Personne ne s’est encore endormi ? [Soundcheck #56]

Je ne nierai pas un poil de retard dans la rédaction des soundchecks, qui s’avèrent aussi intenses que variés.
Alors pour reprendre le fil et être à jour avant le plus long de l’année, je vais vous faire un petit melting pot des 3 derniers.

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Vendredi 17 juin. Dogville.

Après une journée que nous qualifierons de pesante, je traîne les pieds et mon esprit vers l’Âge d’or du rap français, une soirée dédiée aux trentenaires qui ont soif d’avoir, eux aussi, l’Âge tendre et tête de bois de leur génération.
Ok on est des Xennials mais la mélancolie chevillée au corps dès le plus jeune âge nous pousse à devenir des vieux cons avant la date autorisée.

Une pinte à la main, nous observons un monsieur sur scène qui imite Lord Ko, puis d’autres rappeurs (assez bien d’ailleurs).

Le show commence réellement 1h plus tard avec l’arrivée d’Assassin.
La scéno est cool, deux écrans latéraux pour indiquer qui est sur scène (et je peux vous dire que ça a été d’une grande utilité), un qui surplombe la scène et sur lequel des interludes documentaires sont projetés pour retracer l’historique de cet Âge d’or, et un piano à queue sur le côté car ça ne mange pas de pain de poser quelques notes.

Globalement, nous nous sommes rendues compte que nous ne connaissions finalement pas tant le répertoire (Assassin, les Sages poètes de la rue, La Cliqua, à part un tube….) ni certains des groupes (qui sont les X-Men et Monsieur R !?) et surtout que les artistes féminines étaient portion congrue (coucou K-Reen).

Heureusement, il y avait quand même des superstars du game et putain, à part Ménélik (déso vieux), les gars n’ont pas changé d’un pouce !

Voir Nuttea chanter son Poum Poum short m’a ramené 20 ans + tôt (achevez-moi), un matin de décembre, il fait nuit noire et tu dois aller au collège mais tu grappilles quelques minutes au chaud en écoutant Skyrock.

Chanter à tue-tête TU PRENDS TES CLIQUES TES CLAQUES ET TU TE TAILLES m’a transporté dans la salle d’arts plastiques où un de mes camarades de classe avait choisi de dessiner le portrait de Ménélik (sans doute à partir d’une photo tirée de Star Club).

Entonner Mon papa à moi est un gangster m’a rappelé Boulevard des clips.

Danser sur Je zappe et je mate et se souvenir d’une boum d’après-midi en 4e, durant laquelle on buvait du sprite (ça c’était à Nantes, mais vacances finistériennes étaient légèrement moins sages… #BZH) (je vous laisse deviner de quel côté j’ai sombré).

Le clou de la soirée furent les Nèg’Marrons avec un Bilan qui tombait à point nommé, suivi d’un final du Bisso Na Bisso des plus festifs.

 

Rien que pour le kiff, a posteriori, de voir tous ces artistes que t’as écouté 1000 fois étant ado et que tu n’aurais jamais songé voir en live, ça valait le coup !

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Samedi 1er juillet. BRST même.

Ça fait environ 15 ans que je dois à aller à Astropolis, mais mes pérégrinations et des plannings estivaux chargés me mène à ce jour de 2017, où je suis intronisée BabyAstro par les vieux de la veille.

J’ai pour habitude de restreindre fortement ma consommation d’alcool quand je vais voir des concerts, afin de profiter pleinement. Mais quand l’apéro commence à 17h et les lives à minuit, la volonté rencontre beaucoup trop d’obstacles pour rester de marbre (sans compter que nous sommes à Brest…).

Nous nous acheminons vers le point de départ des navettes, une expérience en soi. Ceux qui glosent sur les navettes des Trans (moi la première) n’ont jamais vécu celles d’Astro. Je n’en dirai pas plus.

Après avoir traversé le bois, voilà, j’entre sur le site du Manoir de Keroual. Et effectivement ça a un peu de gueule. Genre la grande roue et les auto-tamponneuses, associées au chapiteau bulle et au manoir en ruine, ça vous pose une ambiance.

Même si on nous avait vendu un temps radieux pour cette 23ème édition, nous n’aurons pas échappé au brumisateur naturel (qui en a probablement sauvé certains, cela dit) de temps en temps.

Je commence par le set de Jacques (sous le chapiteau de l’Astrofloor, parfait) à peu près le seul artiste de la prog que je connaissais (je vous entends, ceux du fond, « si on venait pour la musique, ça se saurait… »). J’ai été un peu déçue, je m’attendais à quelque chose de plus fou, plus expérimental, là c’était un peu linéaire.
Je regrette encore + d’avoir loupé son Astroboum l’aprem, qui devait être bien plus créative !

 

Soyons honnête, je ne vais pas pouvoir vous faire un grand report musical de cette soirée, mis à part vous dire que j’ai beaucoup apprécié le set de Karenn (oh ben tiens, des anglais dites-donc !).

Je vais conclure en vous recommandant la saison 3 du Bureau des Légendes parce que je n’ai pas été capable de faire grand-chose d’autre de mon dimanche 2 juillet.

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Samedi 7 juillet – Dogville

Il y a quelques mois, j’ai entendu les premiers morceaux de l’album The Silver Veil de Raoul Vignal et mon oreille s’est aussitôt dressée.
Constat confirmé après l’achat du CD en question. De la folk ciselée, une voix feutrée, alors, un live dans une chapelle, c’était du pain béni !

Je m’étais bien habillée pour l’occasion, genre j’avais mis une robe. Et j’ai vite regretté en voyant que cette chapelle est complètement désaffectée (rien à voir avec l’Union Chapel) donc tu t‘assoies par terre (c’est de la moquette) sur des coussins. C’est un détail certes.

J’aurais du avoir la chair de poule, j’aurais du être transie d’émotion, transportée dans d’autres sphères, oublier la ville autour et la vie quotidienne.
Malheureusement, il manque un truc sur scène. Je suis affreusement triste de devoir l’écrire ainsi mais je pense qu’il s’agit tout bonnement de charisme.

C’était beau malgré tout (le rappel sur Bless you  ❤ ❤ ❤ ), mais loin de l’émotion à laquelle je m’attendais.

Beslama

[TANGER PART IV]

Notre hôte nous ayant laissé du café (à défaut d’eau chaude), nous profitons de la vue du rooftop sous un soleil radieux. C’est clairement la plus belle journée du LONG WEEK END et ça tombe bien car on a prévu d’aller prendre un vrai petit dèj au mythique Café Hafa.

En allant acheter des pâtisseries on découvre le quartier et l’immense parc / terrain de sport central. C’est l’endroit de la ville qui me fait le plus penser à l’Oman, un coin un peu plus aisé, où l’architecture et les gens paraissent plus chics.

La découverte du Café Hafa nous laisse sans voix. Une terrasse en étages, qui donne sur la mer et l’Espagne, avec des petites tables en mosaïque trop mignonnes. C’est clairement la sortie du week end pour les tangérois et c’est blindé.

Pour le plus grand malheur de L. c’est surtout blindé d’abeilles car la seule boisson servie est le thé à la menthe et vu la dose de sucre qu’ils mettent dedans, les sols et les murs doivent en être recouverts.

Le jeu consiste donc à empêcher les abeilles de tomber dans ton verre / ou de le boire le plus vite possible sachant qu’il est servi bouillant / ou de t’amuser à récupérer les bestioles mortes parmi les feuilles de menthe #protéines.
(Je me suis personnellement découvert un grand talent pour la pêche).

Bref tout ça n’incite pas à la détente ni à la sérénité. Mais ça favorise le turn over des clients #protip. (Même si certains, comme notre voisine bad ass, n’ont cure des abeilles et boivent leur thé sans y prêter la moindre attention)

 

Sur le chemin vers la médina, on s’arrête au Tombeaux des Phéniciens, orienté comme le Café Hafa. Des grosses pierres creusées où devaient reposer les phéniciens, qui dorénavant sont un pur spot pour chiller ou mater le coucher de soleil.

Au même moment, une vingtaine de lycéens célèbrent on ne sait quoi, au son de la derbouka. Autant je déteste le djembé, autant entendre de la derbouka à Tanger, ce n’est pas déplaisant.

Nous enchaînons avec le Palais de la Kasbah. Les mosaïques et les parures de murs en bois sculptés sont remarquables. L’expo montre divers outils, bijoux, armes, tombeaux, parchemins des siècles passés et le jardin se prêterait plutôt pas mal à une teuf entre amis.

Dans la boutique de souvenirs nous croisons des têtes connues de touristes, déjà moquées pour leur comportement so cliché (non mais qui achète SÉRIEUSEMENT une djellaba pour la porter !? Quand ? Avec qui ? En quelles circonstances !?)

On commence à avoir la dalle mais la quête du resto qui me conviendra est un poil ardue (je ne suis pas difficile, je suis exigeante) (j’ai quand même fini par manger un tajine au bœuf, je ne suis pas un cas totalement désespéré).

On va prendre le café / thé au Cinéma Rif que j’aime d’amour, tout en continuant de s’interroger sur le nombre incalculable de vendeurs ambulants de mouchoirs. Y’a-t-il un taux anormalement élevé d’allergiques au pollen dans la ville ? Une tradition d’offrande de kleenex ? Un trafic inconnu ? Le mystère reste entier.

On retraverse ensuite toute la ville pour aller tester le Salon du Livre.
Evidemment, on se paume mille fois (les cuisseaux d’acier au bout de 4 jours, je vous dis pas) en chemin vers le Palais des Institutions Italiennes (qui envoie légèrement du bois).

Je ne vous cache pas que la populasse était globalement composée des expats francophones et de la haute société tangéroise (nous avons croisé les proprios du Dar Nour par exemple). Cela dit j’étais très contente de cette nouvelle facette du LONG WEEK END (qui était décidément très complet).

Nous avons assisté à une lecture autour d’un bouquin d’Abdellah Taïa, « Lettres à un jeune marocain » avec Tahar Ben Jelloun, Mohammed Hmoudane et des jeunes tangérois.
L’idée de ce bouquin est née d’un attentat suicide en 2008, suite auquel Abdellah Taïa a souhaité écrire une lettre à l’un de ces jeunes marocains qui pourrait être tenté par la radicalisation.
Je vous la fais courte, en tout cas c’était intéressant et assez prenant (surtout les textes des étudiants).

Depuis j’ai emprunté un bouquin de cet auteur à la bibliothèque et, si c’est bien écrit, je dois dire que ses thèmes de prédilection (prostitution, misère, homosexualité refoulée, inceste) ne m’encourage pas à lire les autres rapidement…

 

Après cette incursion intellectuelle et pour notre dernière soirée, nous n’avions plus qu’une obsession : trouver un endroit où boire des bières.

Soyons clairs, tu vas pas à Tanger pour picoler. Si fumer des spliffs en toute occasion, à n’importe quelle heure, en intérieur comme en extérieur, est accepté, c’est très différent pour l’alcool.
C’est comme ça qu’on se retrouve à taper dans Google : « où boire une bière à Tanger ? » en désespoir de cause.

Il y a bien El Morroco Club, duquel on se fait refoule direct (on a des baskets) ou quelques pubs éloignés du centre-ville mais rien de très tentant.

Jusqu’au moment où L. se rappelle de cette espagnole qui cherchait activement une bière dans la kasbah le premier jour et que nous avions retrouvé, rassérénée avec une mousse, au Cinéma Rif !

Ni une, ni deux, on court on vole vers cet endroit décidément parfait en tout point !

On trinque, ravies, à la Casablanca quand un jeune homme nous demande s’il peut nous poser une question : « Pour qui vous allez voter ? ».
ARGH ! PUTAIN ! Nous étions si déconnectées, si bien dans notre petite bulle loin de l’actualité nauséabonde de l’entre-deux tours…

S’en suit une discussion tout à fait sympathique avec Saïd, 27 ans, né dans une petite ville proche de la frontière algérienne, qui participe à répondre enfin à cette question persistante, « quel peut-être le quotidien de ces gens !? ».

Il nous demande quels autres pays on a déjà visité, et je pense pouvoir parler en nos deux noms en affirmant qu’on s’est senties particulièrement connes quand il nous a dit que lui n’avait jamais été en France car c’était très compliqué d’obtenir un visa.
J’ai déjà eu cette réflexion à Istanbul, mais putain, ces histoires de frontières et de passe-droits selon ta nationalité, c’est insupportable.

Cela dit, vous avez peut-être vous aussi déjà discuté avec Saïd. La journée il s’appelle Thomas et il tente de fourguer des options d’assurance aux particuliers pour une mutuelle française.

Je ne sais plus trop comment, nous nous sommes ensuite retrouvées à discuter avec Yassine, trentenaire surfeur tout juste revenue d’un séjour allemand. Une autre réponse à la ritournelle, « quel peut-être le quotidien de ces gens !? ».

22h30, le Cinéma Rif ferme ses portes, la Casablanca adoucit la nuit quand nous rejoignons sagement notre chambre, enchantées de cette dernière soirée aussi improbable que fidèle à la ville.

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Dimanche 6h30. Je suis réveillée avant que l’alarme de mon téléphone ne sonne. Je sors sur la terrasse, regarder le soleil qui se lève sur la Méditerranée.

Ces villes m’ont bouleversée.

Je ne sais pas vraiment comment l’exprimer et c’est sans doute un peu ridicule de le dire ainsi mais je crois qu’un fragment de mon cœur s’est brisé, pour rester à Tanger.

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Bande son :
Diabologum – De la neige en été
Mogwai – Mr Beast
Girls in Hawaii – Plan your escape
Thylacine – Transsiberian (principalement Memories)

Bières testées :
Flag
Casablanca

Chokran

[TANGER PART III]

Vendredi matin on quitte le Dar Nour après une dernière orgie gustative, pour tester un Airb’n’b dans un autre quartier.
Notre hôte vient nous chercher en voiture pour nous conduire dans une maison, dotée d’un toit terrasse, où nous avons une chambre au dernière étage avec vue sur la mer et l’Espagne. C’pas dégueu non plus.

On repart aussi sec pour la gare routière (en taxi bien sur) afin de choper LE car qui va à Chefchaouen. On est plutôt en avance mais il flotte et, comme dans toutes les villes du monde, le quartier de la gare n’est pas des plus avenants donc  on se contente d’attendre en regardant les mouvements alentour.

Le car met 3h à rallier la ville située dans le massif du Rif, ça permet de voir un peu du pays, c’est plutôt cool (j’aime bien le car, c’est le meilleur mode de visite pour les feignasses).

 

Chefchaouen est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, ça vous donne une petite idée de la joliesse du truc. Et potentiellement du nombre de touristes drainés.
Sauf qu’au-delà des 3 rues principales et de la grande place blindée de magasins de souvenirs et de restos + ou – alléchants, le reste de la médina est vide de tout appareil photo.

C’est d’ailleurs assez dingue de voir la différence, quand tu fais 3 pas de côté, tu te retrouves soudain au beau milieu d’une vie quotidienne déconnectée, comme si le reste n’était qu’un décor d’apparat, monté de toute pièce par la Warner Studio locale.

Le « concept » de la ville, c’est que toutes les maisons, les murs, voire les sols des rues, sont peints en bleu.
Céruléen, azur, pâle, polaire, canard, turquoise, marine, ciel, outremer, violine, saphir, cyan, électrique, à votre guise !

C’est de toute beauté, là encore, j’avais envie de prendre chaque centimètre en photo.
(J’annonce, il va y en avoir beaucoup, et toutes sont certifiées #nofilter)

Le tout est ceint de montagnes vertes, rythmé d’enfants qui courent, surplombé de nuages noirs, nimbé de rayons impromptus.

Je n’ai pas une grande inclination pour les enfants (sans blague), malgré tout, je confesse avoir été touchée par les ribambelles de gamins croisés au détour des rues de Tanger et Chefchaouen. Un truc dans le regard, peut-être.

J’étais déjà un peu chamboulée par ce LONG WEEK END, je crois.
La demi-heure sur un banc, à mater des minots jouer au foot, sur une place de Chefchaouen, au beau milieu du Maroc, a achevé de me faire glisser dans des considérations universalistes.

Et cette question entêtante, qui revient sans cesse lors des 4 jours : « Quel peut-être le quotidien de ces gens !? »

On fini par repartir, en souhaitant revenir sur nos pas, et au point de départ.
Ca nous prend environ 1h30, de grimpette en descente (encore pire que Tanger), d’escaliers en virages, comme dans une BD de Tintin où ils finissent par se rendre compte qu’ils tournent en rond et que ben tiens dis donc, ce ne serait pas la dame à qui on a acheté des pâtisseries il y a 20 minutes !?

Petit point pâtisserie en passant, extrêmement bon marché, beaucoup moins grasses qu’en Turquie (plutôt étouffe-chrétien ahahaha merde j’avais déjà fait cette blague en revenant d’Istanbul…..), tu sais jamais sur quoi tu vas tomber vu qu’il n’y a aucun nom d’indiqué dans les vitrines, donc c’est un peu au petit bonheur la chance (pas toujours un franc succès).

À bout de mon genou, je hurle intérieurement de soulagement quand j’aperçois le resto dans lequel on a mangé le midi, qui est tout proche de notre but. Armée de mon plus beau sourire (…), j’en profite pour demander la grâce et l’accès à leurs toilettes.

Non parce que je n’ai pas encore évoqué ce point sensible mais une bonne partie des toilettes dans le pays sont à la turque. Et c’est peu de dire que je suis traumatisée de l’affaire depuis que je me suis luxée la rotule droite dans ce genre d’endroit.

(J’ai du vaincre ma terreur un peu plus tard, tout s’est bien passé, j’imagine que c’est comme une chute de vélo, il faut tout de suite remonter dessus…)

 

On rejoint la gare routière dans le même type de « taxi » qu’à l’aller. Si tant est qu’on puisse qualifier ça de taxi. Un véhicule motorisé dirons-nous (je ne vous parle même pas de l’option ceinture, absente de tous, à mon grand désarroi).

Le car pour Tanger a un peu de retard, puis un peu plus de retard. On est bien contentes d’avoir nos petites pâtisseries amande-cacahuète-chocolat-saveur indéterminée, en observant un petit garçon à casquette pour qui tout à l’air merveilleux, jouer avec une pièce comme suivre les lignes tracées au sol.

 

3h plus tard, le car nous dépose dans la banlieue de Tanger, apparemment il ne dessert pas la gare routière à minuit…
Heureusement il y a des taxis (surprenant) et je voyage avec la meilleure négociatrice de tout l’ouest.

Besahtek

[TANGER PART II]

Jeudi nous découvrons le buffet du petit-déjeuner sur la terrasse et ce serait abusé de dire que rien que pour ça le voyage valait le coup mais… (Les crêpes marocaines au miel ❤ ❤ ❤ )

Nous avons eu le temps, lors de notre première journée, de nous rendre compte que les transports en commun étaient inexistants, au contraire des taxis qui doivent être environ 20 000, en plus d’être très peu chers (même si ATTENTION !! Il ne faut pas confondre les taxis crèmes avec les taxis turquoises !!) (Toujours pas trop compris pourquoi m’enfin…).

Nous voici donc parties au point de ralliement indiqué par le guide pour en trouver un qui nous conduira au Cap Spartel et aux grottes d’Hercule (environ 30 minutes de Tanger).

Sur le chemin on tombe sur le marché derrière la mosquée Sidi Bou Abib, une rue où tous les vendeurs (principalement des vendeuses) sont installés à même le sol pour vendre leurs fruits et légumes. C’est assez perturbant, à 50m du Grand Socco plutôt occidentalisé, d’être au beau milieu des paysannes, qui  ont des tenues  tout droit sorties des années 20 ou d’une ethnie inca inconnue.

Le haut de la rue est occupé par des espèces de garages réservés à la ferronnerie, là aussi un artisanat assez désuet.

Après ce bref passage dans le temps, nous trouvons une voiture avec chauffeur, qui nous attend quand on visite (je vous jure, ce LONG WEEK END m’a donné l’impression d’une débauche d’opulence).

Cela dit, on n’a pas fait long feu car ça n’a honnêtement pas grand intérêt.

Le Cap Spartel bon ben, c’est un cap… Sans vouloir être snob (tellement pas le genre de la maison), quand tu es bretonne, ou juste que tu connais des sites tels que la pointe du Raz, ça te fait pas une impression démente.

Les grottes d’Hercule c’est un peu « rigolo ». Même si le mec qui a eu l’idée marketing de dire que ça avait la forme de l’Afrique, soit il est nul en géo, soit il est aveugle, soit il est de mauvaise foi (par contre, il y a bien un petit trou qui a la forme de la Corse) (c’était sans doute moins vendeur).

Bref en 1h c’est plié et on demande au chauffeur de nous déposer boulevard Pasteur, avec en vue la fameuse Librairie des Colonnes.
Quand il trouve le moyen de demander son chemin, par la fenêtre, à un autre taxi qui est dans la file opposée, on décide finalement de s’arrêter au point de départ, vu que maintenant on est grave à l’aise niveau orientation dans la ville.

 

En se perdant un peu (oui, bon…), nos pas nous mènent devant l’Office de Tourisme, ce qui tombe bien parce que ça fait 2 jours qu’on cherche à savoir comment aller à Chefchaouen (un bled dans la montagne) et qu’on a déjà eu 4 réponses différentes.

On va pas les accabler, juste se dire que le tourisme n’est pas encore bien développé (et c’est d’ailleurs l’une des choses les plus agréables de ce LONG WEEK END), parce que la dame est incapable de nous répondre, ni de nous dire si la gare routière a un site internet (elle en a un).

Elle nous indique quand même la librairie, qui est juste en face, mais doté d’une vitrine assez quelconque en fait.

Je mets 10 minutes à comprendre que non, il n’y a pas de rayon « romans français » parce que même si la libraire est française et que tout le monde nous comprend quand on parle, les auteurs français sont classés dans « romans étrangers », you idiot !

J’achète le plus petit bouquin possible (« Le rire du grand blessé » de Cécile Coulon, très bien), juste pour le souvenir. On a loupé la venue de Yannick Haenel à une semaine près (ouin) mais elle nous informe que le salon du livre de Tanger commence le jour même.

 

On commence à avoir la faim (parfaitement) et cette fois-ci on trouve le Petit Socco. Qui est à peu près la pire place touristique de la ville, où on commande malgré tout à manger. J’ai jamais eu des spaghetti bolognese aussi dégueu de toute ma vie (oui, je consomme local).

Ca nous donne l’occasion de constater qu’il y a des allemands et des espagnols en goguette. Ca nous donne surtout l’occasion de constater qu’il est très appréciable qu’ils restent concentrés dans 2-3 rues centrales (#curiosité).

 

Je vous passe le détail de nos pérégrinations dans la médina, mon aversion pour l’odeur de bouc qui imprègne chaque échoppe de vendeur de sacs en cuir (je pense honnêtement que tu n’as pas le droit de ramener un truc pareil en cabine dans l’avion, c’est toxique), et mon envie folle d’aller me plonger dans une des cuves de cannelle dans lesquelles ils préparent des pâtisseries.

Nous finissons par opter pour une fin d’aprem sieste / lecture sur « notre » chère terrasse.

Le soir on tente Le salon bleu, le resto ouvert par les proprios du Dar Nour (soyons clairs, tout ce que ces mecs ont, est destiné à une population occidentale bobo qui cherche néanmoins la douceur de vivre orientale) (on assume hein !), situé dans une maison, au point culminant de la kasbah, dont les terrasses sont encore plus folles que celles de la maison d’hôte.

Clairement c’est pas le repas meilleur marché du LONG WEEK END, mais c’est très bon (et copieux).

On pourrait se mettre en boule et rouler jusqu’à notre chambre mais on opte pour la balade digestive et la kasbah by night.

 

J’en profite pour faire un point homme/femme. Jamais un regard en notre direction, même quand on traverse des bandes de mecs à 23h dans une rue qui fait 1m de large. Je le signale parce qu’en étant surprise de ce fait, je me rends compte qu’en France, même si ça n’a rien de méchant ou de déplacé, il y a forcément un mot ou une œillade.

 

On rentre donc sans encombres, pas l’ombre d’un Hiddleston qui vive.

Salam

[TANGER PART I]

Trois semaines que j’essaye de me mettre à l’écriture de ce LONG WEEK END*. L’orage ainsi que l’Impermanence de Peter Silberman sauront, je l’espère, guider mes doigts.

 

Il y a quelques années, j’ai été saisie par Jim Jarmush et des vampires, apparaissant au détour de nuits et de crépuscules tangérois. D’autres bribes de voyages m’ont confortée dans un imaginaire mystique autour de cette ville.

Alors quand l’occasion s’est présentée, par un heureux hasard, de trouver le temps et la compagnie pour s’y perdre quelques jours, j’ai décidé que ce serait mon voyage des 30 ans (oui, j’ai un peu tardé à utiliser mon cadeau d’anniversaire…).

 

Un mercredi matin, à l’aéroport Ibn Battouta de Tanger, où il faut remplir un formulaire pour expliquer qui on est et ce qu’on vient faire dans le coin (indiquer « kiffer la life » est déconseillé, compte tenu de la production locale).

Le temps de choper des milliers de dirhams (y’a pas à dire, ajouter des zéros, ça donne tout de suite l’impression d’être riche), on prend le premier d’une longue série de taxi pour rejoindre la kasbah et le Dar Nour (une maison d’hôte par laquelle est passé Matt Damon) (je vous rappelle que c’est mon LONG WEEK END d’anniversaire).

Le conducteur nous dépose à la porte de la Kasbah, impossible d’aller plus loin en voiture, et on s’exclame de joie tellement c’est joli. On se perd un peu dans les rues de la kasbah mais c’est sans compter tous les gens qui souhaitent nous aider à trouver le chemin. À ce stade je suis encore méfiante, rapport au guide dans lequel il est écrit qu’ils attendent de la thune en retour, mais en fait c’est globalement pas trop lourd.

 

On découvre le Dar Nour, je vais pas vous en faire des tartines, c’est enchanteur.
J’ai toujours pas compris comment était foutue cette baraque mais c’est un dédale de recoins, de petits salons, d’objets et de tableaux improbables, de toits terrasses avec vue imprenable sur la ville et la mer, de chambre dans laquelle il y a un poster d’une dédicace de Maylis de Kerangal (#coeur), des mignonnettes de shampoing (je fréquente les auberges de jeunesse depuis 15 ans, j’ai failli décéder de tant de luxe), de petit-déjeuner rêvé (tous les fruits sont pré-pelés et équeutés !!) et de gens accueillants.

(Bref, pour 80€ la double/nuit petit déjeuner compris, je recommande) (et j’ai eu aucune réduc pour le faire)

(Quand le couple de vingtenaires, qui est arrivé en même temps que nous, a précisé qu’ils avaient réservé une suite, je me suis dit que c’était peut-être pas plus mal de pouvoir encore s’émerveiller de serviettes propres dans une salle de bain à 32 ans)

(Tu peux cliquer sur les photos pour les voir en grand)

Il est 13h, on est déjà aux anges quand on prend notre premier repas dans la rue de la Kasbah, sur le trottoir pour bien observer la vie alentour.

L’idée première c’est de se perdre pour découvrir la vieille ville, mais même si ça n’avait pas été le cas, c’est impossible de se repérer et d’aller en droite ligne d’un point à un autre.

Je suis subjuguée par les maisons et les couleurs. Tout en me disant que ça doit pas être la joie d’y habiter parce que je ne suis pas sûre que niveau confort ce soit le summum rapport à nos standards.

Au départ, j’ai envie de prendre chaque parcelle de rue, chaque fenêtre, chaque porte, chaque plaque en photo. C’est une explosion de couleurs sur les murs (et de pubs pour la Vache qui rit, étonnamment) et de chats en vadrouille. (Et non pas l’inverse)

 

Assez étrangement, on se fait toutes les deux rapidement la réflexion qu’on n’est pas tant dépaysées que ça (mais L. habite depuis 5 ans à Marseille alors forcément, y’a des similitudes), tout en ayant l’impression d’évoluer dans une scène de film (je songe à OSS 117, ce qui est flatteur, je vous assure).

On cherche le Petit Socco, centre névralgique de la médina, qu’on ne trouvera finalement que le lendemain.

(On mettra 2 jours à calculer que le Grand Socco c’est la place du Cinéma Rif sur laquelle on est passées 20 fois…)

On marche au hasard des rues, on cherche les grandes artères (je pense à Louis-Jean Cormier) en espérant renouer avec le sens de l’orientation, on tombe sur la terrasse des Paresseux qui donne sur la mer, je fais une fixette sur le Cinéma Rif qui est immanquable mais autour duquel on tourne pendant 1h sans le voir.

Ce cinéma est d’une beauté folle. Nous n’avons pas eu le temps d’y voir un film mais rien que d’y entrer et d’y prendre un café (ou un thé à la menthe) est une joie cinéphile.

Je me renseigne tellement bien en amont de mes LONGS WEEK ENDS, que je n’avais pas percuté que Tanger, ça grimpe.

Heureusement L. est un peu plus prévoyante que moi et quand on tombe sur le Café Baba, elle sait qu’il faut y entrer pour se poser !

Un café qui baigne dans son jus, comme on dit, et surtout dans d’épaisses nappes de fumée à l’odeur équivoque. Le serveur nous trouve deux places dans la véranda, on est les seules touristes, et surtout les seules à ne pas se faire un petit kif (bien qu’avec l’aqua ambiant, je doute qu’on soit ressorties de là totalement sobres). Le thé à la menthe est délicieux, la vue dégagée, l’atmosphère douce.

 

Vers 18h, les gambettes fébriles, on retourne au Dar Nour pour profiter de la terrasse (et du fait qu’ils y servent de l’alcool) (autre bon point pour eux) (#alcoolisme).

 

*Ceci est un running gag private joke. Déso, pas déso.

Prologue / Épilogue

(En attendant Tanger)

Marseille, août 2015. La twingo chargée comme un mulet, l’esprit libre et le cœur soulagé, je file sur l’A7 sans un regard par-dessus l’épaule.

Marseille, mai 2017. Le vol FR007 survole Pointe Rouge, le Prado, le Vélodrome, le Vieux Port, les Terrasses du Port, l’Estaque, Vitrolles, ma peau palpite.

Un trajet connu, la gare St Charles n’a pas bougé, les trottoirs à trous rythment la descente puis la montée vers la Plaine, la rue Thiers est toujours en travaux, le Petit Nice est fermé le soir, le Moby Dick a changé de nom.

Un sentiment étrange de reconnaitre le relief des rues, chaque fissure de murs, la mémoire de mes pieds est intacte.

 

3 jours pour faire le plein de cette ville qui m’enchante, pour des raisons qui me l’ont fait quitter.

Se régaler d’accent, se pincer les narines d’un tronçon de rue à l’autre, attendre le 83 en espérant qu’il respecte l’horaire indiqué à l’arrêt (JAMAIS !!), bouquiner sur les rochers de Malmousque, faire le tour du Cours Ju et des rues alentour, le nez en l’air pour découvrir les nouveaux graffs,  plonger dans Noailles, faire un tour chez Vanille Noir et goûter des chocolat à l’huile d’olive avec la meilleure guide touristique de PACA (voire du monde), croiser une licorne, faire le marché de la Plaine à l’ancienne, repasser devant mon immeuble en lorgnant sur MA terrasse, et voir ceux qui me manquent, évidemment.

(c) RNST

(c) Mahn Kloix

(c) Mr Le Chat

Le journal est un rendez-vous qu’il faut s’imposer, parce qu’il vous oblige à vivre, plus intensément.

Sylvain Tesson.

C’est fou, il y a toujours ce moment où ça bascule.
Il est 1h et ça y’est… Les gens laissent tomber leur masque social. Ils ne sont plus en représentation.

Il faut aider les gens à se libérer de leur trop-plein de frustrations, d’énergie négative.
Fais la fête c’est absolument nécessaire. Aussi primordial que dormir, faire l’amour.
Danser c’est une façon très puissante, sacrée, de se reconnecter à son corps. C’est exceptionnel.

Je pense vraiment qu’une société qui ne fait plus la fête est une société qui se laisse mourir.

Laurent Garnier.

Je vous regarde depuis tout à l’heure [Soundcheck #55]

 

Un vendredi vers le bout du monde, quand les automobilistes les plus maladroits se sont donnés le mot pour m’empêcher de rallier la terre promise dans un temps record, alors que j’avais promis de ne pas atteindre les 150 sur la 4 voies.

Brest, le port de commerce, la Carène. La maison.
Pas celle des origines mais du genre de celles qu’on se choisit, une fois majeure et vaccinée, pour des raisons variés autant qu’inexplicables. D’aucuns pourraient se moquer (oui oui, je vous vois VOUS !), du sentiment d’amour irrationnel comme viscéral, qui survient aussitôt un pied à terre, BALEK !

 

La Nuit Zébrée commence avec Kid Francescoli, le Kid comme on l’appelle à Marseille (tu me manque un peu), qui m’avait relativement fait chier l’année dernière au Vauban, dans ses niaiseries avec Julia.

Désormais accompagnés d’un batteur, et peut-être rabibochés, ou définitivement séparés, ou professionnalisés, c’est beaucoup plus plaisant.
Les morceaux semblent avoir plus d’ampleur, être retravaillés pour un set plus électro, et puis la batterie. Mise en jambe acceptée.

 

Il est 21h, certain(e)s sont déjà en PLS devant la salle quand Chill Bump enchaîne et nous met bien dans le bain du vendredi soir (à moins que ce ne soit la 2ème pinte).

Je ne comprends pas comment j’ai pu passer à côté de ce groupe qui en est apparemment à son 3ème album… Cela dit, les références de Wax Tailor et C2C notées dans leur bio m’auraient probablement fait fuir.

Un MC, un beatmaker, des instrus impeccables, un flow divin porté par un mec dont le pseudo est Miscellaneous (<3), le kiff est total.
J’affirme haut et fort qu’il est impossible que ce rappeur soit français avec une telle maitrise de l’anglais. Il se fait donc un plaisir d’interagir 2 minutes plus tard dans un français impeccable. (À ma décharge, il est binational).

Bref, je me dis à nouveau qu’il faut que je me fasse plus de concerts de hip-hop.

 

Je trépigne encore plus à l’idée de revoir Aufgang après ça !

Bon… Sauf qu’on le sait, Francesco Tristano a quitté le groupe. Il n’y a donc plus qu’un seul piano. Et il est sous-mixé. La batterie prend vraiment toute la place.
Alors en soit, c’est quand même pas mal, mais c’est moins bien qu’avant. Donc je suis un peu déçue.

On peut toujours continuer à écouter les anciens albums.

 

Pour finir la Nuit Zébrée en mode teuf/dance floor, c’est un producteur marseillais (décidément), dont je n’avais jamais entendu le nom (décidément bis), qui prend les manettes (cette expression est-elle encore autorisée en 2017 ?).

Et c’était très bien. Je vous recommande Abstraxion, sur lequel je n’ai pas grand-chose de pertinent à dire car à raison d’une pinte par groupe, mes analyses musicologiques sont de moins en moins étoffées.
(Libé m’apprend qu’il est lié à Nicolas Jaar, c’est pas déconnant)

 

Il est 1h30 et les grappes de mélomanes cheminent du port vers le Vauban, phare des âmes emplies de détresse tendresse d’ivresse, car les nuits brestoises se vident jusqu’à la dernière goutte et s’étirent le long de Siam.

En chemin, nous croisons Marie, qui, à 2h07, nous sort une punchline magnifique. Malheureusement le « Marie, 2h07 » inscrit dans les notes de mon téléphone ne suffira pas à raviver ma mémoire.

Dehors nous croisons Morgan, dont le prénom se prononce « Morgan », pas « Morgane » et ça fait plaisir de pouvoir avoir ce genre de débat avec quelqu’un qui sait.

Sous les lumières blanches et sur le sol liquide, les verres se croisent, les bras s’affaissent, les paupières clignotent, le voisin dort quelques minutes sur ton épaule.

Il est 4h, le paquet de cigarettes dispose encore de quelques ressources avant de déclarer forfait et de dormir à Recouvrance, the new place to be.

 

Les deux jours suivants seront à l’avenant, avec un bouton d’or dans le ciel, la meilleure attraction du monde (et la moins chère) aka le téléphérique, la découverte des Capucins qui sont un rêve et une raclette pour célébrer le printemps.

Tu vas tripper ta vie ! [Soundcheck #54]

Au creux de l’oreiller d’un soir d’été, a résonné Louis-Jean Cormier.

C’était par l’entremise de Mélanie Bauer et de France Inter que j’ai couru acheter Les grandes artères, le nouvel album du susnommé.
7 mois, et environ 418 écoutes plus tard, je suis toujours en émoi.

Sa voix et ces mots ont bercés mon arrivée à Dogville, de longues routes finistériennes, des soirs d’hivers à la beauté mélancolique, des crépuscules bleutés et la lumière orange.

Alors quand j’ai appris qu’il passait à l’U., j’étais au comble de la joie.

 

Vendredi 17 mars, éreintée (rien que ça) d’une semaine up&down (mais malheureusement sans lofteurs), je suis malgré tout super ready pour un one way vers le bout du monde, pour me perdre, dans le désert.
Jusqu’au moment où j’apprends que cette soirée « chanson francophone » est sur un format 21h-3h et que le québécois tant attendu se produira vers 00h30.
(Passons sur la pertinence d’un tel horaire sur ce type d’esthétique, qui plus est un soir de St Patrick)

 

Je commence donc ma soirée par Koh Lanta (cette nouvelle saison est un peu folle : il y a TROIS équipes).
J’arrive en retard à l’U. (ces imbéciles n’étaient pas foutus de gagner l’épreuve de confort dans le temps imparti…), Jahen Oarsman a déjà commencé depuis quelques temps.

Je ne suis pas mécontente d’avoir loupé le début car c’est loin d’être transcendant.
De la folk correctement exécutée, mais sans grande présence scénique, et qui sonne assez 90’s (j’ai vaguement pensé à Eagle Eye Cherry).

 

Changement de plateau, la salle est bien loin d’être remplie et c’est la première fois que je peux profiter des escaliers/gradins. Donc je m’assois le plus proche de la scène, et je confesse de pas m’être relevée pour le concert suivant.

En même temps, on ne peut pas dire que Barbagallo pousse au pogo et j’étais très bien placée.

Ils sont 4 sur scène, dont le sieur Barbagallo donc, chanteur/batteur joliment bouclé, qui chante des chansons aux paroles joliment naïves avec un joli brin de voix.
Joliment chiant me disais-je au départ.

Et puis, la bonhommie du sud-ouest, les synthés sympathiques ont eu raison de ma réserve. C’est également très teinté 90’s (impossible de trouver le groupe exact auquel ça m’a fait pensé, mais il y a un air des Innocents, dans les chœurs notamment).

Il nous parle de sa première date à l’U. avec Axe Riverboy, probablement pour nous prouver qu’il n’est pas un lapin de 3 semaines mais perso, ce nom m’a foutu le pire des coups de vieux.

Et ils finissent ce set intelligemment construit, par un très beau morceau, La vérité, limite post rock et magnifiquement étiré (qui clôt également son album).
En fait, plus j’y pense, plus je me dis que c’était bien.

 

Il est 00h25, mes paupières clignotent et mon genou droit (le faible) tressaute.
Il est 00h30 et je revis.

Les grandes artères est un album sublime, tant au niveau des textes que des compositions et des arrangements.
C’est assez rare d’avoir une telle richesse instrumentale autour de textes en français (quelques exceptions à la règle, Florent Marchet coucou bisou), Louis-Jean Cormier se rapprocherait plus d’artistes tels que Ray Lamontagne (dans l’idée, n’y cherchez pas de ressemblances probantes). Dans une tradition plutôt folk blues.

Il s’avère qu’en plus d’être talentueux et visuellement agréable, le type est drôle.

Il est accompagné par Marc-Antoine Larocque, batteur stoïque, et Mathieu Désy, contrebassiste enthousiaste. Un trio aka sa version de voyage, on imagine bien les coûts pour faire venir un orchestre depuis le Québec…

Sa voix est belle, son jeu de scène parfait, les versions live de ses morceaux plus rock, la complicité du trio plaisante, ses interactions avec le public ravissantes.

Pourtant, comme signalé précédemment, la salle est quasi vide, si ce n’est un GROS RELOU aviné qui ne cesse de gueuler « caribouuuuuuuu » à chaque seconde de silence.
(Je n’ai même pas fait mine de lui péter la gueule car il était gros, au propre comme au figuré)

Quelques morceaux de Karkwa, son précédent groupe que je n’ai pas encore approfondi, avant de finir sur Deux saisons trois quart, à la demande d’un spectateur (qui lui, méritait un bisou, du coup).

 

Il est 2h, Dogville tente de digérer les farfadets qui zigzaguent et moi, je suis définitivement en amour.

 

 

[J’ai fini mon week end québécois en allant voir 1:54 de Yan England au ciné, où Antoine-Olivier Pilon prouve qu’il a vraiment un truc chouette (autre que la même housse de couette que moi, j’entends)]