Ceci est à nouveau un top 9.

Alerte dégringolade dans ma vie de cinéphage ! Rien ne va plus et je n’ai pas eu l’occasion de faire mes jeux…
Alors que j’oscille généralement autour de 70 films vus, cette année je n’en ai vu « que » 53.

Entre le 24 novembre et le 24 décembre 2017, je n’ai pas été au cinéma une seule fois. Cela faisait probablement 15 ans que je n’avais pas connu une telle période d’absence.

Les raisons sont multiples, mais je compte bien me rattraper en 2018 !

Malgré ce panel un peu moins étoffé que d’habitude, je distingue 9 films du lot.

 

Parce que l’audace est multicolore.

Pour l’alliage de l’humour et de la mignonnerie.

Pour la chaleur sourde de l’orangé.

Parce que la moiteur suffocante vient à bout de tout.

Pour Jimmy Sommerville et l’Histoire.

Pour le mindblowing.

Pour l’éloquence.

Parce que le classicisme est efficace.

Parce que James Mc Avoy.

 

Avec aussi des petites mentions spéciales à Logan lucky de James Mangold, Grave de Julia Ducournau, Baby driver d’Edgar Wright, Petit Paysan d’Hubert Charruel et Santa & Cie d’Alain Chabat.

Et pour l’ennui, l’agacement : Certaines femmes de Kelly Reichardt, Les filles d’Avril de Michel Franco.

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Gloves

[EDINBURGH, PART IV]

Dimanche il n’y a toujours pas un nuage en vue. C’est limite louche. Mais idéal pour me rendre au Stockbridge market, l’activité dominicale édimbourgeoise par excellence !

Soyons francs, le truc est survendu par le guide.
Déjà, les gars ne sont pas méga matinaux, quand j’arrive à 9h30 les stands commencent à peine à se mettre en place, et puis concrètement c’est 30 vendeurs sous des bâches en plastique dans un square hein…

Quant au quartier, certes ça se gentrifie mignonnement (j’ai brunché dans Raeburn st. et c’était impeccable) (je ne retrouve plus le nom de l’endroit, même en passant par Google streetview…), mais c’est pas non plus l’extase à chaque coin de rue.

Sauf une, au détour d’un terrain vague et de la clôture de l’Inverleith Park.

Même si je n’ai pas un amour immodéré pour la nature, le Royal Botanic Garden semblait assez incontournable compte-tenu du temps.
Et je dois dire que posée sur un des nombreux bancs sponsos (« in the loving memory of… ») (remember Coup de foudre à Notting Hill) (pourquoi on ne fait pas ça en France ? Ça a le double avantage de rapporter de la thune et de satisfaire les promeneurs), avec une vue sur la ville, j’ai apprécié l’endroit.

Il y a également des tonnes d’arbres assez dingues (oui, comme dans un jardin botanique en somme), les couleurs automnales et une serre de toute beauté.

Je suis remontée vers New Town en passant par Stephen St. qui est soi-disant une rue immanquable pour le shopping. Quand on gagne 15 smic par mois, sans doute. (J’y ai vu une Tesla pour la première fois).

Cette fois-ci, j’étais dans le bon timing pour ne pas faire un musée en 15 secondes chrono et tant mieux car la Scottish National Portrait Gallery offrait de chouettes trucs à voir.
Notamment une expo de portraits d’écossais « célèbres ». Ça allait d’une photo de James Mc Avoy (#coeur) à une toile de John Byrne, que je trouve sublime, représentant Tilda Swinton.

 

Mon efficacité (ou le fait que je regarde la moitié en diagonale) m’a permis de me rendre en bus à Leith, le port d’Édimbourg, avant le coucher du soleil (à 16h donc…).
Je pensais que je n’aurais pas le temps en 2 jours mais la lecture de L’étrangleur d’Édimbourg d’Ian Rankin (je sais me mettre dans l’ambiance avant de partir en week end) (blague à part, c’est un des auteurs les plus connus de la ville) m’avait donné envie d’y faire un tour.

C’est un peu joli mais ça a du bien changer depuis l’écriture du bouquin (années 80) car je m’attendais à un truc plus dégueu/indus.
Au bout du bout ils ont construit un mall gigantesque (le bien nommé Ocean Terminal), comme ils savent si bien les faire de ce côté de la Manche, dans lequel j’ai de nouveau fait chou blanc pour les pompes (pouvez-vous, au moins, louer ma persévérance ?).

À 18h, la même question que la veille s’est posé. Et j’ai fini par me rendre, la mort dans l’âme vous imaginez bien, au pub. La lecture de Retour à Killybegs de Sorj Chalandon s’accordant parfaitement à l’ambiance (et à la bière) (et au fish & chips).

 

Je suis rentrée éreintée à l’hostel, pour y trouver de nouveaux roomates, un couple qui préférait lui aussi dormir dans un seul lit.

Si j’ai tendance à dire que les festivals me redonnent foi en l’être humain, les auberges de jeunesse me font redescendre sur terre.

 

Bière testées :
Fraoth heather beer
Mothern Hells
Autumn Ale

Sláinte

[EDINBURGH, PART III]

Après cette pause revigorante auprès de nos amis silencieux, j’ai pris la direction du Museum of Edinburgh.

La faim m’a alors poussé à une extrémité que j’ai aussitôt regretté : m’arrêter dans un café sans rien de typique, tenu par des italiens/espagnols, pour commander un Egg royal (qui était loin d’être succulent, forcément) (et à quel moment tu laisses la porte ouverte quand il fait 0 dehors, sous prétexte que ton système de ventilation n’est pas à la hauteur de ta cuisine !??).

Autant vous dire que je suis sortie de cet endroit plus chonchon que je n’y étais entrée.

Je suis allée me réchauffer dans le Museum of Edinburgh qui, s’il a une jolie façade, ne m’a pas franchement fascinée de l’intérieur. Pour les obsessionnels, sachez qu’il y a une pièce consacrée au Greyfriars Boby.

J’ai poursuivi sur the Royal Mile pour atteindre le siège du Parlement écossais, un chouette bâtiment construit par Enric Miralles (RIP) qui est entouré du Holyrood Park et surplombé par le Salisbury Crags (que je n’ai pas eu le temps de grimper, mais apparemment la balade vaut le coup).

Il y a des visites guidées du Parlement quasiment toutes les heures mais figurez-vous qu’il faut réserver à l’avance (beaucoup trop complexe pour mon niveau de logistique). On peut quand même aller voir l’assemblée tout seul (il y a des tablettes numériques explicatives) et faire semblant de siéger comme un député lambda (pour la place de Nicola Sturgeon n’y comptez pas).

C’est une immense pièce toute de bois conçue, qui donne sur la nature alentour, hyper lumineuse, et franchement, ça donne envie de s’investir pour le bien du peuple (et contre le BREXIT) !

Mes photos sont minables.

Après cette incursion dans la vie politique locale, j’ai « couru » jusqu’à la National Scottish Gallery qui, comme tout le reste, ferme à 17h. J’ai donc à peine effleuré le contenu du musée en 45 minutes. J’étais contente de voir des tableaux d’El Greco, de Turner et j’ai découvert un autre peintre qui fait des chouettes triptyques mais dont je n’ai pas noté le nom et ma mémoire failli…

 

Édimbourg, 17h, -2°C, il fait nuit et tous les lieux culturels sont fermés, quel choix te reste t-il ?! Non pas (encore) le pub, le shopping (ça pour les temples de la consommation, il n’y a pas d’heure…). Je poursuis ma quête millénaire de baskets semi-montantes avec des semelles fines.
J’admire la pleine lune au dessus de Princes St. et The Balmoral (un jour…).

Et heureusement, je rejoins une lannionnaise expatriée pour découvrir Rose street, la rue de la soif locale. On n’en finit pas de le dire mais le réseau forgé durant les années universitaires, tout de même, ça a du bon !

Pumpkin

[EDINBURGH, PART II]

Samedi matin, le soleil est absolument radieux quand je me rends au petit-dèj dans le bar, pour manger ma ration de tartines de pain de mie grillées au beurre doux confiture de fraise et ma tasse de café translucide.

La météo a une grande importance ce week end car suite à des péripéties dont je vous ferais grâce ici, je ne suis actuellement propriétaire que de baskets trouées. Ce qui est difficilement conciliable avec un temps pluvieux (heureusement que je n’habite pas en Bretagne) (l.o.l.).

Un des buts du séjour est donc de trouver des chaussures à ma convenance.

SPOILER ALERT

Cela n’arrivera pas. Jamais.

Je suis les conseils du Lonely Planet et file au Château d’Édimbourg dès l’ouverture, afin d’éviter le gros des touristes (ce n’est pas toujours le cas, autant signaler que pour le coup c’était un très bon conseil).

Le ticket d’entrée est à 20€, c’est rare que je mette autant dans une « attraction » mais je me vois mal passer à côté. La dame qui m’appelle « Pumpkin » à l’entrée rentabilise en une seconde l’investissement #cutie.

C’est quasiment un mini village qui est construit dans l’enceinte, avec un chemin de garde le long des remparts qui surplombe toute la ville, à 360°, offrant une vue sur le port de Leith comme sur les montagnes au sud.
À l’intérieur il y a plusieurs bâtiments à visiter, ainsi que des musées. En 2h, je n’ai pas tout fait, je me suis concentrée sur quelques endroits clefs.

C’était tout de même bien équipé niveau téléphonie pour l’époque…

D’abord la prison pour les militaires ayant fauté, avec les geôles restaurées comme à l’époque (franchement ça vaut une chambre en cité U à Lannion en 2004) (niveau hygiène peut-être pas, mais niveau mobilier en tout cas).
Ensuite la prison pour les prisonniers de guerre, avec des portes en bois d’époque sur lesquelles les graffitis sont également authentiques. Les mecs étaient à 70 dans des salles de 50 m², répartis entre des lits en palettes et des hamacs…

Sur le Mons Meg, j’ai découvert le One O’Clock Gun, qui tonne chaque jour (sauf le dimanche) à 13h précises, sans que personne ne tressaille.
Pas comme à Paris où ça vient chouiner dès que Sense8 offre un feu d’artifice gratuit (« gnagnagna c’était pas prévu »,  « gnagnagna on a eu peur »).

Les prisonniers avaient tout de même le droit à une pinte par jour. On n’est pas des chiens. #humanrights

 

J’ai aussi vu la chapelle St Margaret, datant de 1130, qui était momentanément fermé pour cause de mariage. Ce qui m’aura donné l’occasion de voir sortir les mariés et demoiselles d’honneurs, tous bras et jambes à l’air (température : 2°) (température ressentie : -8000°C), suivis d’un joueur de cornemuse.
S’il n’y avait pas eu 250 touristes en train de les prendre en photo (moi y compris), j’aurai pu verser ma petite larme (comme à chaque fois que j’entends une cornemuse en fait) (même s’il faut qu’ils se calment avec Amazing grace pour appâter le chaland).

J’ai poursuivi avec la maison qui abrite les joyaux de la couronne écossaise (voilée pendant des siècles par ces salauds d’anglois, tu te doutes bien). Là c’était blindé de monde, tu suis le parcours et les gens à 2 à l’heure, pour au final, voir une couronne sans grand intérêt (c’est une couronne avec des pierres précieuses quoi).

 

Pour m’en remettre, je suis entrée dans la boutique de souvenirs, où un jeune homme proposait des shots de whisky. Je me serais mal vu refuser, d’autant qu’il m’a soutenu que les français étaient les plus gros consommateurs de whiskey au monde (Télérama confirme).
Certes il était 11h, mais sachez que le Bruadar est très fruité, avec un léger goût de miel, ce qui se marrie parfaitement avec le petit déjeuner.

Pour finir j’ai écouté deux comédiens déguisés, parler de l’époque de Robert the Bruce, 1er roi des écossais (1274-1329), et malgré l’accent nordiste de l’un d’entre eux, j’ai tout compris !!

 

J’ai poursuivi  la balade dans Old Town, dont l’artère principale est envahie de touristes et d’endroits pour les attraper. Je suis passée par Victoria Terrace où les maisons sont un peu colorées, je suis passée devant le Grassmarket avant de rejoindre le Greyfriars Kirkyard.

 

Devant ce cimetière en peine ville, trône la statue de Bobby, un chien dont l’histoire fait le sel du tourisme local, et sans doute, des légendes édimbourgeoises.

En gros c’est un chien dont le maître est décédé, et qui est resté veiller sa tombe les 18 années suivantes, jusqu’à ce que mort s’en suive. Probablement l’un des exemples les plus parlants du Syndrome de Stockholm.
Toujours est-il que ce petit chien et son obstination ont suscité une vive émotion parmi la population et qu’il a donc sa statue (aussi impressionnante que le Manneken Pis de Bruxelles ou la Petite Sirène de Copenhague) (apparemment toucher son nez porte bonheur…) et sa propre sépulture.

Dans le Greyfriars Kirkyard, on trouve également la tombe de Tom Riddle #Potteraddict et d’autres personnes dont les noms ont inspiré J.K. Rowling.

C’est un « charmant » endroit pour se poser en toute tranquillité en tout cas !

Relax

[EDINBURGH, PART I]

Au grand désarroi de mon père, qui se demande ce qu’il a bien pu louper dans mon éducation pour que je sois à ce point fascinée par le Royaume-Uni, j’ai profité de la nouvelle ligne Nantes-Édimbourg pour partir en week end.

Les horaires des vols semblaient parfaitement calibrés pour mon emploi du temps : un départ à 21h50 me laissant le temps de rallier Nantes depuis Dogville sans avoir besoin de poser l’après-midi et un retour lundi en fin de journée permettant de profiter pleinement de ce troisième jour de week end.

Je me suis rapidement aperçue, en quittant le boulot de nuit, seule en voiture, sous la pluie, après une journée pleine de tensions, que ce n’était peut-être pas une si bonne idée de partir aussi sec, sans sas de décompression.

Surtout pour monter dans un avion Ryanair qui, rappelons-le, a la taille d’un avion Barbie, coincée entre deux mecs imposants #manspreading. Autant vous dire que quand l’hôtesse s’est fendu d’un petit « please sit back, relax, and enjoy your flight », j’ai ri jaune.
Pour la sieste de 2h que j’avais imaginée, et le bien-être de mes cervicales, c’était foutu.

 

En arrivant à 23h (minuit heure française) à l’aéroport d’Édimbourg, j’étais quand même un peu contente. Et émerveillée devant les portiques automatique où tu auto-contrôles ton passeport (merveille de la technologie), dépassant ainsi la foule des passagers dotés d’une seule carte d’identité (#losers).

 

L’avantage de la capitale écossaise c’est que le centre ville n’est qu’à 30 minutes de navette (et qu’il y en a H24 7j/7). Je chausse mes écouteurs pour profiter de la balade nocturne, mais Oscar and the Wolf a bien du mal à couvrir les vagissements d’un trio de jeunes nantais en goguette.

Je me dis que les gens qui descendent à l’arrêt situés juste devant le Hilton ont bien de la chance, et quand même ça doit simplifier tellement la vie d’être riche…
Mais il s’avère qu’il y a également un arrêt à 50m de l’hostel où j’ai réservé !

 

Oui, je sais, J’avais clamé haut et fort que je n’irai plus jamais en auberge de jeunesse, que c’était fini ce temps-là, où j’étais tolérante et sociable, que quand même, à 30 ans passés, dont 8 à trimer pour un salaire de misère (instant violons), j’avais bien le droit à un peu d’intimité et de confort, MERDE !

Mais ça c’était avant de recevoir ma notification de taxe d’habitation.

Et puis bon, c’est quand même sympa de prendre le petit dèj avec d’autres gens, de trouver du shampooing dans la douche commune quand tu as oublié le tien, d’être rassurée de ne pas dormir seule dans une chambre où, potentiellement, de vils v(i)oleurs vont tenter de s’introduire, de s’endormir au son des histoires extraordinaires de tes roomates, de se réveiller tous ensemble à 4h car l’un d’entre eux doit choper son avion à 6h, de s’habiller en silence dans le noir quand c’est ton tour.

 

Optant pour un entre-deux qui me paraissait acceptable, à défaut d’être idéal, j’avais réservé dans un three beds dorm.

Vous saviez vous, qu’il existe des lits TRI-SUPERPOSÉS !?

Je vous laisse imaginer lequel m’était réservé…

Oui c’est cela, celui de l’étage supérieur.
Les deux autres étant dédiés à un couple qui préférait se tenir chaud dans un seul.

 

Finalement, heureusement que j’étais fatiguée.

Ghostwriter

L’ennui, quand on réduit sa ligne éditoriale (oui, rien que ça) aux comptes-rendus de concerts et de voyage, c’est que les opportunités de sujets sont vite limitées.

Surtout quand on n’a pas forcément envie de parler de son taf mais qu’on travaille soi-même dans les concerts (parfaitement, à l’intérieur) (c’est un peu bruyant, heureusement un nouveau décret a fait passer le volume sonore maximal autorisé de 105 à 102 db) (quelle BONNE idée), ce qui implique un salaire de misère, donc un pouvoir d’achat des plus réduits, et des voyages rares* (tout ceci est honteusement exagéré dans le but de me faire plaindre) (ma plus grande passion) (après les concerts et les voyages) (et les parenthèses).

 

Fût un temps, je participais un blog de santé publique où l’on me demandait de disserter sur n’importe quel sujet, à condition de respecter certaines conditions iconographiques (ne cherchez pas, cette époque est révolue).

De la contrainte naît l’inspiration et je tenterai bien l’expérience à nouveau, si d’aventure un.e lecteur.rice (c’est pas la peine de me lancer sur l’écriture inclusive, je peux vous faire une thèse antithèse synthèse tellement je n’ai pas d’avis arrêté sur la question) veut bien la peine de me tendre une perche.

En gros, si tu as un sujet, un mot, une idée à me balancer en commentaire (LaCheZ vOs ComZ !!!!!), je m’engage à essayer d’écrire quelques paragraphes en partant de là.

 

Je ne sais pas ce que ça donnera, mais au moins, ça permettra aux mots de cesser de tourner en rond dans mon crâne encombré.
Merci pour lui. Merci pour eux.

 

*Je vous ai dit que je partais à Édimbourg ce week end ?

[…] [Soundcheck #59]

C’est sous un ciel orangé, nimbé de poussières sahariennes que je prends enfin le temps de poser quelques mots sur le concert supersonique de Swans.

Je les ai découvert il y a 3 ans lors du TINALS (aka This Is Not A Love Song) à Paloma (du temps où j’habitais dans le grand sud, que l’été était une évidence et les pulls beaucoup moins rentabilisés que les robes) (ouin).
J’avais été saisie par surprise, ébahie par la densité des compositions.

Quand j’ai appris qu’ils passaient chez mes anciens collègues morbihanais, pour une possible tournée d’adieu, je n’ai pas hésité une seule seconde à faire l’aller-retour vers ses contrées lointaines (à tous les niveaux).

 

Le volume sonore auquel ils jouent est une dimension essentielle de leur réputation. Je n’en avais pas souffert lors de leur concert nîmois, mais renseignement pris, ils avaient joué doux ce soir-là.

Il n’en sera rien pour cette deuxième expérience. Il n’est même pas envisageable de pénétrer dans la salle sans earplugs, et même avec, la violence est sourde.
Je parle volontairement d’expérience car c’est bien de cela qu’il s’agit. On se retrouve dans une bulle sonore, sans échappatoire. Le volume prend tout l’espace, vrille la peau et les organes internes.

C’est à la fois jubilatoire et douloureux.
Infernal et incantatoire.

 

Michael Gira, leader charismatique (…) a pris un petit coup depuis la dernière fois, et quand j’apprends qu’il a l’âge de ma mère, je prends toute la mesure de l’impact du mode de vie sur notre corps !

Le concert doit durer 2h30. J’accorde une pause à mes oreilles au bout d’1h10, en me disant que je tiendrais jamais jusqu’à la fin.
L’avantage c’est qu’on entend relativement bien la musique, même en étant dehors !
Je suis finalement restée jusqu’au bout du set. Je pense que la première heure est la plus difficilement supportable, après ça va mieux car tu es sourd…

 

Je suis très contente de les avoir revu, j’apprécie l’état dans lequel ce bain de son m’a mis.
Néanmoins, j’avais mieux apprécié leurs morceaux la première fois en réussissant à les écouter sans  penser aux acouphènes que j’allais potentiellement me taper le lendemain*.

 

*Heureusement je n’en ai pas eu

Pourquoi serions-nous sommés d’être respectueux ? Chacun est libre de prendre un tee-shirt pour en faire un torchon.

Vincent Macaigne.

Encore ? Oui ! [Soundcheck #58]

C’est de notoriété publique, je suis (un peu) pénible quand il s’agit du planning horaire des festivals. Alors certes on loupe Cold Pumas, mais je trépigne pour saouler suffisamment mes compagnons afin de voir Parquet Courts (désolée…).

Et encore plus désolée parce que j’ai trouvé ça décevant.
Je les avais déjà apprécié au même endroit, sur la petite scène, j’ai écouté Human Performance en boucle, je suis censée être conquise d’avance pourtant !
Des fois ça prend, des fois pas, c’est un mystère …

 

Je suis curieuse de voir Arab Strap que j’ai découvert quelques jours plus tôt via la playlist du festival. Typiquement le genre de groupe adulé par ceux qui savent et qui sont capable de te retracer toutes leurs tergiversations et recompositions depuis 20 ans (bisou).

Le duo écossais composé au mi-temps des années 90’s, désormais passé au quatuor, est à la frontière entre post rock et spoken word.
Les albums écoutés sur Spotify m’ont beaucoup plu, pour le live je suis plus réservée. Je pense que j’aurais vraiment gagné à les voir dans une petite salle, ça se prêterait mieux à l’écoute dans une ambiance intimiste.

 

J’avais prévu de faire l’impasse sur Temples car dans mon souvenir j’avais trouvé ça chiant. J’aurais mieux fait de relire attentivement mes archives avant, ça m’aurait permis de relativiser et de me rappeler que je les avais vu après la découverte explosive de Royal Blood. Forcément ça n’avait pas joué en leur faveur…

Du coup, je me rends compte de loin que ça a l’air démentiel. Clairement le regret de cette édition.

 

On enchaîne avec une petite pause ludique dans le container Arte, dans lequel une mini-scène avec des instruments te permet de simuler une attitude de rock star pendant qu’on te shoote à 360°.
Je ne vous ferais pas le plaisir de vous dévoiler ici le visuel de l’album, sachez juste que The Plijadur Lips sera en tournée à l’hiver 2018. Beware !

 

Compte tenu du mal de dos de la veille, j’attaque au gin to’ (certains pourraient arguer qu’il serait plus sain de s’en remettre au doliprane, mais est-ce qu’on a vraiment envie d’enrichir Sanofi plutôt que Gordons ? La question reste entière) avant d’aller plonger dans le son de The Jesus and Mary Chain pour parfaire ma culture musicale.
J’en conclus qu’il faut que j’explore leur discographie.

 

Je ne suis pas très concentrée durant Black Lips, ils ont une énergie indéniable, ça va dans tous les sens sur scène, cependant, c’est moche à dire, je trouve ça un peu bruyant.

 

Je ne connais pas Future Islands autre que de nom, j’étais persuadée que c’était un truc folk du coup je trouvais bizarre de les programmer à minuit passé. En fait c’est plutôt de la pop mêlée à des sons électro, qui justifie pleinement l’horaire !
J’ai passé un bon moment, bien qu’à mon avis, je n’en retiendrai pas grand-chose sur la durée.

 

C’est alors que s’opère le mouv’ le plus honteux du week end : on se barre avant Soulwax.

Quelle idée de poser un trou de 50 minutes dans la prog à une heure aussi tardive ?! Comment on est censés rester vaillants à 2h du mat, quand il fait 12°C (autre qu’en ingérant des substances fortifiantes, j’entends) !?

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Je n’ai pas écrit le 3ème jour dans la foulée et autant vous dire qu’un mois plus tard, je suis moyennement motivée pour le faire.
Sachez donc juste que Mac DeMarco est un scandale, et qu’Interpol c’est toujours bien (même si je préfère quand je suis, littéralement, aux pieds de Paul Banks)

Santé fuckers ! [Soundcheck #57]

Cette année, je me sens pleine de ressources, j’opte pour les 3 jours au festival de ceux qui savent et aiment le faire savoir, situé dans la charmante bourgade de St-Père-Marc-en-Poulet.

Après avoir failli périr de froid durant la nuit dans un festival finistérien (au cadre magnifique certes) (allez visiter le fort de Bertheaume à Plougonvelin), c’est avec joie que j’accepte l’invitation à dormir dans une maison (genre un truc avec des murs, un toit, un lit et une couette) (je crois que je m’embourgeoise définitivement).

 

Vendredi je pars tranquillement de Dogville. Un peu trop tranquillement en fait car pour la première fois depuis que j’y vais, il y a des bouchons pour accéder au site. D’un côté ça me fait plaisir pour leur fréquentation, mais de l’autre je boue de louper Froth.
Par ignorance, il s’avère que je finis par gratter environ 1h de file d’attente à l’entrée (déso) et je vois la dernière moitié du set.

Qualifié de groupe shoegaze dans le programme, ça me saute pas aux yeux, à part pour le sublime morceau Petals. Toujours est-il que c’était très bien, saupoudré de mélancolie, et l’album que j’ai acheté ensuite confirme mon impression.
Il est d’ailleurs + shoegaze que le live, même si certaines instrus m’évoquent Thee Oh Sees (la Califoooorniiiie).

 

C’est Foxygen qui prend la suite, et si j’ai aimé tous les groupes ce soir-là (assez rare pour être souligné), c’est le seul qui m’a ennuyé.

 

La raison de la forte fréquentation de la soirée, PJ Harvey, arrive en marche quasi militaire avec ses 9 (ou 10) musiciens sur la scène du Fort. Pour la première fois dans ce festival, je ne vois pas la scène. C’est un peu frustrant, même si je dois dire que les personnes de grande taille font office de pares-vent assez appréciables.

Par contre, ceux qui ont des chapeaux font clairement chié. Ok ça va bien avec ton petit style, c’est un peu la fashion week musicale de l’été, mais putain ça gâche la vue des gens derrière mec !

Je connais mal le répertoire de PJ Harvey, j’ai essayé de combler mes lacunes la semaine précédente grâce à la discothèque de ma mère mais je suis loin d’être au niveau de mes voisins qui connaissent les paroles par cœur, ni de celles qui dansent sans discontinuer avec un sourire béat (ouais ok, elles étaient sans doute sous MD…).

Cela dit, j’ai aimé là où cela m’a emmené. Musicalement c’est hyper beau, elle a une présence notable, une voix féminine à mon goût, et les chœurs avec ses musiciens sont parfaits.

 

Je suis trop loin pour apprécier Car Seat Headrest à sa juste valeur. Dommage.

 

Je vais me positionner devant la scène des Remparts pour Idles, mon morceau de cerveau bristolien frétille.

Clairement, ça fait partie des groupes qui sont pas là pour beurrer des sandwiches (ahahahah). Pied au plancher, punk rock, album nommé Brutalism, t’as compris l’affaire.
De l’avis d’une majorité des personnes présentes, c’était LE concert du festival.

 

Là-dessus je me rappelle que c’est Thee Oh Sees qui enchaîne. Aka il vaut mieux avoir le cœur (et les oreilles) bien accroché. J’aurais pu me demander s’il était bien utile de voir John Dwyer et ses acolytes 2 fois en 4 mois, pas trop de suspense, la réponse est oui, EVIDEMMENT !

Cette fois-ci je ne vois pas la choré démentielle des deux batteurs, mais même sans ça, leur son, et la présence de leur dingo de leader fait le taf. C’est assez inexplicable, son charisme dépasse tout entendement.

 

Remontée à bloc pour Helena Hauff dont le début de set est très bon. Les samples sont clairs, comme si le son était découpé au scalpel.
Malheureusement, il y a eu un moment de flottement, un creux au milieu, puis une fin en mode tabassage trop longue. Assez étrange d’avoir eu l’impression de voir trois artistes différents finalement.

 

Vendredi soir, j’étais Sam le capitaine de soirée, pour ramener tous mes petits potes à bon port. Ce qui m’a « obligé » à avoir la force de rester voir DJ Shadow. Genre la plaie quoi.
Idem que pour PJ Harvey, je connais mal (à part Organ Donnor bien sur, qu’il n’a pas joué).

J’ai trouvé ça d’une maîtrise et d’une douceur folle. La scéno (des écrans derrière + un voile devant lui, sur lequel sont également projetés des visuels) apporte un supplément bienvenu.
Mais PUTAIN il ne sait pas gérer les fins de morceaux !! (Ceci est une private joke)

 

Il est 5h quand je fais la connaissance de ma couette du week end, elle est ravissante !
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