Se rappeler les éclaircies (se convaincre qu’elles étaient le soleil).

Arthur Dreyfus.

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Αντίο | ANTIO

[KÉRKYRA, PART VIII]

Nous sommes déjà dimanche, la semaine a fait un tour sur elle-même pour atterrir le jour du départ. Mon avion étant à 23h, j’ai encore une journée complète à me dorer la pilule au Levant Hôtel, que je souhaite quitter le plus tard possible ❤

Je me demande quand est-ce que dort le réceptionniste.
Il était là quand je suis partie la veille à 7h30, quand je suis allée me couchée à 22h, et ce matin à 9h #troishuit

 

En  me dirigeant vers le p’tit dèj, je me pose une question de fond : est-ce un réflexe de pauvre, ou juste de la politesse, de débarrasser ton plateau quand tu as fini, plutôt que de le laisser sur la table !?

Vu les remerciements de la cuisinière quand je lui ai déposé en partant, j’ai une petite idée de la réponse…
Elle m’a d’ailleurs demandé si j’étais déjà venue dans cet hôtel (non), j’aurai donc un sosie français qui serait passée il y a deux ans.

Je me fais un remake de la journée du vendredi, entre le transat et la table de jardin, la piscine et les kit kat. Le serveur m’offre mon americano (et à 3€ la tasse ça fait plaisir), je pense sérieusement qu’ils vont me regretter, je fais baisser la moyenne d’âge de la clientèle d’environ 30 ans.

 

À 19h je fais des adieux déchirants aux lieux et redescend vers « l’arrêt de bus ».
Sur la place de l’église, je dis au revoir aux 3 petits vieux qui squattent tous les soirs à l’heure de l’apéro.
Au passage je fais un stop au cimetière, il ne sera pas dit que j’aurai passé des vacances sans en visiter un.

Le soleil commence à tomber et la mélancolie des heures dorés.

 

Bon sang ne saurait mentir, j’arrive à l’aéroport avec 3h d’avance. Je découvre que l’avion a 40 minutes de retard, puis 1h, puis 2. Tout ça à cause des grèves françaises ÉVIDEMMENT. Mais on soutient les grèves.

Je regarde mentalement mon nombre d’heures de sommeil se réduire à peau de chagrin, assise par terre (big up Louisy Joseph) entre des passagers pour Birmingham #earcandy et d’autres pour Nantes, qui ont piochés les prénoms de leurs gosses dans Le Petit Nicolas.

 

B.O.
Superpoze – For we the living
Cascadeur – Camera
Bison Bisou – Bodysick
Feu ! Chatterton – L’oiseleur
Shame – Song of praise
Froth – Outside (briefly)
Et dans ma tête, en ritournelle, Vald « Deviens génial, deviens génial »

+ les podcast de Transfert (Slate) et Entre (Louie Media).

 

Bières testées
AUCUNE !!
Incroyable mais vrai, aucune goutte d’alcool durant cette semaine.

Παραλία | PARALIA

[KÉRKYRA, PART VII]

Samedi je pars en expédition à Paleokastritsa. C’est à 30 bornes grand max de Pélekas, sauf qu’avec leur réseau de transports en commun en étoile, il faut retourner à Corfou Ville, pour ensuite repartir dans l’autre sens.

Un chien me suit dans le village, j’achète un pain au chocolat à la boulangerie en passant, je poursuis ma route en sa compagnie.
Je crois que personne ne m’a jamais autant jugée que cette bête en comprenant que j’étais en train de finir ma viennoiserie sans la partager.

 

J’ai 1h de battement que je mets à profit pour trouver un magasin qui vend des journaux. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, je n’en ai pas vu un seul depuis 5 jours. Alors quand je tombe sur une presse qui est justement en train de déballer son arrivage avec Le Monde du jour, je suis aux anges.
Non parce que bon c’est sympa d’avoir la mer et le soleil, mais intellectuellement c’est pas très nourrissant… (Je n’ai pas vu non plus de librairie, et seulement un cinéma et un théâtre).

Je me rends à la gare routière et ne sais comment interpréter cette micro chapelle sur le parking, où tous les passagers semblent aller se signer.

Le car est rempli pour cette destination de carte postale vantée par tous les guides.

À juste titre il faut l’avouer. Il y a plusieurs criques de sable blanc et eau turquoise, surplombées par des falaises, sur une desquelles se trouve un monastère.
Le prêtre ( ?) à l’entrée me donne une robe en toile de jute pour couvrir mes genoux que l’on ne saurait voir. Charmant.

Le lieu est mignon, avec des jardinets vue sur mer. Perso, à leur place, je ne l’ouvrirai pas à la visite et je garderai ça tranquille pour moi, mais il faut bien vendre des bougies.

D’ailleurs, je ne suis pas familière du process des vœux quand tu achètes et allumes un cierge, mais l’espace pour les poser étant réduit, le gardien des lieux venait à intervalle régulier souffler dessus et les balancer alors qu’ils étaient à peine entamés.
Ca n’avait pas l’air de choquer les touristes qui faisaient la queue pour en payer un, il y a peut-être une dérogation accordée par Dieu si la demande est trop forte ?

 

Je redescend m’installer sur une des plages et cours (non) vers l’eau transparente avant d’être brusquement stoppée par mon corps qui m’indique que nous venons d’entrer en contact avec le liquide sus nommé et qu’il est de type froid.
J’estime la température à 17°C, je souris et je pense à la France en plongeant.

Paleokastritsa bénéficie d’un paysage magnifique et d’une manne touristique proportionnelle.
Je me fais donc arnaquer en connaissance de cause dans l’un des restaurants de bord de mer (10 rondelles de courgettes passées à la poêle = 5€) avant de retourner faire bronzette.
Je croise un couple qui était dans l’hôtel de Benitses quelques jours plus tôt #lemondeestpetit.

 

Ce que j’aime à la plage, c’est la rumeur alentour, quand tu es entre l’éveil et le sommeil, le clapotis des vagues qui se mêle aux exclamations des enfants (loin, de préférence) et aux discussions des adultes.

« On a appelé notre fille Roxane, à cause de la chanson ! »
« ……. »
« Ouais… On savait pas que c’était une prostituée… »

Χαλάρωση | CHALÀROSI

[KÉRKYRA, PART VI]

Vendredi, quand je prends mon petit-déjeuner sur la terrasse en regardant simultanément la piscine et la mer, je me dis que je commence à apprécier de rien faire (parce que jusqu’à présent, je dois dire que l’inactivité était plutôt une source de stress que de repos).

Je décide de passer la journée entière au bord de la piscine, en alternant entre le transat pour lire, dormir, chialer grâce à un épisode de Transfert écouter des podcasts et la table de jardin sous les oliviers pour écrire mon grand œuvre.

Je suis tout de même « descendue » au village pour acheter des Kit Kat dark chocolate (POURQUOI on ne trouve pas ça en France !?), et faire le tour des ruelles abandonnées aux chats.

Et je finis la soirée sur le Trône du Kaiser, à tourner sur moi-même, sans être rassasiée du panorama.

Επισκόπηση | EPISKOPISI

[KÉRKYRA, PART V]

Vous l’aurez compris, jeudi matin, au moment de quitter Benitses, je n’ai pas écrasé de larmes (si ce n’est de soulagement), ni fait d’heures supp.
À 9h30 j’ai sauté dans le bus pour Corfou Ville, puis pour Pélekas, mon nouveau point de chute sur la côte ouest #westcoast #toimêmetusais.

En surfant sur Booking.com et autres sites comparatifs du même acabit, tout en jetant un coup d’œil aux recommandations photographiées dans les guides, j’avais un peu bloqué sur le Levant Hotel mais j’étais trop juste niveau budget pour y passer la semaine.
Stratégiquement, j’y ai donc réservé mes trois dernières nuits, afin de garder le meilleur pour la fin.

MALIN !

 

Pélekas est un village situé sur une colline à 250m du niveau de la mer (quasi le point culminant de l’île). Le bus te dépose dans un virage à 200m et après tu grimpes des lacets avec une vue à couper le souffle sur la mer Ionienne.

Le village me fait une bonne première impression, il y a l’air d’avoir une vraie vie locale, pas juste des attrapes touristes.

Et arrivée à destination…. PFIOUUUUUUU…..

Là je me suis dit que j’avais enfin trouvé ce que je cherchais pour cette semaine de feignasse repos !

Comme Pélekas est au niveau où l’île est la plus étroite, tu as une vue sur la mer des deux côtés.
Ce n’est pas pour rien qu’on y trouve le Trône du Kaiser, un point de vue où l’empereur Guillaume II venait admirer le coucher de soleil.
Pour y avoir assisté trois soirs de suite, j’avoue, ça claque.

 

Je suis donc ravie, et quand je vois un lit à baldaquin dans la chambre, c’est the cherry on the cake comme on dit (en vrai ça n’a aucun intérêt mais ça donne tout de suite un petit côté luxueux qui est bien loin d’être mon quotidien) (salut j’ai 33 ans je vis dans un studio de 28m²) (salut cette chambre fait la taille de mon studio) (avec une baignoire en sus).

 

Je me chauffe direct pour descendre à la plage (je vous rappelle que je suis à 250m de hauteur), Google Maps m’indique 45 minutes de marche. Je dois dire que je n’étais pas mécontente de le faire en mai plutôt qu’en août.

Le chemin / route est plutôt champêtre, avec vue sur mer. Je croise un mec qui était dans le bus Benitses – Corfou, puis dans le bus Corfou – Pélekas, puis qui descendait la route de l’hôtel, cette fois il la remonte.

 

#viedechien

Je ne vous cache pas qu’au bout de 40 minutes, je commençais à en avoir un peu ras la casquette (que je n’avais pas) et quand une voiture pourrie à bord de laquelle deux albanais (?) m’ont expliqué à force de gestes qu’ils pouvaient me conduire jusqu’à la plage en contrebas, j’ai accepté.

Quand il s’agit d’être méfiante, je fais rarement les bons choix.

Heureusement il s’est avéré que la plage n’était plus qu’à 30m car ils avaient déjà réussi à me demander en mariage……… J’ai souri poliment en sautant de la voiture. En marche. #winkwink

 

La plage n’est guère peuplée, l’eau turquoise, le sable fin. L’eau est surtout froide (19°C environ) (si, c’est froid), mais je me dis qu’il faut se forcer un peu dans la vie. De quoi j’aurais l’air si je reviens en France sans m’être baignée !?

Après 10 minutes de trempette, je sors pour m’étaler sur ma serviette Lucky Luke (une très bonne affaire pour un plein de gazole + 3€) et cramer allègrement #cancerdelapeau #fautbienmourirdequelquechose.

C’était sans compter la météo îlienne qui change en moins de temps qu’il ne faut pour prendre la conf. Bref, gros nuages, rafales de vent dans taggle.
Tout le monde se barre, je fais de même, je commence ma rando de retour, les nuages s’effacent, le vent tombe, je crève de chaud. lol

Je recroise le même mec qu’à l’aller, qui lui redescend. Cette fois-ci on rigole, j’apprends qu’il est polonais et qu’il vaut mieux visiter Cracovie que Varsovie (note pour plus tard).

 

Je suis en surkiffe de l’hôtel, le jardin, la piscine, les transats, la vue, mon petit balconnet (pléonasme), le calme, les spagettis bolognaises du diner, le port USB sur la télé (malgré un léger coup de stress pour la faire fonctionner au départ, qui m’a valu un début de franche camaraderie avec le réceptionniste quand nous sommes parvenus à la faire marcher) (les rencontres, c’est le sel de la vie).

Αυτοκίνητο | AFTOKINITO

[KÉRKYRA, PART IV]

J’ai encore une journée dans le coin, et l’idée n’étant pas de passer les vacances à faire de l’urbex balnéaire, je décide de prendre un car pour Kavos.
Je suis de nouveau réveillée aux aurores, ce qui m’offre la possibilité de grimper dans celui qui passe à 9h30. Qui n’est jamais parvenu jusqu’à moi.
On ajoutera donc au jeu des devinettes pour les arrêts, celui des horaires.

Je profite de l’heure d’attente au bord de la route (et de la mer, mais le bruit des vaguelettes couvre mal celui des voitures) pour repenser à mon projet d’apprendre la méditation de pleine conscience, qui me permettrait, dans de telles situations loin d’être dramatiques, de ne pas devenir un Prunelle en puissance.

Le trajet vers Kavos me calme un peu (je vous ai déjà dit que j’adorais le car ?), le paysage dans les terres et le nombre de maisons / immeubles abandonnées en cours de construction (ou abandonnées tout court) me rappelle des vacances en Crète il y a 20 ans.

Là-dessus, je réalise que je suis devenue le genre de personne qui peut dire « Oui, lors de mon séjour en Crète il y a 20 ans… », ce qui me refout le moral au niveau des chaussettes (il ne fait même pas assez chaud pour être pied nus…).

 

J’avais hésité à m’arrêter à Messonghi, un bled plus proche, mais quand je vois à quoi ça ressemble (rien), je suis bien contente d’avoir acheté un ticket pour Kavos, le « dernier  village de l’île ».

45 minutes plus tard, nous arrivons au terminus. Je songe 2 secondes à m’enchainer au bus pour qu’on ne me force pas à descendre. Je suis une adulte raisonnable, je finis par sortir, et regarder aussi sec le prochain horaire de départ qui me sortira de ce lieu de perdition.

 

Imaginez, 30km² de bars, magasins de souvenirs, restaurants, boite de strip tease et night clubs, tous fermés car ce n’est pas encore la saison touristique.
Je me demande à nouveau quelle est la définition du mot « village » pour le Petit Futé.

Ce qui s’étale sous mes yeux est une ville fantôme, créée de toutes pièces pour devenir le réceptacle de toutes les défaites, les déviances, les excuses, les débauches, et qui en été, doit dégouliner de vices, d’alcool, de bruit.

Renseignement pris, il s’agit effectivement du lieu préféré des jeunes allemands / croates / russes / anglais pour leur summer break.
Ce qui se passe à Kavos, reste à Kavos.

La plage n’est pas terrible, mis à part que c’est du sable. Je marche 20 bonnes minutes en direction d’une pointe, espérant tomber sur l’authenticité perdue de l’île, je tombe sur des plages privées.

Je me pose quand même à côté d’une bande de potes canins, tente une baignade avant de me rendre compte que je partage ce petit coin de paradis avec des méduses.

Je suis donc repartie 2h plus tard, tout comme ce couple de septuagénaires anglais, avec qui nous avons partagé notre horrification #vieillerie.

Et quand TripAdvisor te propose les 10 meilleures choses à faire à Kavos, ne perds pas ton temps, la seule bonne réponse est « fuir ».

Au retour, après avoir failli faire un infarctus en entendant un remix disco de Padam de Piaf, (je ne parviens pas à le trouver sur Youtube, c’est VRAIMENT dommage),  je me suis arrêtée à Lefkimi, qui m’avait semblé un peu moins défiguré.

J’ai mangé des mezzes à la viande et du yaourt au miel pour me remettre de mes émotions, puis j’ai suivi la direction du village en hauteur, pour choper le prochain car au passage.

Rappelons-nous qu’il n’y a pas d’arrêt et qu’à 15h30 c’est l’heure de la sieste. J’ai fini par croiser une petite dame à qui demander mon chemin, en me disant naïvement que « bus » et « stop » ça devait être compréhensible dans toutes les langues.
Il faut croire que non mais on a bien rigolé !

Bref, à 17h j’étais de retour à Benitses où les travaux de rénovation balnéaire avaient grave avancés depuis la veille.
Deux nouveaux cafés étaient ouverts, d’autres étaient en plein ravalement de façades, des galets blancs avaient été déposés pour refournir la plage, le tracteur était en plein travail de lissage de l’ensemble, je pense que trois semaine plus tard, ça n’a plus rien à voir avec ce que j’ai expérimenté.

T’as quand même l’impression qu’un jour un mec s’est dit (oui, c’est forcément un mec) :
– « Dis donc, elle est hyper jolie cette côte, et si on défonçait tout ça !? »
– « MAIS OUAIS, trop bonne idée Bernard !! »

 

J’ai diné d’un paquet de Digestives dark chocolate, il fallait bien ça.

Βροχή | VROCHI

[KÉRKYRA, PART III]

J’arrive au Bella Vista Hotel où je suis accueillie par trois personnes qui se jettent sur moi comme la misère sur le pauvre monde. Qui avec un verre d’eau, qui avec des bonbons, qui avec un sourire jusqu’aux oreilles.

C’est là qu’on se rend compte que le sens de la mesure est important, car si je me suis sentie vraiment bienvenue, j’ai surtout eu l’impression d’être la première cliente à franchir le seuil de l’établissement depuis des mois (ce qui s’avèrera faux, autant pour ma méfiance naturelle).

Le souci de la propriétaire et de ses employés est constant pour que les clients se sentent comme à la maison avec des interlocuteurs aux petits soins. Oleg (ça recrute grave parmi les allemands apparemment) a donc porté mon sac jusqu’à la chambre, sympa.

Nickel pour un 2* : frigo + balcon vue sur mer / montagne + petit dèj fait maison (donc différent selon les jours) + accès au pool bar situé un peu plus haut dans la rue.

Mais j’avoue que le sourire de la réceptionniste du soir me faisait extrêmement flipper, on aurait dit une replicant.

 

Aussitôt mes affaires posées et la chambre whatsappée (on fait comme on peut pour partager les moments vécus en solo hein…), je suis partie à la découverte du village de pêcheurs vendu par le Petit Futé.
Je m’apercevrais à plusieurs reprises durant le séjour que je ne suis pas méga raccord avec eux niveau vocabulaire.

S’il y a eu des pêcheurs à Benitses un jour, ils sont morts depuis bien longtemps (ou reconvertis dans la vente de kebab) (cette échoppe était totalement improbable) et je comprends assez vite pourquoi les tarifs hôteliers sont plus abordables qu’à Corfou Ville.

J’opte pour le restaurant qui me semble le plus authentique (il n’y a pas de rabatteur) où je découvre un plat typique : le pastitsio. En gros c’est du bœuf bourguignon sauce bolognaise avec des spagettis. Tout à fait correct.

Je rentre assez tôt car s’il ne pleut pas, la fraîcheur tombe vite en soirée #EvelyneDhéliat.

Comme espéré, il y a un port USB sur la TV, qui me permet de commencer à regarder une nouvelle série : Superstore.
(Et qu’on ne vienne pas me faire chier parce que je fais du binge watching sur une île grecque, je suis venue ici pour NE RIEN FAIRE, je l’ai précisé d’entrée).

 

Le lendemain matin, je suis réveillée à 7h30. Je maudis mon cerveau qui m’a coupé en plein rêve avec Orelsan #NSFW et n’a pas compris qu’il était censé être en mode grasse mat’. Je consulte la météo aussi sec (activité préférée des vacances).
Pluie prévue pour 13h. J’en déduis qu’il faut que je me bouge le tronc pour visiter les alentours.

Je prends mon premier petit-déjeuner à base de yaourt à la grecque au miel (+ pain beurre + brownie + sablé) (burp), qui ne sera pas le dernier.
(Je n’ai pas fait d‘analyse en rentrant mais j’avais probablement plus de miel que de sang dans le corps)

Ma découverte de Benitses est incroyable. Je n’avais pas vraiment fait gaffe la veille au nombre de bâtiments, hôtels de luxe, boutiques abandonnées le long de la route et de la plage (si tant est qu’on puisse réellement qualifier cette langue de terre/cailloux sablonneux de « plage »).
J’ai l’impression d’évoluer dans un décor de film.

Moi qui aime les endroits légèrement glauques et désaffectés, je me suis sentie telle une aventurière de l’Arche Perdue au milieu d’une flore et d’une faune qui auraient repris leurs droits #dettegrecque.

(Je ferai un article avec uniquement des photos de cet endroit, j’ai une bonne série sur les méfaits du capitalisme et du tourisme de masse)

Une oie s’est cachée sur cette image, sauras-tu la retrouver ?

Un chat s’est caché sur cette image, sauras-tu le retrouver ?

 

Un chien s’est caché sur cette image, sauras-tu le retrouver ?

Un être humain s’est caché sur cette image, sauras-tu le retrouver ?

Finalement, il n’a jamais plu et j’ai été tester le pool bar calé à flanc de montagne. L’avantage de ce genre de destination début mai, c’est que tu n’es pas emmerdé par les voisins (à mon avis, 2 semaine plus tard, ça commence à être l’enfer) (si on considère que l’enfer c’est les autres) (ce qui est mon cas).

J’ai dégusté ma glace au chocolat tranquillou en lisant Eureka Street de Robert McLiam Wilson (il faut vraiment que j’aille à Belfast).

Par contre je me dis que le gérant de l’endroit a intérêt à avoir une vie intérieure intense (ou une bonne connexion internet) pour ne pas mourir d’ennui avant la fin de la journée…

 

Pour le dîner, j’ai eu le flair de tomber sur un endroit qui servait des beignets de courgettes et des feuilles de vignes à tomber (sans compter les tartines de tapenade pour patienter), ça m’a rappelé Nice.

Καφές | KAFES

[KÉRKYRA, PART II]

Mon principal tracas restait la météo. Depuis quelques jours, c’était de la pluie et 20°C max qui étaient annoncés. Et à ce compte là, autant aller dans le Finistère.
Je me rendrais compte, durant cette semaine, à quel point les prévisions ne sont pas fiables #breakingnews. Il n’a JAMAIS plu.

 

Je prends mon petit-dèj en terrasse, EN TEE-SHIRT (il en faut peu etc.). Il est absolument mauvais, ce qui n’entache pas mon bonheur de lire Society sur une Île grecque, un lundi matin.

J’ai passé la première journée à me balader dans Corfou Ville (la capitale), une charmante bourgade de 40 000 habitants, aux influences architecturales italiennes.
Ca m’a rappelé le Vieux Nice, Aix-en-Provence, Marseille, Rome. Les façades lépreuses, les scooters sans casques, la tiédeur de l’air étaient familières (je tente l’accord de proximité pour la rime).

Rien de follement nouveau donc, mais un rappel bienvenu d’impressions oubliées.

Comme mon mot d’ordre était de ne rien faire durant ces vacances (à part lire, manger, dormir, bronzer), je ne suis entrée dans aucun musée, juste dans une église dont je ne me souviens plus du nom.
Elle était en tout cas très bien décorée, ombrée, avec une fréquentation régulière de locaux venant faire leurs ablutions.

Pour mon premier vrai repas, j’ai opté pour du houmous et une salade grecque en terrasse, dans un resto type bobo (une denrée rare dans le coin) où j’ai observé (et un peu détesté, soyons honnêtes) un groupe d’américaines, en me demandant comment il était possible d’être aussi proche du cliché de sa nationalité.

Pas de jaloux, je me suis posée exactement la même question devant plusieurs groupes de français. (Sachant qu’on m’a d’abord prise pour une grecque, puis pour une espagnole, je considère que je me fonds relativement dans le paysage).

Je n’avais pas non plus de guide ni de plan, juste des photos des pages « Corfou » honteusement prises en scred à la librairie (payer 15 balles pour 10 pages intéressantes sur 350, ça va hein… #bigoud).

Alors j’ai erré dans les rues au hasard, pour finir par m’asseoir sur un banc devant une église street artisée.
À mes côtés, un couple (?) discutait déco (?) un nuancier Pantone à la main. A priori leur maison était en face car le mec m’a proposé un café, ce que j’ai trouvé fort urbain (et accepté).

Sachant qu’en moins de 12h, j’avais déjà entendu 2 fois Zaz et vu un magasin de Crocs, il fallait bien ça pour compenser ma première impression des corfiotes (oui, c’est moyen beau comme mot).

En fin de journée, j’ai récupéré mon sac à l’hôtel avant de prendre un bus pour Benitses, mon 2e point de chute.

30 secondes suffisent pour que je réalise que les Toulonnais à Corfou sont également de la partie. Je cherche discrètement du regard les caméras de NRJ12 avant de me résoudre à la triste vérité, ces gens ne jouent pas la comédie.
Je ferme bien ma gueule et essaye de paraître le plus grecque possible.

 

J’avais pas trop regardé les échelles et les distances sur les cartes de Corfou avant de partir, c’est relativement petit en fait. En 30 minutes j’arrive à destination, non sans avoir subit les foudres du chauffeur à qui j’ai eu l’audace de demander des informations sur les arrêts (à sa décharge, la route est sinueuse et demande de la concentration pour ne pas finir dans l’eau).

Il faut s’y faire, à Corfou il n’y a pas vraiment d’arrêt de bus, ni de cartes indiquant les itinéraires des transports en commun, donc il faut être observateur et bondir de ton siège au bon moment pour ne pas louper le bled qui t’intéresse.

C’est là qu’on remercie les opérateurs téléphoniques d’avoir abandonné les frais d’itinérance, te permettant d’avoir accès à la 4G n’importe où en Europe (ou les gens qui les ont obligés à le faire).
Ça t’incite à ne rien préparer car tu comptes sur Google Maps pour t’aider m’enfin, c’est pas comme si on était en plein questionnement sur l’utilisation des données par les GAFAM…

Καλησπέρα | KALISPERA

[KÉRKYRA, PART I]

Tout est parti de la météo. Vous savez, cette chose imprévisible qui a l’insigne avantage de meubler une conversation avec n’importe qui, sans distinction d’âge, de sexe ou de degré de connaissance (coucou Madame de l’arrêt de bus !).

C’est que, ma bonne dame, mon bon monsieur, l’hiver a été long sur Dogville (probablement chez vous aussi, l’équité existe, au moins à ce niveau).

Harassée de travail, en manque certain de vitamine D, c’est en allant chez le coiffeur (pour ma coupe biannuelle) que je me suis rendue compte qu’il était urgent d’agir.
Je passe rarement 30 minutes face à un miroir à me regarder dans le blanc des yeux. Le problème c’est qu’à cet instant, il n’y avait plus rien de blanc. J’étais grise.

Et si cette teinte en excite + d’un.e (comment ça, c’est une allusion au nom du héros et pas à la couleur !?), je dois dire qu’avoir l’apparence d’une quarantenaire tabagique troglodyte ne m’enthousiasme pas franchement.

La semaine de congés de mai se devait d’être ensoleillée. Et reposante.
Je ne préfère pas trop analyser le fait de devenir une meuf qui a besoin de vacances farniente, c’est assez déprimant #vieillerie.

Je vous passe également les heures de recherche pour trouver un billet d’avion qui ne coûte pas deux reins (cimer l’obligation de poser la semaine la + chère de l’année) et qui ne parte pas de Paris (parce qu’on soutient la grève des cheminots), j’ai fini par trouver un aller-retour Nantes – Corfou* abordable en vendant un seul de mes reins. VICTOIRE !

 

Je me suis aperçue le jour du départ qu’une compagnie surpassait Ryanair en termes de désorganisation logistique : Volotea.
Le check in online indisponible, un seul guichet à l’aéroport pour enregistrer tous les vols de la soirée, sans priorisation horaire, la foule des jours de départ en vacances, quand est-ce qu’on finira par transplaner !?

 

Dans l’avion, le pilote nous annonce que les aiguilleurs de Marseille sont en grève, qu’il va devoir modifier le trajet, qu’on aura 30 minutes de retard (mais on soutient les grévistes on a dit).
Il y a un bébé choupi qui capte l’attention alentour, notamment celle d’une hôtesse de l’air que je soupçonne d’avoir carrément  voulu le kidnapper. (Il est silencieux alors je lui ai fait un sourire).

Il se créé une atmosphère, dans les débuts de nuit en l’air.

 

Aéroport de Corfou, un dimanche à minuit. Je prends un taxi, armée de mes deux mots de vocabulaire (kalimera et efkaristo = bonjour et merci, la base). J’en apprends un troisième grâce au chauffeur (kalispera = bonsoir) qui a une conduite sportive. Cela conforte mon choix de ne pas louer de voiture durant le séjour.

« You have a better chance with me than others, I’m the best driver in town».

L’avantage c’est qu’à 00h05, j’étais à l’hôtel.

 

 

*Corfou ou Corcyre (de l’italien : Corfù1 ; en grec : Κέρκυρα / Kérkyra ; grec ancien : Κέρκυρα ou Κόρκυρα ; latin : Corcyra) est une île grecque située en mer Ionienne, sur la façade occidentale de la Grèce, à proximité de sa frontière avec l’Albanie.