This is only entertainement people [Soundcheck #71]

[BRIGHTON, PART II]

Je me lève en joie pour mon premier full english breakfast servi au rez-de-chaussée de la charmante maison.
J’ai installé l’appli du festival, que je regarderai environ 5 fois par heure pendant 3 jours (et que je n’ai toujours pas le cœur de désinstaller…). À raison de 450 concerts dans 35 lieux différents, la mémoire ne peut pas tout.

J’ai décidé de commencer par un groupe bristolien (cœur cœur) qui joue à 13h. Ça me laisse largement le temps de continuer mon exploration de Brighton, avec pour challenge de ne pas me faire chier dessus inopinément par une mouette (défi réussi).

Je vous passe le détail de mon parcours, je me retrouve dans Kensington Gardens, une ruelle avec une enfilade de magasin, dont Resident, LE disquaire de la ville. Je ne peux évidemment sortir sans rien donc j’opte pour Brutalism des Idles qui manquait cruellement à ma discothèque.

J’enchaîne avec un carrot cake merveilleux, entrecoupé d’une notification de l’appli qui m’apprend que les « secret guest » de ce soir ne sont rien de moins que les gars de Shame. La vie est un délice.

En sortant, je croise le batteur de Lady Bird, facilement reconnaissable à sa façon de s’exprimer.
Il n’y a pas de star system au Great Escape, les artistes se baladent dans la ville, entre les concerts, sans être reconnus / arrêtés.

J’avais deux craintes principales pour le festival : ne pas pouvoir entrer aux concerts que j’avais repéré (avant le festival, j’ai réussi à écouter 100 artistes des 450 programmés) ; que les lieux ne soient pas propices à accueillir des lives.
Bilan je suis restée à la porte une seule fois (sur 30) pour Squid et je n’ai jamais (trop) pesté sur les conditions d’écoute.

 

IOTA

J’entre dans The hope and ruin, comme nombre de pubs anglais, il y a une salle de concert à l’étage. Je ne vais pas m’étendre sur la prestation de Iota (preuve que je n’aime pas inconditionnellement tout ce qui vient de Bristol), qui joue un rock variet 80’s, avec l’outfit et le make-up qui correspond : bandana – paillettes.

En tout cas, nous sommes dans un pub, ce qui implique que peu importe l’heure, les gens ont des pintes à la main.

 

CLASSIC YELLOW

Ce sont des dubliners qui jouent, le chanteur est donc roux et l’éclairage vert.
Chaque musicien cultive son propre style, entre un bassiste ska, un batteur reggae et un clavier fan des Sex Pistols. Je trouve que le mec qui les filme à l’aide d’une go pro est extrêmement bien sapé pour un tel rôle (cravate texane et tout le toutim) (trop mignon ce mot non ?), il s’avère qu’il finit par monter sur scène et pète un solo d’harmonica de 3 minutes assez cool !

Bien fait sans rien de fou,  je me dis que ça reste la mise en jambe (à réécouter sur album c’est plutôt agréable)

HANDSTAND PARADE

Au Walrus, la scène est au sous-sol et les gens assis sur de grosses banquettes (avec des grosses bières). Pour le coup, l’endroit se prête moins au live.
Le trio n’est pas hyper raccord, entre le chanteur qui a du style mais les musiciens qui ont plutôt l’air de nerds (quand c’était pas encore trendy). Je ne suis pas convaincue.

 

JACK VALLIER

J’arrive au Three wise cats à la fin du concert précédent, je profite que chacun.e aille faire un refill au bar pour me placer proche de la « scène » où Jack Vallier fait son line check (clairement les conditions d’accueil des artistes ne sont pas les mêmes qu’en France, il vaut mieux être plug&play).

Tout seul à la guitare, il doit avoir 20 ans, un petit air de Daniel Radcliffe, fait pas mal de blagues sur ses chansons qui sont toutes dépressives, « I’m gonna sing 6 others sad songs » et c’est le premier à qui je mets une étoile dans mes notes. Classique songwriter british, tu ferais la même chose en français ça serait ridicule mais là ça fonctionne.

 

VAUGHAN

Je vais sur le front de mer quelque peu venteux et entre dans le Tempest.
Je ne reste pas bien longtemps devant Vaughan, le « problème » quand tu as autant de choix c’est que tu as envie d’aller voir s’il y a mieux ailleurs quand tu n’es pas captivé dès les cinq premières minutes.

BRUTUS

Je fais bien de me pointer at The Haunt dès 18h car c’est une des rares salles de concert et c’est blindé.
Je ne peux pas vraiment dire que j’ai vu Brutus, un groupe belge dont la batteuse est aussi chanteuse. Malgré tout c’est vraiment cool, ils font un mix entre du black metal et du math rock (ils étaient d’ailleurs programmés au Hellfest), qui évoque parfois Evanescence (dans le bon sens de la référence) et confirment que la Belgique est la terre promise des mélomanes.

 

WHISPERING SONS

L’avantage des soiffards c’est que je peux me coller contre la scène à l’inter plateau afin d’être devant pour ce groupe belge qui est ma plus grosse attente du festival.

Je vais avoir du mal à décrire ce qu’il s’est passé les trente minutes suivantes. J’avais évidemment le combo yeux fermés / lèvres mordues.

Le t-shirt Joy Division de la chanteuse et celui The Soft Moon d’un des musiciens donnent une bonne indication sur leurs influences. Fenne Kuppens est fascinante, timorée et raide durant l’installation, elle se transforme soudain avec le son et il est impossible de la quitter du regard.
Je ne peux pas mieux vous dire que d’écouter leurs titres et de profiter de leur prochaine tournée française pour prendre la mesure du talent.

 

PENELOPE ISLES

Malgré tout, pas le temps de finasser, Penelope Isles m’attend à l’autre bout de la ville. GPS mon amour, l’entraînement marche rapide à 15% d’inclination sur le tapis de la salle de sport aussi.

Le Green Door Store c’est un peu le Nadir de Brighton, au final c’est pas SI loin.
Le lieu parait un peu plus underground que les autres, je me faufile dans la salle blindée.
Le set est cool, je me sens un peu moins traître à mon genre d’avoir apprécié trois concerts d’affilée avec des chanteuses.

 

SHAME

J’ai 15 minutes pour parcourir 2km, en espérant pouvoir entrer à la soirée Fender au Old Market. Là on a à faire à un VRAI Nadir tellement c’est loin. Heureusement j’ai des ressources inépuisables quand il s’agit de voir enfin Shame en Angleterre.

L’endroit est bien évidemment complet, il y a trois personnes devant moi dans la file, attendant plein d’espoir que des spectateurs sortent alors que le concert a commencé depuis peu. Je suis surprise mais ravie, de voir que tout le monde n’a pas bon goût, j’entre quelques minutes plus tard.

Je peste contre les gens posés au bar alors que d’autre attendent dehors car ils ont vraiment envie d’écouter de la musique, aucun respect ! Là, je ne résiste malgré tout pas à une pinte pour célébrer la victoire.

Et puis Shame. Charlie Steen  a opté pour le blond platine, c’est bien la seule chose qui a changé, ils sont toujours aussi investis, parfaits, généreux, talentueux, un bonheur.

 

BLACKWAVE.

La blagounette de mon planning c’est que je dois retourner au Green Door Store pour le groupe suivant. J’hésite un peu mais je suis pleine d’adrénaline et il est impensable de s’arrêter là.

2 nouveaux kms plus tard, je reprends une pinte (il ne manquerait plus de tomber en déshydratation). La description du groupe dans l’appli ne m’avait pas du tout préparée à tomber sur un espèce de ska hip-hop. Bref, pas une franche réussite pour finir.

 

Environ 25 bornes plus tard, je m’écroule dans mon lit.

(Le Brighton Dome, curiosité architecturale)

Advertisements

Heaven on earth

[BRIGHTON, PART I]

Je pense que parfois, le ciel se met en quatre pour tenter de me faire croire à une existence supérieure. L’avancement des dates du Great Escape Festival, afin qu’elles se combinent avec ma semaine de vacances, pour la première fois depuis que je rêve d’en être, confirme cette hypothèse.

Compte-tenu de la longueur de mes notes, du nombre de concerts vus en trois jours et de mon enthousiasme, ce récit risque d’être dense.

Spoiler alert pour ceux qui n’ont pas 3h devant eux : mon paradis existe et il se trouve à Brighton au mois de mai.
Imaginez donc : Angleterre + mer + festival de musique + Angleterre. C’est une honte d’avoir attendu si longtemps pour le découvrir.

 

Mercredi 8 mai, je pars de la Gare de Rennes pour un petit périple de quelques heures qui m’emmènera sur la côte anglaise, via l’Eurotunnel et un TER anglais (ça met un peu plus longtemps que l’avion mais connaissez-vous le flygskam ?)

Je déguste mon petit rituel vacancier (le chocolat Valrhona servi au wagon bar quand tu investis dans un café à 3€) avant de tester l’Eurostar pour la première fois. Une pancarte précise que les souvenirs de guerre, l’artillerie transformée et les armes sont interdits à bord.
Au-delà de l’incongruité, ce qui me fait le plus bugger c’est qu’il y a donc sans doute des gens qui se sont pointés avec ce type d’objet.
Je suis un peu déçue, c’est moins classe que le TGV, et il n’y a même pas de hublot pour faire coucou aux poissons pendant la traversée (qui dure à peine 15 minutes).

En entendant une anglaise parler quand j’arrive à St Pancras, je manque de verser une larme d’émotion.
9h plus tard, je suis sur le quai de la gare de Brighton, me félicitant d’avoir vêtu mon manteau d’hiver.

Je me dirige vers le headquarter du festival pour récupérer mon bracelet avant la foule du lendemain, je n’en peux déjà plus de la mignonnerie de la ville quand j’arrive et tombe sur Big Jeff, LE bristolien le plus célèbre pour les amateurs de live.

Lors de mes 6 mois à Bristol, j’ai du voir une soixantaine de concerts. Dans le même temps, et en permanence depuis des dizaines d’années, Big Jeff doit tourner aux alentour de 180 (oui c’est ça, un par soir). Bref encore un signe !

(2 minutes plus tard je tombe sur une figure de la programmation dogvillienne, mais bon les signes c’est vraiment pour les gens crédules…)

Je m’extasie jusqu’à mon B&B en bord de mer, dans une maison anglaise typique (bow window etc.), jusqu’à entrer dans ma « chambre ». En tant que personne modeste, habituée des auberges de jeunesse, je n’ai aucune idée du coût des hébergements en vacances et j’ai en permanence l’impression d’avoir réservé des palaces. Alors que non.

Je suis un peu chonchon, mais l’accueil est sympathique et le reste des vacances me fait vite oublier l’absence de rideaux occultants / les toilettes sur le pallier.

 

Je file rapidement à la découverte de la ville, pressentant que les 3 jours suivants seront bien occupés par les concerts.
Il fait quand même drôlement froid, avec ce petit vent de mer, mais la vue du célèbre Pier me réjouit (la perspective du chauffage dans la chambre aussi), les mouettes tournoient et chaque pub me tend les bras en affichant « Fish & chips ».

À 20h je me dirige vers le site de la plage, monté de toute pièce par le festival, pour amorcer en douceur avec seulement 2 concerts. Quelle ne fût pas ma stupeur qu’on me refuse l’entrée sous prétexte que je n’avais pas de pass pro ! Les habitudes ont la vie dure !

Même si je n’étais finalement pas si mécontente de filer sous la couette, pour 12h de sommeil réparateur, avant le marathon.

Merci les ombres, merci les lumières. [Soundcheck #70]

[PdB, JOUR III]

Samedi matin, étant donné que je n’ai pas pu modérer avec un gin to’ la veille, je suis un peu fatiguée. Mais sans doute moins que Ludo qui, j’imagine compte tenu de la serpillière dans le couloir, était vraiment dans le mal en rentrant.

Ça me rappelle que j’ai oublié (sans doute un acte manqué), d’avouer mon épisode San Pellegrino, alors que j’étais conviée à un apéro (15h, un vendredi, c’est l’heure) spécial Sud-ouest où les liquides alcoolisés coulaient à flot. (Et que j’ai poussé le vice à me resservir un deuxième verre de San Pé avant de partir)

Pour le déjeuner, on m’envoie l’adresse d’un resto thaï où le seul plat potentiellement à mon goût est un canard laqué. Réussite moyenne.

 

Je file voir Obsimo, nouveau venu de la scène électro aquitaine qui me plaît pas mal. Dans l’obscurité (il ne tire pas son pseudo de l’obsidienne pour rien) d’un après-midi ensoleillé, le contraste est intéressant.

 

Ensuite, je suis privée de concerts car apparemment il faut aussi travailler (tssss…).

Je ne verrai donc pas Calling Marian ni Yolande Bashing mais quelques heures plus tard, j’apprends la victoire de chouchou DI#SE #Team29 alors je suis heureuse quand même.

 

Contrairement au vendredi, je ne suis pas en transe niveau programmation. Je loupe Hubert Lenoir pour trinquer à la gloire du Finistère avant d’aller tenter Vladimir Cauchemar.
Il a distribué des masques de tête de mort à tout le public, ça donne une ambiance un peu spéciale mais pas désagréable.
Je n’étais pas dans le mood pour tout donner sur le dance floor, j’attends de le revoir dans un état d’esprit et des ami.e.s adéquat.e.s pour en profiter à sa juste valeur.

 

Une tête pour apercevoir Salut c’est cool ! qui persiste dans l’absurde (je n’ai pas les tenants et les aboutissants de cette pyramide de chaises).

Je ne suis pas très enthousiaste à l’idée de voir Thylacine dans le W (une tente qui peut accueillir des milliers de personnes, en gros).
Sa nouvelle scéno, pour la tournée de l’album Roads, est assez jolie, il y a un nouveau voyage raconté en parallèle, il joue toujours du saxophone sur quelques morceaux, le charme opère, mais moins que précédemment.

 

En sortant, je tombe sur des compères achèrois, c’est improbable et délicieux (d’autant plus car l’un d’entre eux me fait découvrir l’existence du Moscow Mule).

On tente Kompromat, Vitalic + Rebekka Warrior, c’est plutôt prometteur ! Mais en fait non. La voix est sous-mixée, ça n’apporte pas grand-chose de plus qu’un sample et l’ennui se fait assez vite sentir.
Bien qu’une fois de +, ça dépende de ce que l’on attend : pour faire la fête un samedi soir entre potes, ça doit parfaitement faire le taf !

 

Là-dessus j’abandonne et la chance est avec moi car je tombe quasiment aussi sec sur un taxi !! À 2h30, libre, à Bourges !!
À l’arrivée, il s’avère qu’il ne prend pas la CB, fallait pas rêver.

Santé mentaaaale ! [Soundcheck #69]

[PdB, JOUR II]

Vendredi, je commence par traverser Bourges du sud au nord car je change de logement. On ne pourra pas dire que je ne visite pas le coin.
J’arrive chez Ludo qui me dit « Ah tu es venue à pied ?! Tu aurais du me dire, je serais venu te chercher ! ». Le berruyer est sympathique (et a une maison de bâtard, l’immobilier doit pas être trop cher dans le coin).

Je cours ensuite me faire des pâtes au pesto en centre-ville. J’ai appris de mon erreur de la veille : il faut que je mange dès que l’occasion se présente !

 

La journée commence, bien, avec Roxaane. On voit à la fois tout le potentiel, et tout ce qu’il reste à bosser pour que ça devienne excellent. Un mix entre Keny Arkana et Aloïse Sauvage en quelque sorte. Elle est frêle, les yeux transparents, et pourtant sa voix porte. À suivre.

 

Enchaînement réussi avec Hervé, un autre prénom à retenir, et un EP à surveiller dans les prochains jours. Sa présence scénique est élastique, dévorante, réjouissante. Je pense à Higelin, Eicher, Bashung (il s’avère que c’est sa plus grande influence), mais sans parodie. À suivre également.

 

Je retourne au Club Europe où l’on m’a promis de la new wave ukrainienne.
Le barman remercie toujours les quelques présents à coup de punch (cette fois-ci j’ai dit oui) et de cookies au chorizo (un délice).

Au moins 10 personnes devant First Breath After Coma, un très bon groupe de post rock synth pop (entre Mogwaï et James Blake disons) portugais (assez rare pour être souligné). Je suis déçue pour eux qu’il n’y ait pas plus de monde pour s’en rendre compte…

C’est finalement du post punk biélorusse, Molchat Doma, qui prend la suite. Je pars au bout de trois morceaux, cette absence de public est absolument déprimante et déprécie le concert.

 

À côté, les fauteuils de l’Auditorium et Arnaud Rebotini me tendent les bras. Il joue la B.O. de 120 BPM avec des musiciens classiques, un concert dont la configuration (lumières + écran) est taillée pour les théâtres.
Je confesse en avoir profité pour reposer également mes yeux. Je m’interroge sur le public que cela peut attirer : c’est extrêmement étrange d’écouter Rebotini assis, et pour les mélomanes, je ne suis pas sûre que la partition classique réussisse à l’emporter sur les beats électro.
Le remix de Smalltown Boy fait toujours plaisir entendre mais la meilleure cover c’est celle de Thomas Bidegain pour Les Cowboys, sachez-le !

 

Apéro + panini, je croise Élodie Frégé qui est aussi belle qu’à la télé et je file au 22 pour MA soirée : que du rock (dans le sens le plus large du terme), avec, entre autres, des anglais ❤

Les Lady Bird ont pris l’apéro à côté de moi et je peux vous dire qu’ils n’ont pas laissé leurs canettes de 1664 aux moineaux…
Sans mot dire, ils n’ont qu’à entrer en scène pour que la magie britonne opère. Alors ce n’est peut-être pas le meilleur groupe de rock actuel, mais que voulez-vous, ils ont un ADN qu’on ne peut pas test. Et ce batteur enragé !

Un petit contrecoup durant le set malgré tout, quand je réalise que je suis à un moment de mon existence où j’ai autant de différence d’âge avec une personne de 20 ans qu’avec une personne de 50 #lacroisée.

 

C’est un groupe de meufs espagnoles, Mourn, qui joue ensuite. C’est hyper plaisant de voir des filles faire du rock garage, ça n’arrive pour ainsi dire jamais ! Même si, mon désamour des voix féminines persiste et malheureusement je pense que j’aurais apprécié davantage si ça avait été un chanteur…

Une pinte au passage, cet enchaînement dans les deux salles parallèles est à la fois un régal et une épreuve, il faut passer à Lysistrata.
Dont c’est le premier concert depuis des mois, autant vous dire qu’ils en avaient sous le capot. De l’énergie de vingtenaires à revendre, sans compter le talent, tout ce qu’il faut pour donner un live phénoménal.

 

Il me faut un gin tonic pour m’en remettre. Sauf que la Licence IV est dans un autre lieu et vu la file d’attente de gens plein d’espoir pour entrer dans le 22, il n’est même pas pensable que je risque ma place.
J’opte donc pour un Picon bière, en souhaitant que ça me change un peu de la Kro (les festivals se suivent, cette question persiste : pourquoi choisir de vendre uniquement de la bière cheap ?!). C’est un échec, c’est tout aussi mauvais.

 

Après cette pause nécessaire, je loupe le début de Rendez Vous pour parler de festivals aux concepts plus géniaux les uns que les autres.
Le quatuor de post punk parisien livre un set parfait (décidément). Après quelques mois de tournée, ils ont sans doute mieux apprivoisé leur nouvel album et c’est un sans faute.

 

Il est quasiment minuit et je suis déjà au-delà des anges en me positionnant pour Idles.

Je ne sais plus quels mots utiliser pour qualifier ce concert, sachez juste (si ce n’est pas encore le cas) que les bristoliens (cœur cœur love), le leader Joe Talbot en tête, dominent le game du punk rock.

C’est une déferlante d’amour, de rage, de sincérité.

Ils nous remercient de les faire se sentir bien, ils lancent la salle pleine à craquer sur une reprise de All I want 4 Christmas is U de Mariah Carey (en affirmant que c’est à peu près la chose la plus punk à faire), ils challengent le public de porter un spectateur (Thomas) en slam durant tout le dernier morceau (6 minutes au bas mot).

Je ressors séchée de ce moment. Abasourdie. En apesanteur.

 

J’avais prévu d’enchainer avec Odezenne mais c’était tout bonnement impossible (j’ai beau les aimer assez inconditionnellement, ils auraient forcément souffert de la comparaison).

Je vous reconnais sur la photo ! [Soundcheck #68]

[PdB, JOUR I]

C’est un mood principalement connu de nos voisins belges récemment (coucou Guillermo Guiz !) qui présidera à la rédaction de ce compte-rendu de festival berruyer.

J’avais soigneusement noirci l’écran de mon smartphone de notes passionnantes et d’anecdotes cocasses à vous narrer, mais cet instrument du diable (coucou la récompense aléatoire !) a décidé de me planter le lendemain du retour. En plein lundi de Pâques !! Déjà que j’avais été privée de chocolat n’ayant pu rallier mon Finistère natal pour cause de travail…

So bye-bye toutes mes réflexions pertinentes sur la vie rédigées depuis un an…… (Inutile de me conseiller le cloud, c’est non)

 

Jeudi matin, dans le Dogville-Paris inondé de lumière, c’est un sentiment de vacances qui s’empare de moi. La joie de quitter Dogville pour aller… N’importe où ailleurs en fait ! (Comment ça « Aurais-tu un problème avec la sédentarité ? » !?).

Le TER Centre-Val de France qui relie Paris à Bourges parachève cette impression, c’est idiot, je n’ai plus de photos non plus mais je ne savais pas que ce type de train circulait encore.
Délicieux voyage vintage dans une cabine à 8, sans prise électrique, tablette ou moindre confort « moderne », mais tellement plus convivial ! D’autant que 90% des passager.e.s font partie de la filière musicale française et vont au festival, l’entre-soi parfait.
Et le contrôleur sosie de Clovis Cornillac, c’est le petit + produit !

Arrivée à Bourges, il fait 25°c, les vacances je vous dis ! Ma charmante hôte Airbnb vient me chercher à la gare, mes jambes apprécient par avance. Mon coloc s’appelle Paco, il est doux, sociable et tape quelque peu l’incruste dans le lit, mais là non plus, aucune preuve en image, désolée.

 

Sans perdre une minute, je vais récupérer tout ce qu’il faut pour passer partout et entamer le marathon musical.
Je choisis le Club Europe, nouveau lieu totalement caché et inconnu du festival. Autant vous dire que si sa fréquentation est représentative de notre intérêt pour l’UE, on est mal barrés.
Sur le chemin je croise Zazie, qui porte le pantalon de cuir et les santiags à fleurs avec bonne humeur.

Nous étions 5 devant Linn Koch-Emmery. Assis. Et j’étais la seule à bouger la tête. Pourtant c’était pas mal, un peu rock, un peu pop, portés par des suédois qui doivent avoir l’habitude de jouer devant légèrement plus de monde au pays.

En sortant je croise Lou Doillon, qui est une vraie artiste, la preuve : elle est pieds nus !

 

J’enchaîne avec Soap&Skin, entre autre car il n’y a pas vraiment autre chose en face, parce que je ne m’y suis jamais trop intéressée donc c’est l’occasion, et c’est dans un auditorium confortable #jambes. On me met en garde contre la tentation de suicide qui pourrait suivre ce set mais je suis téméraire.

Force est de constater que c’est effectivement pas guilleret. Les deux derniers morceaux sont réussis, le reste m’a paru assez désincarné. (Et que dire de la cover désastreuse de Voyage Voyage de Desireless !?)

 

Je vous passe l’apéro car on est aussi là pour ça, direction le Nadir, dont la légende voudrait qu’il se trouve à 80km des autres salles (c’est-à-dire totalement hors de portée).
Échec à l’arrivée, il n’y a pas de foodtruck sur place, je suis donc destinée à mourir de faim (ou manger de la bière) (je vous laisse deviner l’option choisie).

Namdose (BRNS + Ropoporose) au centre de la salle, ça fonctionne toujours autant qu’il y a un mois, même si je demande à réécouter les nouveaux morceaux pour être sûre. En tout cas, ruez-vous sur le premier E.P., ils ont chopé la quintessence de chacun des groupes.

 

J’ai promis d’aller voir Dope Saint Jude alors je fais un AR (= 160km, admirez les jambiers) et ça le vaut. Du hip-hop féminin qui vient d’Afrique du Sud avec des grands sourires, sautillant !

Retour en banlieue pour The Psychotic Monks, appréciés à Rock en Seine l’été dernier. L’heure de retard du set a peut-être entachée mon avis, j’ai été moins conquise. Ça reste néanmoins du psyché de bonne facture.

Bonsoir Roazhon ! [Soundcheck #67]

Dogville au mois d’avril. Après la grisaille interminable de l’hiver, le printemps se fait désespérément frais et les rayons de soleil couplés à une cure de magnésium ont du mal à me faire retrouver une vigueur de vingtenaire.

J’hésite jusqu’à la dernière minute sur un site de billetterie mais la raison est plus forte que la fatigue flemme : un concert de Frustration me fera forcément du bien à l’âme et au corps (même si à l’oral, les ignorants pourrait trouver cette phrase paradoxale).

Sur le trajet je rejoins quelques mélomanes. On descend dans le sous-sol du 88, une pinte de mauvaise bière dans un gobelet en plastique non consigné, la première partie démarre.

Bikini Gorge, nouveau groupe du leader de Combomatix, a exactement ce qu’il faut pour me mettre dans de bonnes dispositions et tout ce que Dogville compte d’aficionados de garage est réuni pour l’occasion.

Le plafond est bas, la scène aussi, le sol colle, les jeux de lumières sont minimalistes, la salle est pleine, il flotte un air d’Angleterre.

Je tente l’IPA à l’interplateau, moins pire.

 

Quand Frustration se pointe, c’est comme s’ils étaient à une réunion de famille. Ils jouent pour un public conquis d’avance et prouvent qu’il a bien raison.

Le genre de concert qui régénère. Juste tu te laisses porter, tu kiffes (et tu tentes de ne pas être sous le mec qui fait des slams).
Tu es tellement dans un état d’amour de ton prochain que tu t’enquières auprès de ton voisin géant s’il a déjà pu voir un concert de près (non) et attaches tes cheveux pour éviter qu’ils atterrissent dans la bière de celui de derrière quand tu headbangues (à peu près).

1h30 et quelques morceaux du prochain album plus tard, les gobelets sont à terre et les mains en l’air.

Il fait un peu moins frais dans ton cœur quand tu ressors, et ce n’est pas qu’à cause de l’alcool (qui réchauffe néanmoins, on ne va pas se mentir).

Ça c’est du boulot ![Soundcheck #66]

Passons sur la dizaine de concerts démentiels dont j’ai profité la semaine passée. Il faudrait des pages entières pour leur rendre grâce et tellement d’autres choses depuis cette conclusion incertaine : et si la solution était un déménagement à Bruxelles ?

Gloire à It It Anita, La Jungle, Why the Eye?, Namdose, Monolithe Noir, Girls in Hawaii évidemment, et leurs congénères.

 

Autre semaine, autre ambiance, Joey Starr qui déclame du Robespierre et mon esprit qui est ailleurs.
Aloïse Sauvage, dont la présence éclabousse la scène, même sans scénographie.
Et puis dimanche, avec une heure en moins et du soleil en plus.

Après le sandwich au tofu et le Perrier de la veille (mon corps ne s’en est toujours pas remis), je découvre que si le demi coûte 4€, l’eau est gratuite.
Quelques minutes plus tard, à quelques mètres de la scène, un monsieur me propose de passer devant lui car sa taille va me gêner.

Il n’en faut parfois pas plus pour trouver foi en l’humanité. Et puis c’est sympa de rencontrer enfin tous les autre abonnés Télérama de Dogville #QLF !

 

Mon sourire est irrépressible quand Bertrand Belin entre en scène. L’élégance ça ne se décrète pas. On pourra dire ce qu’on veut sur le fait que la maturité sied aux hommes (ou pas), mais force est de constater que les années passant, il gagne chaque fois en prestance.

Accompagné de l’essentielle Tatiana Mladenovitch à la batterie et de trois autres musiciens (guitares, basse, synthés), les morceaux du dernier album, Persona, sont magnifiés.

Si ses paroles sont souvent absconses (pour moi tout du moins), je suis portée par la voix, la rythmique, comme un conte chamanique, où le sens est moins important que le son.
Quelques interludes improvisés ( ?) où son humour perce à jour, des pas de danses diverses, l’attitude impeccable malgré la chaleur d’un début de printemps, Bertrand Belin construit son petit monde autour de nous.

L’importance des mots, et sa plus récente carrière d’écrivain de fiction, le case dans la catégorie chanson française, en occultant le rock des compositions. Preuve en est, s’il en fallait une de plus, la collaboration avec les The Limiñanas sur Vicky, qui clôt le set pour un rappel parfait.

Ceci est quasiment un top 10

Cette année c’est la débandade : seulement 51 films au compteur.
Il faudrait que je tienne en parallèle le compte des concerts / spectacles vivants auxquels je me rends pour voir s’il y a une corrélation…

J’ai néanmoins vu de quoi faire un top 2018.

Pour la fureur de vivre.

Parce que ces gens, je les ai connus.

Pour Léa Drucker et Denis Ménochet.

Pour l’amour malgré tout.

Parce que l’adolescence est une plaie qu’on ne souhaiterait revivre.

Pour le sensible.

Pour les boucles de Timothée Chalamet et les mollets d’Armie Hammer.

Pour le bleu de la nuit.

Parce que l’Angleterre.

Bonus vu lors de sa sortie belge à Bruxelles (techniquement un film 2019 en France) 

Parce que l’amour ne suffit pas.

La sécurité est annexe, là-dedans. Tout le monde sait qu’on ne peut pas la garantir.
Ce qui compte c’est la discipline. Qu’on apprenne à obéir à n’importe quelle consigne, sans discuter.

Virginie Despentes.

– Le jour ou la nuit ?
– La nuit, parce que la nuit on crée sa propre lumière tandis que le jour, elle est imposé par le soleil.

Edouard Baer.