Kuningatar

[HELSINKI PART VII]

Qu’elle ne fût pas ma surprise le mercredi matin en découvrant la salle du petit déjeuner, en sous-sol d’un bâtiment sans attrait.
Un délice d’époque soviétique !

Le soleil poudroie en cette nouvelle journée que je destine à une petite croisière vers l’île de Suomenlinna, incontournable destination selon tous les tops.

C’est 5 balles l’aller/retour, pour 15 minutes de traversée vers un ailleurs verdoyant !
Ça permet d’apprécier une vue panoramique sur Helsinki d’un côté, et sur la Baltique de l’autre, qui correspond assez à l’image que je me fais des archipels nordiques.

On accoste sur la plus grande île (il y en a quatre)  de la « forteresse de Finlande ».

Les maisons sont trop mignonnes, tu te dis qu’il doit y faire bon vivre mais la vérité, c’est que les ferries débarquent 200 touristes qui vont te prendre en photo tous les quarts d’heure.

Heureusement la superficie permet à chacun de se disperser à son gré (même si la plupart suivent le parcours indiqué) et de trouver des coins plus ou moins tranquilles.

Si les îles sont piétonnes, la densité de travaux sur tout le périmètre implique un certain nombre de véhicules de chantier.

J’ai pris mon pique nique afin de pouvoir choisir le lieu le plus idyllique pour le déjeuner. Ce petit ponton sur l’eau, à l’abri du vent, en compagnie des mouettes et moineaux (c’était sûrement pas ça mais vous voyez le genre d’oiseau quoi…) a eu mes faveurs, ainsi que celle d’une sieste au son de Cigarettes after sex (et c’était tellement mieux que le concert…) !

Se balader dans cet environnement est un ravissement total ! Comme c’est un ancien archipel d’îles militaires (classé au Patrimonial Mondial de l’Unesco) dont les fortifications ont été construites au XVIIIe et utilisées par les suédois, les russes, puis les finlandais, il y a un petit côté Game of Thrones par endroit.

Queeeeeen of the North !

Plusieurs musées jalonnent les chemins, sachant qu’ils coûtent chacun 8€ minimum, il vaut mieux faire son choix en avance. Ou n’en faire aucun, ce qui fût mon parti pris. J’ai néanmoins eu la chance de tomber sur ŠAMAŠ l’installation de Zad Moultaka créé pour le pavillon du Liban à la Biennale de Venise, qui était gratuite.
On est plongé dans le noir, l’éclairage de l’ancienne armurerie se fait au fur et à mesure, au son de chants anciens (?) où chaque voix est diffusée par une enceinte différente. C’était très beau.

Avant de repartir, je me suis quand même aventurée sur une deuxième île, où je n’ai pas croisé un chat, entre les bâtiments abandonnés (hôpitaux, bureaux administratifs, écuries ?).

 

Et j’ai repris le bateau, un peu à contre cœur, pour le continent.

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Kirjasto

[HELSINKI PART VI]

Mardi je me lève aux aurores afin de revoir Tallinn sous le soleil avant de reprendre le ferry pour Helsinki. Je photographie autant que faire ce peut en me promettant de revenir en Estonie.

Le ferry du retour, s’il a sensiblement la même taille qu’à aller, dispose cette fois-ci d’une décoration toute soviétique (ou 80’s), ainsi que de deux musiciens qui jouent « live » du synthé. La reprise de Santana était particulièrement croquignolesque comme dirait l’autre (avant de mettre le terme en vente).

Des personnes prévoyantes ramènent des caddies remplis de packs de bières de l’autre côté de la Baltique (où la vie est environ 2 fois plus chère). Perso, je me contente d’une barre de Toblerone au chocolat noir (chacun ses plaisirs).

 

Pour ces trois nouvelles nuits à Helsinki, j’ai opté pour un hostel dans un quartier différent. Ce qui, sur le papier, semble être une idée plutôt maligne, ne l’est pas vraiment dans les faits.
Le quartier de Kampi, s’il est central, est aussi vraiment moins mignon et typique que le Design district où j’ai logé précédemment.

Quant à mon point de chute, en fait d’hostel il s’agit d’apparts hôtel qui occupent un pâté entier d’immeubles, l’accueil est à 100m de celui qui m’est dédié, le petit déjeuner dans un café plus loin dans la rue (nous y reviendrons), et vu le rythme des check in, ils doivent recevoir des groupes, des conventions commerciales etc.

Surprise en ouvrant la porte, ce n’est pas un dortoir mais un studio avec deux lits. Autant ça ne me pose pas (trop) de problème de dormir avec plusieurs inconnus, autant un.e seul.e ça me fait un peu flipper. Je croise les doigts jusqu’au soir.

 

Ma première mission (une fois de plus), est de trouver de quoi me sustenter (à une heure tardive pour le déjeuner).
J’entre dans la gare qui est signalée par mon guide comme remarquable. À l’intérieur, je tombe sur le Burger King qui l’est tout autant. Afin de pouvoir m’asseoir et observer tous les détails architecturaux, j’acquiers tout de même un Whooper.

Une fois rassasiée je me dirige vers le Kiasma, musée d’art contemporain situé à proximité.

Je prends mon temps pour visiter le premier étage (There and back again, contemporary art from the Baltic sea area, des œuvres intéressantes de Karel Koplimets, Artor Jesus Inkero et Flo Kasearu ), puis le second, avant que ne retentisse un message qui signale la fermeture imminente. À 17h. Raaah.

Je parcoure l’exposition de Grayson Perry au pas de course en m’émerveillant et me maudissant à la fois d’avoir payé 14 balles 1h plus tôt sans vérifier les horaires.

Karel Koplimets a traversé la mer Baltique sur cette embarcation constituée de canettes de bières ❤

Je reprends le Lonely Planet afin de trouver un endroit ouvert après 17h et cours vers la Bibliothèque Nationale qui fait des heures supp jusqu’à 18h.

C’est évidemment somptueux. Je m’installe dans la pièce centrale pour me rassasier les yeux.
(Fun fact : les sacs étant interdits à l’intérieur, chaque lecteur se trimballe avec un petit panier de courses pour transporter ses effets personnels)

En sortant sur le parvis de la Cathédrale (ou place du Sénat) qui domine la ville, j’observe un curieux ballet de personnes suspendues à des cordes, elles mêmes fixées à une grue, qui obéissent aux injonctions d’un chorégraphe ( ?) au sol.

Renseignement pris, ce sont les répétitions pour The Human Net, un spectacle qui aura lieux 3 jours plus tard (nous y reviendrons bis).

18h30, la seule occupation restante est de prendre un verre. Contrairement au samedi précédent, si le soleil est radieux, l’air est frais, je me félicite de mes vêtements d’automne.

Je m’installe d’abord sur un transat de la terrasse du Allas sea pool. Un grand complexe en bois qui dispose de deux bassins d’eau de mer (avec des gens dedans) (en maillot de bain) qui donne sur le port, orientation plein ouest, idéal pour le coucher de soleil.

Au bout de 20 minutes sans que personne ne vienne prendre ma commande, je me dirige vers le bar. Une canette de 25cl coûte 8€. Je poursuis mon chemin.

Un peu plus loin, toujours au bord de l’eau, je trouve une terrasse avec des plaids (malin) et des pintes de Sandels à 5€. La vraie vie en somme.

De retour à l’Hostel Domus Academica, je fais la connaissance de ma coloc, une sympathique étudiante allemande, qui va profiter de ses trois nuits pour rattraper le sommeil perdu lors de vacances entre amis. Je l’apprécie instantanément.

Šokolaad

[TALLINN PART V]

Lundi, il n’y a pas de saumon au petit dèj. Je n’aurai pas le temps de prendre des goûts de luxe (mais il y a tout de même des smoothies aux fruits rouges).

J’ai longuement étudié le plan de bus pour me rendre au Teletorn, la tour de télévision  située en périphérie de Tallinn. La grisaille ambiante me dissuade de faire un stop à Pirita Beach sur le trajet.

Entre temps, j’ai appris que c’était le jour de l’indépendance de l’Estonie (et que globalement, tout est donc fermé). Le bus est blindé de tallinniens (tallinnois ?), car il s’avère qu‘il y a des célébrations de l’Independance Day (The Singing revolution) au pied du Teletorn, qui a été un lieu important au moment de se défaire de l’emprise russe.
Je prends quelques minutes pour regarder les chars militaires d’un œil averti, afin de me fondre dans la masse (même si en vrai, je suis perplexe devant le côté ludique du truc).
Je ne pousse tout de même pas l’intégration jusqu’à accepter un drapeau estonien.

J’achète mon ticket pour l’ascenseur et me retrouve à 170m du sol, avec un panorama à 360° sur Tallinn et les environs. La vue n’est pas totalement dégagée mais c’est quand même pas mal. Il y a des militaires de tout pays en goguette dans l’espace, la mascotte Teletorn trop mignonne me fait coucou, l’ambiance est bon enfant.

Au rez-de-chaussée il y a une expo assez passionnante sur la vie au temps de l’ère soviétique, «There are no bananas. Time travel to soviet daily ». Une foule d’objets, avec les commentaires d’un gars qui a vécu cette période, sont rassemblés par thématiques. Il y a évidemment des choses totalement absurdes, aberrantes, anachroniques, d’autant + quand on percute que ça date d’il y a seulement 40 ans.

Un exemple marrant : le jour où le papier toilette est apparu dans le pays, il était vendu en librairie, car c’était du papier.

Je repars pour le quartier de Kadriorg où se situe, entre autres, un palais.

Premier étape : le salon de thé Katharinenthal car J’AI FAIM ! La pluie se met à tomber très sérieusement, je me sens obligée d’acquérir un gâteau au chocolat pour justifier ma longue présence (fun fact : le chausson aux pommes est nommé « french pie »).

Le grand-père de l’endroit, chargé de tamponner à la main chaque boîte de gâteau, s’installe à ma table. J’aimerai bien discuter mais il ne parle pas anglais, et mon estonien est toujours inexistant (je ne sais toujours pas dire « Au revoir », par contre je connais l’équivalent de « chocolat »). Du coup on se sourit, et c’est déjà pas mal.

Je finis tout de même par quitter mon abri, sans parapluie (damn it). Un chinois s’écarte de son groupe pour m’abriter jusqu’au Palais #bienveillance. Je poursuis jusqu’à la résidence présidentielle mais honnêtement, en regard de la magnificence du centre-ville, c’est limite décevant.

Trempée comme une soupe, je monte dans le tram pour rentrer à l’hôtel, il est 16h…

C’est là que le prix de la chambre se justifie : baignoire !

Dans mon fauteuil club, je commence par swiper sur Tinder (après des discussions avec plusieurs utilisateurs, dans un souci sociologique, je l’ai installé pour voir les différentes typologies selon les villes/pays) (croyez-moi, je n’ai swipé qu’à gauche). Et je regarde les premiers épisodes de la story fantastique d’Elise Costa, qui colle parfaitement à l’ambiance.

Funny girl de Nick Hornby, en anglais dans le texte, finit d’occuper ma soirée.

Kõndima

[TALLINN PART IV]

Je ne vais pas en faire des tartines (lol) sur le petit-dèj mais quand même… Ça doit être sympa d’être riche.

Je pars bille en tête à la découverte de Tallinn. J’ai trouvé par je ne sais plus quel biais, un article avec 10 hidden places of Tallinn à découvrir selon les locaux. Il y en a un, avec les hashtags urbex, street art et architecture qui me fait de l’œil.

Sur le chemin je m’arrête au EKKM, un musée plus ou moins alternatif, qui propose une expo avec plusieurs artistes contemporains (entrée libre sur donation).

J’aime pas mal une pièce, où de la musique de club s’allume par intermittence avec les lumières associées, avant de stopper et de plonger l’ensemble sous une lumière crue.

J’arrive au fameux Linnahall qui est une totale aberration construite sous l’ère soviétique au début des années 80 à l’occasion des JO, pour être la plus grande salle de spectacles et de sports du coin, avec héliport, patinoire, et consort.
Le bâtiment est abandonné depuis plus d’une dizaine d’année, laissé à l’usage des goélands et des habitants, qui y trouvent un super spot pour prendre l’apéro face à la mer, ou exprimer leur talents plastiques.

C’est immense et stalinien, d’un gigantisme dément.

Je poursuis le long de la côte pour aller faire un tour au Seaplane Harbour dont on m’a vanté les mérites. Je fraude le bus pour quelques arrêts, malgré des hommes en armes qui attendent avec moi (des chasseurs ?). Tallinn est la première ville européenne dans laquelle les transports en commun sont gratuits pour les habitants, je me sens comme chez moi, je me persuade que je suis dans mon bon droit. CQFD.

Je regarde le brise-glace à quai et la réhabilitation des hangars maritimes mais le prix du billet stoppe ma motivation déjà faible pour l’histoire maritime de l’Estonie.

Je me dirige vers le quartier de Kalamaja, avec une pause forcée dans un café végétalisé idéal pour bouquiner (Oivaline), à cause d’une soudaine averse.

Les maisons sont immenses, similaires, colorées et en bois. C’est très joli et assez dépaysant (voire anachronique pour l’européenne de l’ouest que je suis).

J’arrive au cœur de ce quartier qui se gentrifie gentiment, à côté de la station de tram Balti Jaam, où un marché couvert immense trône.
J’avale un sandwich au falafel (à ma décharge, c’est le seul mot que je comprends dans le menu, je préfère éviter les risques inutiles) avant de tester Gelato Ladies, recommandé par la Tallinn free map by locals qui me sert de guide (il n’existe pas de city guide de cette ville).
Je valide, même si la température de l’air n’engage pas franchement à se rafraîchir (au moins j’ai eu le temps de la manger avant qu’elle fonde) (coucou Marseille !).

 

À quelques mètres de là, c’est la Telliskivi Creative City qui s’est installée.

Et on rigole mais soyons honnêtes, des bâtiments indus en briques, avec des lettrines en façades, des tables en palettes et des containers réhabilités, dans lesquels des hipsters fiers de leur manbun et de leur barbe, nous servent du café équitable et des gâteaux vegans, c’est ça qu’on aime.

Bref, il y a des créateurs locaux, des pièces de street art, la nature traversée par une voie ferrée, des bâtiments en ruine, je suis en pleine extase.

Le tout est traversé par un vent d’est, une mélancolie automnale.

 

Je file vers les hauteurs de Toompuiestee pour surplomber la vieille ville. J’entre dans la magnifique cathédrale Alexander Nevsky, qui est un palliatif pour qui n’est pas encore allé à Moscou ou St Pétersbourg (moi).
C’est l’heure d’un rituel religieux que je ne saurai nommer, et vu le peu de fidèles en proportion des touristes, c’est un peu comme être au zoo.

Mine de rien ça fait environ 8h que je visite et l’hôtel me tend les bras.

Un mauvais point tout de même, la télé ne lit pas ma clef USB et la saison 2 de The Bold Type devra attendre.

ARMUNUD

[TALLINN, PART III]

Je pose un pied en Estonie (puis le deuxième) en guettant l’averse.
Je suis rapidement stoppée en chemin par des trombes d’eau et un arc-en-ciel.

30 minutes plus tard (le temps d’apprendre le plan de ville par cœur), je parcoure la rue Pik pour la première fois et tombe en amour aussi sec avec Tallinn. Un sentiment inexplicable de bien-être comme cela arrive parfois dans un lieu inconnu (et l’envie immédiate de commander une pinte en terrasse, ce qui trompe rarement) (rappelons que je n’ai pas bu une goutte à Corfou).

Chaque maison, chaque immeuble mériterait d’être photographié. Un projet que j’abandonne assez vite, sous peine de devoir rester trois mois à la place des deux jours prévus.

Les couleurs et l’architecture sont remarquables. Il y a un air de Transylvanie et de Bruges.

(Mon amour des portes et des fenêtres fût comblé)

Le niveau de vie étant plus abordable de ce côté de la mer Baltique, je me suis offert un hôtel. Après l’agréable surprise de la chambre (cafetière Nespresso, chocolats de bienvenue, chauffage au sol, baignoire massante etc.) et l’hallu de la prestation petit-déjeuner du lendemain (pancakes frais + saumon + smoothies etc.), je vérifie la facture réglée un mois plus tôt.
Je pense que je devais en avoir vraiment marre de scroller sur Booking.com et que j’ai fini par un choisir un sans regarder le tarif. (100€/nuit, rien de fou pour beaucoup j’imagine, mais rappelons que je suis bigoudène).

Au-delà de cette débauche de luxe, l’avantage majeur d’avoir SA chambre c’est de ne pas avoir besoin de se désapper dans le noir quand tu vas te coucher (et de pouvoir allumer la lumière en pleine nuit pour lire quand tu te tapes une insomnie).

Le Kreutzwald hotel est néanmoins un peu excentré et, si je ne suis pas froussarde, je pense que le boulevard qu’il faut suivre pour rentrer pourrait en dissuader plus d’un.e.

 

Je retourne au plus vite dans le centre-ville afin de goûter les spécialités locales. Nous sommes samedi soir, les touristes sont de sortis, l’ambiance est chaleureuse.
J’entre d’abord dans le Beer Temple (500m² environ) et sort au bout de cinq minutes après que les serveur.euse.s en costumes folkloriques se soient soudainement lancés dans une petite danse. C’est trop pour moi.

Je retourne rue Pik tester le Hell Hunt qui m’avait fait de l’œil dès mon arrivée. C’est plus local, ils passent les Black Keys, ils font des onions rings, je me sens mieux à mon aise !

Lämpö

[HELSINKI PART II]

Je me réveille au doux son d’une conversation en chinois (non) car j’ai été obligée de céder à l’appel des hostels (mon compte en banque tout du moins). C’est un questionnement sans fin sur la bienséance des gens du monde : comment se permettre la lumière et les voix hautes en dortoir quand les autres dorment !??

Je me félicite d’avoir pris quelques paquets de Petits Déjeuners dans le sac (#bigoud) car le « breakfast included » consiste uniquement à avoir du thé / café en libre service.

J’ai jusqu’à 15h pour commencer ma visite de la ville avant de tracer en Estonie. Je me lance donc dans Punavuori, surnommé « District design ». L’air est assez lourd, le soleil brille, je commence à regretter de n’avoir pris que des vêtements de mi-saison (spoiler alert : ce sera de courte durée).

Les immeubles sont colorées et l’architecture a un petit côté soviet (comme pour l’œuf ou la poule, je ne sais pas si c’est les russes qui se sont inspirés ou l’inverse) (cela doit tout de même être plus facile de trouver la réponse).

Il règne une douce quiétude pour un samedi, les passants se font rares, je ne saurais dire si cela est dû aux vacances ou au quartier que j’arpente. J’arrive en bord de mer où un container fait office de stockage pour un terrain de crossfit en plein air !

Dans la mer, j’aperçois des baigneurs. Ce qui, même s’il fait facilement 23°C, me parait un peu aventureux.

Je poursuis vers le Kaivopuisto, probablement mon lieu préféré pour venir bouquiner si j’habitais dans le coin ! J’ai la colline de l’Observatoire comme objectif. Je tourne bien évidemment 15 bonnes minutes avant de capter qu’elle est sous mon nez (et qu’elle n’a pas grand intérêt).

Je redescends vers le Designmuseo qui présente le travail de Daniel Rybbakenin, un designer méga connu. C’est plutôt intéressant et même si je ne mettrais pas tout chez moi (les prix ne sont pas indiqués), il y a des lampes notamment qui me plaisent bien.

Une rétrospective du design finlandais est en permanence accessible au rez-de-chaussée, on peut tester la fameuse ball chair de Eero Arnio (j’en veux une, on se croirait dans un cocon !), avec des pièces vraiment cools.
Ça permet de découvrir des noms et des marques phares du cru, telle que Marimekko qui dispose effectivement d’un magasin à chaque coin de rue dans la ville, et que l’inventeur du logo Lucky Strike était français. OUI MADAME !

Le premier étage est consacré à Timo Sarpaneva, qui travaillait principalement le verre. Les vidéos dans l’atelier de verrerie sont assez fascinantes, ça permet de comprendre (un peu) comment il a réussi à faire des pièces aussi parfaites dans un matériau pareil.
Ses tissus tie & die m’ont moins marquée, même si apparemment Andy Warhol lui aurait conseillé d’aller les vendre à Woodstock pour faire fortune (ce qu’il n’a pas fait #intégrité).

 

Je repars vers l’eau pour le déjeuner, Vanha Kauppahalli, les halles du port, étant recommandées par le Lonely Planet (j’ai vu passer un tweet la semaine dernière à ce sujet, je n’avais jamais percuté à quel point ce nom de guide était d’une infinie tristesse).

J’opte pour des eggs benedict chez Story. Ce n’est pas très couleur local mais l’important c’est de se faire plaisir et ça me tentait plus que le hareng fumé.
J’en profite pour écrire mon article sur la Route du Rock, je trouve assez chic de faire ça en terrasse au soleil sur le port d’Helsinki (avec un stylo et sur une feuille de papier #vintage).

Je reprends la route de l’hostel en passant par la place du Marché. Ils vendent à balle de fruits rouges et myrtilles, je ne savais pas que ça poussait dans le coin. Comme je suis sur le départ, je remets ma gourmandise à plus tard. Résultat, je n’en ai pas mangé de la semaine…..

Je prends un café dans la cuisine commune en passant (il n’y a pas de petits profits), où trois américains découvrent l’astuce de la Pom’Potes pour faire entrer de l’alcool en festival. C’est mignon (si ce n’est qu’il est 14h et que la bouteille de vodka est déjà aux ¾ vide #summerbreak).

 

Je confesse avoir pris le tram sans ticket pour aller au terminal du ferry, mais c’est parce qu’il n’y avait pas de borne à l’arrêt et que j’avais aucune idée de l’endroit où en acheter (je ne sais toujours pas).

Je ne sais pas trop pourquoi, vu la durée de la traversée (2h), je m’imaginais un bateau de taille modeste. En fait on est sur du ferry de compèt, comme pour aller en Angleterre ou en Corse de nuit : supermarché, salle de ciné, casino and so on.
Le petit plus indispensable pour un voyage entre Helsinki et Tallinn, des villes méridionales comme chacun sait, IL Y A LA CLIM’ !!!

(Je sors tout juste d’une salle de ciné dogvillienne et je vais finir par fondre un câble à force de devoir prendre un pull pour supporter les températures polaires qu’on nous impose sous prétexte de confort. Si vous ne le faites pas pour nous, pensez à Nicolas Hulot bordel !).

TERVETULOA

[HELSINKI, PART I]

C’était ma première envie pour les vacances de mai. Les températures annoncées et mon besoin de soleil m’ont rapidement fait basculer vers des horizons plus méditerranéens.

Pour le mois d’août, après une session caniculaire bucco-rhodanienne, et un retour à la tempérance en Finistère, la semaine autour de la mer Baltique paraissait plus envisageable !

 

Ce genre de destination n’étant accessible que depuis la capitale, j’ai débuté mon voyage en empruntant le Ouigo en partance de Dogville.
Dans lequel tout est fait pour te rappeler que tu as « choisi » de circuler dans le train des PAUVRES !!
La crasse des vitres, le confort des sièges (pourquoi les décaler de la vitre ? Mis à part pour t’empêcher cruellement de dormir contre), les annonces micro faites par des animateurs Virgin Radio, l’absence de poubelles (je découvrirai plus tard que c’est aussi le choix discutable fait dans les nouvelles rames de TGV) (je suis sans doute trop pessimiste, nous allons sûrement tous ramasser nos déchets dans nos sacs avant de descendre) et l’arrivée en gare de Montparnasse Vaugirard, une sorte de quai 9 ¾, sans le côté magique.
(Passons sur les contemporains qui n’ont pas encore découvert l’existence des écouteurs pour visionner un film)

 

J’ai la journée à tuer dans la capitale, je me fonds dans le tissu local en me délectant d’une salade de boulgour Franprix dans les Jardins du Luxembourg, avant d’aller voir Love, Simon au Lucernaire.
Ca tient plus du Christmas episode de 13 Reasons why que d’un film à voir au cinéma, mais le sujet est louable.

Je file naïvement vers Denfert-Rochereau pour prendre l’Orlybus. Je patiente sagement que le bus arrive après avoir acheté mon ticket. 3 minutes plus tard, il s’est garé 100m plus loin et je vois une cinquantaine de personnes entamer le sprint de leur vie pour entrer par n’importe quelle porte du véhicule.
Je ne sais par quel miracle j’ai réussi à m’imbriquer sur une place assise avec une jambe en l’air et les bras recroquevillés. Ça tient d’un mix entre l’escape game et le Tétris, c’est assez ludique.

Je finis par arriver dans l’avion de la Norwegian Air où la perspective d’une pré-nuit de 3h me fait de l’œil. Avant de voir une dame avec un bébé s’installer à côté de moi. Prenant un malin plaisir à tordre le coup de mes a priori, cet enfant a été extrêmement calme (ou muet, l’histoire ne le dit pas).

Dans l’aéroport d’Helsinki, je prends rapidement conscience que toutes mes connaissances en langues étrangères (somme toute restreintes) ne me seront d’aucune aide pour comprendre ou communiquer avec la population locale. Le finnois, c’est un peu comme si vous colliez des lettres au hasard, des accents par-dessus pour faire joli, et que vous décrétiez que c’est un mot (comment ça, j’ai une vision latino-centrée du monde !?).

Je suis les pictogrammes et monte dans le bus 96 à destination du centre-ville. 45 minutes de trajet nocturne qui me permettent d’épier mon voisin qui joue à un Call of like, en alternant avec du stalking de meufs sur facebook, ainsi que les finlandais qui montent au fur et à mesure des arrêts. C’est plutôt blond platine ou noir corbeau niveau capillaire, et t-shirt Iron Maiden de rigueur #cliché.

 

À 00h30, près de la gare, je loue une fois de plus Google Maps et l’abandon des frais d’itinérance.

C’est vraiment chouette [Soundcheck #63]

Pour une fois, j’ai été prévoyante, j’ai planifié plusieurs sas de décompression afin d’adoucir la rentrée après 5 semaines de pause (je travaille beaucoup le reste de l’année) (si). Le premier fût de passer par Rock en Seine à ma descente de l’avion en provenance d’Helsinki (nous y reviendrons).

Je commencerai par louer le système d’entrée du festival, à la sortie du tram et du métro, qui fluidifie parfaitement la masse de festivaliers en un minimum de temps.

Je fonce vers The Psychotic Monks que je voulais absolument découvrir. À raison. C’était très bien.

Ce sont de jeunes gens (il faut que je me fasse au fait que les groupes émergents ont désormais environ 15 ans de moins que moi) que l’on qualifiera d’habités par leur musique. Du rock psyché post punk (on ne sait plus) intense, mené par un guitariste en robe (la mode cet été probablement*) et un autre guitariste en pantalon, totalement investis dans leurs morceaux.

 

SG Lewis semble pas mal de loin, son accent londonien me ravit évidemment entre deux morceaux, sinon ça reste de l’électro pop gentillette pour fluokid.

 

Au-delà de l’envie de retourner à Rock en Seine que j’avais adoré il y a deux ans (et de repousser le retour au bercail), c’est le nom de Cigarettes After Sex qui m’a décidé à acquérir un billet (qui n’est pas donné, soi-dit en passant #IciCestParis).

Je le savais que c’était un endroit totalement inadapté pour les voir, que ça n’avait aucun sens de les faire jouer à 17h, en plein air, sur la plus grande scène du festival mais… Que voulez-vous, je fais parfois preuve d’un optimisme béat (c’est tout de même rare).

Ils sont entrés sur scène et en les voyant chacun à 10m l’un de l’autre, pour tenter d’occuper l’espace, visages fermés (à sa décharge, on se doute bien que Greg Gonzalez n’a pas écrit un tel album en respirant la joie de vivre), je me suis vite doutée que je n’allais finalement pas louper le début de Tamino à l’autre bout du site.

C’était chiant. Voilà. C’est dit.

J’ai plus vibré en écoutant l’album en mp3 sur l’île de Suomenlinna (nous y reviendrons) quelques jours plus tôt qu’en les voyant sur scène. Je ne comprends pas à quel moment le mec peut se dire que c’est une bonne idée de se produire dans ses conditions, alors qu’une Cigale (par exemple) conviendrait tellement mieux. Si ce n’est la stratégie de faire le minimum de concerts pour un maximum de cachet. Mais ne soyons pas cyniques…..

Si vous ne connaissez pas encore cet album, il est temps. Personnellement ça fait plus d’un an et je ne suis toujours pas rassasiée de sa beauté.

 

J’ai donc vu le set de Tamino en entier. Une excellente décision. La spécialiste qui m’accompagne est formelle : « C’est le groupe de l’hormone ». Et puis Wikipédia nous apprends que c’est surtout le groupe de l’hormone pour les mineur.e.s (ou les gens qui ne craignent pas la prison).

Le clavier est d’ailleurs vêtu d’une chemise à demi transparente, qui permet de paraître habillé tout en exposant son corps de jeune éphèbe. Audacieux.

Cela dit, ça n’empêche en rien de reconnaitre surtout les qualités artistiques du jeune homme qui livre un set fort appréciable. Il a une voix d’une profondeur dingue.
Je n’en attendais pas moins d’un belge #BelgiqueVie et j’ai hâte d’avoir l’album qui sort cet automne.

 

Je poursuis avec Octavian, un jeune rappeur londonien. Belle énergie, flow correct mais très inabouti. On n’offensera personne en affirmant que c’était du playback et il coupe chaque turn up, ce qui est assez frustrant (surtout pour les gens qui lancent les circle pit).

Le fait que son pantalon tombe en permanence car sa ceinture n’est pas assez serrée, m’a stressée pour lui tout le long du set.

 

Je vais finalement voir un bout des Insecure men (side project de Saul Adamczewski des Fat White Family) dont le concert est totalement inaudible (je n’accuserai certainement pas les ingés son, connaissant les zouaves).

 

Comme j’ai déjà vu Liam Gallagher un mois plus tôt, et que je souhaite que ça reste un souvenir rare et précieux, je me dirige vers PLK, un des mecs de Panama Bende. Le DJ commence par des remix de Damso #BruxellesVie et Lomepal, ce qui, si ce n’est pas désagréable, est un peu léger pour du live. Finalement les rappeurs arrivent, c’est pas dingue, sans être nul.

 

Je pars à la conquête de nourriture. C’est à ce moment que je me rends compte à quel point le site est vide, limite un peu glauque par endroit, il n’y a la queue nulle part.
La guéguerre qui occupe les professionnels de la profession depuis des mois se solde par un double échec. Bien joué les gars !

Je finis par opter pour un stand de « crêpes » où je paye 6€ une blé noir à l’emmental. SIX EUROS. (Inutile de préciser qu’elle n’était pas bonne).

Je maugréé en mangeant devant Fat White Family, qui a convié tous les Insecure Men sur scène, alors que franchement, ça ne sert à rien d’être huit (mention spéciale au saxo et à la bassiste dont on n’entend pas une note)… Ça délaye complètement la force de leurs morceaux (que l’on retrouvera le temps d’un duo bienvenue entre Lias et Saul).

Bref, loin, très loin, mon choc scénique des débuts. C’est là qu’on est en droit de se demander si arrêter la drogue et l’alcool est forcément une bonne chose pour la production artistique (vous avez 3h).

Cette crêpe étouffe-chrétien m’a donné soif mais il me manque 50 centimes sur mon compte cashless pour acquérir une pinte. Heureusement les bénévoles ont la main sur le cœur et savent comprendre les situations d’urgence.

 

Pour finir en beauté, on se dirige vers la grande scène pour acclamer Jared Leto aka Jordan Catalano (les vrais savent) aux côtés de teenagers en fleurs.

Le leader de 30 second to Mars, uniquement accompagné par son frère à la batterie, et une PBO (+ Waxx le frenchie à la guitare pour un morceau), est vêtu d’une tenue engagée (#privatejoke) : lunettes de soleil, robe de chambre (décidément*) fleurie sur jogging vert qui lui donne des airs de gourou illuminé.

Clairement, tu restes pas pour la musique (il y a vraiment eu plusieurs morceaux différents !?), ni pour la voix (il passe la plus grosse partie du set à parler ou crier « Jump jump / make some noise »), mais le show est plutôt marrant (le lâcher de ballon c’est toujours efficace).

Sachez, pour la petite anecdote, que Jared Leto a 46 ans (ça ne nous rajeuni pas ma bonne dame !).

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Après des frayeurs passagères, une sombre histoire de digicode et American Boy d’Estelle à fond dans un taxi, j’ai fini par dormir avec un rat certes, mais domestique ! (Gratitude éternelle)

You’re a little intimidating… [Soundcheck #62]

 

En entrant dans la NV, un arôme familier me saisit.
Une fragrance de sueurs mêlées de bière, imprégnée dans les murs et le sol. Je réalise soudain que cela fait 25 jours que je n’ai pas vu de concert (et au moins deux mois que je ne suis pas entrée dans une salle) et que cela peut expliquer un semblant de fébrilité.

 

J’arrive en retard pour Marlon Williams, une sombre histoire de mauvaise sortie de 4 voies (la vie refuse que j’aille au nord de Dogville).

Une perche longiligne au sourire charmeur mais à la coiffure approximative (le simili mulet reste audacieux en 2018) est entouré de trois musiciens.
Je suis assez vite conquise. L’ampleur de sa voix est accentuée par une légère reverb, les graves comme les aigus ne semblent pas lui poser la moindre difficulté.

Son très bon guitariste tâte aussi des machines et du violon, enrichissant les compositions au-delà du classique guitare-basse-batterie.
Un folk blues de très bonne facture donc, auquel je note, en regardant les clips, un petit côté Elvis Presley que je n’avais pas perçu.

 

Ezra Furman prend la suite, devant un micro bleu roi assortir à la kippa qu’il portait un peu plus tôt dehors en lisant (la torah ?).

Maquillage, robe, collier de perles, quatre musiciens de blanc vêtus.

Je me dis assez rapidement que j’ai du le confondre avec un autre Ezra car je m’attendais à un truc posé et je me retrouve à écouter du glam rock.

De très bons morceaux, comme No place, (certaines mélodies au saxophone notamment), et d’autres. C’est moins ma came, j’opte pour la position assise dans les « gradins » afin de me ménager, tout en saluant la performance (je vous engage à vous renseigner à son propos, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est habité par son art).

 

Pour finir c’est The KVB !! Que je n’ai toujours pas eu l’occasion de voir !
D’où ma surprise quand ils entrent en scène, je ne les imaginais pas du tout comme ça. C’est quasi des ados, moyennement charismatiques pour être honnête, carrément pas expansifs (ça c’est logique).

Mais la musique est là. Forcément il y a un t-shirt de Joy Division à proximité et quelques britts dans la salle.

Un habitué (coucou !) me glissera à la fin qu’ils jouent bien plus fort d’habitude (c’est vrai que je n’ai pas utilisé mes bouchons), et malgré tout j’ai senti le son m’envelopper, la cold wave s’emparer de mon corps, le shoegazing me guetter.

J’attends le nouvel album avec d’autant  plus d’impatience.

 

Notons pour finir, c’est assez rare pour être signalé, que Magnetic Friends et Topper Harley ont fait de très bons mix en inter-plateaux.