Pumpkin

[EDINBURGH, PART II]

Samedi matin, le soleil est absolument radieux quand je me rends au petit-dèj dans le bar, pour manger ma ration de tartines de pain de mie grillées au beurre doux confiture de fraise et ma tasse de café translucide.

La météo a une grande importance ce week end car suite à des péripéties dont je vous ferais grâce ici, je ne suis actuellement propriétaire que de baskets trouées. Ce qui est difficilement conciliable avec un temps pluvieux (heureusement que je n’habite pas en Bretagne) (l.o.l.).

Un des buts du séjour est donc de trouver des chaussures à ma convenance.

SPOILER ALERT

Cela n’arrivera pas. Jamais.

Je suis les conseils du Lonely Planet et file au Château d’Édimbourg dès l’ouverture, afin d’éviter le gros des touristes (ce n’est pas toujours le cas, autant signaler que pour le coup c’était un très bon conseil).

Le ticket d’entrée est à 20€, c’est rare que je mette autant dans une « attraction » mais je me vois mal passer à côté. La dame qui m’appelle « Pumpkin » à l’entrée rentabilise en une seconde l’investissement #cutie.

C’est quasiment un mini village qui est construit dans l’enceinte, avec un chemin de garde le long des remparts qui surplombe toute la ville, à 360°, offrant une vue sur le port de Leith comme sur les montagnes au sud.
À l’intérieur il y a plusieurs bâtiments à visiter, ainsi que des musées. En 2h, je n’ai pas tout fait, je me suis concentrée sur quelques endroits clefs.

C’était tout de même bien équipé niveau téléphonie pour l’époque…

D’abord la prison pour les militaires ayant fauté, avec les geôles restaurées comme à l’époque (franchement ça vaut une chambre en cité U à Lannion en 2004) (niveau hygiène peut-être pas, mais niveau mobilier en tout cas).
Ensuite la prison pour les prisonniers de guerre, avec des portes en bois d’époque sur lesquelles les graffitis sont également authentiques. Les mecs étaient à 70 dans des salles de 50 m², répartis entre des lits en palettes et des hamacs…

Sur le Mons Meg, j’ai découvert le One O’Clock Gun, qui tonne chaque jour (sauf le dimanche) à 13h précises, sans que personne ne tressaille.
Pas comme à Paris où ça vient chouiner dès que Sense8 offre un feu d’artifice gratuit (« gnagnagna c’était pas prévu »,  « gnagnagna on a eu peur »).

Les prisonniers avaient tout de même le droit à une pinte par jour. On n’est pas des chiens. #humanrights

 

J’ai aussi vu la chapelle St Margaret, datant de 1130, qui était momentanément fermé pour cause de mariage. Ce qui m’aura donné l’occasion de voir sortir les mariés et demoiselles d’honneurs, tous bras et jambes à l’air (température : 2°) (température ressentie : -8000°C), suivis d’un joueur de cornemuse.
S’il n’y avait pas eu 250 touristes en train de les prendre en photo (moi y compris), j’aurai pu verser ma petite larme (comme à chaque fois que j’entends une cornemuse en fait) (même s’il faut qu’ils se calment avec Amazing grace pour appâter le chaland).

J’ai poursuivi avec la maison qui abrite les joyaux de la couronne écossaise (voilée pendant des siècles par ces salauds d’anglois, tu te doutes bien). Là c’était blindé de monde, tu suis le parcours et les gens à 2 à l’heure, pour au final, voir une couronne sans grand intérêt (c’est une couronne avec des pierres précieuses quoi).

 

Pour m’en remettre, je suis entrée dans la boutique de souvenirs, où un jeune homme proposait des shots de whisky. Je me serais mal vu refuser, d’autant qu’il m’a soutenu que les français étaient les plus gros consommateurs de whiskey au monde (Télérama confirme).
Certes il était 11h, mais sachez que le Bruadar est très fruité, avec un léger goût de miel, ce qui se marrie parfaitement avec le petit déjeuner.

Pour finir j’ai écouté deux comédiens déguisés, parler de l’époque de Robert the Bruce, 1er roi des écossais (1274-1329), et malgré l’accent nordiste de l’un d’entre eux, j’ai tout compris !!

 

J’ai poursuivi  la balade dans Old Town, dont l’artère principale est envahie de touristes et d’endroits pour les attraper. Je suis passée par Victoria Terrace où les maisons sont un peu colorées, je suis passée devant le Grassmarket avant de rejoindre le Greyfriars Kirkyard.

 

Devant ce cimetière en peine ville, trône la statue de Bobby, un chien dont l’histoire fait le sel du tourisme local, et sans doute, des légendes édimbourgeoises.

En gros c’est un chien dont le maître est décédé, et qui est resté veiller sa tombe les 18 années suivantes, jusqu’à ce que mort s’en suive. Probablement l’un des exemples les plus parlants du Syndrome de Stockholm.
Toujours est-il que ce petit chien et son obstination ont suscité une vive émotion parmi la population et qu’il a donc sa statue (aussi impressionnante que le Manneken Pis de Bruxelles ou la Petite Sirène de Copenhague) (apparemment toucher son nez porte bonheur…) et sa propre sépulture.

Dans le Greyfriars Kirkyard, on trouve également la tombe de Tom Riddle #Potteraddict et d’autres personnes dont les noms ont inspiré J.K. Rowling.

C’est un « charmant » endroit pour se poser en toute tranquillité en tout cas !

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Relax

[EDINBURGH, PART I]

Au grand désarroi de mon père, qui se demande ce qu’il a bien pu louper dans mon éducation pour que je sois à ce point fascinée par le Royaume-Uni, j’ai profité de la nouvelle ligne Nantes-Édimbourg pour partir en week end.

Les horaires des vols semblaient parfaitement calibrés pour mon emploi du temps : un départ à 21h50 me laissant le temps de rallier Nantes depuis Dogville sans avoir besoin de poser l’après-midi et un retour lundi en fin de journée permettant de profiter pleinement de ce troisième jour de week end.

Je me suis rapidement aperçue, en quittant le boulot de nuit, seule en voiture, sous la pluie, après une journée pleine de tensions, que ce n’était peut-être pas une si bonne idée de partir aussi sec, sans sas de décompression.

Surtout pour monter dans un avion Ryanair qui, rappelons-le, a la taille d’un avion Barbie, coincée entre deux mecs imposants #manspreading. Autant vous dire que quand l’hôtesse s’est fendu d’un petit « please sit back, relax, and enjoy your flight », j’ai ri jaune.
Pour la sieste de 2h que j’avais imaginée, et le bien-être de mes cervicales, c’était foutu.

 

En arrivant à 23h (minuit heure française) à l’aéroport d’Édimbourg, j’étais quand même un peu contente. Et émerveillée devant les portiques automatique où tu auto-contrôles ton passeport (merveille de la technologie), dépassant ainsi la foule des passagers dotés d’une seule carte d’identité (#losers).

 

L’avantage de la capitale écossaise c’est que le centre ville n’est qu’à 30 minutes de navette (et qu’il y en a H24 7j/7). Je chausse mes écouteurs pour profiter de la balade nocturne, mais Oscar and the Wolf a bien du mal à couvrir les vagissements d’un trio de jeunes nantais en goguette.

Je me dis que les gens qui descendent à l’arrêt situés juste devant le Hilton ont bien de la chance, et quand même ça doit simplifier tellement la vie d’être riche…
Mais il s’avère qu’il y a également un arrêt à 50m de l’hostel où j’ai réservé !

 

Oui, je sais, J’avais clamé haut et fort que je n’irai plus jamais en auberge de jeunesse, que c’était fini ce temps-là, où j’étais tolérante et sociable, que quand même, à 30 ans passés, dont 8 à trimer pour un salaire de misère (instant violons), j’avais bien le droit à un peu d’intimité et de confort, MERDE !

Mais ça c’était avant de recevoir ma notification de taxe d’habitation.

Et puis bon, c’est quand même sympa de prendre le petit dèj avec d’autres gens, de trouver du shampooing dans la douche commune quand tu as oublié le tien, d’être rassurée de ne pas dormir seule dans une chambre où, potentiellement, de vils v(i)oleurs vont tenter de s’introduire, de s’endormir au son des histoires extraordinaires de tes roomates, de se réveiller tous ensemble à 4h car l’un d’entre eux doit choper son avion à 6h, de s’habiller en silence dans le noir quand c’est ton tour.

 

Optant pour un entre-deux qui me paraissait acceptable, à défaut d’être idéal, j’avais réservé dans un three beds dorm.

Vous saviez vous, qu’il existe des lits TRI-SUPERPOSÉS !?

Je vous laisse imaginer lequel m’était réservé…

Oui c’est cela, celui de l’étage supérieur.
Les deux autres étant dédiés à un couple qui préférait se tenir chaud dans un seul.

 

Finalement, heureusement que j’étais fatiguée.

Ghostwriter

L’ennui, quand on réduit sa ligne éditoriale (oui, rien que ça) aux comptes-rendus de concerts et de voyage, c’est que les opportunités de sujets sont vite limitées.

Surtout quand on n’a pas forcément envie de parler de son taf mais qu’on travaille soi-même dans les concerts (parfaitement, à l’intérieur) (c’est un peu bruyant, heureusement un nouveau décret a fait passer le volume sonore maximal autorisé de 105 à 102 db) (quelle BONNE idée), ce qui implique un salaire de misère, donc un pouvoir d’achat des plus réduits, et des voyages rares* (tout ceci est honteusement exagéré dans le but de me faire plaindre) (ma plus grande passion) (après les concerts et les voyages) (et les parenthèses).

 

Fût un temps, je participais un blog de santé publique où l’on me demandait de disserter sur n’importe quel sujet, à condition de respecter certaines conditions iconographiques (ne cherchez pas, cette époque est révolue).

De la contrainte naît l’inspiration et je tenterai bien l’expérience à nouveau, si d’aventure un.e lecteur.rice (c’est pas la peine de me lancer sur l’écriture inclusive, je peux vous faire une thèse antithèse synthèse tellement je n’ai pas d’avis arrêté sur la question) veut bien la peine de me tendre une perche.

En gros, si tu as un sujet, un mot, une idée à me balancer en commentaire (LaCheZ vOs ComZ !!!!!), je m’engage à essayer d’écrire quelques paragraphes en partant de là.

 

Je ne sais pas ce que ça donnera, mais au moins, ça permettra aux mots de cesser de tourner en rond dans mon crâne encombré.
Merci pour lui. Merci pour eux.

 

*Je vous ai dit que je partais à Édimbourg ce week end ?

[…] [Soundcheck #59]

C’est sous un ciel orangé, nimbé de poussières sahariennes que je prends enfin le temps de poser quelques mots sur le concert supersonique de Swans.

Je les ai découvert il y a 3 ans lors du TINALS (aka This Is Not A Love Song) à Paloma (du temps où j’habitais dans le grand sud, que l’été était une évidence et les pulls beaucoup moins rentabilisés que les robes) (ouin).
J’avais été saisie par surprise, ébahie par la densité des compositions.

Quand j’ai appris qu’ils passaient chez mes anciens collègues morbihanais, pour une possible tournée d’adieu, je n’ai pas hésité une seule seconde à faire l’aller-retour vers ses contrées lointaines (à tous les niveaux).

 

Le volume sonore auquel ils jouent est une dimension essentielle de leur réputation. Je n’en avais pas souffert lors de leur concert nîmois, mais renseignement pris, ils avaient joué doux ce soir-là.

Il n’en sera rien pour cette deuxième expérience. Il n’est même pas envisageable de pénétrer dans la salle sans earplugs, et même avec, la violence est sourde.
Je parle volontairement d’expérience car c’est bien de cela qu’il s’agit. On se retrouve dans une bulle sonore, sans échappatoire. Le volume prend tout l’espace, vrille la peau et les organes internes.

C’est à la fois jubilatoire et douloureux.
Infernal et incantatoire.

 

Michael Gira, leader charismatique (…) a pris un petit coup depuis la dernière fois, et quand j’apprends qu’il a l’âge de ma mère, je prends toute la mesure de l’impact du mode de vie sur notre corps !

Le concert doit durer 2h30. J’accorde une pause à mes oreilles au bout d’1h10, en me disant que je tiendrais jamais jusqu’à la fin.
L’avantage c’est qu’on entend relativement bien la musique, même en étant dehors !
Je suis finalement restée jusqu’au bout du set. Je pense que la première heure est la plus difficilement supportable, après ça va mieux car tu es sourd…

 

Je suis très contente de les avoir revu, j’apprécie l’état dans lequel ce bain de son m’a mis.
Néanmoins, j’avais mieux apprécié leurs morceaux la première fois en réussissant à les écouter sans  penser aux acouphènes que j’allais potentiellement me taper le lendemain*.

 

*Heureusement je n’en ai pas eu

Pourquoi serions-nous sommés d’être respectueux ? Chacun est libre de prendre un tee-shirt pour en faire un torchon.

Vincent Macaigne.

Encore ? Oui ! [Soundcheck #58]

C’est de notoriété publique, je suis (un peu) pénible quand il s’agit du planning horaire des festivals. Alors certes on loupe Cold Pumas, mais je trépigne pour saouler suffisamment mes compagnons afin de voir Parquet Courts (désolée…).

Et encore plus désolée parce que j’ai trouvé ça décevant.
Je les avais déjà apprécié au même endroit, sur la petite scène, j’ai écouté Human Performance en boucle, je suis censée être conquise d’avance pourtant !
Des fois ça prend, des fois pas, c’est un mystère …

 

Je suis curieuse de voir Arab Strap que j’ai découvert quelques jours plus tôt via la playlist du festival. Typiquement le genre de groupe adulé par ceux qui savent et qui sont capable de te retracer toutes leurs tergiversations et recompositions depuis 20 ans (bisou).

Le duo écossais composé au mi-temps des années 90’s, désormais passé au quatuor, est à la frontière entre post rock et spoken word.
Les albums écoutés sur Spotify m’ont beaucoup plu, pour le live je suis plus réservée. Je pense que j’aurais vraiment gagné à les voir dans une petite salle, ça se prêterait mieux à l’écoute dans une ambiance intimiste.

 

J’avais prévu de faire l’impasse sur Temples car dans mon souvenir j’avais trouvé ça chiant. J’aurais mieux fait de relire attentivement mes archives avant, ça m’aurait permis de relativiser et de me rappeler que je les avais vu après la découverte explosive de Royal Blood. Forcément ça n’avait pas joué en leur faveur…

Du coup, je me rends compte de loin que ça a l’air démentiel. Clairement le regret de cette édition.

 

On enchaîne avec une petite pause ludique dans le container Arte, dans lequel une mini-scène avec des instruments te permet de simuler une attitude de rock star pendant qu’on te shoote à 360°.
Je ne vous ferais pas le plaisir de vous dévoiler ici le visuel de l’album, sachez juste que The Plijadur Lips sera en tournée à l’hiver 2018. Beware !

 

Compte tenu du mal de dos de la veille, j’attaque au gin to’ (certains pourraient arguer qu’il serait plus sain de s’en remettre au doliprane, mais est-ce qu’on a vraiment envie d’enrichir Sanofi plutôt que Gordons ? La question reste entière) avant d’aller plonger dans le son de The Jesus and Mary Chain pour parfaire ma culture musicale.
J’en conclus qu’il faut que j’explore leur discographie.

 

Je ne suis pas très concentrée durant Black Lips, ils ont une énergie indéniable, ça va dans tous les sens sur scène, cependant, c’est moche à dire, je trouve ça un peu bruyant.

 

Je ne connais pas Future Islands autre que de nom, j’étais persuadée que c’était un truc folk du coup je trouvais bizarre de les programmer à minuit passé. En fait c’est plutôt de la pop mêlée à des sons électro, qui justifie pleinement l’horaire !
J’ai passé un bon moment, bien qu’à mon avis, je n’en retiendrai pas grand-chose sur la durée.

 

C’est alors que s’opère le mouv’ le plus honteux du week end : on se barre avant Soulwax.

Quelle idée de poser un trou de 50 minutes dans la prog à une heure aussi tardive ?! Comment on est censés rester vaillants à 2h du mat, quand il fait 12°C (autre qu’en ingérant des substances fortifiantes, j’entends) !?

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Je n’ai pas écrit le 3ème jour dans la foulée et autant vous dire qu’un mois plus tard, je suis moyennement motivée pour le faire.
Sachez donc juste que Mac DeMarco est un scandale, et qu’Interpol c’est toujours bien (même si je préfère quand je suis, littéralement, aux pieds de Paul Banks)

Santé fuckers ! [Soundcheck #57]

Cette année, je me sens pleine de ressources, j’opte pour les 3 jours au festival de ceux qui savent et aiment le faire savoir, situé dans la charmante bourgade de St-Père-Marc-en-Poulet.

Après avoir failli périr de froid durant la nuit dans un festival finistérien (au cadre magnifique certes) (allez visiter le fort de Bertheaume à Plougonvelin), c’est avec joie que j’accepte l’invitation à dormir dans une maison (genre un truc avec des murs, un toit, un lit et une couette) (je crois que je m’embourgeoise définitivement).

 

Vendredi je pars tranquillement de Dogville. Un peu trop tranquillement en fait car pour la première fois depuis que j’y vais, il y a des bouchons pour accéder au site. D’un côté ça me fait plaisir pour leur fréquentation, mais de l’autre je boue de louper Froth.
Par ignorance, il s’avère que je finis par gratter environ 1h de file d’attente à l’entrée (déso) et je vois la dernière moitié du set.

Qualifié de groupe shoegaze dans le programme, ça me saute pas aux yeux, à part pour le sublime morceau Petals. Toujours est-il que c’était très bien, saupoudré de mélancolie, et l’album que j’ai acheté ensuite confirme mon impression.
Il est d’ailleurs + shoegaze que le live, même si certaines instrus m’évoquent Thee Oh Sees (la Califoooorniiiie).

 

C’est Foxygen qui prend la suite, et si j’ai aimé tous les groupes ce soir-là (assez rare pour être souligné), c’est le seul qui m’a ennuyé.

 

La raison de la forte fréquentation de la soirée, PJ Harvey, arrive en marche quasi militaire avec ses 9 (ou 10) musiciens sur la scène du Fort. Pour la première fois dans ce festival, je ne vois pas la scène. C’est un peu frustrant, même si je dois dire que les personnes de grande taille font office de pares-vent assez appréciables.

Par contre, ceux qui ont des chapeaux font clairement chié. Ok ça va bien avec ton petit style, c’est un peu la fashion week musicale de l’été, mais putain ça gâche la vue des gens derrière mec !

Je connais mal le répertoire de PJ Harvey, j’ai essayé de combler mes lacunes la semaine précédente grâce à la discothèque de ma mère mais je suis loin d’être au niveau de mes voisins qui connaissent les paroles par cœur, ni de celles qui dansent sans discontinuer avec un sourire béat (ouais ok, elles étaient sans doute sous MD…).

Cela dit, j’ai aimé là où cela m’a emmené. Musicalement c’est hyper beau, elle a une présence notable, une voix féminine à mon goût, et les chœurs avec ses musiciens sont parfaits.

 

Je suis trop loin pour apprécier Car Seat Headrest à sa juste valeur. Dommage.

 

Je vais me positionner devant la scène des Remparts pour Idles, mon morceau de cerveau bristolien frétille.

Clairement, ça fait partie des groupes qui sont pas là pour beurrer des sandwiches (ahahahah). Pied au plancher, punk rock, album nommé Brutalism, t’as compris l’affaire.
De l’avis d’une majorité des personnes présentes, c’était LE concert du festival.

 

Là-dessus je me rappelle que c’est Thee Oh Sees qui enchaîne. Aka il vaut mieux avoir le cœur (et les oreilles) bien accroché. J’aurais pu me demander s’il était bien utile de voir John Dwyer et ses acolytes 2 fois en 4 mois, pas trop de suspense, la réponse est oui, EVIDEMMENT !

Cette fois-ci je ne vois pas la choré démentielle des deux batteurs, mais même sans ça, leur son, et la présence de leur dingo de leader fait le taf. C’est assez inexplicable, son charisme dépasse tout entendement.

 

Remontée à bloc pour Helena Hauff dont le début de set est très bon. Les samples sont clairs, comme si le son était découpé au scalpel.
Malheureusement, il y a eu un moment de flottement, un creux au milieu, puis une fin en mode tabassage trop longue. Assez étrange d’avoir eu l’impression de voir trois artistes différents finalement.

 

Vendredi soir, j’étais Sam le capitaine de soirée, pour ramener tous mes petits potes à bon port. Ce qui m’a « obligé » à avoir la force de rester voir DJ Shadow. Genre la plaie quoi.
Idem que pour PJ Harvey, je connais mal (à part Organ Donnor bien sur, qu’il n’a pas joué).

J’ai trouvé ça d’une maîtrise et d’une douceur folle. La scéno (des écrans derrière + un voile devant lui, sur lequel sont également projetés des visuels) apporte un supplément bienvenu.
Mais PUTAIN il ne sait pas gérer les fins de morceaux !! (Ceci est une private joke)

 

Il est 5h quand je fais la connaissance de ma couette du week end, elle est ravissante !
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PS : La playlist de mes crush live de l’été est mise à jour. Mais pour une raison inconnue, WordPress refuse l’embeded code… CLIQUEZ DONC ICI !

MARKET

[NORTH UK, PART VII]

La déception du réveil c’est qu’il n’y a pas de bouilloire dans cette chambre et que je ne peux pas mener mon petit rituel du café / journal.

Pour compenser, je décide de chercher un endroit qui sert des pancakes.
En sortant, je découvre une nouvelle ville, sous le soleil, des rues qui fourmillent, des magasins ouverts, rien à voir avec la veille !

J’entre dans le Kirkgate market, des halles qui sont, selon Wikipédia, les plus grandes d’Europe. C’est très joli (et le café n’y est pas cher), je suis totalement rassérénée de ne pas rester sur mon impression de la veille.

The Merrion centre se défend pas mal non plus.

Grâce à Google, j’ai les meilleurs brunchs de Leeds en ligne de mire, dont Mrs Althas que je mets 10 plombes à trouver. Mais ça valait le coup parce que cette pile de pancakes, nappée de sirop d’érable et parsemée de fruits rouges m’a complètement fait rêver.
La playlist du lieu (et le serveur qui se la donne sur Blink 182) aussi.

 

Il me reste 2h pour retourner sur les docks et visiter les Royal Armouries. Je suis pas totalement fan d’armes et de guerre à la base, mais bon, sachant que c’est gratuit, ça vaut le coup de ne pas mourir idiote.

Dès l’entrée, tu peux t’essayer à tirer avec une mitraillette factice, ça pose l’ambiance.

Ensuite il y a un étage sur la guerre, un étage sur la chasse, et un autre sur les armes (d’un point de vue plus artistique). Il y a environ 300 armures d’exposées, je me demande vraiment comment les types pouvaient se mouvoir, emprisonnés dans des trucs pareils….

Sachant que l’immense majorité des visiteurs sont des familles avec des gamins en bas âge, j’étais un peu mal à l’aise de constater à quel point les expos sont ludiques.
J’ai quand même testé le tir à l’arbalète (je suis nulle), et la vision à travers un casque de soldat du moyen âge (ils n’y voyaient quedalle).

L’optimisme.

Après cette activité fun et bigarrée, c’était l’heure de partir pour Birmingham, quelques heures de car avant une dernière nuit en auberge de jeunesse (quand tu dois te lever à 5h du mat, ça ne sert à rien de foutre l’argent par les fenêtres).

Ma soirée chez les brummies m’a foutu le cafard. Non seulement je me suis perdue pour trouver l’hostel, mais en plus j’ai découvert que c’était le Gin festival depuis une semaine sans que je m’en sois aperçue jusqu’à présent.
Quel gâchis…
Et puis je trouve cette ville assez triste.

 

Le lendemain, mon vol avait 1h de retard.
Heureusement je n’étais pas encore venue à bout des 1200 pages.

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Épilogue : suite à mon mail de réclamation, FlyBe me rembourse à hauteur de 250€ \o/
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Bières testées
Samuel Smith stout
Samuel Smith lager
Crystal
Manchester Pale Ale
Helmsman
(À peu près toutes insipides, j’aurais du me contenter d’une valeur sûre : la Newscastle brown ale)

BO
Cigarettes after sex – Cigarettes after sex
Blaenevon – That’s your lot
The Wytches – Annabel dream reader
Peter Silberman – Impermanence
Alt-J – Relaxer

 

MALLS

[NORTH UK, PART VI]

C’est avec un léger mal de crâne doublé d’une bonne dose de fatigue que je quitte Manchester dimanche matin, direction Leeds.

L’Ibis budget est situé à 5 minutes à pied de la gare routière, un bon point d’entrée.
Je repars aussi sec à la découverte de cette ville dont je ne connais rien, et pour laquelle mon guide ne me sera d’aucun secours.

Ce qui s’avère un peu ennuyeux car je ne sais pas vraiment vers où me diriger dans le centre-ville pour trouver un coin sympa où manger. Certes c’est dimanche mais logiquement en Angleterre ça ne change pas grand-chose en termes d’activité (les magasins sont ouverts). Apparemment à Leeds, si.

 

Le centre est divisé en 6-7 areas, dont celle nommé The Arcades où il y a effectivement de beaux passages en arcades remplis de magasins chics (je ne m’attendais pas à trouver ce type d’architecture dans le coin).
Pour le reste, c’est juste des centres commerciaux moches, où les franchises de marques internationales s’empilent. Je ne vous cache pas qu’un dimanche, quand il n’y a pas grand monde dans les rues, c’est un peu glauque (et pas dans le sens que j’apprécie).

Deux possibilités s’offrent à moi pour dénicher le quartier gentrifié (oui je suis une bobo gauchiasse etc.) où je pourrais déguster un egg royal :

  • Repérer des hipsters et les suivre (ce qui m’emmène au Belgrave Music Hall & Canteen, mais j’ai pas envie de pizza)
  • Activer la géolocalisation sur mon téléphone et taper « coffee gluten free » dans Google Maps (aucune occurrence)

(Protip si vous allez à Leeds, ce type d’endroits commence à se développer sur la Great George St. en face de la stupéfiante Infirmary)

Ceci est une salle de concert.

Je suis un peu désespérée / affamée quand je m’écroule chez Jamie’s. Certes, c’est une figure locale, mais ses spaghetti bolo un peu moins.

Retrouvant un semblant de force, je repars vers la mairie (la bibliothèque centrale est en travaux, ouin), je me motive à entrer dans le Henry Moore Institute, dédié à la sculpture.
J’y découvre le travail de Jiro Takamatsu, mais surtout un jeune mec qui fait de la méditation en plein milieu de la salle d’expo. Je ne sais toujours pas si ça faisait partie de la scéno #artcontemporain.

J’enchaine avec le Leeds Museum, un peu dans la même veine que celui de Liverpool, mais avec des enfants beaucoup plus bruyants (ou alors c’est moi qui était moins tolérante) (mais ça m’étonnerait un peu…).

 

Je passe devant l’université, je redescends vers les docks, il fait ni beau ni moche, j’ai plus trop la foi de continuer, il est 17h30 quand je m’écroule sur mon lit avec un bouquin.

Comme c’est dimanche, il me semble assez logique de ne plus ressortir et de rester glander devant la télé. Ma clef usb n’étant pas compatible avec le poste, je ne peux malheureusement pas lancer la S06 de Homeland et me retrouve contrainte de regarder le documentaire Diana, princess of Wales où Harry et William parlent pour la première fois du décès de leur mère.

Je ne sais pas si c’est parvenu jusqu’en France, toujours est-il qu’au Royaume-Uni c’était un peu LE sujet de la semaine.

Au bout de 15 minutes, je trouvais ça assez triste pour changer de chaîne. C’est assez réconfortant de constater que The Big Bang Theory passe toujours sur E4 (sachant qu’il y a 4 ans, c’était la dernière saison, je ne sais pas trop où ils en sont).

Ça enchaîne sur Don’t tell the bride, une émission fabuleuse où chacun des futurs époux organise le mariage de ses rêves dans son coin, pour finir par réaliser celui du mec. Comme vous pouvez vous en douter, c’est souvent moins princesse/conte de fée que les attentes de la promise.

Je suis tombée sur un  épisode avec un couple de Leeds, ça tombait bien ! (Et j’ai pas compris un traître mot, c’est quoi cet accent BORDAYL !?)

DISTRICT

[NORTH UK, PART V]

Samedi matin ma chambre est baignée de soleil et je peux partir sereine vers le Southern cemetery que j’avais assez bêtement manqué lors de mon dernier passage.
Le bus met environ 45 minutes à y aller depuis Picadilly, en traversant plein de quartiers typiques dans lesquels je me ferais un plaisir de m’arrêter au retour.

On ne peut pas dire que le cimetière m’ait renversé, mais il faut avouer que j’ai quelques standards en tête qu’il est assez difficile de détrôner (et une légère préférence pour le gothique #emo).

Un cycliste photographe m’a conseillé de revenir à l’automne quand les couleurs des arbres sont fabuleuses, je veux bien le croire.

(Depuis j’ai visité celui de la Bouteillerie à Nantes, qui est d’une mignonnerie wild tout à fait plaisante)

 

Du coup je suis assez vite repartie dans l’autre sens pour faire une pause dèj sur Burton street. Un havre de paix, de richesse, de petits magasins / restos / cafés choupis / branchés.

J’ai opté pour un bagel au saumon chez Rustik, où le café m’a été offert car j’ai pas mal attendu ma commande. Quand tu sais qu’un café c’est minimum 3€ de ce côté de la Manche, c’est un geste appréciable.
L’endroit est sympathique, je frissonne quand Don’t look back in anger résonne dans les enceintes.

Je grimpe à nouveau dans le bus pour m’arrêter dans un autre quartier beaucoup moins reluisant, le long de Yee Tree road. Il est parfaitement représentatif de mon image mentale de l’Angleterre, de Fish Tank à This is England 86’, Sweet Sixteen à Skins (oui ok, ça passe aussi par Coup de foudre à Notting Hill et Love Actually).

Des maisons alignées, des rues parallèles, toutes identiques, donnant sur un micro jardinet à l’arrière. En gros, les même que dans Billy Elliot, donc j’imagine que ce sont des anciens logements de mineurs.

Depuis le début du séjour, une question tourne en boucle dans ma tête, « what’s your story ? », que je crève d’envie de poser à tous les anglais que je croise, à tous les murs devant lesquels je passe, particulièrement dans ces deux quartiers antinomiques.
Sachant que c’était déjà le cas à Tanger, il va falloir que je me sorte rapidement les doigts pour vaincre ma timidité et satisfaire ma curiosité.

L’appareil photo en bandoulière, je furette dans les allées dézinguées, entre une chaussure de bébé, du verre brisé, des mauvaises herbes, des papiers crasseux. Un jeune homme sort à l’arrière d’un des jardins, me regarde, et je fuis. J’aurais sans doute parue moins louche en allant lui parler. À travailler.

 

Je retourne dans le centre-ville, fais un stop du côté d’Oxford Street, vois plusieurs personnes habillées étrangement, m’interroge, avant de me rappeler que c’est le ComiCon de Manchester.
À ma décharge, il peut être assez difficile de faire la différence entre un anglais et un anglais qui va au ComiCon #fashionpolice.

Après ma session paparazzade, je marche des heures en quête d’un carrot cake. Échec total de la mission.
Forcément, à 16h30 un samedi, les happy hour ont débutés depuis une bonne heure, alors plus personne ne songe au goûter… Je suis déçue déçue déçue.

Je prends une pinte à la terrasse du pub en face de ma chambre (le Sinclair’s Oyster bar, qui a ouvert au 16e siècle #anecdote), histoire de me consoler (où démarrent les problèmes d’alcool, je vous le demande…).

 

Je n’envisage pas de repartir de Manchester sans m’être rendue à un concert, malheureusement, comme en France, la prog estivale est pauvrette.
Je repère une release party dans The Skinny, trois groupes inconnus dans un pub inconnu, pour la modique somme de 5£. J’écoute rapidement, ça ne me déplait pas, je me décide.

Quand j’arrive au Gulliver’s Pub à 8pm, le concert n’a pas commencé. NANMÉHO !! Depuis quand les live ne débutent pas à 7pm en Angleterre !?
Du coup je prends une autre pinte pour patienter, et j’apprécie les avancées récentes en termes de roaming, qui me permettent de m’occuper en navigant sur les internets.
Je note également, une fois de plus, que c’est tout à fait reposant de ne pas se faire fouiller à chaque fois que tu entres dans un lieu (public ou privé).

Je ne vais pas vous détailler les trois sets (The Sandells, Shaking Chains, Factory Acts) parce que globalement c’était pas fou (au-delà de la salle à l’étage du pub qui m’a rappelé de bons souvenirs), juste que j’ai enfin percuté pourquoi les anglais ont plus tendance à crier qu’à applaudir : avec une pinte dans la main, le choix est vite fait.

Je repars, légèrement tipsy, en songeant que si Shakira dit vrai en chantant « Hips don’t lie », j’ai 55 ans.