enregistrement du podcast ».

J’ai failli en tomber de ma chaise !
Heureusement les bretons sont un peu moins vivaces que les parisiens sur l’affaire et toutes les places n’étaient pas parties en 2h (#cohérence).

Samedi dernier, j’ai donc assisté à un 2 Heures de perdues en live. Mais avant ça j’ai vécu la meilleure expérience de séance de cinéma ever !

Panic Cinema est, selon la description du Forum des Images : rendez-vous dédié au cinéma de genre, Panic! propose chaque mois des perles rares, des films décalés, gores ou délirants dans une ambiance festive.
Un peu, j’imagine, à la manière des Rocky Horror picture shows.

Cet hiver, ils ont un focus sur The Room de Tommy Wiseau, avec lequel ils ont fait des séances à Paris.

Ce film est nul. Genre vraiment nul. Alors le voir, au ciné, en devant suivre un mode d’emploi qui implique de lancer des cuillères en plastiques, de parler aux persos du film, de faire des passes de ballon football américains, de chanter le thème de Mission Impossible ou d’applaudir les scènes d’amour est un régal absolu !

Ca prouve que le cinéma peut être une expérience sociale, interactive, bruyante et malgré tout agréable (j’avoue que j’étais la première à en douter #psychorigide).

(James Franco vient d’ailleurs de sortir un film, The disaster artist, inspiré de cette histoire de transition entre bide / et film culte incroyable.)

 

S’en est suivie une bonne heure d’enregistrement avec les 2 Heures de perdues qui avaient ramené leur studio mobile sur scène, devant l’écran.
C’était drôlement chouette.

Ils ont, à cette occasion, ouvert un compte Instagram et distillent, au compte goutte, des directs pas piqués des hannetons que je vous recommande également.

 

 

*Argh, je viens d’apprendre qu’ils ont supprimé les saisons 1 & 2 de leur site (probablement pour les monétiser afin de se faire encore + de thunes qu’avec leur Tipee, et pour, au final, réussir à envahir la Russie).

Zut alors ! [Soundcheck #60]

 

L’inconvénient de bosser pour la salle qui a la prog la plus cool du coin, c’est que j’y vois la majeure partie de mes concerts. Et comme je suis moyennement motivée par le fait d’écrire sur mon taf, le rythme des live reports s’en ressent.

Mais vendredi je suis partie en proche banlieue (St Malo), pour m’extraire des considérations quotidiennes et prendre le large quelques heures.
Ce voyage en dehors des sentiers balisés (je ne vous recommande pas la ZI, de nuit, en plein hiver) était principalement justifié par mon amour du plat pays, mais nous y reviendrons.

 

J’arrive en retard (grosse fréquentation de la station essence le vendredi aux alentour de 20h) et ils ont commencé en avance. Ce manque de coordination me prive de Bryan’s Magic Tears.
Sachant que je n’avais jamais entendu parler d’eux avant ce soir, je ne suis que moyennement déçue (je n’irai jamais écouter ce qu’ils font, de peur de découvrir que j’ai manqué un truc génial).

Je découvre qu’il y a 50 minutes de changement de plateau. Aucune considération pour les gens qui se rendent seuls aux concerts, avec un pourcentage de batterie relativement faible, c’est agaçant.

Finalement, j’apprends qu’ils ont débuté la soirée 15 minutes plus tôt que prévu, décalant ainsi tous les horaires annoncés. D’un côté c’est pas très sympa pour le public, mais de l’autre, je ne peux m’empêcher de penser que ça finira plus tôt #personneâgée.

 

Kelley Stoltz et ses musiciens entrent sur scène. Physiquement, je pense à l’enfant illégitime de Chandler Bing et Cyrille Eldin (oui, c’est sale), vêtu d’une chemise à carreau, digne de San Francisco d’où il vient.

Il est accompagné d’une masse de guitariste au t-shirt illustré d’une cravate, d’une bassiste, et d’un batteur qui boit du rosé à la bouteille et dont le t-shirt « Grooves » me laisse sceptique.

Apparemment ça fait 20 ans qu’il tourne, je suis un peu gênée de ne jamais en avoir entendu parler mais je découvre à l’instant que Télérama se posait la question en début de semaine : « Est-ce le secret le mieux gardé du rock américain ? ». On va mettre ça à ma décharge.

Je ne saurais pas vraiment définir de style (folk, rock psyché ?), leur présence est chouette, détendue, et l’ensemble me plait bien. Je ne suis pas sûre que j’écouterai les albums, mais le live fait le job !
Le final, avec veste à paillettes dorée pour un morceau de Strat, intitulé Confidence, était complètement improbable, et réussi.

Tout cela a été capté par Arte, donc si ça vous intéresse, le replay est dispo.

 

Je ressors dans le froid polaire (aucune considération non plus de la part de la météo pour les gens qui se rendent seuls aux concerts) pour fumer une cigarette (et perdre un doigt).

 

Je rentre bien vite dans la salle, afin de me placer idéalement (devant, au milieu) pour une groupie mélomane.

Voici les 6 Girls in Hawaii, que je n’avais pas encore vu sur la tournée de leur nouvel album Nocturne.
Je ne suis pas sûre de pouvoir en dire grand-chose musicalement.

Ils font partie des groupes que je suis depuis leur début (encore un signe de l’âge qui avance, connaître un groupe depuis son premier album, il y a 15 ans…….) et dont j’admire le travail comme l’attitude, la probité musicale, le chemin parcouru, la résilience.

Les voir me reconnecte avec mon cœur, me replonge dans différentes strates de mon passé  et rend chaque fois la vie plus belle.
D’autant plus grâce à ce plan de feu, entre lasers, strobs et boule à facette, qui magnifie l’ensemble.
C’est un instant suspendu, ils sont peu diserts, concentrés, et moi je vole.

J’ai failli partir après leur set, pour rester sur cette impression, dans cet éclat de lumière mélancolique.

Mais je suis en manque de concerts en extérieur, alors j’ai persisté pour Concrete Knives qui sortaient leur album le jour même. Je ne suis pas particulièrement cliente de ce qu’ils font mais ils avaient eu le temps de changer depuis 5 ans.
Je dois dire que le fait de me rendre compte, au bout de 3 minutes, que les mecs à côté de moi étaient les Girls in Hawaii, m’a légèrement déconcentrée.

J’ai lâché l’affaire au bout de ¾ d’heure.

Sans être ma came, c’était pas désagréable, on va dire que ma couette qui m’attendait gentiment à 75 bornes leur a clairement fait de la concurrence.

(Je ne vous parle même pas de Park Hotel, dont le set suivait, qui restera avec Bryan’s Magic Tears, dans le coin de mon cerveau dédié à l’ignorance)

La souffrance est un joker dans le jeu de la discussion, elle couche tous les autres arguments sur son passage.
En un sens, elle est injuste.

Gaël Faye

Ceci est à nouveau un top 9.

Alerte dégringolade dans ma vie de cinéphage ! Rien ne va plus et je n’ai pas eu l’occasion de faire mes jeux…
Alors que j’oscille généralement autour de 70 films vus, cette année je n’en ai vu « que » 53.

Entre le 24 novembre et le 24 décembre 2017, je n’ai pas été au cinéma une seule fois. Cela faisait probablement 15 ans que je n’avais pas connu une telle période d’absence.

Les raisons sont multiples, mais je compte bien me rattraper en 2018 !

Malgré ce panel un peu moins étoffé que d’habitude, je distingue 9 films du lot.

 

Parce que l’audace est multicolore.

Pour l’alliage de l’humour et de la mignonnerie.

Pour la chaleur sourde de l’orangé.

Parce que la moiteur suffocante vient à bout de tout.

Pour Jimmy Sommerville et l’Histoire.

Pour le mindblowing.

Pour l’éloquence.

Parce que le classicisme est efficace.

Parce que James Mc Avoy.

 

Avec aussi des petites mentions spéciales à Logan lucky de James Mangold, Grave de Julia Ducournau, Baby driver d’Edgar Wright, Petit Paysan d’Hubert Charruel et Santa & Cie d’Alain Chabat.

Et pour l’ennui, l’agacement : Certaines femmes de Kelly Reichardt, Les filles d’Avril de Michel Franco.

Gloves

[EDINBURGH, PART IV]

Dimanche il n’y a toujours pas un nuage en vue. C’est limite louche. Mais idéal pour me rendre au Stockbridge market, l’activité dominicale édimbourgeoise par excellence !

Soyons francs, le truc est survendu par le guide.
Déjà, les gars ne sont pas méga matinaux, quand j’arrive à 9h30 les stands commencent à peine à se mettre en place, et puis concrètement c’est 30 vendeurs sous des bâches en plastique dans un square hein…

Quant au quartier, certes ça se gentrifie mignonnement (j’ai brunché dans Raeburn st. et c’était impeccable) (je ne retrouve plus le nom de l’endroit, même en passant par Google streetview…), mais c’est pas non plus l’extase à chaque coin de rue.

Sauf une, au détour d’un terrain vague et de la clôture de l’Inverleith Park.

Même si je n’ai pas un amour immodéré pour la nature, le Royal Botanic Garden semblait assez incontournable compte-tenu du temps.
Et je dois dire que posée sur un des nombreux bancs sponsos (« in the loving memory of… ») (remember Coup de foudre à Notting Hill) (pourquoi on ne fait pas ça en France ? Ça a le double avantage de rapporter de la thune et de satisfaire les promeneurs), avec une vue sur la ville, j’ai apprécié l’endroit.

Il y a également des tonnes d’arbres assez dingues (oui, comme dans un jardin botanique en somme), les couleurs automnales et une serre de toute beauté.

Je suis remontée vers New Town en passant par Stephen St. qui est soi-disant une rue immanquable pour le shopping. Quand on gagne 15 smic par mois, sans doute. (J’y ai vu une Tesla pour la première fois).

Cette fois-ci, j’étais dans le bon timing pour ne pas faire un musée en 15 secondes chrono et tant mieux car la Scottish National Portrait Gallery offrait de chouettes trucs à voir.
Notamment une expo de portraits d’écossais « célèbres ». Ça allait d’une photo de James Mc Avoy (#coeur) à une toile de John Byrne, que je trouve sublime, représentant Tilda Swinton.

 

Mon efficacité (ou le fait que je regarde la moitié en diagonale) m’a permis de me rendre en bus à Leith, le port d’Édimbourg, avant le coucher du soleil (à 16h donc…).
Je pensais que je n’aurais pas le temps en 2 jours mais la lecture de L’étrangleur d’Édimbourg d’Ian Rankin (je sais me mettre dans l’ambiance avant de partir en week end) (blague à part, c’est un des auteurs les plus connus de la ville) m’avait donné envie d’y faire un tour.

C’est un peu joli mais ça a du bien changer depuis l’écriture du bouquin (années 80) car je m’attendais à un truc plus dégueu/indus.
Au bout du bout ils ont construit un mall gigantesque (le bien nommé Ocean Terminal), comme ils savent si bien les faire de ce côté de la Manche, dans lequel j’ai de nouveau fait chou blanc pour les pompes (pouvez-vous, au moins, louer ma persévérance ?).

À 18h, la même question que la veille s’est posé. Et j’ai fini par me rendre, la mort dans l’âme vous imaginez bien, au pub. La lecture de Retour à Killybegs de Sorj Chalandon s’accordant parfaitement à l’ambiance (et à la bière) (et au fish & chips).

 

Je suis rentrée éreintée à l’hostel, pour y trouver de nouveaux roomates, un couple qui préférait lui aussi dormir dans un seul lit.

Si j’ai tendance à dire que les festivals me redonnent foi en l’être humain, les auberges de jeunesse me font redescendre sur terre.

 

Bière testées :
Fraoth heather beer
Mothern Hells
Autumn Ale

Sláinte

[EDINBURGH, PART III]

Après cette pause revigorante auprès de nos amis silencieux, j’ai pris la direction du Museum of Edinburgh.

La faim m’a alors poussé à une extrémité que j’ai aussitôt regretté : m’arrêter dans un café sans rien de typique, tenu par des italiens/espagnols, pour commander un Egg royal (qui était loin d’être succulent, forcément) (et à quel moment tu laisses la porte ouverte quand il fait 0 dehors, sous prétexte que ton système de ventilation n’est pas à la hauteur de ta cuisine !??).

Autant vous dire que je suis sortie de cet endroit plus chonchon que je n’y étais entrée.

Je suis allée me réchauffer dans le Museum of Edinburgh qui, s’il a une jolie façade, ne m’a pas franchement fascinée de l’intérieur. Pour les obsessionnels, sachez qu’il y a une pièce consacrée au Greyfriars Boby.

J’ai poursuivi sur the Royal Mile pour atteindre le siège du Parlement écossais, un chouette bâtiment construit par Enric Miralles (RIP) qui est entouré du Holyrood Park et surplombé par le Salisbury Crags (que je n’ai pas eu le temps de grimper, mais apparemment la balade vaut le coup).

Il y a des visites guidées du Parlement quasiment toutes les heures mais figurez-vous qu’il faut réserver à l’avance (beaucoup trop complexe pour mon niveau de logistique). On peut quand même aller voir l’assemblée tout seul (il y a des tablettes numériques explicatives) et faire semblant de siéger comme un député lambda (pour la place de Nicola Sturgeon n’y comptez pas).

C’est une immense pièce toute de bois conçue, qui donne sur la nature alentour, hyper lumineuse, et franchement, ça donne envie de s’investir pour le bien du peuple (et contre le BREXIT) !

Mes photos sont minables.

Après cette incursion dans la vie politique locale, j’ai « couru » jusqu’à la National Scottish Gallery qui, comme tout le reste, ferme à 17h. J’ai donc à peine effleuré le contenu du musée en 45 minutes. J’étais contente de voir des tableaux d’El Greco, de Turner et j’ai découvert un autre peintre qui fait des chouettes triptyques mais dont je n’ai pas noté le nom et ma mémoire failli…

 

Édimbourg, 17h, -2°C, il fait nuit et tous les lieux culturels sont fermés, quel choix te reste t-il ?! Non pas (encore) le pub, le shopping (ça pour les temples de la consommation, il n’y a pas d’heure…). Je poursuis ma quête millénaire de baskets semi-montantes avec des semelles fines.
J’admire la pleine lune au dessus de Princes St. et The Balmoral (un jour…).

Et heureusement, je rejoins une lannionnaise expatriée pour découvrir Rose street, la rue de la soif locale. On n’en finit pas de le dire mais le réseau forgé durant les années universitaires, tout de même, ça a du bon !

Pumpkin

[EDINBURGH, PART II]

Samedi matin, le soleil est absolument radieux quand je me rends au petit-dèj dans le bar, pour manger ma ration de tartines de pain de mie grillées au beurre doux confiture de fraise et ma tasse de café translucide.

La météo a une grande importance ce week end car suite à des péripéties dont je vous ferais grâce ici, je ne suis actuellement propriétaire que de baskets trouées. Ce qui est difficilement conciliable avec un temps pluvieux (heureusement que je n’habite pas en Bretagne) (l.o.l.).

Un des buts du séjour est donc de trouver des chaussures à ma convenance.

SPOILER ALERT

Cela n’arrivera pas. Jamais.

Je suis les conseils du Lonely Planet et file au Château d’Édimbourg dès l’ouverture, afin d’éviter le gros des touristes (ce n’est pas toujours le cas, autant signaler que pour le coup c’était un très bon conseil).

Le ticket d’entrée est à 20€, c’est rare que je mette autant dans une « attraction » mais je me vois mal passer à côté. La dame qui m’appelle « Pumpkin » à l’entrée rentabilise en une seconde l’investissement #cutie.

C’est quasiment un mini village qui est construit dans l’enceinte, avec un chemin de garde le long des remparts qui surplombe toute la ville, à 360°, offrant une vue sur le port de Leith comme sur les montagnes au sud.
À l’intérieur il y a plusieurs bâtiments à visiter, ainsi que des musées. En 2h, je n’ai pas tout fait, je me suis concentrée sur quelques endroits clefs.

C’était tout de même bien équipé niveau téléphonie pour l’époque…

D’abord la prison pour les militaires ayant fauté, avec les geôles restaurées comme à l’époque (franchement ça vaut une chambre en cité U à Lannion en 2004) (niveau hygiène peut-être pas, mais niveau mobilier en tout cas).
Ensuite la prison pour les prisonniers de guerre, avec des portes en bois d’époque sur lesquelles les graffitis sont également authentiques. Les mecs étaient à 70 dans des salles de 50 m², répartis entre des lits en palettes et des hamacs…

Sur le Mons Meg, j’ai découvert le One O’Clock Gun, qui tonne chaque jour (sauf le dimanche) à 13h précises, sans que personne ne tressaille.
Pas comme à Paris où ça vient chouiner dès que Sense8 offre un feu d’artifice gratuit (« gnagnagna c’était pas prévu »,  « gnagnagna on a eu peur »).

Les prisonniers avaient tout de même le droit à une pinte par jour. On n’est pas des chiens. #humanrights

 

J’ai aussi vu la chapelle St Margaret, datant de 1130, qui était momentanément fermé pour cause de mariage. Ce qui m’aura donné l’occasion de voir sortir les mariés et demoiselles d’honneurs, tous bras et jambes à l’air (température : 2°) (température ressentie : -8000°C), suivis d’un joueur de cornemuse.
S’il n’y avait pas eu 250 touristes en train de les prendre en photo (moi y compris), j’aurai pu verser ma petite larme (comme à chaque fois que j’entends une cornemuse en fait) (même s’il faut qu’ils se calment avec Amazing grace pour appâter le chaland).

J’ai poursuivi avec la maison qui abrite les joyaux de la couronne écossaise (voilée pendant des siècles par ces salauds d’anglois, tu te doutes bien). Là c’était blindé de monde, tu suis le parcours et les gens à 2 à l’heure, pour au final, voir une couronne sans grand intérêt (c’est une couronne avec des pierres précieuses quoi).

 

Pour m’en remettre, je suis entrée dans la boutique de souvenirs, où un jeune homme proposait des shots de whisky. Je me serais mal vu refuser, d’autant qu’il m’a soutenu que les français étaient les plus gros consommateurs de whiskey au monde (Télérama confirme).
Certes il était 11h, mais sachez que le Bruadar est très fruité, avec un léger goût de miel, ce qui se marrie parfaitement avec le petit déjeuner.

Pour finir j’ai écouté deux comédiens déguisés, parler de l’époque de Robert the Bruce, 1er roi des écossais (1274-1329), et malgré l’accent nordiste de l’un d’entre eux, j’ai tout compris !!

 

J’ai poursuivi  la balade dans Old Town, dont l’artère principale est envahie de touristes et d’endroits pour les attraper. Je suis passée par Victoria Terrace où les maisons sont un peu colorées, je suis passée devant le Grassmarket avant de rejoindre le Greyfriars Kirkyard.

 

Devant ce cimetière en peine ville, trône la statue de Bobby, un chien dont l’histoire fait le sel du tourisme local, et sans doute, des légendes édimbourgeoises.

En gros c’est un chien dont le maître est décédé, et qui est resté veiller sa tombe les 18 années suivantes, jusqu’à ce que mort s’en suive. Probablement l’un des exemples les plus parlants du Syndrome de Stockholm.
Toujours est-il que ce petit chien et son obstination ont suscité une vive émotion parmi la population et qu’il a donc sa statue (aussi impressionnante que le Manneken Pis de Bruxelles ou la Petite Sirène de Copenhague) (apparemment toucher son nez porte bonheur…) et sa propre sépulture.

Dans le Greyfriars Kirkyard, on trouve également la tombe de Tom Riddle #Potteraddict et d’autres personnes dont les noms ont inspiré J.K. Rowling.

C’est un « charmant » endroit pour se poser en toute tranquillité en tout cas !

Relax

[EDINBURGH, PART I]

Au grand désarroi de mon père, qui se demande ce qu’il a bien pu louper dans mon éducation pour que je sois à ce point fascinée par le Royaume-Uni, j’ai profité de la nouvelle ligne Nantes-Édimbourg pour partir en week end.

Les horaires des vols semblaient parfaitement calibrés pour mon emploi du temps : un départ à 21h50 me laissant le temps de rallier Nantes depuis Dogville sans avoir besoin de poser l’après-midi et un retour lundi en fin de journée permettant de profiter pleinement de ce troisième jour de week end.

Je me suis rapidement aperçue, en quittant le boulot de nuit, seule en voiture, sous la pluie, après une journée pleine de tensions, que ce n’était peut-être pas une si bonne idée de partir aussi sec, sans sas de décompression.

Surtout pour monter dans un avion Ryanair qui, rappelons-le, a la taille d’un avion Barbie, coincée entre deux mecs imposants #manspreading. Autant vous dire que quand l’hôtesse s’est fendu d’un petit « please sit back, relax, and enjoy your flight », j’ai ri jaune.
Pour la sieste de 2h que j’avais imaginée, et le bien-être de mes cervicales, c’était foutu.

 

En arrivant à 23h (minuit heure française) à l’aéroport d’Édimbourg, j’étais quand même un peu contente. Et émerveillée devant les portiques automatique où tu auto-contrôles ton passeport (merveille de la technologie), dépassant ainsi la foule des passagers dotés d’une seule carte d’identité (#losers).

 

L’avantage de la capitale écossaise c’est que le centre ville n’est qu’à 30 minutes de navette (et qu’il y en a H24 7j/7). Je chausse mes écouteurs pour profiter de la balade nocturne, mais Oscar and the Wolf a bien du mal à couvrir les vagissements d’un trio de jeunes nantais en goguette.

Je me dis que les gens qui descendent à l’arrêt situés juste devant le Hilton ont bien de la chance, et quand même ça doit simplifier tellement la vie d’être riche…
Mais il s’avère qu’il y a également un arrêt à 50m de l’hostel où j’ai réservé !

 

Oui, je sais, J’avais clamé haut et fort que je n’irai plus jamais en auberge de jeunesse, que c’était fini ce temps-là, où j’étais tolérante et sociable, que quand même, à 30 ans passés, dont 8 à trimer pour un salaire de misère (instant violons), j’avais bien le droit à un peu d’intimité et de confort, MERDE !

Mais ça c’était avant de recevoir ma notification de taxe d’habitation.

Et puis bon, c’est quand même sympa de prendre le petit dèj avec d’autres gens, de trouver du shampooing dans la douche commune quand tu as oublié le tien, d’être rassurée de ne pas dormir seule dans une chambre où, potentiellement, de vils v(i)oleurs vont tenter de s’introduire, de s’endormir au son des histoires extraordinaires de tes roomates, de se réveiller tous ensemble à 4h car l’un d’entre eux doit choper son avion à 6h, de s’habiller en silence dans le noir quand c’est ton tour.

 

Optant pour un entre-deux qui me paraissait acceptable, à défaut d’être idéal, j’avais réservé dans un three beds dorm.

Vous saviez vous, qu’il existe des lits TRI-SUPERPOSÉS !?

Je vous laisse imaginer lequel m’était réservé…

Oui c’est cela, celui de l’étage supérieur.
Les deux autres étant dédiés à un couple qui préférait se tenir chaud dans un seul.

 

Finalement, heureusement que j’étais fatiguée.