C’est un top 5.

Chaque année je failli à dresser un Top 10. Il va sans dire que ce n’est pas 2020 qui m’aura aidé. 23 films vus contre une soixantaine habituellement, je me contenterai d’un Top 5 composé de deux documentaires et deux films asiatiques. Le monde change.

Un pays qui se tient sage de David Dufresne

Parce que l’injustice crasse, pour la colère sourde.

Le lac aux oies sauvage de Diao Yi’nan

Pour les couleurs et le trouble.

Séjour dans les Monts Funchun de Gu Xiaogang

Pour l’entremêlement captivant des existences.

Adolescentes de Sébastien Lifshitz

Parce que l’implacable déterminisme social.

Drunk de Thomas Vinterberg

Pour l’expérience anti-hygiénisme et Mads Mikkelsen.

Je chiale et je trépigne en attendant de créer ma liste « 2021 ». Vivement !

Je vais prendre les escargots [Soundcheck #79]

[INOUïSduPdB, PART V]

Toujours pas de petit-déjeuner pour les braves dormeurs en ce troisième et dernier jour berruyer. Je profite malgré tout de l’opulence de cette chambre 3* où une bouilloire et des sticks de café sont à disposition.

À midi pile (11h50 en vrai), je suis installée chez La Mère Poule, l’estomac dans les talons (si quelqu’un, autre que Wikipédia, a une explication pour cette expression, je prends) et l’impatience en bandoulière. Je commande un Perrier tranche. Alors que je n’ai même pas la gueule de bois. Par pur plaisir. Je me gifle mentalement.

La ponctualité n’étant pas la qualité première de mes rendez-vous du jour (no offense), nous loupons le premier concert de 13h. Ce qui n’est finalement peut-être pas un mal vu ce qui nous attend. Le soleil chauffe, la bouffe est bonne, l’été une réalité.

Nous arrivons dans le Palais d’Aurons pour Ndobo-Emma. Une jeune femme qui chante et son musicien aux pads. Je suis (mal) assise sur un tabouret devant un mange-debout et je dois dire que ce qui se passe sur scène ne me passionne pas assez pour que j’en fasse fi.

Je chope une place plus confortable pour Oordaya. Une jeune femme qui chante et son DJ (et deux danseuses). Heureusement parce que ça ne me fascine pas non plus, même si l’apport de la danse est bienvenu pour pimper un peu l’ensemble.

J’étais curieuse de voir Yellowstraps #BelgiqueVie mais ça n’a pas été plus concluant. La faute aux statistiques, il fallait bien que ça arrive, la moitié du duo est malade donc absente. Je ne vais pas tirer sur l’ambulance, c’était vraiment courageux de venir malgré tout. Un bassiste ami a accepté le remplacement au débotté, vous connaissez mon amour de la basse….. Alors quand c’est le seul instrument sur scène…
Ajoutez à ça une salle qui se vide au fur et à mesure que tous les pros repartent vers leurs régions respectives, une certaine gênance s’installe.

C’est l’heure d’une petite pause dont je profite pour tenter de trouver une boulangerie. Mais des cookies Granola chez Vival c’est bien aussi hein.

Ca reprend avec Alicia. Une jeune femme qui chante avec un DJ. Tu le vois l’émoji avec le sourire crispé ? C’est  quand même un peu plus intéressant que les précédentes, elle a une chouette attitude.

Allez ça enchaîne avec Sally. Qui est, je vous laisse deviner, oui c’est ça, une jeune femme qui chante avec un DJ. Que j’ai déjà vu cela dit, et dont j’avais apprécié le live. Pas de bol, les 6 mois devant Netflix et un changement d’acolyte ne lui ont pas réussi.
Que cela ne vous empêche pas de la découvrir néanmoins, grâce à Colors Show.

Je m’interroge sur la pertinence d’enchainer autant de chanteuses qui font du playback (peu ou prou), quasi seules en scène, sur un même après-midi. Ca les dessert forcément, peu importe leurs potentielles qualités intrinsèques.

Bref, quand Bekar arrive, je suis au-delà de toutes attentes car c’est le dernier concert, j’aime bien ses morceaux, et on ne peut pas repartir sans avoir vu un seul bon concert de la journée bordayl !
Alors certes c’était pas parfait, mais ils sont quatre sur scène (QUATRE !!), il y a une vraie énergie de groupe, La mort a du goût est un tube qui reste dans la tête, le flow est cool, ça fait du bien !

La route du retour des vacances est évidemment constituée de Bounty glacés, de bouchons, d’anecdotes et de pizzas pour adoucir le retour au réel qui, comme chacun sait, est cruel.

Merci de respecter les gestes barrières [Soundcheck #79]

[INOUïSduPdB, PART IV]

Perdus dans les caramels au beurre salé et les bouteilles de bières qu’il faut finir (on va pas s’emmerder à les ramener dans l’autre sens), on arrive au beau milieu du set de Dahlia alors on est bien obligé d’aller dans les gradins. C’est pas si mal cela dit, il y a une belle vue sur les scènes.
Et sur la tenue total latex de la chanteuse. J’ai rien contre, mais quand on fait un choix aussi engagé il faut l’assumer à fond.
Bref au-delà des considérations vestimentaires sur la chemise transparente tétons apparents de l’homme qui complète le duo (parité oblige), musicalement je n’ai plus aucun souvenir quinze jours plus tard.
Je vous laisse tirer vos propres conclusions.

Je résiste à l’appel de la ginger beer #alcoholfree pour voir la première moitié du set de Stuffed Foxes. Ils sont six, ils sont chevelus, ils font du rock, et j’aimerai bien être devant la scène, debout, une bière à la main, en train de danser.

L’interplateau nous permet de nous rasseoir aux premières loges pour Parade, LA curiosité que j’attends de pied ferme : ils sont marseillais et ils font du rock. C’est un oxymore parfait. Je ne sais pas d’où ils sortent, s’ils ont des amis là-bas ou s’ils vivent cachés dans une cave, leur existence me fascine.
Leur concert est un bonheur, c’est bien fait, c’est honnête, sans chichis ni postures. C’est ça qu’on veut  !

J’avais dit que je voulais voir Michel. Bon. Autant sur Spotify y’a un potentiel, avec des titres qui commencent tous par « Michel » (Michel en illimité, Michel et sa go, Michel en PLS), autant sur scène c’est le naufrage.
Le mec ne fait même pas semblant de faire du playback (il fait ses propres backs par contre…..), ou d’avoir une quelconque attitude sur scène. On se croirait à la fête foraine de Berck-sur-mer ou au championnat régional de tunning des Hauts-de-France. Et encore, si c’était joué à fond, ça aurait pu passer.
Vu qu’il y avait deux autres groupes de cette région en compétition, on ne peut même pas se dire qu’il a été choisi par défaut.
Bref, tout le monde n’est pas fait pour la scène. C’est con parce que le concept, l’imagerie et l’album sont vraiment cools. Et c’est celui que j’écoute le + depuis mon retour de Bourges au final.

C’est à Khadyak, inconnue au bataillon alors qu’apparemment elle a déjà fait des premières parties de stars. Bon (bis). Je dis pas que c’est inintéressant, elle danse, elle a une présence, mais franchement, le playback sur une bande son qu’elle lance elle-même, je ne suis pas très adepte (oui je sais, on est en 2020) (et ce sera bien pire le lendemain).

Comme à chaque inter-plateau, le message vocal nous rappelant les consignes sanitaires résonne dans le Palais d’Auron. Les 10 premières fois franchement ça passe, les suivantes on est plutôt sur un « oh ta gueuuuule… » sympathique mais sincère.

Romane Santarelli prend place et nous sert un set électro impeccable. MERCI. C’est le moment où la frustration d’être assise est la plus grande.

Le dernier groupe de la soirée se nomme Cheap House, en écoutant la playlist je m’étais dit qu’ils portaient bien leur nom.

Donc nous sommes partis à la recherche de nourriture. Ce qui est une aventure en soi, un jeudi de septembre, à Bourges. Ca finit au foodtruck hors de prix de l’espace pro où l’after se fait sans musique, afin de ne pas tenter les danseurs en puissance. Sage.

On est assis mais on est vivants [Soundcheck #78]

[INOUïSduPdB, PART III]

Jeudi je fais une croix sur le petit-dèj (qui a décrété que les hôtels devaient arrêter de servir après 10h30 ? Quel est l’intérêt, notamment quand tu es en vacances, si tu peux même pas faire une grasse mat’ !?). Heureusement j’ai un petit stock de nourriture dans mon sac pour tenir jusqu’au déjeuner avec un finistérien #breizhatao.

Pour une fois que je n’ai pas 5 concerts par heure dès midi quand je suis à Bourges, j’en profite pour faire un petit tour du centre-ville (il fait toujours 32 degrés <3), c’est vraiment une belle petite ville, avec des pavés, des colombages, plein de boutiques, des enseignes vintage et une grosse cathédrale.
Je vous aurais bien déconseillé la brasserie dans laquelle on a mangé mais je n’ai pas pris la peine de retenir son nom.

À 16h c’est reparti pour un tour, gel, masque, bouchons, chaise.

Ca débute par Merryn Jeann, accompagnée d’une violoncelliste qui a quelques soucis de branchements au départ, ce qui n’entache un rien un très beau set. J’y reconnais des ondes celtiques, des influences irlandaises (elle a des instruments bizarres), mon flair est parfait vu qu’elle nous annonce une nationalité australienne.
Elle a également un pantalon Desigual (ou assimilé), mais qui n’affecte pas non plus cette sensation d’assister à un concert de qualité.
Merryn Jeann a remporté le Prix du Printemps de Bourges, pouce en l’air !

Ensuite c’est au tour de Fyrs, je suis saucée de ouf car ça fait 8 mois que j’écoute leur seul titre dispo et que je suis censée les voir en live. Mission accomplie, plaisir maximal. Pour le coup, j’aurais bien aimé que le set dure + de 25 minutes !
Ils sont tous les trois (guitare, claviers, batterie) en front de scène, c’est très élégant. Comme je suis relativement jeune, je n’ai pas noté, à l’instar de mes voisins (bisou), à quels vieux groupes se référait chaque morceau. De toute façon, rien ne se crée, tout se transforme.
Par contre sur les lumières, j’aurais bien vu une créa uniquement blanche ou bleue pour renforcer cette élégance justement.


Aucune crainte pour La Battue, je les ai déjà vu plusieurs fois, c’est le groupe breton de l’édition, j’ai la main sur le cœur et les cordes vocales échauffées pour houhouter à la fin de tous les morceaux !
Le final sur Attacus Atlas ne cesse de me transporter à chaque concert, c’est pro, c’est beau, c’est calé, ça fait plaisir de les voir.

Encore un groupe pour lequel je suis impatiente car leur session vidéo pour le Printemps Imaginaire était terrible : YN.
Duo rappeur-batterie, clairement à l’ancienne dans le style de hip-hop qu’ils présentent, dotés d’une intensité assez remarquable. Leur set m’a néanmoins laissée en demi-teinte car la même structure est utilisée sur majorité des morceaux et la façon de rapper finit par manquer de nuances.
Il y a un potentiel énorme cela dit, et le titre B met des bombes est une pépite de scansion pour mettre le public en transe.



Quatre concerts satisfaisants d’affilée, je m’accorde une pause pour m’en remettre, d’autant que j’ai pas spécialement envie de voir le groupe suivant (no offense).

Je reviens en salle pour Bandit Bandit. À l’écoute j’ai un doute, sur le papier ça devrait me plaire : c’est rock, c’est signé chez Cold Fame.
Oui mais non. Trop de postures tue la sincérité et j’ai du mal avec les gens qui surjouent le côté rocker « ouais on bouge les cheveux et on fait semblant de se rouler des pelles on est trop cools »*.

Donc je pars avant la fin, par l’odeur des crêpes alléchées, car c’est l’heure du pot breton (et quand je dis crêpes, je dis bière, parce que cimer la Kro disponible dans les bars officiels…….).

C’est dans ces moments de rencontres informelles que je constate que, si je suis extrêmement physionomiste d’habitude, je suis très mauvaise dès qu’un masque entre en jeu. Je crois que c’est la première fois de ma vie que des gens me reconnaissent alors que moi non. C’est pas forcément plus plaisant que de se prendre des vents, mais ça change !

*Il s’avère que c’est un couple donc, c’est à mettre à leur crédit, ils ne faisaient pas semblant.

Y’a ma mamie dans la salle ! [Soundcheck #77]

[INOUïSduPdB, PART II]

À 21h pile je suis de nouveau en place. Mais ça ne commence pas. En pleine digestion, assise, j’ai vraiment besoin qu’on tienne les horaires svp.

J’étais curieuse de voir Leys, j’ai été servie ! Vêtue d’une tenue de patineuse artistique (strass et paillettes), elle enchaine les morceaux avec un flow et des textes à la hauteur. Y’a rien à dire, c’est carré.
Elle a remporté le Prix du jury, tout à fait mérité.

 

Dès les premières notes de Francoeur, j’ai cru que c’était l’heure de la pause clope. Une blondinette mood Fifi Brindacier qui se pointe avec une harpe, ça faisait beaucoup.
Finalement j’ai été capté par les morceaux et sa malice, c’était un peu envoûtant.
Par contre j’ai toujours pas compris pourquoi des spectateurs brandissaient un drapeau breton à son nom alors qu’elle est d’Auvergne…

 

J’ai quasiment loupé tout le set de Taï Z mais accordons lui tout de même le prix du seul artiste qui s’est mis torse nu durant ces trois jours. Il en faut.

J’ai hâte de voir Terrier, loupé aux BarsenTrans car La Place était blindé de monde (étonnant). Je suis un peu déçue, je trouve le son pas ouf, je n’ai pas l’évidence que j’attendais après avoir écouté quelques morceaux enregistrés. Après, il a un an d’existence et rappelons qu’aucun groupe n’a joué depuis 6 mois, donc je demande à revoir.

 

Un truc chouette, c’est que les 34 groupes venaient de passer quelques jours ensemble pour un stage de structuration professionnelle et on sentait une ambiance colo dans les applaudissements qu’ils se prodiguaient les uns les autres. Parce que pour le reste du public c’était majoritairement des pros, et soyons honnêtes, on n’est pas sur un public des plus démonstratifs.

 

La star de l’étape c’est P.R2B. Même si elle concoure sous l’étiquette Ile-de-France, elle a grandi à Bourges. Elle nous précise que c’est une grande émotion pour elle de jouer ici, mais vraiment il n’y avait pas besoin de le dire pour le voir. « Y’a ma mamie dans la salle ! ». C’était probablement pas le bon moment du cycle car j’ai failli chialer en entendant ça.

Bref, je l’avais vu il y a deux ans au BarsenTrans (une fois où j’avais pu rentrer à La Place), elle avait séché tout le monde en alternant entre chanson française au piano ou a capella et morceaux rappés. Depuis, la voie de la chanson a été privilégiée, ce que je trouve assez dommage.
Ca manque d’équilibre et de folie comme ça pouvait être le cas. Aucun souci à se faire pour sa carrière malgré tout, il y a du talent sous la tension, sous les tics, dans les textes à fleur de peau.

 

Je n’attendais rien de Jyeuhair (à part peut-être de comprendre comment prononcer ce nom) et a priori ils se foutent de me donner tort, on sort au bout d’un morceau.
Tant mieux car ça devenait compliqué à gérer les lunettes/masques/bouchons/bière.

Moi je vais turn up et vous allez rester assis. [Soundcheck #76]

[INOUïSduPdB, PART I]

Mercredi 16 septembre, je suis levée dès l’aube, prête à tous les sacrifices pour rejoindre la zone verte et ses promesses de concerts. Je redécouvre par la même occasion la voix de Nicolas Demorand (et de Gérard Larcher, mais c’est moins plaisant).

Cinq heures, des retrouvailles et un repas de luxe plus tard (les délices des aires d’autoroute), je m’empresse d’aller poser mes affaires à l’hôtel afin de louper le moins possible du premier set. Je me félicite d’avoir appris de mes erreurs de cet été en ayant freiné ma radinerie mon esprit économe pour réserver un 3*.
(Blague à part, au-delà de mon origine bigoudène, je suis très peu au fait des normes en vigueur dans l’hôtellerie française et j’étais assez surprise de découvrir que 3* c’est bien le minimum pour avoir une chambre correcte).

Je courre vers le Palais d’Auron le nez à l’air (Bourges est en zone libre je vous le rappelle).
J’avais un peu peur de trouver l’endroit glauque, dépourvu de gens ivres debout, avec une jauge réduite au tiers et des spectateurs assis, mais la fosse transformée en formule cabaret rendait le truc presque convivial.

Je me place bien évidemment devant et en plein milieu. Afin de reproduire l’esprit initial des INOUïSduPdB qui alternent d’habitude entre le 22 Ouest et le 22 Est, la scène a été scindée en deux. C’est plutôt malin et ça évite de perdre du temps en changement de plateau.

Je serai bien incapable de fournir un quelconque avis sur les deux derniers morceaux que j’ai vu du set de Baron.e. Honnêtement, j’étais tellement contente de voir des musiciens jouer devant moi qu’ils auraient pu faire n’importe quoi, ça ne m’aurait pas empêché d’avoir la larme à l’œil (sauf du reggae évidemment, on a des limites tout de même) (RIP Toots, big up à tous les massives).

Si tant est qu’il y avait un doute, ma vie ne vaut pas la peine d’être vécue sans concerts. Point.

Ca enchaine avec Danyl que j’avais déjà vu aux BarsenTrans en décembre dernier. J’aime bien son énergie, il a une bouille souriante. Il passe parfois aux claviers, son titre Unité reste bien en tête, c’est un chouette set.

(Chaque artiste concoure dans une catégorie esthétique pré-définie que je vous épargnerai car cette année, pour tenter de s’adapter à la fusion de tous les styles par les artistes des années 2020, le mot « pop » a été ajouté à chacune. On est donc sur du « hip pop », de l’ « électro pop » etc.)

 

The Doug arrive sur scène, il a le mérite de la surprise car je ne crois pas l’avoir déjà écouté. En trois morceaux il teste trois styles totalement différents.
Le premier à la guitare sèche j’ai l’impression d’entendre un chanteur français des années 90, sur le deuxième il se met à rapper et je pense à l’Or du Commun, avant de passer sur une instru complètement planante pour un troisième. Le tout avec une attitude très je m’en foutiste.
Je suis extrêmement dubitative. Le moment de grâce et de tolérance aura été de courte durée, je suis soulagée de constater que mon sens critique est intact.
Il doit néanmoins avoir beaucoup d’amis car il a gagné le Prix du public (votes via internet).

 

Je tiens vraiment à garder ma place, je reste à poste alors que je sais pertinemment qu’enchainer avec le set de Baptiste Ventadour ne va pas être une partie de plaisir. Je chausse donc mes bouchons.
Je n’ai rien contre lui, il occupe un créneau laissé vide depuis une dizaine d’année (veine Gauvain Sers), il le fait tout à fait correctement mais le temps où j’écoutais Les Ogres de Barback est écoulé et je n’ai pas envie de m’y remettre (sérieux, il a des grelots à la cheville pour accompagner la guitare).
J’ai quand même apprécié son dernier morceau chanté en anglais, avec un jeu de guitare à la John Butler Trio.

 

Mon dos de 35 ans et des poussières avait bon espoir quant à la position assise. Funfact, après 4h30 de voiture, j’ai quand même mal posée sur une chaise. Quel bonheur que d’avancer dans la vie au fil des ans !

 

Je suis ravie de voir arriver Claustinto, dont la vidéo pendant le Printemps Imaginaire (la version virtuelle du festival en avril) m’avait fort plu.
Seul en scène, avec enfin une vraie créa lumière, il nous balance 25 minutes de techno chanson autotunée pour une fête noire de belle facture.
Le premier pour lequel je « houhoute » (c’est-à-dire que je crie à la fin d’un morceau en applaudissant) (parce que le masque c’est bien sympa mais ça ne permet pas de voir ma moue de contentement (ni quand je baille cela dit, un plus pour un moins))  et j’ai envie de me lever.
Entre autres parce qu’il recommande de « briser les silences et les genoux ».


(Ce n’est pas le titre le plus récent mais c’est le seul clippé)

Je commence à avoir envie d’aller boire une bière (rendez-vous compte, il fait 32 degrés et il est 18h40), je suis finalement assez contente d’apprendre que Babysolo 33 est malade et que la première partie des concerts s’achève là-dessus.

Il y a quelqu’un ?

Je ne sais pas bien comment / par où recommencer. Le confinement a coupé les ailes de mes petits doigts qui volaient tels de jolis colibris sur le clavier de mon HP (dont le confinement a également provoqué un vieillissement précoce).

L’inconvénient d’avoir peu à peu réduit ma ligne éditoriale aux deux sujets que sont les voyages et les concerts, c’est que dans ce monde d’après (qui n’a d’après que le fait d’avoir supprimé les trucs chouettes du monde d’avant (à savoir le spectacle vivant, les fêtes entre amis, le spectacle vivant alcoolisé et les fêtes alcoolisées entre amis) (ah tiens, ça n’a pas entamé mon amour des parenthèses par contre)), je suis coincée.

Jusqu’à présent j’étais vraiment persuadée d’avoir la chance immense que mes meilleurs remèdes à la mélancolie (kasse-dédi Eva Bester) soient accessibles n’importe où, n’importe quand, même seule. Bon. Va falloir que je bosse pas mal mon amour des mots fléchés pour compenser…

Apparemment, il y a des gens que cette situation a motivé, qui ont vu naître de nouvelles passions, de nouveaux intérêts (autre que la sieste et le port du jogging j’entends), qui se sont découvert des talents, qui ont enfin fait le point sur leur vie ou qui ont découvert que les enfants c’est contraignant.

Perso j’ai découvert Real Housewives of Beverly Hills en replay sur M6 (la première saison qui a été tournée il y a  8 ans. C’est un délire) et la saison 2019 de Top Chef (un épisode par semaine de la saison 2020 c’était trop peu) (donc j’ai soutenu Guillaume, le candidat à l’accent finistérien si réconfortant, avec un an de retard).
J’ai également constaté que le garage de mon immeuble faisait environ 80m de long, ce qui permet de très belles ballades sans avoir besoin de signer une attestation de sortie.

 

Bref, ça c’était il y a 4 mois, c’était il y a des années. Depuis j’ai revu des bouteilles de gin amis, je suis même partie en vacances !
J’ai pris des notes sur Marseille et le Havre pour relancer la machine, mais il faut bien avouer que c’était moins fou que les 15 épisodes que j’avais prévu d’écrire sur New York l’année dernière (RIP mes bonnes intentions). C’est con parce que j’ai eu le flair de quitter mon taf en juillet, à un an près j’aurai eu grave le temps.

Le déclic (mis à part le temps libre, même si je dors dorénavant 12h par nuit) c’est l’album de Wives que j’écoute en boucle depuis deux semaines.
Pour rappel, je les ai vu dans un petit café l’année dernière à Brighton (c’était si bieeeeeeeeeen), l’album devait sortir à l’automne 2019, et puis la rentrée, le taf, les déménagements, la grippe etc. j’ai zappé d’acheter le CD.

Un mal pour un bien finalement car en ce moment, il me procure beaucoup de bonheur (mêlé d’infinie tristesse en repensant à l’an dernier, la sueur, la bière etc., tu connais) et d’enthousiasme.
Le problème c’est qu’il ne dure que 40 minutes 24 secondes, dès que la dernière note a retenti je retombe dans une espèce d’apathie flemmarde propre aux chômeurs #cliché.

Abécédaire [Soundcheck special]

En ces temps de pause, on s’occupe comme on peut, notamment en creusant ses souvenirs. Je reprends donc ce petit jeu qui circule sur Facebook : l’abécédaire des concerts.

Apparemment, à la base il fallait choisir un seul groupe/artiste par lettre. Comme si on pouvait réduire 20 ans de concerts à 26 lives !
J’ai choisi en fonction de la qualité des concerts, pas de la notoriété des artistes. Genre The Black Keys que j’adore, c’était nul sur scène, donc tant pis. Idem pour Foals etc.

Il n’y a que pour la lettre Q que j’étais bien embêtée, je regrette d’autant + de ne jamais avoir vu Queen of the stone age…
Je me languis des prochains !

 

A : Arctic Monkeys / Keny Arkana / Algiers
B : Bertrand Belin / Bantam Lyons / Benjamin Biolay
C : Columbine / Manu Chao / Christine & The Queens
D : The Drums / Deportivo / Dahlia
E : Eagulls / Roméo Elvis / Egyptian Blue
F : Arnaud Fleurent-Didier / Franz Ferdinand / Feu ! Chatterton
G : Liam Gallagher / Ghinzu / Girls in Hawaii
H : Housse de Racket / Alexis HK / Arthur H
I : Interpol / Idles / IAM
J : Jessica 93 / Valerie June / Jardin
K : The Kills / The Killers / Miles Kane
L : The Libertines / Lizzo / Lomepal
M : Florent Marchet / Money / Miossec
N : Nosfell / NTM / Nusky
O : Orelsan / Odezenne / J.S. Ondara
P : Denez Prigent / PNL / Anderson Paak
Q :
R : Rammstein / Rone / La Rue Ketanou
S : The Strokes / Bruce Springsteen / Superpoze
T : Hubert-Félix Thiéfaine / Thylacine / Francesco Tristano
U : Usé / UVB 76
V : Vald / Vitalic / Von Pariahs
W : Whispering Sons / The Wytches / Pharrell Williams
X : Ry X
Y : Yseult / Youg Fathers / Yodelice
Z : Zeal and Ardor / Zola

One more? Ok… [Soundcheck #75]

Depuis quelques temps, chaque journée semble rivaliser avec la précédente pour livrer son lot d’absurdité. Dans ces situations de flou, de certitudes teintées de doute, de rage mêlée de désespoir, la musique et les concerts offrent toujours une nécessaire respiration.

Vous vous souvenez, il y a trois semaines quand on (je vais partir du principe qu’on est tou.te.s d’accord ici, merci) vrillait de colère et d’admiration devant les César vs Adèle Haenel ? Quand on se demandait comment encadrer un texte aussi long que celui de Virginie Despentes ? Quand des jours plus tard, les veines bouillonnaient encore de tant d’injustice non dissimulée ?

BREF, je m’égare. Sachez juste que sur des sujets totalement différents, ma patience a également été mise à rude épreuve au quotidien.

Autant vous dire que la promesse de la prog de la collec Hiver du + corsaire des festivals était grande et bienvenue ! La proposition, gratuite, d’un chauffeur privé afin que je puisse déguster quelques bières (déception sur la bière malouine locale, la Bosco, cela dit…) était le petit bonus.

 

On entre 2 minutes après l’arrivée d’Egyptian Blue sur scène. Ils sont anglais, ils font du post punk, oui j’étais impatiente. Peut-être un peu trop, peut-être pas encore totalement déconnectée de la journée, j’ai mis quelques morceaux à être dedans. Et comme ils jouent à l’anglaise, c’est-à-dire 35 minutes, ça m’a laissé peu de temps !

Un chanteur d’abord en imper, une guitare géométriquement intrigante… Je me rends compte que quand je ne prends pas de notes et que le monde s’écroule la semaine suivante, ma mémoire n’est pas très fiable…
Il faudrait donc que je les revoie et ça tombe bien car ils sont programmés au Great Escape à Brighton ! (Laissez-moi croire que je vais vraiment pouvoir y aller car Boris Johnson a une gestion de crise tout à fait efficace, comme à son habitude)*.

Je me souviens par contre très bien de Kit Sebastian car j’ai tenu trois morceaux avant de quitter la salle. C’est rare que la musique m’agresse à ce point, mais là j’ai pas compris… Askip l’album est bien, je ne le saurai jamais, je vous laisse me faire un retour si ça vous tente !

 

Heureusement, ensuite il y avait Beak> (le groupe de Geoff Barrow de Portishead) que je n’avais encore jamais vu. Franchement ça fait plaisir, et pas que parce qu’ils viennent de Bristol !
Ils sont drôles (cet accent <3), ils sont bons, je ne savais pas que c’était qualifié de krautrock mais soit. Vrai bon concert de la soirée !

Je suis crevée sa mère mais il faut attendre Squid, le seul groupe que je n’ai pas pu voir l’an dernier à Brighton car leurs deux concerts étaient sold out. C’est LE groupe qui fait frémir ceux qui savent en ce moment.

Après 15 minutes, je me demande qui sont ces gens qui savent. Et qu’est-ce qu’ils savent vraiment ? Ok le frontman a un truc (quand il n’est pas derrière sa batterie), mais pour le reste… Aucun morceau ne se dégage vraiment, j’ai déjà entendu ça plusieurs fois en mieux, je m’emmerde. (Ils viennent pourtant aussi de Bristol, on ne pourra pas m’accuser d’être de mauvaise foi)

Ça tombe bien, le chauffeur privé aussi. Donc tant pis pour Nova Materia, on n’a plus l’âge de tenir jusqu’à 3h du matin, il faut se faire une raison.

 

*Entre le moment où j’ai écrit et le moment de publier, Glastonbury a annoncé son annulation fin juin……

35

Je n’ai pas eu 34 ans.

J’avais 33 ans à Bruxelles, tout était couleurs malgré le ciel qui s’obstinait en gris.

J’ai rouvert les yeux quatre mois plus tard pour un week-end belge à Dogville.
Entre temps, on m’avait nommé marraine d’une petite chose mignonne (heureusement), et compte-tenu du stress provoqué par cette (folle) proposition, estimons-nous heureux que je ne souhaite personnellement pas me reproduire.

J’ai battu d’une paupière pour me réveiller dans mon paradis deux mois plus loin. Quatre jours arrachés à la monotonie, pour croire que la perfection n’est pas si complexe (vivre en Angleterre et se faire des concerts tous les jours) (et donc potentiellement être bénéficiaire d’un don substantiel de monnaie) (mais bon, si on s’arrête à la moindre contrariété aussi…).

J’ai rêvé de New York, aucune preuve tangible (si ce n’est un t-shirt de Friday Night Lights) pour convaincre mon esprit qu’il s’agit d’une réalité non parallèle.

Et puis 35 ans, un jour à Saint-Brieuc*, au goût de salade de pâtes Monoprix dans un Ibis Styles.
Même pour moi qui ai une folle passion pour le glauque, c’était un peu trop.
Alors forcément, j’ai réalisé que j’avais sans doute vécu la moitié de ma vie, ce qui fout un poil la pression, quand on y pense.

*[On en parle de cette ville sans déconner ?! Ça devrait être nommé cause nationale une déshérence pareille… J’ai eu l’impression d’avoir fait un voyage dans le temps, d’avoir été projeté dans une version abandonnée des années 70 ou d’être dans Good bye Lenin…
Je n’y avais pas mis un pied depuis plus de dix ans et c’est encore pire que dans mon souvenir… Le seul truc qui n’a pas bougé, c’est la bonne santé industrielle des constructeurs de voitures sans permis. Je prévois d’y retourner pour prendre des photos de jour, c’est captivant.]

Les jours précédents, j’avais marché contre les violences sexistes et sexuelles, vu Papicha et Les Misérables au cinéma, chialé en écoutant Ariane Ascaride sur France Inter. Je vous passe la déflagration Adèle Haenel, le catastrophisme Years & Years, le désespoir de l’heure d’hiver.

 

On n’aura pas trop de la reprise de Burger Quiz pour tenter de vivre malgré tout, je vous le dit.