Ça va la Bretagne ?! [Soundcheck #83]

[BeT 2021, Jour II]

Je déjeune en compagnie d’homologues pour évoquer des sujets d’avenir qui nous concernent tous, mais qui sont dérisoires par rapport à notre besoin de nous rassurer, plaindre, échanger sur la situation actuelle dans nos métiers, qui n’est pas des plus roses ma bonne dame !

Je retourne télétravailler le cœur un peu plus léger face à l’avalanche des urgences (qui, un mois plus tard, se transforment en amas d’annulations).

La pluie arrive, l’heure de l’apéro également, c’est vendredi tout de même ! Mon planning de la soirée est dense, avec des incontournables aux 4 coins de la ville. Spoiler alert : je n’en ferai finalement rien, sacrifiant sur l’autel du confort mes adorés Antoine Wielemans et Bantam Lyons.

Après un tour au QG, l’endroit idéal pour croiser tout le monde, et où j’ai passé très peu de temps cette année, expliquant peut-être ainsi mon sentiment de n’avoir vu personne, direction le 88 à nouveau.

Deux salles, deux ambiances : Warrior records en haut, Wart en bas, et de la qualité à tous les niveaux !

Des retrouvailles (coucou !) débutent par un Gin’to devant Thérèse. J’avais suivi une table ronde (en visio forcément) qu’elle animait sur la place des femmes dans les musiques actuelles et pour une fois, sur ce sujet qui peut devenir répétitif à force de constats jamais suivis d’actions, ça allait un peu plus loin. Bref, du coup j’avais un peu écouté ses titres et j’étais contente de la voir en live.

Je suis mitigée, la construction du set (on y revient, cf Franky Gogo) n’est pas optimale à mon sens. C’est en dent de scie, ce qui empêche d’entrer à fond dans le concert. C’est pas grand-chose à taffer, parce qu’il y a du potentiel, l’attitude est là, quelques morceaux fers de lance aussi !

Je monte m’intoxiquer dans le fumoir (cette invention du Diable). Cigarette fumée : une, ressentie : 5.

L’enchainement des concerts est un peu trop rapide pour le barman qui officie seul (SEUL !) pour 200 personnes, c’est donc accoudé au comptoir en soupirant que je regarde la début du set de Zaho de Sagazan.

Je file aussi vite que possible devant la scène car, comme prévu, il se passe un truc.

Tout est en place, fluide, intense, juste. Il n’y a rien à redire, c’est un plaisir continu durant 30 minutes, une sensation gourmande qu’on voudrait étirer.
Zaho de Sagazan n’a pas encore sorti un seul titre mais on (je ?) sait déjà que dans un an ou deux elle remplira des Zéniths car elle a tout pour devenir une star.
Les textes, l’attitude, les compositions, la voix, l’humour, la sincérité. Et ce nom, quand même !

C’est pour ce genre de moment que je me tape des centaines de concerts par an, et je peux vous dire que c’est rare.

Alors qu’est-ce qu’on fait après un truc pareil ? Mis à part reprendre un gin tonic pour s’en remettre, je ne vois pas trop.

Je suis avec des gens qui ont vu Uzi Freyja il y a une semaine et qui veulent déjà les revoir alors je fais confiance. Bien m’en a pris.
C’est Kelly Rose, la chanteuse, qui fait tout le sel du projet. Elle est drôle, vindicative, emporte tout sur son passage et nous laisse ravis, dansants, riants, sur le bord de la scène.
Et une anecdote à base de poulet fini de me régaler !

J’ai abandonné tous mes plans annexes, j’accepte de rester au même endroit toute la soirée, on n’est pas obligé de faire des kilomètres tous les soirs. Je verrai mes brestois prèf (Bantam Lyons) bientôt j’espère (et pour Antoine Wielemans, c’est bon, c’est rattrapé !).

Gargäntua enchaine dans la salle du bas, ça me convient tout à fait de les revoir debout cette fois-ci.
Le chanteur s’est rasé le crâne et il n’y a pas la place d’installer l’écran en fond de scène alors on perd un peu dans la symbolique humoristico-sataniste qui fait l’intérêt du live. Mais les morceaux sont tellement efficaces que ça n’empêche pas les gens de pogoter en hurlant « J’AI MIS LE FEU À NOTRE-DAME POUR TE DÉCLARER MA FLAMME » !

Ils sont programmés dans tous les festivals de l’été à venir (finger crossed), vous avez peu de risques de passer à côté.

Résultat, je suis restée tout le set et malheureusement je n’ai vu que le dernier morceau de Minuit Machine.

Là-dessus, c’est fini, merci bonsoir, videz les lieux car c’est l’heure pour nous d’ouvrir en mode boite de nuit et de faire de l’argent, pas comme avec vous pauvre cultureux qui ne payez même pas de tournées à vos collègues.

C’est ennuyeux car j’aurai bien vu encore des concerts (et bu encore des bières). Il est trop tôt pour l’after, trop tard pour se résigner à aller au Parc Expo. Cela dit, mon corps me signale que le mini empanadas de ce midi ne vas pas suffire à tenir jusqu’au lendemain et qu’il serait bien aimable de songer à manger solide.

On se lance donc dans une ballade nocturne à la recherche de nourriture (genre des frites, on est pas difficiles) et il s’avère qu’à minuit, en plein festival, c’est + difficile que prévu. Même le Quick ne fait plus qu’à emporter (c’est dire où j’en étais pour accepter une telle proposition).

Ce sera le même constat les trois soirs, l’ambiance est morne, les rues sont vides, l’absence de la fête foraine triste. Nous finissons place Ste Anne, dans un snack dont l’odeur de friture restera accrochée à mon manteau en souvenir.

On n’a jamais joué en Bretagne. [Soundcheck #82]

[BeT 2021, Jour I]

C’est auréolée de mes trente-sept ans (autant dire les épaules ployantes), apeurée par le couvre-feu bruxellois qui venait de me tomber sur le nez sans prévenir (qui peut encore se targuer d’aimer les surprises de nos jours… ?), que je me suis rendue vers Dogville le premier jour de décembre.

Pleine d’espoir mais évidemment incrédule, comment pouvais-je croire que nous allions vivre un double festival pendant 4 jours, entourés d’environ 20 000 autres de nos semblables, certes masqués (lol), mais en station debout !?

Ca commence par un TER (je vous ai dit que je vivais désormais dans le Centre ?) (une nouvelle mission secrètement confiée par le Bureau d’annexion de la Bretonnie Occidentale) pour rejoindre la Mayenne (que ne doit-on pas faire pour accéder à des jours meilleurs…), puis un TGV qui subitement parait luxueux, puis un bus de la STAR qui donne l’impression de me ramener chez moi (on arrêtera ici le sentimentalisme inutile).

Jeudi, encore traumatisée par le froid belge, c’est triplement couverte (collant + jean + chaussettes capuche + capuche + toutes les fringues les plus chaudes de mon dressing) que je file récupérer mon accred en cœur de ville. Il faut attendre son tour, écouter Baptiste Ventadour qui chante à côté, ou hausser les yeux jusqu’au ciel en entendant l’un de ceux qui sont censés savoir, passer commande de « bonbons » à tue-tête au téléphone (la peur de l’hypoglycémie fait des ravages parmi les professionnels consciencieux sans doute).

Je me rends compte pour la première fois depuis dix ans que le métro est bien pratique pour passer de Ste Anne au Liberté en cinq minutes chrono et c’est pile à l’heure, après avoir montré mon pass, mon masque, mon sac, ma gourde que j’arrive à l’É pour W!zard.

Sauf que c’est pas eux sur scène et que mon rendez-vous n’est absolument pas dans les parages. OK, j’ai confondu l’É et l’U, ça va, ça fait deux ans que ça n’a pas eu lieu ces histoires, la mémoire est faillible.

J’arrive donc en retard, non sans avoir croisé une brestoise en route (petit plaisir de ces rassemblements cultureux), et c’est à se demander qui bosse dans ce pays car l’U est blindé alors qu’il est 16h30. J’avais oublié (décidément) la configuration de ce lieu, charmant quand il est à moitié vide, intenable en version complète.

Je ne vois pas bien comment on va éviter un cluster dans ces conditions mais bref, j’arrive petit à petit à voir autre chose que l’écran au-dessus de la porte des toilettes.

Les trois musiciens de W!zard sont à fond et je suis soulagée de savoir que je les vois une semaine plus tard dans de bonnes conditions (un concert qui s’avèrera très bien, rage, sincérité, influences anglaises, IDLES en tête, assumées, et franche sympathie).

Je retrouve enfin celui qu’il faut en sortant au grand air, direction l’É à nouveau pour un groupe dont je ne citerai pas le nom car je ne suis pas restée assez longtemps pour que mon avis « c’est de la soupe, c’est nul » soit vraiment acceptable.

Je rentabilise mon ticket journalier de métro pour me rendre dans une église/théâtre où il fait la même température que dehors (à savoir ZÉRO DEGRÉ). Rebelote pour la 4e des 150 à venir : pass, masque, sac, accred, gourde, tampon sur le poignet, il n’y a quasi personne à part ceux qui savaient que la région Grand Est payait son coup.

Encore arrivent en débardeurs, peut-être eux aussi aidés par des bonbons, pour jouer de l’électro analogique sur un carré de 3m de large posé au milieu de la pièce. La config est très chouette, la créa lumière aussi, c’est joli à voir tous ces fils colorés, ça fonctionne, si ce n’est qu’on verrait plutôt ça tard la nuit, après avoir bu quelques verres pour se réchauffer.


Je m’octroie une heure pour me restaurer (et me réchauffer), je crois que je vieilli. Pas de bol, il semblerait qu’on ait opté pour une crêperie qui a décidé de lutter à son échelle contre le réchauffement climatique.

Pass, masque, sac, accred, 88 me voici !

Là pour le coup il n’y a vraiment personne, si bien qu’ils décalent un peu le début des concerts. Je vois une chanson de Bad News, oui bon… Avant de remonter dans la 2e salle pour Nelson.

Qui fait le taf mais c’est calibré pour jouer devant des gens (étonnant), pas que devant ses potes. On notera une bonne énergie, dans le champ des rappeurs un peu rigolo, et la présence d’un saxophoniste sur scène.

J’avais prévu de ne pas retourner dans l’église/glacier pour Franky Gogo, mais une sourde intuition me dit que je vais louper un truc de ouf donc je repars dans l’autre sens.

Spoiler : je n’aurai rien loupé de dingo à part des collègues dans le public. C’est pas mal, mais le set manque de fluidité. En changeant l’ordre des morceaux il y aurait la possibilité d’une intensité plus grande dans la progression des émotions. Il est torse nu sous une veste queue de pie, ça sent la pneumonie dès le lendemain…

La créa lumière est belle, il y a des morceaux sympas, electro pop, on a envie que ça parte en dancefloor, mais c’est pas vraiment le cas. À revoir dans une salle chauffée pour un vrai set !

J’hésite un peu, ça manque d’électricité dans l’air, la fête foraine n’est pas encore arrivée sur l’esplanade Charles de Gaulle, l’ambiance y perd. À cet horaire, j’ai 4 options mises en favoris dans l’app.
Je me décide pour Zinée, c’est complet. Le seul lieu sur 30 où ce soit le cas, c’est bien ma veine… Je croise un visage, je discute, finalement c’est pas complet, j’accède à la salle à moitié vide.

Il fait chaud et c’est assis, ce qui ne sont pas les moindres des avantages pour l’heure. Zinée a l’air d’un moineau tombée du nid, je m’attendais à plus d’assurance vu sa session sur Grünt. Elle a deux musiciens, il y a des titres pas mal mais sa voix n’est pas assez mise en valeur, ça reste fragile. À revoir dans un autre contexte plus favorable.
(J’apprends quelques jours plus tard que son pseudo vient du fait que son père souhaitait l’appeler Zinédine, elle est née en 98, et que c’est l’employé de mairie qui a refusé. À quoi ça tient…)

Nikola va enchaîner et je ne doute pas que ça va être super vu son concert à Bourges en juin dernier, mais mon coup de cœur de la playlist, The Haunted Youth, joue à la même heure.

J’arrive à l’Uzine et leur planning a 20 minutes de retard. Je les maudis mais ça me permet de me placer tout devant à l’interplateau, dans ce sous-sol qui pourrait faire penser à l’Angleterre.

Les flamands sont comme les anglais, plug and play. En 15 minutes, ils sont tous les cinq installés avec leurs instruments sur une scène de 3m² et prêts à jouer.
Ils font de la dream psyché pop, les bios / chroniques parlent de MGMT, Slowdive, Tame Impala. Je n’aime pas spécialement ces derniers, mais ça donne une idée.

Tous tiennent autour de Joachim Liebens, leader magnétique, et je me rappelle de chacun de leur visage. C’est con à dire mais souvent le regard est attiré par un ou deux musiciens dans un groupe, là ils avaient tous un truc, sympathique, mystérieux, enthousiaste.

À côté de moi il y avait deux couples complètement à fond qui dansaient comme si on était en boite à écouter de la dance, c’était mi-marrant mi-relou. Derrière il y avait un entièrement relou qui n’avait pas dû recevoir les deux mémos 2021 sur le COVID et le consentement car il m’a saisi la main à plusieurs reprises pour tenter de me faire toucher le torse suant et dénudé de Joachim venu jouer de la guitare dans le public. Assume tes envies de toucher des hommes nus and leave me alone you stupid wanker.

Je suis rentrée, sourire flottant, Belgique aimant.

Je suis prête depuis que je suis née ! [Soundcheck #81]

[PdB 2021, JOUR II] 

La nuit fût moyennement bonne car les étoiles de l’hôtel n’impliquaient apparemment pas d’isolation phonique…
Mon travail de la matinée consiste à aller rencontrer des gens sympas pour qu’ils me fassent visiter un endroit immense et cool. Dur dur.

Je suis assez fière de moi car j’ai la présence d’esprit de m’arrêter dans une boulangerie pour acheter un rosette-cornichon afin de m’assurer un vrai repas dans la journée. Chaque jour est un nouveau pas vers la maturité.

J’entre dans le W en début d’après-midi, droit devant au milieu, au moins tu ne vois pas s’il y a personne derrière, c’est moins glauque.

KT Gorique entre scène avec son backeur/danseur, son batteur et son DJ. C’est peut-être celle dont le nom est le + connu de la sélection et il n’y a pas besoin d’attendre longtemps pour comprendre pourquoi. Il n’y a rien à redire, c’est impeccable à tous les niveaux : écriture, flow, énergie, esprit de groupe, humour. Je n’arrive même pas à lui en vouloir pour le dernier morceau reggae, c’est dire !


Ensuite c’est le tour d’Achile dont j’écoute le titre Vie normale en boucle depuis des mois. Finalement il chante plus qu’il ne rappe, il nous livre notamment une version piano voix sur ce morceau.
J’aime bien, c’est fluide, et un de ses musiciens joue du keytar (de la keytar ?). Je suis malheureusement perturbée par un message dont nous garderons l’anonymat de l’auteur (bisou) « le mec a le look d’un type qui bosse dans une animalerie ». Je ne vois plus que ça.


J’aimerais bien qu’il y ait 5 minutes de pause entre chaque artiste tout de même, histoire de pouvoir assimiler ce que tu viens de voir, en débattre (et éventuellement aller aux toilettes).

Pas de répit pour les braves, au tour d’Ekko qui a d’ailleurs lui aussi failli y laisser sa peau car il n’y avait pas d’eau sur scène, et 30 minutes quand tu rappes aussi vite, j’imagine bien que tu t’assèches !
Il est super à l’aise, souriant, son backer aussi, c’est plaisant. Il a gagné le Prix du public, ce n’est pas volé !


Les stroboscopes se rallument (je sais pas si c’était un investissement coûteux du festival mais en tout cas ils ont bien été rentabilisés #monamielépilepsie), Vikken apparaît. C’est ici que se joue la plus grosse claque des trois jours. Ca monte en puissance, tu comprends pas ce qu’il t’arrive, tu te prends une baigne artistique et politique que tu n’avais pas vu venir. J’étais bouche bée.

Rien que de réécouter un morceau sur Spotify je frissonne. Si vous avez l’occasion, allez le voir sans écouter avant, ça n’en sera que + fort je pense !
Vikken a remporté le Prix du jury. Encore heureux !
Ci-dessous sa magnifique reprise de The Knife qui ne vous spoilera pas le concert, et qui me rend dingue (remember la scène des Amours imaginaires filmée par Xavier Dolan sur ce morceau).


Autant vous dire qu’après ça, sans transition, les trois meufs d’Ottis Cœur, elles pouvaient faire le meilleur set de leur vie, c’était peine perdue. Alors qu’en vrai c’était pas mal, du pop rock (est-ce qu’un jour on pourra de nouveau prononcer ces termes sans penser à Francis Zégut et RTL2 ?) guitare basse batterie bien exécuté avec des harmonies chouettes, mais impossible à digérer à ce moment là.

Poltergeist a donc du bol de ne pas enchainer derrière Vikken parce que la comparaison électro aurait été encore pire. Il a les cheveux bleus, une tête de gamin boudeur, il alterne entre les pads et la guitare électrique avec de fortes influences 80’s, c’est pas mal mais je ne suis pas fan du chant.


C’est le jour du pot de l’Antenne Bretagne, je suis lucide, je sais que les trois heures entre les deux sessions INOUïSduPdB vont être consacrée à manger des crêpes (durant les premières 30 minutes sur lesquelles j’avais calé un rdv sérieux) et boire des bières, avec toute la diaspora qui doit représenter un tiers des pros présents sur le festival #BreizhAtao

Heureusement c’était Elliott Armen qui débutait à 20h, ça nous a forcé à être à l’heure devant la scène.
Forcément le lieu et les conditions ne rendaient pas grâce à la beauté de ses morceaux mais tout de même, quelle voix ! Il me fait beaucoup penser à James Vincent McMorrow, j’avais eu le même frémissement en l’entendant pour la première fois.


Ladaniva prend la suite, c’est peut-être très bien mais je n’étais pas franchement d’humeur Bollywood et puis la bière, vous savez ce que c’est hein…

Je reviens pour Annael et son prénom (soyons honnêtes). Je ne peux pas dire que j’en retienne quelque chose  de fou, si ce n’est qu’il est gaulé à la manière d’une pub des années des 70 : musclé avec une taille de guêpe, le tout mis en valeur par des vêtements qui pourraient dater de ces années là.
Il est accompagné par deux danseuses, dont j’ai trouvé la présence assez utile vu que sinon c’est juste une bande son, mais que j’ai ensuite entendu qualifiées de « Claudettes », et effectivement, ça va avec le reste.

Toujours est-il qu’il a remporté le prix du Printemps de Bourges, de manière assez inattendue pour moi je dois dire.

Ca a fini par Cuften et là ça cause. Pas seulement parce qu’il est chez AstropolisBooking, mais parce qu’il a tabassé 30 minutes de gros son techno, le tout en analogique, entouré de vieilles télés qui amplifient l’effet stroboscopique. Tout le monde debout, on est content d’être là pour sentir le frisson de la teuf et des nuits sans fin.

Enfin là, ça a plutôt une fin. Jusqu’à 22h30 pour les concerts, faut pas exagérer, après il faut se contenter d’un câble jack et de Spotify pour l’after (ce qui est déjà hautement appréciable en ces temps de disette).

Je suis ivre, ma voiture est à proximité, l’hôtel non, un Sam oui (merci).

Ca va ? Pas trop mal aux fesses ou quoi ?! [Soundcheck #80]

[PdB 2021, JOUR I] 

S’il y a une chose que cette « période » (le truc dure depuis un an et demi, il va falloir se résoudre à trouver un autre terme) nous aura appris, c’est que le PrintempsdeBourges peut se dérouler en toute saison.

J’espère qu’il ne sera pas dorénavant à chaque fois une bulle entre deux confinements, parce que ça me ferait plaisir de pouvoir écrire (voire vivre) sur autre chose.

Mercredi 23 juin, je suis claquée d’avance parce que j’ai récemment repris une activité salariée peu compatible avec mes nuits de 12h.

Je pars de Trick (la nouvelle ville anonyme qui va bientôt abriter mes jours et mes nuits, une fois que les agents immobiliers auront accepté de prendre un dossier qui comporte certes un CDI, mais aussi une période d’essai) (je sais c’est dingue comme clause dans un contrat) en pensant quelques secondes à mon bilan carbone de ce dernier mois.

Rapidement je suis rattrapée par un sentiment connu mais oublié : le petit stress pré-festival parce que je ne pars jamais assez tôt pour être large afin de planter ma tente tranquillement sans devoir courir pour ne pas louper le premier concert.

La tente est un 3* avec piscine (j’œuvre au rétablissement de la filière du tourisme par pur patriotisme) (la chambre n’est pas prête mais quelqu’un se chargera de monter mes sacs plus tard et la réception est ouverte 24/24) (la vie doit être si douce pour les gens riches) mais vous aurez compris l’idée.

Heureusement la Breizh connection est à l’œuvre dès l’arrivée, je bénéficie d’un chauffeur privé (coucou !) sur le parking pour me mener jusqu’au site sans entamer mon capital « station debout ».
(Faites pas les malins, vous non plus n‘avez plus l’habitude de rester debout + de 30 minutes d’affilée)


On débute par les INOUïSduPdB qui ont l’insigne honneur, pour cette édition spéciale/réduite, de récupérer le W comme scène. Le même principe qu’au Palais en septembre dernier a été installé : une scène scindée en deux par des pendrillons afin de pouvoir enchainer les groupes sans attendre les changements de plateau, et devant des tables et des chaises. Sauf que le mode cabaret, dans un immense barnum posé sur un parking, ça n’a pas vraiment le même charme (ni le même son).

On peut féliciter d’emblée tous les artistes d’avoir joué dans ces conditions sans faillir, peu importe le niveau de leurs prestations (que nous ne manquerons pas de critiquer par la suite bien entendu #gnekgnekgnek).

Droit devant, en plein milieu, car la place est libre, je suis prête à en prendre plein les mirettes.

Babysolo33 ouvre car elle devait jouer en septembre 2020 mais, victime du COVID, elle n’avait pas pu venir.
Je n’ai vu que deux titres alors je ne ferai pas de conclusions trop hâtives mais elle a l’air d’avoir 14 ans et il y a un petit côté Priscilla.
(Précision importante : j’avais oublié mes lunettes de vue à Dogville et j’ai pu me rendre compte que ce n’était pas qu’un accessoire de mode dispensable)

Premier artiste de la sélection 2021 : Okala. C’est bien fait, des titres qui fonctionnent (notamment en piano voix), mais il y a un léger côté old school varièt The Voice qui me gêne un peu. Je pense à Mika, à Bruno Mars, j’imagine des influences de The Weeknd.

Ca passe à Bandit Minuit. Et là c’est le drame (désolée d’user de cette facilité de langage mais je n’ai pas d’autres mots). On ne se doute de rien, il arrive avec sa petite salopette, gentil garçon qui veut nous raconter des histoires.
Au fil des 30 minutes, je suis de + en + effarée par le niveau d’écriture. Parfois c’est comme si c’était de l’impro tellement ça manque de fluidité, je ne peux imaginer que ce soit réfléchi et écrit.
Les interludes parlés entre les morceaux sont également très gênants et j’ai failli décéder quand il a osé un « j’ai la bite rude, j’ai l’habitude ».

Autant vous dire que les attentes concernant Joye étaient minimes après ça. Que dire, c’était bien fait mais je n’en retiendrai rien mis à part qu’elle doit aimer Sia. Il n’y a pas de morceaux, pas de particularités.

Igee entre en scène, avec un beatmaker. Il y a de l’envie, il y a des textes, il y a de l’engagement sous un style vestimentaire normcore (est-ce qu’on peut encore utiliser ce terme en 2021 ?). Au départ ça me fait penser à Fred (que je n’ai pas écouté depuis des lustres, il ne doit même plus faire de musique…), il y a quelques beats ragga aussi, bon, ça va.


Cette première session INOUïSduPdB se termine et j’ai peur d’être cassée. Attendre l’émotion, avoir l’impression d’être blasée, ne pas même avoir les premières minutes de contentement de retrouver le live, c’est étrange.


Après un rendez-vous qui m’aura apparemment fait manquer le meilleur groupe de l’aprem (oui parce qu’il s’agit de travailler aussi en parallèle), je file à l’Auditorium confirmer que je n’aime pas Bonnie Banane. Voilà, c’est bon, c’est fait. Au moins les sièges sont confortables.

J’hésite à rester pour confirmer que je ne suis pas fan de Prudence, mais je me dis qu’il ne faut peut-être pas pousser le masochisme trop loin dès le premier jour et je suis lâchement des bretons vers un bar.

C’est un plaisir de revoir plein de têtes connues, sans masques, ma physionomie respire.

Je ne m’attarde pas trop car ça fait déjà 30 minutes debout je sens qu’il faut que j’opte pour des valeurs sûres afin de retrouver le goût de la vie avant la 2e session INOUïSduPdB.


Hervé est le remède parfait pour ça. Il m’avait éblouie quand lui-même n’était qu’un Inouï, seul avec son synthé, ça ne change pas cette fois-ci. Il est rayonnant, sautillant, accompagné par deux musiciens et une pointe d’accent de Plougasnou ❤

Mais j’ai aussi envie qu’Arthur Teboul me raconte des histoires et Feu! Chatterton va commencer au Palais. C’est un sold out, je suis loin, il fait chaud, les gens bouillonnent et sa voix enchante.

Trois morceaux plus tard ils enjoignent le public à se lever (on ne va pas se plaindre mais les règles semblent changer selon les salles et les heures), ils jouent Palais d’Argile mais aussi Côte Concorde et 10 ans plus tard je ne sais toujours pas s’il faut grimper ou se pendre aux cordes qui tombent du ciel.

C’est un Monde nouveau où il faut se serrer dans les bras, où Arthur joint le geste à la parole dans la fosse où la foule l’accueille sans y croire.
Je sais que je loupe d’autres choses mais le moment est beau, c’est impossible de s’y soustraire, La Malinche fait son effet.

Je n’étais pas cassée, je suis juste toujours plus exigeante.


Le contraste est rude quand j’arrive dans le W pour soutenir ma région natale et Barbara Rivage. L’endroit est quasi vide, le côté parking glauque joue à plein (l’Équipe de France également dans les bars alentours où certains se pressent anonymement).
Je dois dire que l’ensemble ne m’aide pas à avoir une vision objective du set qui donnait envie de boire et de danser dans une ambiance qui ne s’y prêtait absolument pas.


C’est bien joli ces enchaînements mais le problème est toujours le même : je ne mange pas. Je songe à coudre une poche glacière à mon sac à dos afin de trimballer des sandwichs sans avoir besoin de trouver une nourriture décente entre deux concerts. Si vous avez des idées de prototypes, lâchez vos DM !

Je catche up avec les collègues, on loupe les deux groupes suivants en buvant de la Kro (il n’y a pas que trouver de la nourriture décente qui est un problème….), je repars devant la scène armée d’une assiette de frites surgelées pour soutenir ma nouvelle région d’adoption et Gargäntua.

Alors on pense ce qu’on veut de ce groupe, de leur scéno, de leurs morceaux, de leur maquillage, force est de constater que ça fonctionne dès les premières minutes. L’envie d’une fête païenne, d’une techno libératrice, d’une communion pas dupe.
Certes ils avaient des potes parce qu’ils sont de la région, n’empêche qu’une centaine de personnes était debout devant la scène en train de danser et de reprendre les paroles. C’était tout à fait réjouissant.

Logiquement, vous devriez les voir rapidement dans tous les festivals près de chez vous, à hurler « J’AI MIS LE FEU À NOTRE DAME, POUR TE DÉCLARER MA FLAMME ! »

C’est un top 5.

Chaque année je failli à dresser un Top 10. Il va sans dire que ce n’est pas 2020 qui m’aura aidé. 23 films vus contre une soixantaine habituellement, je me contenterai d’un Top 5 composé de deux documentaires et deux films asiatiques. Le monde change.

Un pays qui se tient sage de David Dufresne

Parce que l’injustice crasse, pour la colère sourde.

Le lac aux oies sauvage de Diao Yi’nan

Pour les couleurs et le trouble.

Séjour dans les Monts Funchun de Gu Xiaogang

Pour l’entremêlement captivant des existences.

Adolescentes de Sébastien Lifshitz

Parce que l’implacable déterminisme social.

Drunk de Thomas Vinterberg

Pour l’expérience anti-hygiénisme et Mads Mikkelsen.

Je chiale et je trépigne en attendant de créer ma liste « 2021 ». Vivement !

Je vais prendre les escargots [Soundcheck #79]

[INOUïSduPdB, PART V]

Toujours pas de petit-déjeuner pour les braves dormeurs en ce troisième et dernier jour berruyer. Je profite malgré tout de l’opulence de cette chambre 3* où une bouilloire et des sticks de café sont à disposition.

À midi pile (11h50 en vrai), je suis installée chez La Mère Poule, l’estomac dans les talons (si quelqu’un, autre que Wikipédia, a une explication pour cette expression, je prends) et l’impatience en bandoulière. Je commande un Perrier tranche. Alors que je n’ai même pas la gueule de bois. Par pur plaisir. Je me gifle mentalement.

La ponctualité n’étant pas la qualité première de mes rendez-vous du jour (no offense), nous loupons le premier concert de 13h. Ce qui n’est finalement peut-être pas un mal vu ce qui nous attend. Le soleil chauffe, la bouffe est bonne, l’été une réalité.

Nous arrivons dans le Palais d’Aurons pour Ndobo-Emma. Une jeune femme qui chante et son musicien aux pads. Je suis (mal) assise sur un tabouret devant un mange-debout et je dois dire que ce qui se passe sur scène ne me passionne pas assez pour que j’en fasse fi.

Je chope une place plus confortable pour Oordaya. Une jeune femme qui chante et son DJ (et deux danseuses). Heureusement parce que ça ne me fascine pas non plus, même si l’apport de la danse est bienvenu pour pimper un peu l’ensemble.

J’étais curieuse de voir Yellowstraps #BelgiqueVie mais ça n’a pas été plus concluant. La faute aux statistiques, il fallait bien que ça arrive, la moitié du duo est malade donc absente. Je ne vais pas tirer sur l’ambulance, c’était vraiment courageux de venir malgré tout. Un bassiste ami a accepté le remplacement au débotté, vous connaissez mon amour de la basse….. Alors quand c’est le seul instrument sur scène…
Ajoutez à ça une salle qui se vide au fur et à mesure que tous les pros repartent vers leurs régions respectives, une certaine gênance s’installe.

C’est l’heure d’une petite pause dont je profite pour tenter de trouver une boulangerie. Mais des cookies Granola chez Vival c’est bien aussi hein.

Ca reprend avec Alicia. Une jeune femme qui chante avec un DJ. Tu le vois l’émoji avec le sourire crispé ? C’est  quand même un peu plus intéressant que les précédentes, elle a une chouette attitude.

Allez ça enchaîne avec Sally. Qui est, je vous laisse deviner, oui c’est ça, une jeune femme qui chante avec un DJ. Que j’ai déjà vu cela dit, et dont j’avais apprécié le live. Pas de bol, les 6 mois devant Netflix et un changement d’acolyte ne lui ont pas réussi.
Que cela ne vous empêche pas de la découvrir néanmoins, grâce à Colors Show.

Je m’interroge sur la pertinence d’enchainer autant de chanteuses qui font du playback (peu ou prou), quasi seules en scène, sur un même après-midi. Ca les dessert forcément, peu importe leurs potentielles qualités intrinsèques.

Bref, quand Bekar arrive, je suis au-delà de toutes attentes car c’est le dernier concert, j’aime bien ses morceaux, et on ne peut pas repartir sans avoir vu un seul bon concert de la journée bordayl !
Alors certes c’était pas parfait, mais ils sont quatre sur scène (QUATRE !!), il y a une vraie énergie de groupe, La mort a du goût est un tube qui reste dans la tête, le flow est cool, ça fait du bien !

La route du retour des vacances est évidemment constituée de Bounty glacés, de bouchons, d’anecdotes et de pizzas pour adoucir le retour au réel qui, comme chacun sait, est cruel.

Merci de respecter les gestes barrières [Soundcheck #79]

[INOUïSduPdB, PART IV]

Perdus dans les caramels au beurre salé et les bouteilles de bières qu’il faut finir (on va pas s’emmerder à les ramener dans l’autre sens), on arrive au beau milieu du set de Dahlia alors on est bien obligé d’aller dans les gradins. C’est pas si mal cela dit, il y a une belle vue sur les scènes.
Et sur la tenue total latex de la chanteuse. J’ai rien contre, mais quand on fait un choix aussi engagé il faut l’assumer à fond.
Bref au-delà des considérations vestimentaires sur la chemise transparente tétons apparents de l’homme qui complète le duo (parité oblige), musicalement je n’ai plus aucun souvenir quinze jours plus tard.
Je vous laisse tirer vos propres conclusions.

Je résiste à l’appel de la ginger beer #alcoholfree pour voir la première moitié du set de Stuffed Foxes. Ils sont six, ils sont chevelus, ils font du rock, et j’aimerai bien être devant la scène, debout, une bière à la main, en train de danser.

L’interplateau nous permet de nous rasseoir aux premières loges pour Parade, LA curiosité que j’attends de pied ferme : ils sont marseillais et ils font du rock. C’est un oxymore parfait. Je ne sais pas d’où ils sortent, s’ils ont des amis là-bas ou s’ils vivent cachés dans une cave, leur existence me fascine.
Leur concert est un bonheur, c’est bien fait, c’est honnête, sans chichis ni postures. C’est ça qu’on veut  !

J’avais dit que je voulais voir Michel. Bon. Autant sur Spotify y’a un potentiel, avec des titres qui commencent tous par « Michel » (Michel en illimité, Michel et sa go, Michel en PLS), autant sur scène c’est le naufrage.
Le mec ne fait même pas semblant de faire du playback (il fait ses propres backs par contre…..), ou d’avoir une quelconque attitude sur scène. On se croirait à la fête foraine de Berck-sur-mer ou au championnat régional de tunning des Hauts-de-France. Et encore, si c’était joué à fond, ça aurait pu passer.
Vu qu’il y avait deux autres groupes de cette région en compétition, on ne peut même pas se dire qu’il a été choisi par défaut.
Bref, tout le monde n’est pas fait pour la scène. C’est con parce que le concept, l’imagerie et l’album sont vraiment cools. Et c’est celui que j’écoute le + depuis mon retour de Bourges au final.

C’est à Khadyak, inconnue au bataillon alors qu’apparemment elle a déjà fait des premières parties de stars. Bon (bis). Je dis pas que c’est inintéressant, elle danse, elle a une présence, mais franchement, le playback sur une bande son qu’elle lance elle-même, je ne suis pas très adepte (oui je sais, on est en 2020) (et ce sera bien pire le lendemain).

Comme à chaque inter-plateau, le message vocal nous rappelant les consignes sanitaires résonne dans le Palais d’Auron. Les 10 premières fois franchement ça passe, les suivantes on est plutôt sur un « oh ta gueuuuule… » sympathique mais sincère.

Romane Santarelli prend place et nous sert un set électro impeccable. MERCI. C’est le moment où la frustration d’être assise est la plus grande.

Le dernier groupe de la soirée se nomme Cheap House, en écoutant la playlist je m’étais dit qu’ils portaient bien leur nom.

Donc nous sommes partis à la recherche de nourriture. Ce qui est une aventure en soi, un jeudi de septembre, à Bourges. Ca finit au foodtruck hors de prix de l’espace pro où l’after se fait sans musique, afin de ne pas tenter les danseurs en puissance. Sage.

On est assis mais on est vivants [Soundcheck #78]

[INOUïSduPdB, PART III]

Jeudi je fais une croix sur le petit-dèj (qui a décrété que les hôtels devaient arrêter de servir après 10h30 ? Quel est l’intérêt, notamment quand tu es en vacances, si tu peux même pas faire une grasse mat’ !?). Heureusement j’ai un petit stock de nourriture dans mon sac pour tenir jusqu’au déjeuner avec un finistérien #breizhatao.

Pour une fois que je n’ai pas 5 concerts par heure dès midi quand je suis à Bourges, j’en profite pour faire un petit tour du centre-ville (il fait toujours 32 degrés <3), c’est vraiment une belle petite ville, avec des pavés, des colombages, plein de boutiques, des enseignes vintage et une grosse cathédrale.
Je vous aurais bien déconseillé la brasserie dans laquelle on a mangé mais je n’ai pas pris la peine de retenir son nom.

À 16h c’est reparti pour un tour, gel, masque, bouchons, chaise.

Ca débute par Merryn Jeann, accompagnée d’une violoncelliste qui a quelques soucis de branchements au départ, ce qui n’entache un rien un très beau set. J’y reconnais des ondes celtiques, des influences irlandaises (elle a des instruments bizarres), mon flair est parfait vu qu’elle nous annonce une nationalité australienne.
Elle a également un pantalon Desigual (ou assimilé), mais qui n’affecte pas non plus cette sensation d’assister à un concert de qualité.
Merryn Jeann a remporté le Prix du Printemps de Bourges, pouce en l’air !

Ensuite c’est au tour de Fyrs, je suis saucée de ouf car ça fait 8 mois que j’écoute leur seul titre dispo et que je suis censée les voir en live. Mission accomplie, plaisir maximal. Pour le coup, j’aurais bien aimé que le set dure + de 25 minutes !
Ils sont tous les trois (guitare, claviers, batterie) en front de scène, c’est très élégant. Comme je suis relativement jeune, je n’ai pas noté, à l’instar de mes voisins (bisou), à quels vieux groupes se référait chaque morceau. De toute façon, rien ne se crée, tout se transforme.
Par contre sur les lumières, j’aurais bien vu une créa uniquement blanche ou bleue pour renforcer cette élégance justement.


Aucune crainte pour La Battue, je les ai déjà vu plusieurs fois, c’est le groupe breton de l’édition, j’ai la main sur le cœur et les cordes vocales échauffées pour houhouter à la fin de tous les morceaux !
Le final sur Attacus Atlas ne cesse de me transporter à chaque concert, c’est pro, c’est beau, c’est calé, ça fait plaisir de les voir.

Encore un groupe pour lequel je suis impatiente car leur session vidéo pour le Printemps Imaginaire était terrible : YN.
Duo rappeur-batterie, clairement à l’ancienne dans le style de hip-hop qu’ils présentent, dotés d’une intensité assez remarquable. Leur set m’a néanmoins laissée en demi-teinte car la même structure est utilisée sur majorité des morceaux et la façon de rapper finit par manquer de nuances.
Il y a un potentiel énorme cela dit, et le titre B met des bombes est une pépite de scansion pour mettre le public en transe.



Quatre concerts satisfaisants d’affilée, je m’accorde une pause pour m’en remettre, d’autant que j’ai pas spécialement envie de voir le groupe suivant (no offense).

Je reviens en salle pour Bandit Bandit. À l’écoute j’ai un doute, sur le papier ça devrait me plaire : c’est rock, c’est signé chez Cold Fame.
Oui mais non. Trop de postures tue la sincérité et j’ai du mal avec les gens qui surjouent le côté rocker « ouais on bouge les cheveux et on fait semblant de se rouler des pelles on est trop cools »*.

Donc je pars avant la fin, par l’odeur des crêpes alléchées, car c’est l’heure du pot breton (et quand je dis crêpes, je dis bière, parce que cimer la Kro disponible dans les bars officiels…….).

C’est dans ces moments de rencontres informelles que je constate que, si je suis extrêmement physionomiste d’habitude, je suis très mauvaise dès qu’un masque entre en jeu. Je crois que c’est la première fois de ma vie que des gens me reconnaissent alors que moi non. C’est pas forcément plus plaisant que de se prendre des vents, mais ça change !

*Il s’avère que c’est un couple donc, c’est à mettre à leur crédit, ils ne faisaient pas semblant.

Y’a ma mamie dans la salle ! [Soundcheck #77]

[INOUïSduPdB, PART II]

À 21h pile je suis de nouveau en place. Mais ça ne commence pas. En pleine digestion, assise, j’ai vraiment besoin qu’on tienne les horaires svp.

J’étais curieuse de voir Leys, j’ai été servie ! Vêtue d’une tenue de patineuse artistique (strass et paillettes), elle enchaine les morceaux avec un flow et des textes à la hauteur. Y’a rien à dire, c’est carré.
Elle a remporté le Prix du jury, tout à fait mérité.

 

Dès les premières notes de Francoeur, j’ai cru que c’était l’heure de la pause clope. Une blondinette mood Fifi Brindacier qui se pointe avec une harpe, ça faisait beaucoup.
Finalement j’ai été capté par les morceaux et sa malice, c’était un peu envoûtant.
Par contre j’ai toujours pas compris pourquoi des spectateurs brandissaient un drapeau breton à son nom alors qu’elle est d’Auvergne…

 

J’ai quasiment loupé tout le set de Taï Z mais accordons lui tout de même le prix du seul artiste qui s’est mis torse nu durant ces trois jours. Il en faut.

J’ai hâte de voir Terrier, loupé aux BarsenTrans car La Place était blindé de monde (étonnant). Je suis un peu déçue, je trouve le son pas ouf, je n’ai pas l’évidence que j’attendais après avoir écouté quelques morceaux enregistrés. Après, il a un an d’existence et rappelons qu’aucun groupe n’a joué depuis 6 mois, donc je demande à revoir.

 

Un truc chouette, c’est que les 34 groupes venaient de passer quelques jours ensemble pour un stage de structuration professionnelle et on sentait une ambiance colo dans les applaudissements qu’ils se prodiguaient les uns les autres. Parce que pour le reste du public c’était majoritairement des pros, et soyons honnêtes, on n’est pas sur un public des plus démonstratifs.

 

La star de l’étape c’est P.R2B. Même si elle concoure sous l’étiquette Ile-de-France, elle a grandi à Bourges. Elle nous précise que c’est une grande émotion pour elle de jouer ici, mais vraiment il n’y avait pas besoin de le dire pour le voir. « Y’a ma mamie dans la salle ! ». C’était probablement pas le bon moment du cycle car j’ai failli chialer en entendant ça.

Bref, je l’avais vu il y a deux ans au BarsenTrans (une fois où j’avais pu rentrer à La Place), elle avait séché tout le monde en alternant entre chanson française au piano ou a capella et morceaux rappés. Depuis, la voie de la chanson a été privilégiée, ce que je trouve assez dommage.
Ca manque d’équilibre et de folie comme ça pouvait être le cas. Aucun souci à se faire pour sa carrière malgré tout, il y a du talent sous la tension, sous les tics, dans les textes à fleur de peau.

 

Je n’attendais rien de Jyeuhair (à part peut-être de comprendre comment prononcer ce nom) et a priori ils se foutent de me donner tort, on sort au bout d’un morceau.
Tant mieux car ça devenait compliqué à gérer les lunettes/masques/bouchons/bière.

Moi je vais turn up et vous allez rester assis. [Soundcheck #76]

[INOUïSduPdB, PART I]

Mercredi 16 septembre, je suis levée dès l’aube, prête à tous les sacrifices pour rejoindre la zone verte et ses promesses de concerts. Je redécouvre par la même occasion la voix de Nicolas Demorand (et de Gérard Larcher, mais c’est moins plaisant).

Cinq heures, des retrouvailles et un repas de luxe plus tard (les délices des aires d’autoroute), je m’empresse d’aller poser mes affaires à l’hôtel afin de louper le moins possible du premier set. Je me félicite d’avoir appris de mes erreurs de cet été en ayant freiné ma radinerie mon esprit économe pour réserver un 3*.
(Blague à part, au-delà de mon origine bigoudène, je suis très peu au fait des normes en vigueur dans l’hôtellerie française et j’étais assez surprise de découvrir que 3* c’est bien le minimum pour avoir une chambre correcte).

Je courre vers le Palais d’Auron le nez à l’air (Bourges est en zone libre je vous le rappelle).
J’avais un peu peur de trouver l’endroit glauque, dépourvu de gens ivres debout, avec une jauge réduite au tiers et des spectateurs assis, mais la fosse transformée en formule cabaret rendait le truc presque convivial.

Je me place bien évidemment devant et en plein milieu. Afin de reproduire l’esprit initial des INOUïSduPdB qui alternent d’habitude entre le 22 Ouest et le 22 Est, la scène a été scindée en deux. C’est plutôt malin et ça évite de perdre du temps en changement de plateau.

Je serai bien incapable de fournir un quelconque avis sur les deux derniers morceaux que j’ai vu du set de Baron.e. Honnêtement, j’étais tellement contente de voir des musiciens jouer devant moi qu’ils auraient pu faire n’importe quoi, ça ne m’aurait pas empêché d’avoir la larme à l’œil (sauf du reggae évidemment, on a des limites tout de même) (RIP Toots, big up à tous les massives).

Si tant est qu’il y avait un doute, ma vie ne vaut pas la peine d’être vécue sans concerts. Point.

Ca enchaine avec Danyl que j’avais déjà vu aux BarsenTrans en décembre dernier. J’aime bien son énergie, il a une bouille souriante. Il passe parfois aux claviers, son titre Unité reste bien en tête, c’est un chouette set.

(Chaque artiste concoure dans une catégorie esthétique pré-définie que je vous épargnerai car cette année, pour tenter de s’adapter à la fusion de tous les styles par les artistes des années 2020, le mot « pop » a été ajouté à chacune. On est donc sur du « hip pop », de l’ « électro pop » etc.)

 

The Doug arrive sur scène, il a le mérite de la surprise car je ne crois pas l’avoir déjà écouté. En trois morceaux il teste trois styles totalement différents.
Le premier à la guitare sèche j’ai l’impression d’entendre un chanteur français des années 90, sur le deuxième il se met à rapper et je pense à l’Or du Commun, avant de passer sur une instru complètement planante pour un troisième. Le tout avec une attitude très je m’en foutiste.
Je suis extrêmement dubitative. Le moment de grâce et de tolérance aura été de courte durée, je suis soulagée de constater que mon sens critique est intact.
Il doit néanmoins avoir beaucoup d’amis car il a gagné le Prix du public (votes via internet).

 

Je tiens vraiment à garder ma place, je reste à poste alors que je sais pertinemment qu’enchainer avec le set de Baptiste Ventadour ne va pas être une partie de plaisir. Je chausse donc mes bouchons.
Je n’ai rien contre lui, il occupe un créneau laissé vide depuis une dizaine d’année (veine Gauvain Sers), il le fait tout à fait correctement mais le temps où j’écoutais Les Ogres de Barback est écoulé et je n’ai pas envie de m’y remettre (sérieux, il a des grelots à la cheville pour accompagner la guitare).
J’ai quand même apprécié son dernier morceau chanté en anglais, avec un jeu de guitare à la John Butler Trio.

 

Mon dos de 35 ans et des poussières avait bon espoir quant à la position assise. Funfact, après 4h30 de voiture, j’ai quand même mal posée sur une chaise. Quel bonheur que d’avancer dans la vie au fil des ans !

 

Je suis ravie de voir arriver Claustinto, dont la vidéo pendant le Printemps Imaginaire (la version virtuelle du festival en avril) m’avait fort plu.
Seul en scène, avec enfin une vraie créa lumière, il nous balance 25 minutes de techno chanson autotunée pour une fête noire de belle facture.
Le premier pour lequel je « houhoute » (c’est-à-dire que je crie à la fin d’un morceau en applaudissant) (parce que le masque c’est bien sympa mais ça ne permet pas de voir ma moue de contentement (ni quand je baille cela dit, un plus pour un moins))  et j’ai envie de me lever.
Entre autres parce qu’il recommande de « briser les silences et les genoux ».


(Ce n’est pas le titre le plus récent mais c’est le seul clippé)

Je commence à avoir envie d’aller boire une bière (rendez-vous compte, il fait 32 degrés et il est 18h40), je suis finalement assez contente d’apprendre que Babysolo 33 est malade et que la première partie des concerts s’achève là-dessus.